Agir Par la Culture n°35 sep/oct/nov 2013
Agir Par la Culture n°35 sep/oct/nov 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°35 de sep/oct/nov 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : droits culturels... mots ennemis ou révolution ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
n°35 - AUTOMNE 2013 - 21 En quoi consiste cette idée de juste échange ? L’idée d’avoir un juste-échange, qu’on peut appeler protectionnisme, signifie simplement qu’il faut intervenir de manière ciblée, quand un secteur est indiscutablement touché en Europe par une concurrence déloyale en raison de normes environnementales et sociales dans nos pays ou encore des aides d’État dans d’autres pays qui faussent le marché. L’Europe ne peut pas rester une passoire, être le dindon de la farce avec des normes, dont on peut être fier, mais qui à un moment donné rendent la compétition injuste. Le juste échange, par rapport à un libre échange qui laisse tout faire, c’est aussi une manière d’inciter à la négociation, pour insuffler une dynamique de nivellement des normes par le haut au niveau mondial. On fait face à des firmes de dimensions mondiales qui utilisent des avantages dans certains pays en raison de normes sociales quasi inexistantes en termes de sécurité : regardez ce qu’il s’est passé au Bangladesh… On ne peut pas accepter ça. Cela a donc aussi une vocation sociale avec une vision mondiale. Ce sont des prix de transferts au sein de firmes internationales qu’il faut à un moment réguler, en tout cas encadrer. En effet, ces firmes mettent telle production à tel endroit où les normes sociales sont peu contraignantes, transfèrent le produit semi-fini dans tel autre pays, où il y a tel autre avantage d’ordre fiscal pour finalement venir le vendre au marché européen. En fait, il s’agit d’une évasion fiscale, avec une exploitation sociale, avec des normes environnementales qui ne sont pas les mêmes et pas respectées de la même manière partout. On doit réagir, on ne peut pas accepter ça et laisser faire ça. Cela ne doit donc pas viser de manière linéaire telle ou telle région ou pays dans le monde. Ça doit viser des pratiques qui se font dans un secteur particulier, vis-à-vis de produits particuliers. Dernier ouvrage paru : Le Parlement européen, une voie vers la solidarité Éditions Luc Pire, 2013 Retrouvez la version longue de cette interview sur www.agirparlaculture.be pourpaRLERS Frédéric daerden : PROTégER L’EUROPE Frédéric Daerden, eurodéputé (PS), avait lancé le débat sur la question du protectionnisme en Europe par une Carte blanche publiée dans Le Soir en mars dernier. Opposé à un libre-échange pur et dur, il revient dans cet entretien sur les marges de manœuvre dont disposerait l’Europe pour un « juste échange » au sein de l’Union européenne. Propos recueillis par Aurélien Berthier Quelles sont les filières concernées ? Le photovoltaïque, l’acier, le textile… partout où l’on constate un compartimentage du cycle de production et de la commercialisation qui est nuisible au niveau de l’économie mondiale. Dans quelle mesure ce « juste échange » est possible dans le cadre européen actuel, fortement libre-échangiste ? À côté du cadre législatif européen, des traités de libre-échange ont été signés. Ainsi, les règles de l’OMC empêchent de faire ce que l’on veut n’importe comment. Mais on a bien vu avec l’exemple du « L’Europe ne peut pas rester une passoire, être le dindon de la farce avec des normes, dont on peut être fier, mais qui à un moment donné rendent la compétition injuste. » photovoltaïque chinois – la Commission européenne a imposé des droits de douane majorés pour pousser ce secteur à la négociation- que c’est possible de faire autrement. Et cela pourrait aussi se faire dans le cadre de l’acier. En fait, ce n’est jamais qu’une attitude juste de notre part. Se dire que s’il n’y a pas les mêmes règles de concurrence, alors on ajuste à l’entrée. Il y a une vraie fenêtre juridique pour appliquer les choses. D’ailleurs, d’autres le font comme les États-Unis. Actuellement est négocié entre l’Europe et les États-Unis l’inquiétant TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), un traité commercial de libre-échange instaurant un « marché commun transatlantique ». Il ouvre la porte à encore plus de libéralisation et risque de menacer le modèle social européen. Quelle est votre position à cet égard ? J’ai clairement voulu attirer l’attention par rapport à ces risques-là, par rapport à la mise à mal de notre modèle. Il faut certes se mettre autour de la table, il y a un potentiel d’affaires et de relations économiques dans un intérêt réciproque. Mais il faut mettre des barrières, des balises, des garde-fous : affirmons que nous avons un modèle à défendre ! Je suis heureux qu’on ait pu obtenir l’exception culturelle. Il faut garder cette exception culturelle, notre diversité culturelle et notre secteur audiovisuel par rapport aux géants qui existent aux États-Unis. C’est fondamental mais cela ne suffit pas ! On a vu la difficulté d’obtenir certaines garanties vis-à-vis de la culture et je regrette qu’on ne l’ait pas fait dans d’autres domaines. Et c’est pour cela que j’ai voté contre la résolution du Parlement qui fixait sa position à l'égard de la Commission, car elle ne fournissait pas assez de garanties pour baliser les négociations. Maintenant, il n’y a encore rien de mal fait mais je crois que le combat sera important pour sensibiliser comme on l’a fait pour la culture et il faudra sur les autres thèmes de réelles réponses. Le Parlement va suivre de près les négociations, sans avoir de participation, puis il approuvera - ou non – ce traité. Donc si des clauses étaient intolérables, le traité pourrait encore être refusé par le Parlement, à la manière de l’ACTA ? Oui, on pourrait le refuser. C’est un bel exemple.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :