Agir Par la Culture n°37 mar/avr/mai 2014
Agir Par la Culture n°37 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°37 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : de guerre lasse... entre fascination, embrigadement et désastre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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à bas la culture ! TH ÉÂTRE D GRAND G 20 b" Rue Cl3aPEal DirecteursC.CH0ISYe. ONE OF THE GREATEST PARfS'CURf O,5`# ï it, LITRE DRAME EN2ACTEScz/MAMPIDIELQRD&rPlERRE CRANE Misa an Udine da liCamllls CHOOSY Juliette DEPRESLE M.Jea n M A X GONxZALVESM,DI ENiER _M.O R VAL 1+1ERCRED}S. SAMEDlS. DIMANCMESrrfÈTfS"IllfdES d Q"3/4 n°37 - printemps 2014 - 26 GICLÉES SUSPECTES AU GRAND-GUIGNOL… « Ma chère ! Si nous allions nous encanailler au Grand-Guignol ? » Voilà à peu de choses près ce qu’un mari de la Belle Epoque lançait, certains soirs, à son épouse, de la plus concupiscente manière. C’est que, dans l’impasse de la rue Chaptal, 9 e arrondissement de Paris, quartier Pigalle, un théâtre minuscule proposait en ce temps-là des spectacles où la surenchère dans l’effet sanguinolent et l’outrance de la mise en scène étaient du plus bel effet sur certains esprits « raffinés ». Du plus bel effet gore, comme il se doit. C’était le théâtre du Grand- Guignol, fondé en 1897 par Oscar Méténier, dramaturge et chien de commissaire (adjoint chargé des basse besognes dont celle d’assister les condamnés à mort dans leurs derniers instants…), théâtre qui connut ses heures de gloires jusqu’aux années 30, puis vivota jusqu’à l’extinction des feux en 1962. On ne se précipitait pas au Grand-Guignol pour voir telle ou telle pièce, on allait y passer une soirée, pour s’offrir certains plaisirs humains, trop humains… Comme on allait d’ailleurs aux exécutions publiques, excursion alors en vogue. En témoigne le premier volume des aventures de Fantômas (1911), qui en connaissait un rayon : « Et dès la nouvelle connue, on s’était organisé pour aller, comme on va à une fête, voire tomber la tête du misérable (…) Ces gens étaient venus au spectacle. Ils parlaient du spectacle ! » Les exécutions publiques ne furent interdites en France qu’en 1937… Le Grand-Guignol était un théâtre populaire, mais pour un public averti. On y croisait autant de bourgeois rangés mais prompts au vice que d’individus carrément louches. Ou encore, entre 14 et 18, quantité de poilus en permission ou de mutilés à vie qui s’en venait tuer le temps en contemplant d’autres horreurs que celles vécues là-bas, plus au Nord. De la tranchée aux corps en tranches. Du sadisme apparent et souvent drôle l’érotisme ne sera jamais éloigné. L’impasse Chaptal c’est, curieusement, le chemin des jouissances troubles. Et immédiates. Une soirée réussie au Grand- Guignol ne connaît pas de frontière entre fiction et réel. Quelques titres en disent long : « La dernière torture », « Le chirurgien de service », « L’atroce volupté », « Le jardin des supplices », « Le château de la mort lente », « Crimes dans une maison de fous » … Le répertoire ne cherche qu’à provoquer des sensations directes chez le spectateur ; la psychologie des personnages est absente. Les dialogues ? Lapidaires. L’intérêt du spectacle vient des regards, de la suggestion des corps et des décors, et du matériel technique dernier cri utilisé sur scène. Avec une prédilection pour les outils de chirurgie… Il n’y a ainsi qu’au Grand-Guignol qu’on pourra apprécier une œuvre de « théâtre médical », signée par le prolifique André de Lorde, né comte André de Latour, et son collaborateur, le physiologiste Alfred Binet. Cette maison de la terreur ne donnera que rarement dans le fantastique ou l’anticipation mais le genre Grand-Guignol, lui, posera les bases d’un cinéma gore, radical et subversif. Ou la liberté se paye aussi au prix du sang. Denis Dargent
