Agir Par la Culture n°37 mar/avr/mai 2014
Agir Par la Culture n°37 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : de guerre lasse... entre fascination, embrigadement et désastre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le 5 décembre 2013, le maire de Marinaleda, une commune andalouse qui développe depuis 1979 une alternative concrète au capitalisme, est condamné à sept mois de prison. Un petit village de 2.700 habitants qui est organisé en coopérative agricole et où chacun a un travail et un toit. Une communauté où comme le proclame José Manuel Sánchez Gordillo, le maire de Marinaleda, « la terre doit revenir à ceux qui la travaillent et non dans les mains mortes des notables ». Cet élu depuis plus de trente ans à la tête du village a lancé des occupations de terrains militaires, « dirigé des razzias dans les supermarchés, raflant le pain, le riz et l’huile d’olive pour les donner aux banques alimentaires » ou « entrepris une marche de trois semaines dans le sud espagnol pour inciter les autres maires à ne pas payer leur dettes municipales ». Cette condamnation est la conséquence de la politique répressive du Partido Popular (PP) qui veut durcir le Code pénal en érigeant en infractions toute une série d’actions et de manifestations pacifiques. Lors de l’ouverture de son procès à Grenade le 11 novembre dernier, Sánchez Gordillo déclarait : « ce qu’il faut c’est une véritable lutte anticapitaliste, à la fois révolutionnaire et capable d’ébranler le système ». Lorsqu’il fut élu maire, à 27 ans, en 1979, lors des premières élections municipales démocratiques, il rebaptise les noms des rues du village qui honoraient les vainqueurs franquistes de la guerre civile. La Plaza de España devient la Plaza del pueblo et Plaza Franco devient la Plaza Salvador Allende. Tout combat contre un système d’asservissement commence par une mémoire et des symboles. Après suivent de profondes réformes économiques et sociales réellement alternatives à la domination marchande. Marinaleda, quelles que soient ses imperfections, nous prouve que l’exploitation n’est pas inéluctable Affiche espagnole en faveur du droit à l'avortement, 2013 MIS NORMAS ABORTO LIBRE Y GRATUITO izquierda Izauierda Anticapda'iele l3anticapi a anticapitalista www.anticapitalistas.org propos intempestifs au cœur de la mondialisation libérale, des îlots de résistance radicale peuvent surgir et organiser pragmatiquement une autre vie, loin des rêves et des utopies qui paralysent l’action volontariste sur le présent. n°37 - printemps 2014 - 8 et que l’espérance peut prendre en Europe un visage concret. « Andalous, n’émigrez pas, battez-vous ! ». Le mercredi 12 février 2014, à l’heure où ces lignes sont écrites, le Congrès des députés espagnols, les Cortes, ont rejeté, par 183 voix contre 151, une proposition du Parti socialiste (PSOE) de retirer le texte du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy relatif à la limitation drastique du droit à l’avortement, ce qui fera de l’Espagne l’un des pays européens les plus restrictifs en la matière. Malgré les manifestations de grande ampleur à Madrid, mais aussi à Bruxelles et à Paris, le Ministre de la justice, Alberto Ruiz-Gallardón, très lié à l’épiscopat, maintient ce texte au nom des « droits des non-nés » et de la protection « des êtres faibles de la société ». « Ce retour à l’obscurantisme franquiste » selon un médecin d’une des cliniques de Madrid aura comme conséquence inéluctable que « les femmes ayant de l’argent iront avorter à l’étranger », quant aux autres… Face à cette vague de répression puritaine et rigoriste, qui embrasse les lois contre les homosexuels en Russie aux défilés récurrents des fanatiques religieux et de l’extrême-droite pour « défendre la famille » en France, la Belgique, en adoptant très récemment la loi sur l’euthanasie des mineurs, apparait comme une petite oasis de tolérance, d’empathie, de respect et de liberté. En un certain sens, elle s’inscrit dans l’éthique minimale du philosophe Ruwen Ogien qui soutient la liberté de faire ce que l’on veut de sa propre vie du moment qu’on ne nuit pas aux autres. Et Michel Onfray rappelle l’impératif catégorique de l’éthique hédoniste formulé dans un aphorisme de Chamfort : « Jouir et faire jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà toute morale ». Exactement l’inverse des sectarismes et des pudibonderies qui relèvent la tête à l’aube de notre troisième millénaire. Quatre dates issues de l’Histoire ibérique qui nous imposent de se souvenir que les hommes, quelles que soient leurs convictions spirituelles, peuvent vivre pacifiquement, dans le respect et la dignité. Au moins tant que les groupies du fanatisme et de l’obscurantisme ne parviennent à imposer leur exaltation fondée sur l’exclusion et le meurtre. Se souvenir qu’ici, au cœur de la mondialisation libérale, des îlots de résistance radicale peuvent surgir et organiser pragmatiquement une autre vie, loin des rêves et des utopies qui paralysent l’action volontariste sur le présent. Mais être à tout moment d’une vigilance absolue tant les mordus de l’ordre moral et de l’étroitesse d’esprit pèsent sur ce que nous avons, à tort, cru comme des avancées irréversibles vers plus d’égalité, d’autonomie et de générosité. La défaite de Boabdil, l’assassinat de Lorca, la résistance de Marinaleda, le recul du gouvernement conservateur de Madrid sur les droits des femmes. Autant d’alertes et d’aspirations pour tous ceux qui se veulent les sentinelles résolues d’un monde plus fraternel et plus partageux, combinant une véritable répartition des richesses avec une souveraineté absolue de chacun sur son corps et sur son esprit. Jean Cornil
n°37 - printemps 2014 - 9 Chantier DE GUErrE LASSE ENTRE FASCINATION, EMBRIGADEMENT ET DÉSASTRE Illustration : Mo Xia. Alors qu’on va fêter le centenaire de la Première guerre mondiale, la guerre, en transformation, continue de poser de nombreuses questions. Quelles sont les ressorts de la guerre actuellement ? Comment a-t-elle été relégitimée ? Quelles évolutions peut-on constater ? Une guerre peut-elle être juste ? Qu’estce qu’être pacifiste ? Qu’est-ce que l’art et la littérature peuvent nous en dire ? La guerre civile en Syrie qui entraine la participation de citoyens belges et celle plus discrète se déroulant au Congo RDC où des enfants deviennent soldats nous donne aussi des éclairages plus précis sur ce funeste phénomène aux mille visages.



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