Agir Par la Culture n°31 jui/aoû/sep 2012
Agir Par la Culture n°31 jui/aoû/sep 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de jui/aoû/sep 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : dossier spécial... de chair et d'acier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier e-C : Mes enfants, surtout Mika, m’accompagnaient quand j’étais de garde le week-end et mes petits enfants aussi, après [cf. les photos qui illustrent cette interview avec le petit-fils d’enzo-Claudio : enzo-django,ndlr]. tes dessins étaient dans mon tiroir à l’usine… il faut que je les cherche. M : Ça date de 72 à peu près, il y a quarante ans… e-C : Je vais essayer de les retrouver… Parlez-nous un peu de votre carrière dans la sidérurgie ? e-C : J’étais à l’école moyenne et pas mal de copains arrêtaient pour aller travailler. Moi aussi j’ai décidé que je voulais aller travailler. Mon père était à la Fabrique de fer [aujourd’hui industeel,ndlr], il a demandé à la direction si elle voulait bien engager un jeune, et voilà j’y suis entré le 1er juillet 1955, le lendemain de ma remise de prix à l’école ! J’étais « gamin de bureau », j’allais chercher le courrier et je le distribuais. et je suis resté. Comme j’allais souvent dans l’usine, j’étais très attiré par les procédés sidérurgiques. J’ai donc pris des cours à Marchienne puis à l’université du travail. J’ai fait une maîtrise en sidérurgie et puis j’ai gravi les échelons. Je suis Anne Frank une histoire d aujourd hut EXPOSITION Une exposition internationale itinérante de la Maison Anne Frank (Amsterdam) Un parcours de mémoire, d'histoire et d'éducation à la citoyenneté destiné aux groupes scolaires et associatifs ainsi qu'à un plus large public. Elle met en avant l'histoire de la vie d'Anne Frank et permet au visiteur d'analyser et d'éclairer le fait qu'il est important, à toute époque, d'être vigilant, et surtout de lutter contre les discours populistes, racistes et toutes les formes de discriminations. Devenez guide de cette magnifique exposition ! Une formation sera organisée les jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 novembre, de 9 à 17h00 à Saint-Gilles, par des formateurs directement liés à la Maison Anne Frank. Elle est gratuite. Elle aborde non seulement les contenus et les enjeux de l'exposition mais aussi les compétences à développer pour être guide. L'exposition sera ouverte durant 4 semaines aux élèves des écoles de la région et aux associations. Nous avons besoin d'une équipe pour guider tous ces visiteurs. Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à nous contacter. du ler au 26 octobre 2012 en la collégiale de Lobbes, Rue Albert ter 6540 Lobbes Personne de contact : Julien Cornil Tél. : 0499/399594 — julien.cornil@pac-g.be du 12 novembre au 14 décembre 2012 à l'Espace Bernier, rue Fernand Bernier 40 à Saint-Gilles Personne de contact : Nadège Alharet nadege.albaret@pac-g.be Réservations pour les écoles et les visites guidées : Patrick Lerch Tél. : 02/545.77.64. — patrick.lerch@pac-g.be house Pril par la Canar passé par pas mal de fonctions assez rapidement après mon service militaire. Je suis devenu cadre mais en restant toujours très présent sur le terrain. Ce qui a été important pour moi, ce sont les différentes étapes technologiques. la Fafer disposait d’une aciérie Martin [produisant un acier de grande qualité mais suivant un procédé long et coûteux,ndlr]. Puis la direction a fait le choix d’un four électrique de grosse capacité, ce qui fut une réussite, un four de 150 tonnes unique au monde dans les années 50 ! C’est une étape importante dans ma carrière, j’ai alors suivi toutes les évolutions techniques : un nouveau train en 70, un nouveau four électrique, la coulée continue, les aciers spéciaux, le traitement sous vide l’acier, l’inox, etc. C’était un métier passionnant ? ST. GILLN:S 16 11111 - - [I111..., Patricia giargeri e-C : très passionnant, j’ai découvert beaucoup de choses, j’ai participé à tous ces démarrages, j’ai fait des stages partout en Allemagne, en France, en italie. M : Je me suis toujours demandé comment on pouvait travailler dans une usine pendant près de 50 ans ! Ça aurait pu t’intéresser comme boulot ? M : Absolument pas. J’ai travaillé pendant les mois de vacances à la Fafer en tant qu’étudiant, et quand j’ai vu l’environnement, le bruit, la poussière, la chaleur, je me suis dit : pas pour moi. C’est l’enfer, en hiver ou en été c’est super physique, boucan et obscurité, une atmosphère très spéciale. e-C : l’environnement n’était pas idéal c’est vrai, le bruit infernal, il n’y avait pas d’aspiration des fumées à l’époque… en fonction du vent, ça se répandait un peu partout, et la chaleur bien sûr ! Ça s’est amélioré mais c’est encore un peu comme ça aujourd’hui dans une aciérie, ce n’est pas la plage. À la grande époque de la sidérurgie à Charleroi, je suppose que la Ville était un peu plus… vivante ? e-C : tout à fait. Je suis marchiennois, la vie à Marchienne c’était autre chose ! les week-ends tout le quartier de Marchienne etat était en effervescence, les cafés fonctionnaient. Aujourd’hui, je ne reconnais plus tout ça… M : Je me souviens de la cavalcade, de la braderie, il y avait des gens et des bistrots partout. on y dansait sur les tables jusqu’à pas d’heures. Aujourd’hui quand tu vois l’état de délabrement de certains coins… Messieurs je pense qu’il ne vous reste plus qu’à écrire un bouquin ensemble, sur la sidérurgie à Charleroi… e-C : À l’usine, avant de quitter en 2003, tout le monde me demandait d’écrire, je l’ai fait pour les process actuels mais pour l’histoire… J’avais des choses plus intéressantes en tête. M : Ça pourrait être vachement intéressant pourtant. qui a encore 50 ans de connaissance comme toi ? e-C : oui mais retranscrire tout ça… (soupir). Je me suis surtout fait plaisir depuis 10-12 ans avec la musique, j’ai une formation musicale à la base, que j’ai laissé tomber pendant 40 ans ! la musique m’intéresse plus que la métallurgie aujourd’hui. Propos recueillis par Denis Dargent
Jose Verdin : « la sidÉrurgie À liÈge ? obligatoire ! » José Verdis Verdin est conseiller A à la Fédération des Métallos de Liège, liège. Il il revient ici sur 0a la possibilité d’une d'une alternative A à la la fermeture des sites liégeois que proposent en front commun les syndicats CSC et FgtB. FGM Un un plan viable et et réaliste qui s’inspire s'inspire d’exemples d'exemples européens déjà mis en ooumroo œuvre. La sidérurgie en europe et plus singulièrement en Wallonie est-elle condamnée par la concurrence mondiale ? Peut-être que c’est toute l’industrie européenne qui est condamnée par le capitalisme ! on assiste à une désindustrialisation de l’europe. et malheur pour nous, la sidérurgie est directement sur le feu. Si l’europe ne se ressaisit pas, ne tente pas de maîtriser un certain nombre de paramètres économiques qui constituent le socle de son développement, elle connaitra un déclin après une période de puissance comme l’egypte ancienne. nous en sommes à ce stade-là. la sidérurgie est exemplative mais je pourrais prendre le domaine de la chimie, de la pharmacie ou de l’électronique où on est dans des mécanismes presque identiques. Plus immédiatement, la phase à chaud a-telle encore un avenir à Liège ou faut-il se résoudre à la fermeture ? Si j’étais fataliste, je dirais que c’est normal, que la demande est plus importante en Asie (il y 1,4 milliard d’habitants en Chine, près du milliard en inde), et qu’en plus ils ont des coûts qui sont beaucoup plus faibles en termes d’offres. tout est réuni làbas. Alors, avec notre histoire sociale où les gens ne travaillent plus que 180 jours par an, où ils ont un revenu correct… si je prenais cette logique-là, oui j’accepterais la fermeture ! Mais je m’inscris à l’opposé de cette logique de fatalisme : c’est aux gens à récupérer les terrains sur lesquels se sont construits une richesse, se construit une production, la maîtriser et la mettre au service d’une population. il y a suffisamment de besoins partout dans le monde. Vous pensez dès lors que c’est une des missions des collectivités locales ? il s’agir de faire en sorte qu’il y ait un consensus régional susceptible de récupérer la propriété industrielle, la propriété domaniale que cela constitue. on a proposé de mettre bout à bout la région wallonne, les outils financiers, les communes, parce qu’elles sont toutes, en tout cas dans la grande région liégeoise, interpellées de près ou de loin dans leurs ressources financières mais aussi dans la façon de gérer tous les hommes et toutes les femmes qui vont se retrouver sans avenir. et donc nous, organisations syndicales, essayons de préconiser des formules qui ne soient pas étatiques au sens premier du terme mais dont on mesure bien que c’est quand même une capacité pour une région de se réapproprier un certain nombre de choses et le les mettre à l’abri des multinationales. Des exemples existent-ils ailleurs en europe ? oui, il suffit d’aller en Allemagne, dans la Sarre, un land d’un million d’habitants, avec son parlement 17 dossier et ses ministres. Cette collectivité locale a pris des dispositions légales pour obliger celui qui dirige une entreprise à avoir 71% des parts, donc une majorité simple. d’autres personnes ou entités ne peuvent donc pas en avoir la maîtrise, ne peuvent pas s’approprier ce qui est une propriété collective. C’est une condition sine qua non pour éviter que tout nous échappe. C’est la même chose dans certains pays scandinaves en Autriche. Ce sont des bassins sidérurgiques qui ont construits leur développement sur des ressources minières avec une évolution historique similaire à celle de liège. on n’a donc pas à découvrir, à construire un modèle de toutes pièces : on peut se reposer sur des exemples étrangers qui se sont construits des mécanismes pour se mettre à l’abri de très grands groupes, d’exigences financières à court terme et qui ont, malgré la crise, une situation économique intéressante et des perspectives tout à fait positives. et qu’ont-ils fait pour récupérer la sidérurgie là-bas ? Cela s’est fait de la même façon que chez nous en 1977 : la Société générale de Belgique qui était propriétaire de Cockerilla estimé qu’il n’y avait plus aucun avenir. les mouvements syndicaux ont forcé l’etat à reprendre. l’etat qui n’était pas encore régionalisé à ce moment-là a donc repris la sidérurgie. et cela a été mieux, puis c’est la région qui a hérité du pactole et puis il y a eu toutes les évolutions historiques. donc, c’est possible, ce n’est pas une chose nouvelle que les collectivités locales reprennent une industrie. la différence, c’est qu’à Pierre Machiroux Pierre Machiroux



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