Agir Par la Culture n°59 sep/oct/nov 2019
Agir Par la Culture n°59 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°59 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : les nouveaux habits de l'extrême droite.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Ce cordon sanitaire politique existe toujours, et avec succès. J’estime que c’est assez exceptionnel comparativement à la France, à l’Autriche ou à l’Italie. En Belgique, aucun membre du VB n’a jamais obtenu un seul poste exécutif, dans aucun village, aucune commune, aucune région, ni aucune communauté. Depuis plus de 30 ans, nous avons réussi à les tenir en dehors du pouvoir et donc de la mise en place concrète de leurs idées. Mais le cordon n’a pas tenu en Flandre au niveau médiatique… L’idée du cordon sanitaire a été élargie aux médias par certains  : il s’agissait de les exclure des débats politiques, de ne pas leur tendre le micro. Pourtant actuellement, ils représentent près de 25% des intentions de vote en Flandre. Les nier et ne pas débattre de leurs idées avec eux sur les plateaux est sans doute contre-productif. Il faut aborder l’idée d’autonomie de la Flandre ou la manière dont ils se représentent l’immigration ou la religion musulmane, ce sont là des positions sur lesquelles il faut débattre franchement avec eux. Toute la question est naturellement la manière de faire, il ne faut surtout pas les interviewer comme s’ils étaient une source d’opinion comme une autre. Sur ce plan-là, il apparait clairement que la normalisation idéologique de leur discours a été relayée par les médias flamands sans vraiment porter une contradiction suffisante. Comment, à gauche, récupérer du terrain face à l’extrême droite ? En ne perdant pas de vue que la gauche n’est pas là pour gérer la société, mais bien pour l’améliorer, la transformer. Elle doit indiquer comment changer structurellement la société et inventer un nouveau modèle de société. J’identifie trois grands défis planétaires face auxquels la gauche doit répondre. Environnemental d’abord, en changeant notre rapport à la nature et à la diversité biologique. Et en dépassant la crise écosystémique due aux extractions réalisées pour le profit. Ensuite, le social. Il faut répondre à l’échelle mondiale au défi des inégalités sociales. Rappelons que 80% de la richesse mondiale est accaparée par moins de 10% de la population mondiale. Et que 70% de la population mondiale vit sur 3% de la richesse. Une situation notamment installée par trente années de néolibéralisme où les gens travaillent de plus en plus dur et longtemps avec des salaires et un pouvoir d’achat qui ne suivent pas. Par contre, les revenus des actionnaires ont eux doublés, voire triplés. Cet enjeu de crise économique et sociale doit être pris à bras le corps et touche notamment à la question de la propriété. Or, les communs sont presque abolis et on a assisté à une privatisation gigantesque des biens publics qui aura des répercussions énormes dans les décennies à venir. Enfin, troisième défi, celui de la question du vivre ensemble. Les États-nations ont été construits au cours du 19 e siècle sur base d’une langue, d’une culture, d’un peuple, d’un territoire, d’une histoire. Mais aujourd’hui, la majorité de la population mondiale vit en ville, dans des métropoles c’està-dire des lieux qui vivent explicitement de leurs différences. Le vivre-ensemble de cette population urbanisée doit se développer sur base de la différence et non plus sur celle d’une communauté homogène fantasmée. Ce n’est pas le communautaire qui doit définir le social. Répondre à ces trois grands défis peut constituer un véritable agenda pour les progressistes. La gauche doit présenter de manière forte, assumée et visible une alternative. Elle doit dire que 40 ans de dérégulation néolibérale nous ont laissé crises et instabilités. Mais est-ce qu’aujourd’hui une gauche dite inclusive, populaire, internationaliste, redistributrice, solidaire existe encore ? Il faut élaborer un camp progressiste, construire un espace où l’on débat et critique la société actuelle avec les personnes qui pensent qu’il faut une transformation systémique. Et qui pensent que ces transformations nécessitent une solidarité entre les humains. On ne peut plus se contenter d’un rôle gestionnaire, il faut trouver au plus vite une vraie alternative. Car la force de la droite et de l’extrême droite, est qu’elles ont une proposition d’une alternative réelle. Le Vlaams Belang a une vision certes antihumaniste mais en tout cas très claire et déterminée des choses  : exclure l’Autre pour vivre entre soi. Il faut être bien plus radical dans les implications et les choix urgents à faire aujourd’hui. J’ignore si l’on va récupérer le terrain occupé par l’extrême droite mais je sais que le seul rapport de force possible avec elle réside dans la force de l’alternative que la gauche peut proposer. agir par la culture #59 Les nouveaux habits de l’extrême droite automne 2019 24\
Les trois fronts PAR JULIEN DOHET* de l’antifascisme * Historien et secrétaire politique au Setca de Liège-Huy-Waremme En ces temps où la menace d’extrême droite se renforce, quel antifascisme est-il souhaitable ? Que faire et quelles méthodes opposer ? On peut articuler les réponses à amener autour des trois côtés, interdépendants entre eux, du triangle rouge, l’un des symboles de lutte contre le fascisme. Symbole dont il faut aussi rappeler qu’il trouve son origine première dans les luttes du mouvement ouvrier en faveur de la réduction collective du temps de travail (la journée de 8 heures)  : antifascisme et luttes sociales constituent en effet de longue date un binôme indissociable. Une alliance à renforcer ? agir par la culture #59 Les nouveaux habits de l’extrême droite automne 2019 25\



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