Agir Par la Culture n°34 avr à aoû 2013
Agir Par la Culture n°34 avr à aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de avr à aoû 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : collectif Roosevelt 2012... 15 remèdes à la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier DP C’est dans le c ontexte des él ections présidentielles fr ançaises de 2 012 que s’est for mé le c ol lecti f Roose velt 2012, mouvement citoyen autour d’in tellectuels et de militants comme Pier r e Lar routur ou, Stéphane hessel, Edgar Morin ou encor e de per sonnalités politiques comme Michel Roc ard. Un seu l constat : f ace à l’ur gence de la situation économique, sociale, et écologique, et face à la mainmise des lo b bies bancair es et financier s sur les choix politiques, il ne faut plus tergiver ser : des solutions existent. Il nous faut à présent un plan digne de l’ampl eur du ne w Deal dével oppé par l e présiden t améri cai n Fr anklin Roosevelt dans les années 30. De nombreux citoyens, militants et organisations se sont fédérés ainsi autour des 15 propositions du collectif qui s’articulent autour de trois chantiers principaux d’action : Eviter l’effondrement en redonnant des moyens aux Etats et en limitant le pouvoir des marchés financiers/Créer massivement de l’emploi en investissant à long terme dans la transition vers une nouvelle société, via de grands travaux sociaux et environnementaux/Réformer l’Union européenne pour la rendre sociale et démocratique. (voir page XX le détail de ces propositions). Devant le grand intérêt que suscitait leur démarche en Belgique ce collectif français a encouragé des militants d’ici à monter un groupe. De rencontres en rencontres, un noyau de fondateurs se met petit à petit en place et décide d’inviter Pierre Larrouturou, économiste français au talent pédagogique incontestable et figure de proue du collectif en France. Auteur de « Pour éviter le krach ultime » ou « C’est plus grave que ce qu’on vous dit... Mais on peut s’en sortir ! », il explique d’une manière limpide la crise tout en amenant des solutions pratiques et réalisables. C’est sa conférence à l’ULB en novembre 2012 qui lancera la dynamique. A présent, il s’agit d’un véritable mouvement, avec plusieurs centaines de membres répartis en plusieurs groupes locaux à travers toute la Belgique francophone. Un SoCLE CoMMUn ROOSEVELT2012.be : HISTOIRE D’UN MOUVEMENT René Vifquin est l’un des fondateurs du Collectif belge. Il a un long parcours professionnel au sein de services publics. Son engagement se base sur le constat d’une situation d’une ampleur inédite : « on se trouve devant un paradoxe, des hommes politiques et des milieux économiques nous ont amené dans le mur et la réponse à cette situation est d’encore plus Q2... RaO 14 nous enfoncer dans le mur. Et il y a encore des gens pour croire que c’est en continuant dans le toujours plus de libéralisme que nous sortirons l’Europe de la crise. Croire encore aujourd’hui que moins d’état et plus de dérégulations va permettre une sortie de crise est illusoire. Croire que la croissance va repartir à la hausse à des niveaux suffisants pour donner du travail à tous, croire que c’est avec des mesurettes que l’on va régler le réchauffement de la planète l’est tout autant. » Roosevelt 2012 représente une possibilité de sortir de la paralysie : « Les 15 propositions font pour moi la synthèse de la politique qu’il faut mener pour s’en sortir. Ce n’est pas complet, on pourrait y ajouter d’autres propositions mais elles sont un socle minimal. » Ce dénominateur commun, c’est la boussole, la bannière qui peut permettre au camp progressiste, au sens large, de se réunir, de passer audessus des barrières partisanes et de s’attaquer plus frontalement au « tout au marché » qui n’a fait que trop de dégâts. tous le répètent, les propositions ne sont peut-être pas parfaites, pas complètes, mais elles ont le mérite de proposer une alternative qu’on peut tout à fait mettre en place ici et maintenant. Et elles ont un pouvoir fédérateur alors même que pointe la radicalisation et la montée des propositions national-populistes (voir interview d’Arnaud Zacharie page XX) qui séduisent malheureusement de plus en plus d’électeurs.
