Agir Par la Culture n°34 avr à aoû 2013
Agir Par la Culture n°34 avr à aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de avr à aoû 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : collectif Roosevelt 2012... 15 remèdes à la crise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
dossier faire oublier les exigences de notre époque : crise environnementale, énergétique et démocratique. Les 15 propositions du collectif s’axent autour de 3 chantiers. 1. éVItER L’EFFonDREMEnt La première mesure proposée est celle de redonner de l’oxygène à nos é tats, qui empruntent pour rembourser leurs anciennes dettes à des taux d’intérêt de 6, 7 voire 11%, alors que des banques privées en situation de crise se financent à 0,01% auprès des banques centrales. or tout en respectant les traités, la Banque centrale européenne pourrait, via les organismes publics de crédit, prêter aux états à des taux tout aussi minimes. Dans la même perspective, il est important ensuite de dégager de nouvelles marges de manœuvre financières. Le collectif défend ainsi l’idée de créer un im pôt sur les bénéfices des entreprises au niveau européen, afin de lutter contre la compétition fiscale entre les pays de l’Union. Au niveau belge, plusieurs mesures pourraient être prises : impôt sur les grandes for tunes, taxe sur les plus-v alues boursières des particuliers, réformes des intérêts notionnels qui permettent à des grandes entreprises d’échapper à l’impôt et lutte active contre les par adis fiscaux. Pour maintenir au maximum l’emploi et le pouvoir d’achat dans un premier temps, il faut développer des alter natives aux licenciements. La précarité et la pauvreté ne font qu’accroître la crise : il faut donc, au contraire des mesures de dégressivité adoptées jusqu’à présent, r enfor cer l’indem nisation des chômeur s et leur accompagnement-formation, tout comme le fit Franklin Roosevelt dès son accession à la présidence des états-Unis. Une autre mesure-clé, inspirée de Roosevelt et son Glass Steagall Act, est la sépar ation stricte entre banques de dépôt et banques d’affaires, indispensable pour que les banques ne se lancent plus dans des activités spéculatives à haut risque avec l’épargne des citoyens. Fait étrangement peu connu, cette séparation était en vigueur en Belgique jusqu’en 1993. Roosevelt2012.be remet également à l’agenda la création d’une taxe sur les tr ansactions financièr es inter nationales qui, en plus d’alimenter les ressources publiques, permettrait de pénaliser les transactions à court terme, les plus spéculatives. Enfin, c’est encore au niveau international qu’il faut agir et imposer le respect des nor mes sociales et envir onnementales afin de lutter contre les délocalisations et mondialiser le travail décent, (r)établir une justice sociale. 2. ContRE LE ChôMAGE, ConStRUIRE UnE no UVELLE SoCIété Ce deuxième chantier vise à transiter vers une nouvelle société qui saura faire face aux défis que nous rencontrons aujourd’hui. Le développement de ces alternatives exige des investissements à long terme rendus possibles notamment par les marges de manœuvre financières libérées. Roosevelt 2012 appelle à investir dans une politique du logement créatrice d’emploi dans l’immédiat et rentable sur le long terme. De plus, un investissement public permettrait de rééquilibrer le marché du logement et de faire baisser les prix. 12 hélène Fraigneux Concernant la lutte contr e le dérèglement c limatique, le collectif Roosevelt 2012 appelle à un investissement massif dans les économies d’énergie, l’isolation des bâtiments, le développement des énergies renouvelables, la relocalisation de certaines activités économiques (dont l’agriculture) etc. De même, l’économie classique et le marché du travail actuel ont montré leurs limites. Il faut encour ager et sout enir le développement d’alter natives : l’économie sociale, qui a comme finalité les services aux citoyens plutôt que le profit et qui donne priorité au travail sur le capital dans la redistribution des bénéfices. Un nouv eau par ta ge du temps de travail est également nécessaire afin de mieux répartir les gains de productivité colossaux des dernières décennies et de permettre au plus grand nombre d’avoir une activité. 3. ConS tRUIR E EnFIn Un E EUR oPE D éMoCRAtIQ UE Les mesures proposées par le collectif Roosevelt 2012 ont clairement une portée européenne. Pour répondre à ce qui est souvent décrit comme le déficit démocratique de l’Union, il appelle à la création d’un véritable régime par lementaire européen : les élections se dérouleraient entre partis européens et non entre candidats nationaux. Enfin, pour lutter contre le « dumping social » dénoncé au sein même de la zone euro, un vrai traité soci al eur opéen est requis. Il contiendrait des critères de convergence sociaux pour inciter les états-membres à une course « vers le haut » en matière sociale. nathalie Pipar t
