Agir Par la Culture n°34 avr à aoû 2013
Agir Par la Culture n°34 avr à aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de avr à aoû 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : collectif Roosevelt 2012... 15 remèdes à la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier Un nombre important de banques commerciales récoltent l’épargne en Belgique car cela coûte moins cher de la recueillir ici et l’utilisent ensuite à l’étranger. L’idée ici est de relocaliser les services financiers. Enfin, c’est un aspect de développement durable. Chaque décision, notamment en matière d’octroi de crédit, sera soumise à une double évaluation, l’évaluation économique classique (prise de risque, capacité de remboursement) et l’impact social et environnemental. Ce n’est que si un peut répondre à ces deux aspects qu’il sera pris en considération. Ce sera une banque nor male qui proposera les ser vices habituels ? oui. on souhaite vraiment peser sur le marché et pour ce faire, on doit proposer tous les services de base : le compte-courant, le compte d’épargne, les moyens de paiement, les cartes de débit, cartes de crédit payables en fin de mois et tous les crédits (consommation, hypothécaire). L’objectif est de Des livres pour prolonger le collectif Roosevelt Essais Roosevelt, André Kaspi, Fayard, 1988 Pour éviter le krach ultime, Pierre Larrouturou, nova Editions, 2011 La gauche n’a plus droit à l’erreur, Pierre Larrouturou et Michel Rocard, Flammarion, 2013 Capitalisme et pulsion de mort, Gilles Dostaler et Bernard Maris, Albin Michel, 2009 L’homme économique et le sens de la vie, Christian Arnsperger, textuel, 2011 Le théorème du lampadaire, Jean-Paul Fitoussi, Les liens qui libèrent, 2013 Romans La domination du monde, Denis Robert, Julliard, 2006 Le capital, Stéphane osmont, Grasset, 2004 Gains, Richard Powers, Le Cherche-Midi, 2012 Emma peut-être, Arnaud Molinié, Le Cherche-Midi, 2012 Rouge dans la brume, Gérard Mordillat, Calmann-Lévy, 2011 D’un retour nement l’autre, Frédéric Lordon, Seuil, 2011 permettre à n’importe quel particulier, n’importe quelle entreprise, n’importe quelle organisation de faire à terme de la new B sa seule banque. Même s’il est bien entendu qu’on ne fera pas tout un tas de services exotiques comme ouvrir des comptes en yens... Votre appel à souscription pour obtenir un nombre de coopérateur a réuni plus de 40.000 coopérateurs. Comment inter prétez-vous ce succès ? on n’est pas surpris par le succès mais par la rapidité du succès. Ça s’est enflammé. Il y eu des journées à 7000 adhésions/jours ! Quand on analyse les réactions des gens que nous avons reçues, on s’aperçoit que la motivation des personnes, en grande majorité, n’est pas une réaction négative par rapport à la crise financière. La crise a certes été un déclic, les gens se sont plus renseignés sur la finance qu’auparavant on laissait aux spécialistes. Mais adhérer à la new B, ce n’est pas un vote sanction, ce n’est pas de la protestation. Au contraire dans la plupart des cas, c’est l’adhésion à des valeurs positives. Il y a déjà eu par le passé des actions type bank run pour retirer l’épargne d’un coup des banques. Et puis d’un autre côté des choses pas très significatives comme des pétitions ou faire un « I like » sur Facebook. Ici, ce sont des gens qui adhèrent à des valeurs, qui effectuent un paiement de 20 euros qui matérialise cette adhésion. C’est plus durable qu’un simple acte de protestation. Ici, on veut construire une institution financière différente, on s’inscrit dans l’avenir. L’agrément de la BnB a de bonne chance de vous être accordé ou bien existe-il des obstacles majeur s ? Pour exercer le métier bancaire, il faut répondre à une série de conditions prudentielles. on ne devrait pas avoir trop de soucis me semble-t-il à satisfaire toutes les exigences. on y travaille. nous sommes les premiers à dire qu’il faut qu’elles soient renforcées pour rendre le secteur plus solide. nous nous y soumettons donc d’autant plus volontiers ! nous répondrons à ces exigences et on ira même au-delà pour un certain nombre d’exigences minimum prévues par la régulation comme les exigences de fonds propres. RaO 18 Q,1... Pouvez-vous donner un horizon du lancement effectif ? on peut imaginer, en faisant les choses calmement et avec prudence, qu’un délai minimum de 18 à 24 mois paraît raisonnable, pas d’ouverture avant fin 2014, début 2015 donc. Je tiens à insister sur le fait qu’on ne se fixe néanmoins pas d’agenda dans le sens où on privilégie la solidité, faire les choses bien pour avoir une assise solide, si ça doit nous prendre 6 mois de plus, on les prendra. » » » » » » » » » » » » » » » Voyager pour comprendre r e et agir CHEMINS ENGAGÉS Propos recueillis par Aurélien Ber thier Pour plus d’infos ou prendre une par t dans la banque coopér a- tive new B : www.newb.coop CHEMINS ENGAGÉS est une nouvelle aventure proposée par Présence et Action Culturelles.Nous avons pour ambition de faire rencontrer er au travers des voyages l’histoire et le présent. Voyager pour comprendre et agir permettra tra d’éclairer autrement nos réflexions militantes sur le monde d’hier, d’aujourd’hui u et de demain. INFORMATIONS ONS : Patrick Lerch - Tél. 02 5455 777 64 - Gsm. 0492 58 59 57 - Email. patrick.lerch@pac-g.be pac-g.be » » » » » » » » » » » » »
LE VAMPIRE ET LE NÉANT tr op souv ent, n ous avons tendance à réduire le v ampir e à son ar chétype occidental, incar né (désincar né ?) par l’or gueilleux et très fin de r ace comte Dr acula. C’est ignor er que l’essence de cette créature fantastique remonte à la nuit des temps, et qu’elle opèr e de sur pr enantes métamorphoses dans à peu près toutes les tr aditions, toutes les cultur es, tou tes les r eli gions. De f ait, on peut affir mer que les vampir es hantent la mémoire de l’humanité. En Chine ou en Malaisie où le Prince des ténèbres s’attaque essentiellement aux femmes et aux nouveaux nés, en Birmanie ou au Japon où il dévore les âmes, en Inde – patrie de la déesse Kâlî, buveuse de sang et anthropophage à ses heures perdues – où il prend volontiers possession des corps, sans parler des « maîtres des cimetières » du tibet ou des « broucolaques » solitaires dont le chant résonne dans la nuit balkanique. on notera aussi que dans la tradition musulmane, où le sang n’a pas la même signification vitale, le ou la « goule » ne suce pas celui de ses victimes, se contentant d’en manger la chair… goulûment, dit-on. omniprésent au cinéma, en littérature ou à la télévision (à l’heure où j’écris ces lignes mon fils regarde un épisode de « Ma baby-sitter est un vampire », c’est dire…), le mort-vivant a depuis longtemps trouvé sa place dans les couloirs de l’information-spectacle. C’est que l’aura particulièrement négative du vampire se prête nathalie Caccialupi à merveille à toutes les images stéréotypées qui constituent aujourd’hui l’essentiel du discours politico-médiatique. Ainsi, ceux qui s’opposent farouchement à l’ultra-libéralisme ambiant utiliseront naturellement la métaphore vampirique pour décrire les horribles suppôts de la finance mondiale qui prospèrent en aspirant le sang des peuples. Simple, mais efficace. Comme l’est d’ailleurs tout autant le discours très classes moyennes qui voue aux gémonies les chômeurs et autres allocataires sociaux accusés, telles des sangsues, de vivre sur le dos de la (bonne) société. Discours interchangeable adapté à une créature polymorphe qui en perdrait, pour le coup, son propre statut social… Nt 19 à bas la Culture Moins accommodante, et donc beaucoup plus intéressante, la théorie selon laquelle nous serions toutes et tous, au-delà de nos appartenances (et de nos préjugés) de classes, de terribles vampires en puissance… Assoiffés de malheur : celui des autres en l’occurrence. En gros : tout-ce-qui-dans-la-vie-d’autrui-noussemble-plus-con-que-dans-la-nôtre. C’est humain, la poisse des autres nous console toujours un peu de nos propres misères… à ce propos, il est possible de reconsidérer la fameuse « absence de reflet » dans la légende vampirique. Et si, je dis bien « et si », le vampire, en son miroir, reflétait bel et bien quelque chose ? Qu’on pourrait appeler… notre propre néant ? Voilà l’idée. Si le succube est aussi présent aujourd’hui dans notre monde délabré, c’est peut-être pour nous délivrer cet avertissement : dans un monde réel de vacuité, l’imaginaire se mérite. Durement. Denis Dar gent



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