Bien au-delà des organisations associatives ou syndicales habituelles, c’est principalement en tant que citoyen que viennent les gens. Beaucoup, comme Marc Devriendt, informaticien, n’avait jamais fait partie d’un parti ou été activiste et son engagement dans la création du collectif Roosevelt2012.be a pris sa source dans un besoin d’agir face à une situation bloquée que beaucoup de citoyens « non-encartés » ressentent : « Je ne m’y connais pas trop en économie ou en finance mais simplement après le constat de la gravité de la situation dont j’ai pu prendre connaissance grâce aux livres de Pierre Larrouturou, je me suis dit que si on pouvait faire quelque chose, il fallait le faire. Parce que j’ai des enfants et j’aurai bientôt des petits-enfants, je ne voudrais pas assister à un désastre en me disant que j’aurais pu faire quelque chose et que je n’ai rien fait. Par Roosevelt 2012, je fais ma part même si elle est toute petite. » 15 MESURES PhARES Le collectif belge travaille à l’appropriation de ces 15 mesures défendues en France et à leur adaptation au contexte belge qui ne correspond évidemment pas point par point au contexte de nos voisins. Cependant, la crise et ses causes étant au minimum européennes, voire mondiales, les mesures préconisées font sans arrêt l’aller-retour entre les échelles nationales et internationales. C’est aussi tout un travail de promotion de ces idées dans les sphères médiatiques et politiques qui commence à se mettre en place. Au cœur de cette initiative, il ya cette idée qu’il faut réglementer de nouveau la finance et réformer de fond en comble l’Union européenne. Pour Eva Kocsis, qui a travaillé pendant 22 ans au Crédit Communal, devenu Dexia, « L’Europe, en instaurant une totale liberté de circulation de capitaux – dont les banques sont l’instrument - et la libre concurrence, a abdiqué en tant qu’entité autonome et responsable, avec une certaine naïveté et des conséquences graves. Se donner les moyens de la régulation et du contrôle des activités financières est nécessaire. La scission des activités bancaires en est une facette. » Il n’y a pas une mesure qui compte plus spécialement, elles forment un système, et il est important qu’un maximum d’entre elles soient mises en place, comme l’indique René Vifquin : « Si l’on ne parvient pas à réguler la finance internationale, on n’a pas de moyen pour des politiques de développement. Si l’on n’harmonise pas la fiscalité et le social, on ne développera pas un minimum de croissance et on continuera dans le dumping social et fiscal. Si on n’a pas de moyens, on ne peut pas lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Si l’Europe n’est pas plus démocratique, avec un Parlement qui prend des décisions et un exécutif élu, on reste à la merci des lobbies et ce que je viens de dire n’est pas possible. Bref, les propositions forment un tout cohérent. » UnE UtoPIE… MA IS UnE UtoPIE RéALIStE ! Une utopie ? Peut-être, mais alors une « utopie réaliste » au sens que lui donnait Edgar Morin, celle qui va dans le sens d’une société où tous accèderaient plus facilement au bonheur mais qui, contrairement aux grandes utopies monolithiques, ne définit pas une société parfaite à l’avance. Surtout, comme le rappelle Eva Kocsis, la force de ces 15 propositions est qu’il s’agit de recettes simples, souvent déjà éprouvées par le passé ou dans d’autres pays : « la plupart des mesures proposées par Roosevelt 2012 constituent un retour à une situation ou des mécanismes qui ont déjà existé dans le passé, mais J.M. Keynes L’économiste britannique John Maynard Keynes a publié en 1936 une « théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » qui a en partie inspirée les politiques de relance de l’économie par la demande, comme le new Deal aux Etats-Unis et le Front populaire en France. Le principe en est que la crise s’analyse comme une insuffisance de la demande. La paupérisation d’une grande partie des citoyens entraîne une baisse de la consommation, ce qui aggrave les difficultés de l’industrie. Pour rompre cette spirale, l’Etat doit prendre l’initiative en relançant la production par le recours au déficit budgétaire, à une éventuelle dévaluation et à une politique de soutien aux grands travaux, comme l’on fait F.D. Roosevelt et Léon Blum. (JC) ROOSEVELT 912 15 dossier qui ont été modifiés ou supprimés par une décision politique…et peuvent donc être restaurés par une autre décision politique. Il faut juste un peu de courage. » Alors que l’on parle de plus en plus de scinder les banques gérant l’épargne des ménages de celles menant des activités spéculatives, elle souligne qu’en Belgique, « avant la « déspécialisation » il y avait, depuis 1934, une stricte séparation entre activités de dépôt et d’affaires. Il ne s’agit donc pas d’une nouveauté. » Il est possible d’arrêter cette course à la dérégulation et de revenir à plus de justice sociale, et pour cela il faut une mobilisation puissante qui impose un nouveau rapport de force. « Il faut restaurer la confiance des citoyens dans leur capacité à peser sur les décisions qui les concernent et cela en dépit du découragement causé par le creusement des inégalités, l’absence de perspective et le cynisme des acteurs économiques et financiers. tous les progrès de l’humanité ont été réalisés par des gens qui ont essayé de faire ce qui apparaissait comme impossible à un moment de notre histoire. » Aurélien Ber thier et nathalie Pipar t



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