Agir Par la Culture n°30 avr/mai/jun 2012
Agir Par la Culture n°30 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 40,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... cultures ouvrieres, culture de lutte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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1 culture(s) NOS VIEUX, NOS DEFIS LE 21 EME SIÈCLE SERA-T-IL INTERGÉNÉRATIONNEL ? Comment gar antir un avenir à une soc iété vieil lissant e ? C’est tout l’en jeu de l a r éf lexion autour du lien entr e les générations : en 2030, les plus de 65 ans représenteront 23% de la population wallonne. L’Europe entière suit cette c ourbe grisonnante. Préoccupés, nos r eprésent ants ont plac é l’année 2012 sous le signe du vieillissement actif et des solidarités inter génér ationnelles. Concrètement, ça veut dir e quoi ? ON PEUT NAÎTRE VIEUX ET MOURIR JEUNE Jean Cocteau se rassurait en jouant sur les mots : autant commencer un article sur les personnes âgées pour rappeler que le concept même du « vieux » n’est pas synonyme de déambulateur. Et s’il l’était, il faudrait bien comprendre que le déambulateur est, avant tout, une façon de continuer à aller de l’avant plutôt que de mettre un pied dans la tombe. Pour la SNCB, le « vieux » est quelqu’un qui a passé la barre des 65 ans. On l’appelle « senior », avec une bouche qui se fait ronde et délicate, comme si les vieux se sentaient insultés par l’adjectif, comme si « senior » était un euphémisme. Plus généralement, ce sont les retraités, puisqu’il paraît que la vie active s’arrête avec le boulot. Allez, un peu de sérieux, quoi. Marie-Jeanne, vous qui êtes vieille, éclairez donc un peu notre lanterne. « Les choses les plus détestables dans notre quotidien sont les étiquettes. Celles qui grattent le cou et celles que l’on nous colle sur le front : « noraf «, « pédé «, « juif «, « artiste », « bon à rien « ou… trop vieux ! Une ride, une main qui tremble un peu, un cheveu blanc rebelle à la teinture, un pied hésitant et hop, on se retrouve dans le sac étiqueté : « charmantes personnes ne pouvant plus servir à rien » ! Trop vieux pour être productif, pour être consommateur (autre que celui de nos propres funérailles : pub reçue trois jours avant mes 70 ans !), pour être créateur, pour être utile ? ». Marie-Jeanne, porte-parole fabuleuse de la campagne « J’ai un peu d’avance – Le grand batelage des seniors » (voir encadré), s’insurge contre les idées reçues. Pourtant, les vieux existeraient bien en tant que groupe, notamment parce qu’ils subissent des discriminations similaires et sont en peine de rôle social. Au cœur de ces années de crise, ils sont placés sous le feu vif de nos projecteurs lorsque l’on parle de sécurité sociale menacée, de natalité en berne, de choix de développement de nouveaux médicaments... On parle d’eux, on parle à leur sujet : mais eux, ont-il encore une voix ? L’ABANDON DES VIEUX, UN MODE DE VIE ? « Notre société a tendance à créer de la dépendance en ne facilitant pas la prévention et l’autonomisation des personnes âgées », constate Anne-Sophie Parent, Secrétaire générale de la plateforme européenne AGE, active pour le bien-être des personnes âgées et la promotion de la solidarité intergénérationnelle. En effet, la réponse aux enjeux de transmission, et plus concrètement, de vivre ensemble, est bien souvent de cloisonner les générations entre elles, en reléguant les personnes les plus dépendantes à des rôles sociaux symboliques : derrière des rideaux de dentelle ou dans des maisons de retraite. La promotion du « vieillissement actif » est une première étape : il s’agit de permettre aux personnes âgées, par exemple, de s’impliquer dans la vie citoyenne en faisant entendre leur point de vue dans les décisions prises par leur municipalité, de 0.0 24 Anita De Meyer favoriser leur place sur le marché du travail... Créer des environnements « Amis de tous les âges » (et non pas uniquement « amis des vieux » !), selon l’appellation de l’Organisation Mondiale de la Santé, cela implique de réfléchir de manière plus large et inclusive à l’espace public, aux logements, aux transports. Rien qu’un banc sur une petite place ombragée, ou au détour d’un carré de gazon, peut faire la différence. « Au Danemark, une municipalité a un projet de diminution de la dépendance des personnes âgées : lorsqu’une personne fait appel aux services communaux, on lui demande systématiquement si elle est intéressée à devenir plus autonome par rapport à cette demande précise. » Prenons l’exemple, assez typique, des hommes veufs : on va leur proposer d’apprendre à cuisiner, les encadrer et les encourager à sortir faire des courses, se composer un menu équilibré, rencontrer d’autres personnes dans la même dynamique : « c’est une vision positive, qui va vers l’autonomie », s’enthousiasme Anne-Sophie Parent. Mais cela ne suffit pas. En effet, ainsi que le souligne l’ASBL Entr’âges, « les priorités mises en avant actuellement, telle l’autonomie, sont aussi un frein aux rencontres entre aînés et plus jeunes, aucune génération ne pouvant compter uniquement sur elle-même ». Ainsi, si 2012 est l’Année européenne du vieillissement actif, elle est aussi celle des solidarités entre les générations : voici pourquoi ce lien est à ce point vital.
