Agir Par la Culture n°39 sep/oct/nov 2014
Agir Par la Culture n°39 sep/oct/nov 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de sep/oct/nov 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : chantier... menaces sur le temps libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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n°39 - automne 2014 - 14 chantier RENFORCER la Pension LÉgale Par RÉPartition PLUTÔT QU’ALLONGER On annonce notre système des pensions comme mourant. Pour assurer sa survie, on avance notamment comme solution unique et comme une évidence le recul de l’âge du départ effectif à la retraite. Dans le but de combattre cette idée reçue et connaître les enjeux de ce débat en cours, il faut revenir au fonctionnement de notre système de pensions, insister sur la différence entre répartition et capitalisation et rappeler les pistes alternatives à l’allongement de la durée de la carrière professionnelle. Par Michel Rosenfeldt, Animateur et formateur au CEPAG LES DIFFÉRENTS PILIERS ET RÉGIMES DE PENSION En Belgique, les pensions de retraite relèvent du 1 er, 2 e ou 3 e pilier de pension selon la source de leur financement. Le 1er pilier de pension est celui des pensions légales qui sont constituées et organisées dans le cadre de la sécurité sociale. Au sein du 1er pilier de pension, nous avons trois régimes de pensions légales en Belgique : le régime de pension des travailleurs salariés du secteur privé, celui des agents statutaires du secteur public, et celui des travailleurs indépendants. Les règles pour le calcul de la pension diffèrent en fonction du régime dont relève la profession qu’avait exercée le travailleur avant d’être retraité. Dans cet article, j’axerai mon analyse sur les enjeux du débat actuel relatif aux pensions en me référant uniquement au 1er pilier de pension des travailleurs salariés du secteur privé. Le terme de « salariés » désignant aussi bien les ouvriers que les employés. La caractéristique fondamentale du 1er pilier de pension du régime des travailleurs salariés du secteur privé est le principe de la répartition : une partie des cotisations sociales prélevées au cours de l’année sur les salaires bruts des « salariés » est immédiatement redistribuée pour payer les pensions légales des pensionné(e) s de l’année en cours. Ce sont donc les « actifs » d’aujourd’hui qui paient les retraités d’aujourd’hui. Dans cette logique, chaque génération de travailleurs bénéficie à son tour à l’âge de la pension de cette solidarité intergénérationnelle. Le paiement de la pension légale est garanti, génération après génération. C’est même le seul revenu qui soit garanti aux « salariés » quand ils seront pensionnés. C’est de la malhonnêteté intellectuelle de prétendre que l’État ne pourra plus payer les pensions légales dans les années à venir alors que les bases de la pension légale par répartition sont des plus solides. Le montant des pensions légales qui devront être versées dans les prochaines années est prévisible suffisamment tôt pour permettre aux autorités de s’organiser pour assurer la viabilité du système. La pension légale par répartition est donc un revenu solidarisé et garanti par excellence à chaque génération ! Rien de tel avec ce qu’on appelle les pensions complémentaires par capitalisation ! Les 2 e et 3 e piliers de pension sont présentés officiellement comme des régimes de pension complémentaires par rapport aux régimes de pension légale. Ils ne relèvent pas de la sécurité sociale et ils ne sont pas basés sur le principe de la répartition mais sur le système de la capitalisation. Le 2 e pilier de pension comprend les pensions complémentaires extra-légales instaurées au niveau d’une entreprise ou d’un secteur d’activité via des conventions
chantier LES CARRIÈRES collectives ou de promesses individuelles de pension de l’employeur. Les versements mensuels sont faits par l’employeur et/ou le travailleur au nom de chaque assuré dans des assurances-groupes ou des fonds de pension. Dans ce système de capitalisation, on ne parle plus de solidarité mais de marché financier et de profits (quand il n’y a pas de krach boursier comme celui de 2008 …) Les banques et les compagnies d’assurances remplacent la sécurité sociale. On n’est plus dans une logique de solidarité intergénérationnelle, mais dans une logique individualiste où chaque travailleur devient un capitaliste qui se constitue pour ses vieux jours son petit capital personnel, lequel a été « placé » durant sa carrière professionnelle dans les produits boursiers et dont il espèrera un rendement maximum malgré les risques financiers encourus. Cette logique du profit maximum s’est déjà retournée contre les travailleurs euxmêmes dont un certain nombre ont perdu leur emploi suite à la restructuration de leur entreprise parce que le fonds de pension a préféré investir dans des pays où les rendements sont plus élevés ! Sous prétexte de vouloir assurer ses vieux jours, on peut très bien se retrouver sans rien en étant plus jeune et n’avoir rien comme pension complémentaire quand on sera plus vieux … Et comme la pension légale par répartition n’aura pas été entretemps augmentée — car les augmentations de salaire brut ont été remplacées par des versements au 2 e pilier de pension — le « rien » ci-dessus se traduira également n°39 - automne 2014 - 15 Illustration : David Delruelle



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