Agir Par la Culture n°31 jui/aoû/sep 2012
Agir Par la Culture n°31 jui/aoû/sep 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de jui/aoû/sep 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial... de chair et d'acier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
médias par l’indicateur social que représente le regard médiatique. on s’étonnera moins, au terme de ce constat, que nombre d’étudiants croisés dans les cursus de journalisme, depuis des années, croient pouvoir désigner les ouvriers ou les catégories populaires comme « les basses classes » … Parce qu’ils s’estiment, eux, « là où il faut » en termes de position socioprofessionnelle ? Ce n’est pas neuf. gilles Balbastre et Joëlle Stechel, deux journalistes engagés dans une démarche réflexive, en dressaient déjà le constat en 1996. ils évoquaient aussi, alors, le traitement du monde du travail sur le mode de la « story », du témoignage individuel qui tend à psychologiser le social. dans ce nouveau schéma, les questions sociales structurelles sont réduites à une rhétorique journalistique de la personnalisation, de la compassion ou de la moralisation. Sans doute parce que la prise en considération des premières – les inégalités dans et face à l’emploi, par exemple – impliquerait la notion de rapport social ou de conflictualité sociale que la culture professionnelle majoritaire juge tantôt « dépassée », tantôt « abstraite », « théorique » ou « sociologique » : autant de qualificatifs repoussoirs dans le jargon. La LoGiQue huManitaire Contre Les reVenDiCations Pour expliquer cette évolution, on peut pointer, bien sûr, les « contraintes » internes de la production médiatique. l’alignement des entreprises de presse médiatique sur les logiques marchandes rend problématique le recul nécessaire à un traitement journalistique réfléchi des palettes toujours plurielles, maillées et en mouvement des réalités sociales. Mais il faut également prendre en compte la perméabilité des journalistes eux-mêmes au discrédit et à la méfiance qui s’exprime depuis une trentaine d’années à l’encontre de tout ce qui est collectif. S’est imposé, en conséquence, dans l’écriture du récit médiatique, le paradigme de l’individu, tantôt victime, tantôt coupable, tantôt sauveur. Ce qui agit le compte-rendu journalistique des choses (du travail, notamment), aujourd’hui, c’est effectivement la 24 CC BY 2.0 par Shahram Sharif prégnance d’une logique humanitaire. on donne la parole aux ouvriers de l’entreprise qui ferme, ou aux agents des transports publics en grève avant tout pour qu’ils expriment leurs pleurs, leurs cris, leur rage, leur incompréhension... le bruit du social est ramené à une plainte ; l’écho médiatique du travail est vidé de pratiquement toute résonance revendicative. en atteste, notamment, l’angle devenu récurrent du harcèlement moral (mettant en scène une victime et un ou des bourreaux) pour couvrir - ou, plutôt, recouvrir - la problématique de la détérioration des conditions de travail. le besoin social et démocratique de compréhension du monde voudrait que l’information traduise (de façon appropriée) les expériences personnelles en question(s) publique(s), dès lors que leur pertinence sociale le nécessite. or, c’est l’inverse, de plus en plus, qui se produit : des « enjeux de structure » sont rabattus en « comportements privés ». les angles journalistiques du demandeur d’emploi « victime » qui s’active, en vain, à la recherche d’un nouveau poste, ou, à l’inverse, du chômeur « profiteur », responsable du sort dans lequel il se complaît, sont un classique du genre. le type de cadrages pris en exemple ci-dessus est, en général, justifié par les balises professionnelles du storytelling et de la personnification (le « human interest » du journalisme anglo-saxon), posées comme indispensables à l’accroche du public. encore, convient-il, fait observer Jean Blairon, en se référant au sociologue Alain touraine, de ne pas confondre l’individu/la victime et ce qui fonde le « Sujet », à savoir la capacité de se créer en acteur irréductible au statut d’objet, de pion ou de victime. C’est ce que montre, admirablement, la journaliste Florence Aubenas au travers de l’enquête en immersion qu’elle consigne dans le quai de ouistreham, sur base de l’expérience vécue aux côtés des travailleuses exploitées du secteur du nettoyage à Caen. Ses (ex-)collègues de galère, qui enchaînent contrats temporaires et heures mal payées, ne demandent pas qu’on les plaigne comme handicapées sociales dans un monde à part, pas « comme il faut » ; elles veulent seulement qu’on les reconnaisse pour ce qu’elles sont dans un monde normal, où on fait « comme on peut ». Pour mettre en lumière cette part bien réelle, mais peu visible, du travail contemporain en voie de reprolétarisation, Florence Aubenas a dû sortir de l’ordre médiatique établi… Marc sinnaeve