CONTRE LE NATIONAL-POPULISME Ar naud Zacharie est le Secrétair e génér al du CnCD. Militant, alter natif, il est, à titr e per sonnel, l’un des fondateur s du collectif Roosevelt 2012 en Belgique. Il souhaite insister sur la vocation du collectif à proposer un série d’alter natives à l’échelle européenne avec une large ar ticulation entre le national et le mondial. Entretien autour des enjeux de ce collectif : éviter autant le statu quo néolibé r al que l’alter native négative du national-populisme. Quelles sont les motiv ations de ce collectif ? Dans le contexte de la crise actuelle, il ne faut pas expliquer aux citoyens qu’il y a des problèmes car cela, ils l’ont bien compris mais il faut promouvoir des solutions. La dynamique Roosevelt 2012 rassemble des citoyens et des personnalités autour de quinze solutions qui valent ce qu’elles valent, mais qui mettent le doigt sur les vrais sujets aux racines de cette crise, c’est-à-dire à la fois les questions de finance internationale, de fiscalité, d’emploi et de protection sociale et puis celle de l’architecture européenne en tant que telle. C’est aussi très important de sortir des cercles d’intellectuels, de faire une jonction entre « experts » et mouvements citoyens. Il faut absolument populariser ces propositions car on a en face de nous des national-populistes. y a-t-il l’idée de créer potentiellement des collectifs Roosevelt 2012 en dehor s de l’Europe, aux Etats-Unis mais aussi en Afrique, en Asie, en Amérique latine ? Il y a une volonté au sein de Roosevelt 2012 de se structurer à l’échelle européenne mais il est évident que s’il devait y avoir des initiatives d’autres continents, il faudrait faire la jonction. on sait qu’une des sources de la crise, c’est la mondialisation. L’idéal serait donc évidemment d’avoir des réseaux citoyens à l’échelle mondiale, mais il faut commencer par le niveau européen car CnCD-11.11.11. la situation est particulière en Europe. Il faut d’ailleurs saisir l’opportunité des élections européennes. on peut espérer que l’on va changer de majorité politique au niveau européen à partir de 2014. Autrement, nous repartirons sur la même voie pour cinq ans et cela risque d’être douloureux. Il faut imposer de nouveaux débats et un autre agenda, plus économique et social, plus politique. Parce que le problème, quand on voit les élections dans chacun des Etats-membres de l’Union européenne, c’est la monopolisation du débat par des forces nationales-populistes, qui acquièrent de plus en plus de poids électoral, et les partis traditionnels. Il ne reste plus beaucoup d’espace pour les alternatives progressistes, qui sont nécessaires mais qui sont pour l’instant mises au second plan. A qui vous adressez-vous ? notre cible, ce sont clairement les politiques et les acteurs économiques. tous les problèmes que l’on connait aujourd’hui proviennent de l’autorégulation du marché, du fait que l’on a accordé la priorité, comme on l’avait déjà fait dans les années 20-30, à la liberté et au « fondamentalisme du marché ». L’Etat doit être là pour réguler, pour ramener la finance au service de l’économie réelle, de la création d’emplois décents, et cela implique des prises de décisions à la bonne échelle. L’idéal serait l’échelle mondiale mais on voit bien qu’on est bloqué dans un monde qui devient multipolaire. C’est pour cela que l’on insiste sur l’échelle européenne, tout en montrant les marges de manœuvre et leviers qui existent déjà au niveau national. Qu’est-ce qu’il y a face aux propositions du collectif ? Soit on prend cette alternative-là, soit on va se retrouver avec du national-populisme très proche de celui des années 30. En effet, il est plus facile d’expliquer les choses aux citoyens par un « tous pourris » ou par un « c’est l’étranger qui vient nous bouffer le pain dans la main » plutôt que de lui ROOSEVELT 912 13 dossier expliquer que des mécanismes ou des absences de régulation financière et bancaire nous ont amené à la crise actuelle. Même les décideurs politiques, alors que la crise de 2008 était gigantesque, ont mis des années à se rendre compte qu’elle allait finir par avoir un impact sur le portefeuille des citoyens et devenir une préoccupation des électeurs. Un autre scénario possible est celui du « business as usual » dont rêvent les banques, les industriels et toute une série de dirigeants politiques traditionnels qui espèrent relancer le système sur la même base que par le passé. Ceux qui sont contents du système actuel ne veulent rien changer. Mais la réalité va nous rattraper : si on ne fait rien sur les questions climatiques, financières ou sociales, la crise ne va faire que s’aggraver et on va continuer à avoir de graves ennuis, notamment avec les national-populistes. Il y a un problème de fond, non seulement au niveau fiscal, social, financier mais aussi au niveau de l’architecture politique et du système démocratique. Il faut que l’on adapte notre système démocratique aux enjeux internationaux d’aujourd’hui. Le collectif veut prouver qu’on peut créer des alternatives ici ! Propos recueillis par Jean Cornil et nathalie Pipar t CnCD-11-11-11



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :