Agir Par la Culture n°31 jui/aoû/sep 2012
Agir Par la Culture n°31 jui/aoû/sep 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de jui/aoû/sep 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial... de chair et d'acier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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avec l’album « Vers Les lueurs », on a l’impression d’un retour aux sources, du rapport à l’environnement, en références aux agressions typiquement urbaines sonores, à la détérioration de la nature, aux changements climatiques, à l’importance de la lumière, à l’envie de quitter la ville,… on a l’impression parfois de retrouver un univers un peu comparable à celui de Mickey 3D ou encore de Florent Marchet ? oui… après sur le discours écologisant, pour moi ce sont les deux premières chansons, après il y a beaucoup de références à la nature parce que j’avais envie de dire des choses assez simplement dans le début du disque sur effectivement un refus d’agressions urbaines. il se trouve que pour des raisons musicales, j’ai mis les deux premières chanportrait r- dominique a : rendons-noUs la lUMiÈre k Dominique dominique A est Pun l’un des initiateurs de ce que l'on l’on appelle la « nouvelle chanson française », celle qui a confirmé des talents comme Christophe Miossec, Thomas thomas Fersen, Benjamin Biola, Biolay, Florent Marchet ou encore Julien Baer. Daoh Amoureux de l’écriture, l'écriture, de Part, l’art, du grand écran, et doux rêveur, le Nantais nantais installé à A Bruxelles a a aussi bien les pieds sur terre. ftorroo il mesure aujourd'hui aujourd’hui sa chance, celle de pouvoir exercer le métier quN qu’il aime et salue les rencontres qui ont changé sa vie, prend conscience de ses acquis, déterminé qu'il qu’il est A à s'en s’en servir artistiquement. Son tout dernier album « Vers les lueurs » est une vraie réuss6t0o réussite. rencontre Rencontre avec son auteur. tu as commencé ta carrière musicale au début des années 90. Quel est ton rapport à la musique ? Comment te situes-tu au niveau du paysage musical français ? Je ne me situe pas, je laisse les autres me situer. quand j’ai commencé, je me sentais très isolé et j’avais l’impression que j’avais des points de vue sur la musique et sur la façon de faire un petit peu marginaux. quand j’en discutais avec des copains musiciens à nantes, ils ne comprenaient pas très bien où je voulais en venir. J’étais obsédé par l’idée de ne pas se laisser déposséder en studio par les producteurs, par les chansons… donc tout faire soi-même. Aujourd’hui, c’est un peu banal mais à l’époque on considérait que faire un disque, c’était se mettre entre les mains de gens. donc, je me sentais un petit peu paumé avec des idées assez fortes, un petit peu en marge. Puis, il y a eu une espèce de tournant au début des années 90 alors que j’étais vraiment déterminé et un petit peu désabusé et qu’en même temps j’avais décidé de continuer de façon complètement autonome. quelqu’un est arrivé pour me tirer de ma solitude : Vincent du label lithium. il m’a laissé entendre, lui qui montait son label à ce moment-là, que c’était recevable par des gens qui ne me connaissaient pas et pas seulement par mes copains, puisqu’il avait envie d’engager son label. et puis dans le même temps, il y a eu quelques signes, c’est-à-dire des gens comme Philippe Katerine qui était de la même région que moi et qui partageait les mêmes lubies que moi par rapport au matériel, au fait de ne pas remettre sa musique à quelqu’un qui ne la comprendrait pas en studio. ensuite il y a eu tout un parcours. et la scène francophone a énormément évolué. J’ai eu la chance d’arriver dans un moment creux. une espèce de creux générationnel dans les musiques qui nous intéressent, des gens comme Bashung sans parler des générations d’avant. et puis des gens de mon âge, à l’époque j’avais 22-23 ans, nous n’étions pas représentés musicalement. et aussi, à l’époque, le français était ringardisé : on considérait que c’était pour la variété sauf à quelques exceptions comme Bashung, Murat, Manset… Finalement, c’était le moment idéal. on est arrivé très simplement, Philippe et moi, mais avec des idées très arrêtées. on présentait à la fois une image de fragilité totale et en même temps, on était déterminé ! Aujourd’hui, tu as vingt ans de carrière, tu viens de sortir ton 9 ème album, tu as à la fois cet esprit rock inspiré de l’ère punk, très minimaliste et des textes très poétiques. Assumes-tu cette ambiguïté d’être connu et reconnu et finalement si peu présent dans tout ce qui est média, dans tout ce qui est image ? C’est en train de changer puisque je suis même passé au journal de tF1 l’autre jour… et je ne considère pas que j’ai été sous-exposé ou discret, je fais de la scène depuis des années… l’image fait partie du système, je n’ai jamais été un type de l’image, je crois. Je n’ai pas non plus cultivé de mystère, j’ai été là où on me proposait d’aller… Ce n’était donc pas un refus de ta part ? A un moment donné c’était un refus, vers la deuxième moitié des années 90 où je ne voulais pas participer au jeu médiatique, je voulais tout axer sur la 4 Franck loriou musique. Puis je me suis rendu compte que cela me coupait des gens. A ce moment-là, je me suis coupé de beaucoup de monde un peu sciemment, sans savoir que je me fermais à ce point. Pour les rouvrir, il a fallu donner des coups de bélier. C’était après « la Mémoire neuve », après 1995. J’ai écrit l’album « remué » en 1999 et c’était le plus dur. C’était une façon autonome encore une fois de revenir aux fondamentaux, à savoir un esprit de contradiction, un esprit d’opposition, et de refus de devenir un énième chanteur de variété. Parce que cela prenait cette tournure-là, parce que la maison de disques flairait que je commençais à vendre des disques, je me suis braqué. Après, je suis revenu mais parce que cela correspondait dans ma vie à des moments un peu houleux, tout allait de paire. C’était ma crise de la trentaine
sons côte à côte et pas tellement pour des raisons thématiques. et c’est vrai que l’ouverture est très importante et je crois que le discours que ces deux chansons ont, contamine en quelque sorte la perception que les gens ont du disque mais les autres chansons passent et ce n’est pas aussi explicite. Après j’avais envie de ne pas être trop métaphorique par rapport à ces questions-là, c’est un peu naïf… Ce qu’on retient c’est « tiens, il semble fatigué de la ville ». tout y concourrait. il y a le fait qu’il y a énormément d’instruments à vent, les flûtes,… qui peuvent évoquer un certain décor champêtre. C’est assez rigolo parce que juste avant les législatives il y a un député écolo qui a voulu utilisé « rendez-nous la lumière » mais j’ai refusé parce que pour moi ce n’est pas une prise de parti mais plus un ressentiment, une exaspération, c’était très basique, il n’y a pas de discours. Je ne crois pas à la chanson qui change les consciences. Ce n’est pas un rien moralisateur ? les gens le disent, il doit y avoir un côté comme cela chez moi mais… Ce côté moralisateur, je l’ai à mon corps défendant. C’est l’impératif de la chanson qui amène cela la chanson aurait dû s’appeler « rendons-nous la lumière » mais cela sonnait tellement moins bien que c’est une supplique envers n’importe qui, ce n’est pas un dieu, ce n’est pas un gouvernement, c’est plus une façon de dire qu’il y a une certaine laideur dans nos vies qui est environnementale, paysagère, même morale parce que à un moment donné il est question dans le deuxième couplet de « l’écriture blanche » « des années empilées ». Ce n’est pas politique, c’est une façon de poser la question de ce que l’on fait de nos vies. oui, il y a un côté moralisateur mais alors à ce moment-là on ne peut plus rien dire. Mais je crois que c’est l’impératif qui amène la perception… parce que par ailleurs, il n’y a pas de solutions présentées. et puis, il y a cette nuance dans le refrain : c’est « si le monde était beau », il n’était peut-être pas plus beau avant. Je ne suis pas un apologue du « c’était mieux avant » je n’étais pas là, je ne suis là que depuis 43 ans. Simplement sur un certain nombre de plans en tant que par exemple musicien qui arpente un peu les mêmes territoires tout le temps, c’est vrai que le fait de passer de zones industrielles en zones industrielles peut jouer énormément sur la perception que je peux avoir de ce qu’est pour moi le