n°37 - printemps 2014 - 27 Lecture.r...*.uiffebaud pa+9rak Iri4lrnr JE N’AI PLUS PEUR Jean-Claude Guillebaud L’Iconoclaste, 2013 Jean-Claude Guillebaud est décidément une personnalité douce et attachante qui combine des analyses subtiles de notre présent avec la défense d’une éthique sans concessions et un cheminement existentiel maturé, sincère et diversifié. En témoigne à nouveau son dernier livre « Je n’ai plus peur », récit à la fois de ses déchirements entre la France et l’Algérie, de ses souvenirs de grand reporter au Biafra et au Vietnam, et de son itinéraire porté par la joie et « l’enchantement d’être vivant ». Son précédent ouvrage « Une autre vie est possible » m’avait déjà réjoui par le ton à la fois totalement lucide sur nos impasses contemporaines, et en même temps porteur d’espérances et de métamorphoses. Ce livre, à travers l’histoire d’un homme écartelé par des forces contradictoires, se veut une plaidoirie magistrale, afin de lutter contre nos peurs, pour la réhabilitation de la joie et de l’espoir. Moi qui aime tant Spinoza, et son chemin vers la béatitude par la connaissance, je me suis pleinement retrouvé dans les interrogations raffinées de cet esprit brillant et humble. (JC) IrryPer4 0 Souriez, vous êtes fichés E#raifver ti.rrope Ille° ! r°11.1 ERIC TOUSSAINT PROCES D'UN HOMME EX EMPL AIRE PROCÈS D’UN HOMME EXEMPLAIRE Éric Toussaint Éditions Al Dante, 2013 Jacques de Groote, directeur exécutif au Fmi et à la Banque mondiale pendant 20 ans, est aujourd’hui dans le collimateur de la justice suisse pour « blanchiment d’argent aggravé », « escroquerie », « faux dans les titres ». L’affaire porte sur la privatisation frauduleuse d’une des principales mines de popcorns SOURIEZ, VOUS ÊTES FICHÉS, BIG BROTHER EN EUROPE Raf Jespers Couleur livres, 2013 Raf Jespers est licencié en Histoire et avocat chez Progress Lawyers Network. Il est membre de l’Association internationale des juristes démocrates (AIJD) et de la Ligue des Droits de l’Homme. Son livre fait le point sur la privation de libertés qui s’est déroulée ces dix dernières années, où les allées et venues de tout un chacun en viennent à être contrôlées par la haute technologie, les ordinateurs et les robots. Ce livre n’est absolument pas une fiction, pas un conte de fées, ni un récit de science-fiction mais un livre ancré dans la réalité. Le constat de cette dernière décennie sur le plan des droits et libertés est simple : le respect de la vie privée est en péril. À tel point endommagée qu’elle vacille. Tout le monde est mis sous contrôle, tout le monde devient un objet convoité par le marketing. Et la société actuelle trouve cela normal. L’étendue et la profondeur de ce processus sont sans précédent. La société et les entreprises ne sont plus transparentes mais le citoyen, quant à lui, le devient. Big Brother surveille et arrête tous ceux qui s’écartent du chemin battu. Votre sphère de vie privée n’est plus sacrée, ni sûre. Aussi, la démocratie ne peut pas fonctionner. Inquiétant à souhait. (SB) charbon de République tchèque à la fin des années 1990. Les institutions financières internationales, responsables de violations répétées des droits humains, constituent la toile de fond de cette narration qui se lit comme un roman historique. Lever le voile sur leurs agissements est primordial. Il va de soi qu’elles doivent rendre des comptes, tout comme les personnes qui les dirigent et les représentent. Il est essentiel de démonter le puissant Arnaud de la Croix OUTPIACEMEHT OUTPLACEMENT Arnaud de la Croix Couleur livres, 2013 Un « outplacement », c’est une formation que l’employeur qui vous licencie après que vous avez dépassé les 45 ans est contraint de vous accorder et que vous êtes contraint de suivre. Elle est censée vous permettre de « décrocher » un emploi. Ce récit largement autobiographie et très ironique présente une douzaine de vignettes qui dépeignent l’ambiance de la formation disons approximative de ces personnes en préchômage. Ses intervenants pressés et peu impliqués, autoproclamés coachs, ses gueules cassées de l’emploi, les « outplacés » qui viennent avec des semelles de plombrecevoir le catéchisme du demandeur d’emploi. Drôle et libérateur pour toute personne ayant connu le chômage, ses tristes ambiances, ses donneurs de leçons et ses salles anonymes. (AB) mécanisme de domination que ces institutions imposent aux peuples de la planète depuis bientôt 70 ans. Le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM) s’attelle à ce travail de critique radicale depuis plus de 20 ans et toutes ses publications regorgent d’analyses approfondies permettant de comprendre la logique mortifère des choix qui sont faits au niveau mondial. Un petit livre qui pose des questions inquiétantes. (SB)



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