Agir Par la Culture n°39 sep/oct/nov 2014
Agir Par la Culture n°39 sep/oct/nov 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de sep/oct/nov 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : chantier... menaces sur le temps libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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q n°39 - automne 2014 - 24 q à bas la culture ! JE PRéPARE MA DISCOTHèQUE Enfants, peut-être avez-vous été traumatisés par l’indigence absolue de la discothèque familiale ? Un phénomène aggravé à l’approche des fêtes de fin d’année où d’ignominieuses versions françaises de White Christmas ou de Jingle Bells (« Vive le vent – vive le vent » ça ne vous rappelle rien ?) tournaient en boucle sur l’électrophone du salon … Devant tant de niaiseries, vous avez déclaré une allergie profonde et tenace envers Noël et son folklore cotonneux. C’est triste. Parce que Noël, malgré ses excès de mauvais goût et son caractère substantiellement égoïste, n’en reste pas moins pour beaucoup la période où l’on va, pour un temps — un temps seulement —, tenter de s’éloigner de la connerie ambiante. Et en cette année 2014 qui fut, jusqu’ici, très prolixe en la matière, on ne saurait trop vous conseiller d’anticiper LE Noël dont vous avez toujours rêvé : cocktails à gogo, smoking décontracté et surtout, surtout, musiques appropriées. Mais attention : qui dit musiques « pour » Noël suppose un minimum d’efforts pour sortir des sentiers battus. Si vous avez décidé de confier la sono du réveillon à une quelconque chaîne de télévision ou à votre radio locale préférée, cette chronique n’est pas pour vous. On vous laisse finir le Pisang Ambon. Par contre, si vous entendez faire de la période de Noël un moment de grande suavité, alors vous n’avez que l’embarras du choix. Le patrimoine de la musique populaire anglo-saxonne regorge d’un nombre incroyable de « christmas albums », dus à des artistes très divers. Petit tour d’horizon non exhaustif. Les grands crooners américains ont évidemment beaucoup donné au genre. Indispensables à l’heure de l’apéro : À Jolly Christmas from Frank Sinatra (1957), le classique White Christmas de Bing Crosby (1945), The Magic of Christmas de Nat King Cole (1960) et puis, summum du genre, Christmas with Dino, compilation des albums A Winter Romance (1959) et The Christmas Album (1966) du sublimissime Dean Martin dont le ton éternellement « menefreghismo » (j’m’en-foutiste) situe exactement notre propos qui pourrait se résumer à : tant qu’il y aura du Dry Martini ! Mais plongeons plus loin dans la hotte. Qu’y trouvons-nous ? L’orgue hammond délicieux de Jimmy Mc Griff (Christmas With McGriff, 1963) ou celui de Jimmy Smith (Christmas Cookin’, 1964) ; les voix magistrales de Lou Rawls (Merry Christmas Ho ! Ho ! Ho !, 1967) et de Ray Charles (The Spirit of Christmas, 1985) ; la douceur « marshmallow world » de Julie London (single WarmDecember, 1956), de Lena Horne (Merry From Lena, 1966) ou de Nancy Wilson (The Christmas Waltz, 1968). La Motown a produit des morceaux fabuleux compilés sur Motown Christmas, où l’on trouve notamment une géniale version de Jingle Bells par Smokey Robinson & The Miracles et puis un très émouvant Marvin Gaye dans la peau d’un soldat coincé au Vietnam (I Want to Come Home for Christmas). L’équivalent Stax existe bien entendu (It’s Christmas Time Again, 1982). Sans parler des trois Xmas albums publiés par James Brown entre 66 et 70 … q POUR NOeL Toutefois, le classique pop sixties reste sans contexte le Christmas Gift for You, impeccable compilation de l’écurie Spector (Ronettes, Darlene Love, Crystals …), parue le jour de l’assassinat de Kennedy. Pas de bol … Côtés rockers, le Christmas Album d’Elvis (1957) vaut son pesant d’olives vertes, bien plus que Christmas in the Heart de Bob Dylan (2009) sympa mais … un rien guttural. On ne résiste pas, enfin, à l’offrande de Rod « the Mod » Stewart au genre (Merry Christmas, Baby, 2013) et puis au très sobre mais très beau A Very Christmas du duo She & Him (2011). Pour la petite histoire, rappelons que les Beatles ont eux aussi cédé à la tendance en publiant une série de 45 tours flexi, strictement réservés aux membres de leur fan-club... Joyeux Noël ! Denis Dargent q M q q