eCole de Cirque Palestinienne : de retoUr en BelGiQUe En en février 2008, 2008➢ rappelez=voaos➢ rappelez-vous, PAC lançait sa première opération « Asseoir Pesp6rE l’espoir » d à Tournai tournai 000 … Alors que ce projet semblait complètement fou, il existe aujourd'hui aujourd’hui une école de de cirque en Palestine I ! Avant sa création, les enfants de Palestine ne connaissaient le cirque que via la télé ou grâce à quelques valeureux et rares clowns de passage. qui oserait planter son fragile chapiteau sur un territoire occupé ? Pourtant, quelques années plus tard, le défi est relevé ! l’école est devenue celle de tous les Palestiniens, musulmans et chrétiens, filles et garçons, citadins, habitants de camps de réfugiés... Cinq ans après sa genèse, l’école a trouvé un toit à Birzeït, petite ville près de ramallah ! Mais ses fondateurs Shadi Zmorrod et Jessika devlieghere proposent aussi des ateliers dans des villes plus éloignées et les camps de réfugiés quand les checkpoints se ferment et que se déplacer devient impossible pour les familles. une véritable bouffée d’oxygène dans un environnement asphyxié, occupé et surveillé. Pallasos en rebeldia nous nous sommes rendus sur place en juin dernier, nous rendre compte de l’avancement de cet ambitieux projet, prendre conscience de l’impact de l’installation de l’ecole de cirque sous un toit, dans un bâtiment fraichement restauré grâce au soutien du gouvernement belge, voir cette école complètement intégrée dans un environnement en pleine effervescence, en pleine restauration, tout proche du vieux quartier patrimonial qui peu à peu reprend vie lui aussi…Même si l’occupation est toujours aussi pesante et pressante, la population n’a d’autres choix et la vie reprend malgré tout ses droits, les enfants jouent dans les petites rues piétonnes qui s’animent le soir venu …. la fête annuelle du quartier bat son plein, la Palestinian Circus School organise son stage d’été et fait son show sous les visages enjoués des nombreux spectateurs du village … de l’autre côté, des tonnelles s’éclairent sur des produits du terroir, de l’artisanat local … Mais attention que l’on ne s’y trompe pas, cette redynamisation sociale, économique, culturelle, reste très fragile ! l’école palestinienne de cirque le sait et reste vigilante. elle est très préoccupée, pour elle aujourd’hui commence un autre combat, celui de leur développement, de leur survie, celui de la pérennisation, celui de l’installation structurelle de leur école… nous rentrons de cette mission avec plein d’images dans la tête, les images d’une étape importante qui a été franchie, les images du chemin long et difficile qu’il 25 culture(s) Pallasos en rebeldia reste à parcourir encore et encore … Mais l’évolution est très positive, très encourageante ! Ces images seront collectées dans un mini film réalisé par notélé partenaire privilégié de notre opération qui sera bientôt diffusé… Car malgré toutes ces inquiétudes, c’est vers de nouveaux horizons que s’ouvre peu à peu l’école, au-delà du mur, une brèche, un espoir... l’école offre aujourd’hui l’occasion à ses membres de se former en europe et ailleurs et aussi de se produire en spectacle à l’étranger. A ce propos, début 2009, nous organisions la première tournée du Cirque avec un tout premier spectacle « Circus behind the wall ». nous sommes ravis de les accueillir pour une seconde tournée en cette fin d’année 2012, avec 5 jeunes artistes, la plupart issus des camps de réfugiés, devenus, à leur tour, des formateurs et animateurs d’ateliers circassiens pour les enfants palestiniens. ils seront de retour en décembre prochain en tournée en Belgique avec leur tout nouveau spectacle « Kol Saber ». une occasion exceptionnelle de les revoir, de les soutenir mais aussi de partager ces images que notélé nous prépare qui vous feront découvrir l’évolution de ce projet ambitieux dans ce pays merveilleux qu’est la Palestine. Dominique surleau



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :