Agir Par la Culture n°32 oct/nov/déc 2012
Agir Par la Culture n°32 oct/nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de oct/nov/déc 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : populisme et nationalisme... au nom du peuple !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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- 11 NANit dossier sance publique, et de l’aspiration à un mode de décision démocratique plus rapide. Relève de la même logique la mise au pilori vindicative des services publics au nom de leur insoutenable rapport efficacité-coût dans la vision utilitariste du régime. On retrouve là un concentré du bréviaire de la droite populiste nouvelle… Dans ses fondamentaux conceptuels, analyse simone, celle-ci prône, de manière interconnectée, la réussite individuelle et la supériorité de celui qui réussit (« Je suis le meilleur, tu n’es personne »), la propriété individuelle sacralisée (« C’est à moi, tu n’y touches pas), la liberté individuelle (« Personne n’a à me dire ce que je peux faire ou pas »), le cloisonnement des intérêts privés et la non-ingérence (« ne te mêle pas de mes affaires »), le primat du « moi je » sur l’intérêt public (« Chacun pour soi, le bien commun passe après »). UnE RéGREssIOn InFAnTILE Ce qu’offrent les partis populistes, de ce point de vue, c’est un rêve ou une promesse de substitution au terme de l’effondrement de la croyance moderne au progrès. Mais un rêve infantile, propre à l’univers de la bulle protectrice, coupée du monde réel, dans laquelle vivent les enfants. C’est ce que l’économiste Jacques Généreux a appelé dans un ouvrage au titre éponyme « la grande régression » : sous l’emprise hypnotique du régime à l’œuvre, la civilisation est en train de se défaire des barrières de culture et d’éducation qui s’opposaient à l’expression des instincts les plus archaïques. De fait, renchérit Raffaele simone, les « valeurs » néo-populistes ont pu s’imposer parce qu’elles sont « naturelles », « primaires », au sens où on les retrouve à la base du comportement des petits enfants. En ce sens, la promesse de la nouvelle droite populiste est bien un divertissement au double sens du terme : une assignation au consumérisme et aux petits plaisirs de l’immédiat, et un détournement de la perspective d’un avenir possible. Elle n’a donc de promesse ou de rêve que le nom, puisqu’elle censure toute projection dans le futur. Ce régime populiste, en fin de compte, caractérise bien « la crise » au singulier, qu’analyse la philosophe Myriam Revault d’Avallonnes dans son dernier livre, La crise sans fin. Elle entend par là la crise permanente qui est devenue à la fois objet de fascination et terme de référence par lequel, dans un édifiant retournement du sens, on explique tout : « C’est à cause de la crise ». Le cours de l’humanité semble y être 14 voué, comme à une sorte de destin fatal auquel on ne pourrait échapper…, mais que l’on peut oublier en « se distrayant » dans un présent perpétuel. Paravent de l’incapacité politique et conceptuelle globale à affronter le défi d’une époque d’entre-deux-mondes, à oser proclamer qu’un autre monde est (doit être) possible... Cette notion « moderne » de la crise, comme certitude que le pire est inévitable, surplombe et plombe, désormais, la notion étymologique et traditionnelle de la crise comme incertitude, c’est-à-dire comme stade critique d’une « maladie », à dépasser, soit par la mort, soit par la guérison... Dès lors, pour que celle-ci ait quelque chance de se construire, il faut refuser de céder à la tentation du retournement de l’avenir incertain en certitude hédoniste et présentiste d’une crise sans fin. Il nous faut réorienter le regard vers l’horizon, tout en étant persuadés que faire face à un avenir incertain n’empêche pas de réfléchir, d’agir et d’anticiper le futur comme un temps meilleur. Marc sinnaeveles anges de la tele realite wallpaper by xdjwaox la tele realite wallpaper by xdjwaox
CC by 2.0 par skender NATIONALISME fLAMAND : UN MOUVEMENT ANTI-URBAIN Ch ristian Kesteloot est géogra phe, chargé de cour s à l’ULb et à la KUL. Au début des années 90, il a fait par tie du « Groupe de la Mor t-subite », groupe de réflex ions de géogr aphie hu maine. Ils ont por tés leu r s études s ur les fr actionnements sociaux de l’espace belge et ont réalisé de multiples géographies s ociales de la société belge publiées dans « Contr adictions », la r evue du groupe. nous avons recue illi son sentiment sur la montée du nationalisme flamand. Entretien. que pen sez-vou s du nationalisme flam an d qui ne ces se de mon ter dans l’opin ion publique ? Pensez-vous que les Flamands soient plus nation alistes que les Wallons ? s iupu üuuo ; Wrs aµ uucuu611 7OI Oui, je le crois. C’est une histoire compliquée à expliquer. A mon sens, un des points essentiels pour comprendre ce qui se passe dans ce nationalisme flamand est de se rendre compte qu’il est purement lié à son passé. En effet, il y a une forte volonté d’émancipation qui a commencé au 19ème siècle et qui aboutit seulement maintenant, mais entre-temps elle a perdu le sens de son objet, car aujourd’hui les Flamands sont plus riches que les Wallons. Ils pourraient très bien fonctionner seuls en étant la partie dominante dans les structures belges. Mais paradoxalement, ces structures belges, ils ont appris à les détester, du moins ceux qui sont profondément impliqués dans ce mouvement culturel flamand. Pour eux, dans les années 60 et 70, l’Etat belge devient le symbole de la francisation du pays, et bruxelles-capitale une machine à franciser ses habitants. Cela pousse encore plus l’âme flamande et ses régions à défendre l’originalité culturelle. 15 dossier Aujourd’hui, la Flandre voudrait prendre son indépendance. L’indépendance en vue de devenir une région à part entière où la vie serait meilleure qu’aujourd’hui me paraît illusoire ! Ils souhaitent ne plus dépendre de l’Etat belge, ne plus devoir payer des impôts à un Etat fédéral dont ils estiment ne pas avoir besoin. Les Flamands sont très anti-Etat fédéral, anti-grandes villes. Ils ont dispersé les ouvriers dans les campagnes, les ont volontairement éloignés des villes, des lieux de tous les problèmes, de tous les dangers, de toutes les diversités. Diversités qui représentent pour eux des menaces pour la pureté culturelle flamande. Tout cela se combine. Il se fait que face à cette globalisation, la territorialisation, le repli identitaire semble une solution. A l’inverse, justement, cette globalisation demande l’ouverture des territoires et des politiques capables de travailler à des échelons différents. Il faut à la fois combiner des politiques locales, des politiques urbaines car les villes aujourd’hui représentent davantage le moteur économique que les régions. que ce soient nos Régions et nos Communautés, l’Etat fédéral et l’Europe, si on parvient à faire des politiques cohérentes, nous avons suffisamment de leviers en mains pour faire face à cette globalisation. Par contre, si on ne le fait pas, nous entrons tout simplement dans le jeu de la concurrence entre régions, entre villes, entre pays qui est justement la principale cause des grands problèmes économiques actuels. Le problème actuel de la Flandre est qu’elle reste trop tournée vers le passé au lieu de regarder vers le futur. En regardant trop dans le rétroviseur, elle s’imagine que les solutions adoptées par le passé sont également valables et un modèle à suivre pour le futur. La Flandre se trompe lourdement. Finalement bar t De Wever est dans une logique qu’on pour rait comprendre par r appor t au passé de la Flandre ?



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