paysage, la ville aujourd’hui dans ce périmètre Belgique-France. Ce que je vois, où je vais, à quel type de paysage je suis confronté est une espèce d’uniformisation de la grisaille en quelque sorte. il y a des gens qui peuvent me dire que c’est très prêchi-prêcha, que le béton ce n’est pas beau, les zones industrielles ne sont pas belles, etc… oui je le pense mais apparemment le dire frontalement cela pose des soucis à un certain nombre de gens ! C’est tellement basique, c’est un discours qui est un peu trop caricatural sans doute. Comme par ailleurs on me dit souvent que ce que je fais est métaphorique ou codé, là au moins c’est clair. tu aimes Bruxelles ? Pas spécialement. non, parce que je trouve Bruxelles très isolée. J’aime beaucoup Bruxelles en hiver, c’est une ville d’hiver où on a envie de s’engouffrer. C’est aussi une architecture proche par moment de l’architecture des villes en Angleterre et c’est vrai que pour moi, c’est des lieux d’hiver, des lieux de nuit. et du coup, je trouve que la ville est vraiment belle et plaisante à ce moment-là. Autrement, il y a une douceur de vivre dans les rapports humains qui est vraiment appréciable. il y a toujours une balance. i4 MI.d1umf'lil NININNNININN 4 (N , 11 I IIp+IAuodPlai1ullllll/I/ ! /l,lry,//I/I IliildHlllll ! I/b y ! 1N1111IN'llllNmNN/lI1Hl8b ilulrmn+ Ill, I 1110100/111f , lNIlNlllllllf1 000101100000111000000/e, EN10 UIiINNudNIIIiPNO+uwgMUlNlegrn °", 00/0/8000#0,0, y, I. 04101 II IlgllulNNlllllllll''l", IWNaaNlNNl11Al1llNlllllninNus VNNIItluitllNlll'dPIIIpIUmi i i l linn0u i ! udbiPiGIIInlllll 5//7 l Nry'glldF, +,IINaArrrr dwNNNNNNNNpItl4AlniŸü0, Franck loriou portrait Quel est ton type de public ? Beaucoup de quadragénaires. Souvent des gens de ma génération, qui me suivent depuis longtemps. il y a une espèce de fidélisation. C’est quelquefois un peu flippant et en même temps très gratifiant parce cela prouve que l’on ne s’est pas totalement fourvoyé. C’est rassurant et il y a l’envie de continuer à surprendre les gens. Sur le dernier disque-là, c‘est marrant mais il y a beaucoup de gosses qui l’aiment vraiment. C’est nouveau et c’est sans doute les enfants de quadragénaires… mais j’ai beaucoup d’échos sur les gamins qui écoutent spontanément le disque. l’autre fois, un gosse de 11 ans est venu me voir en me regardant très intensément en souriant et il m’a dit : j’adore vos chansons. Cela m’a vraiment fait un drôle d’effet et a été très intense car je n’étais pas préparé à recevoir cela. as-tu un personnage que tu admires, vis-àvis duquel tu as une très forte sympathie de longue date ? il y en a beaucoup pour lesquels j’ai une sympathie très forte. Alors je dirais sur un plan musical strictement et francophone, il y a des gens comme gérard Manset. Je l’ai rencontré pour la première fois la semaine dernière dans un ascenseur. Je n’avais pas envie de le rencontrer car je l’avais trop écouté et je ne voulais pas être déçu et finalement ce n’est pas la rencontre de ma vie mais cela m’a quand même fait un sacré quelque chose. Cela peut être aussi un écrivain allemand comme W.g Sebald mais qui est mort. sur le plan politique, qu’est-ce que tu penses du gouvernement français actuel, je pense notamment à Jean-Marc ayrault ? Sur le plan du gouvernement, c’est un peu tôt pour juger des résultats. la seule chose c’est que l’on vivait en France dans une gangue extrêmement étouffante une atmosphère très lourde pendant les années Sarkozy avec des glissements qui se sont révélés de plus en plus, en fin de campagne sur des thématiques qui sont toujours là et qui sont toujours inquiétantes, liées à la place de plus en plus prépondérante de l’extrême droite en France. il y a eu un sentiment de soulagement réel de la part de tas de gens et on ne peut pas dire que la campagne a été placée sous le signe de l’espoir. J’ai rarement et aussi peu entendu ce mot ou l’espérance durant une campagne. Aucun des deux et même les autres candidats ne s’autorisaient à utiliser ce mot-là parce que personne n’y croit plus. C’est un petit peu inquiétant de se dire que l’espoir est une notion qu’on n’ose plus mettre en avant. de ce fait-là, il y a eu



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