le dit et l'impensé n°39 - automne 2014 - 25 LA GRANDE BRADERIE DES COtisatiONS SOCIALes X >< Les mesures gouvernementales de baisse des cotisations patronales de sécurité sociale sur les salaires sont en vogue à travers l’Europe. Ceci, afin de diminuer le « coût du travail », et de favoriser la création « compétitive » d’emplois nouveaux, grâce aux parts de marché et aux marges bénéficiaires retrouvées que dégagerait le dispositif. Par Marc SinnaeveQu’on l’estime ou non pertinente, la mesure d’allègement des cotisations patronales pose nombre de questions : son coût en termes de manque à gagner pour les recettes de la sécurité sociale ; le financement budgétaire de celui-ci ; l’utilisation ou la ventilation du gain par les directions d’entreprise ; l’articulation aux aides publiques à l’emploi, subventions salariales déjà existantes et, bien entendu, les résultats en termes d’emploi… Sur ce dernier point, nombre d’économistes sont d’accord : ce type de mesures d’exonération n’a jamais eu d’impact massif sur le chômage, et, lorsqu’il a un effet sur l’emploi, c’est de façon toujours complexe (tissée à d’autres facteurs), indirecte et différée dans le temps. Par ailleurs, le postulat à la base d’une telle politique de l’offre axée sur le coût du travail semble peu compatible avec les déterminants d’ensemble de la conjoncture. La persistance de l’état de santé déprimé de l’économie au sein de la zone euro illustre les aléas d’une politique de relance économique et de dynamisation de l’emploi par les exportations et par la compétitivité. En particulier quand on s’attache à la compétitivité des seuls coûts salariaux 1 dans un contexte de forte rigueur budgétaire : compression des salaires et compression des dépenses publiques, activées simultanément, étouffent la demande intérieure, freinent les importations et assèchent la capacité des partenaires commerciaux d’absorber les exportations européennes. Les baisses précédentes de cotisations sociales ont, certes, pu contribuer, avec l’action des stabilisateurs automatiques de l’économie (dépenses publiques et sociales), à maintenir un certain niveau d’emploi. Mais elles n’ont pas pour autant conduit à un plus grand dynamisme de l’investissement, pourtant nécessaire aux perspectives de croissance. Le gel de l’investissement privé en Europe est bien une réalité, davantage encore depuis la Grande récession de 2008-2009, et malgré un besoin total d’investissements estimé par la Banque européenne d’investissement (BEI) à 650 milliards par an jusqu’en 2020. EFFET RETOUR OU EFFET D’AUBAINE ? Or, en l’absence de ce terreau d’ensemencement, le risque est grand de voir l’effet retour attendu des allègements de cotisations offerts aux entreprises se transformer en effet d’aubaine pour les détenteurs du capital. Les actionnaires pourraient bénéficier d’une nouvelle hausse des dividendes, c’est-à-dire du « salaire » payé pour le capital investi dans l’entreprise, mais rarement considéré, lui, comme une « charge » pesant sur la compétitivité. Ici aussi, on est en présence d’un phénomène structurel… L’économiste hétérodoxe Michel Husson démontre qu’à défaut d’un lien de causalité mécanique, il existe au moins une « très nette corrélation inverse sur la longue période » entre le recul des cotisations sociales à partir du milieu des années 1980, et l’augmentation, en contrepartie, de la part des dividendes nets versés aux actionnaires dans la valeur ajoutée. Cet été encore, une enquête, menée par le secteur financier lui-même, révélait que c’est en Europe (et au Japon) que les dividendes augmentent le plus… Cela n’empêche pas les organisations d’employeurs, en Belgique notamment, de continuer à avancer leurs pions en faveur d’un « choc de compétitivité ». C’est que leur objectif est moins conjoncturel que structurel, lui aussi : obtenir une réduction durable de cotisations patronales, qui se calcule, désormais, non plus en montants forfaitaires renouvelables annuellement, mais en soustraction définitive de points de pourcentage. « Il existe une très nette corrélATION entre le rECUl des cotisations socialES à parTIr du milIEU des annéES 1980 et l’AUgmENTATION de la part des dividendes nets versés AUX ACTIONNAIrES » LA « GÉNÉROSITÉ DU SYSTÈME » L’argumentaire est connu : nombre de travailleurs et de candidats à l’emploi, déqualifiés, trop jeunes ou trop âgés, coûteraient davantage qu’ils ne rapporteraient, en raison d’une productivité estimée trop faible en regard des normes salariales… et actionnariales (même si on insiste moins sur cette dimension). Au passage, c’est aux « déficiences » individuelles de la « force de travail » qu’est attribuée, implicitement, la responsabilité du chômage et du sousemploi. Tandis que la « générosité du système (de protection sociale) », de son côté, empêcherait les employeurs, « écrasés » par les charges, d’embaucher. Il y aurait, en ce sens, une logique patronale à vouloir lier, structurellement, abaissement du coût de l’emploi et allègement du « poids » de la couverture sociale. Le raisonnement n’est pas nouveau… Le milieu des années 1970 a vu le ralentissement des gains de productivité du travail, ainsi que la dégradation des taux de profit. Depuis lors, les politiques mises en œuvre en faveur de l’entreprise et du capital font de la formation des salaires et des droits sociaux qui lui sont attachés les principales variables d’ajustement des politiques de compétitivité en Europe. Prenez, aujourd’hui, les fameuses « réformes structurelles »... La répétition à l’infini de leur « nécessité » n’a d’égal



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