Anita De Meyer LE LIEN qUI CONSTRUIT « quand on a une société qui répond aux besoins de tous les groupes d’âge, on a une société avec moins de dépendance », explique Madame Parent. « Les pays comme la Suède, qui ont développé une vision de la société basée sur la solidarité entre les générations, ont un taux d’emploi beaucoup plus élevé pour toutes les couches de la société. » C’est assez logique : en soutenant une grand-mère dans son envie de rester chez elle plutôt qu’en la collant dans un home à sa première chute d’escalier, on aide aussi un parent à continuer à travailler, en lui permettant de faire garder un enfant en bas âge par mamie après l’école. On peut trouver un logement à un étudiant chez une personne âgée qui vit seule, en échange d’une présence aidante... « Lorsqu’on crée un espace de participation des personnes âgées, cela aide l’ensemble de la population, en augmentant les opportunités de tous et en faisant mieux fonctionner l’économie. » « S’adapter au vieillissement, précise Anne-Sophie, c’est réfléchir à l’ensemble des couches de la société. Pour en revenir au marché du travail, il faut non seulement lever les barrières qui empêchent les personnes âgées de se maintenir sur le marché, mais aussi aider les jeunes à avoir un emploi stable plus rapidement. » En bref : avec l’intergénérationnel, à tous les coups, on gagne. UNE FORMULE MAGIqUE ? Allez, cela paraît si simple sur le papier. Pourtant, si les initiatives se multiplient, elles sont toujours confrontées à un défi majeur : la vision de la société. Entre la société des groupes séparés, cloisonnés, et la société qui identifie et qui trouve des solutions aux besoins de tous, sans les opposer entre eux. Le 29 avril, par exemple. Ce n’est pas uniquement l’anniversaire du mariage de Kate et William, c’est surtout la journée européenne des solidarités intergénérationnelles : l’occasion de partager des expériences, de s’informer, car les petites idées font les grands fleuves (intergénérationnels). Un exemple : le concept du « design universel », promu par la plateforme AGE. L’idée : inciter les industriels à réfléchir à l’utilisation de leurs produits par toutes les couches de la population, et non pas uniquement par le bout de la lorgnette « femmes de 30 ans aimant le rose » ou « hommes de 30 ans aimant le foot ». L’ASBL Entr’âges, quant à elle, privilégie l’expression artistique collective et organise des ateliers qui métissent les générations ; elle fait attention à ne pas reproduire le confinement habituel dans lequel on « fait » de l’intergénérationnel en organisant simplement des animations ponctuelles entre deux groupes d’âge différent, le plus souvent petite enfance ou adolescence et personnes âgées valides ; ateliers philo, conférences, festivals, font bouillonner le public de l’association. quant à l’ASBL Alternative Culture, c’est avec un décalage assez corrosif qu’elle lance ce printemps la campagne « J’ai un peu d’avance – Le grand batelage des seniors ; presque cinq mois de tournée en péniche sur les rivages wallons et bruxellois, à la rencontre des solidarités, à l’écoute des personnes isolées. Laissons le mot de la fin à Anne-Sophie Parent, pour qu’un grand rayon de soleil nous fasse déambuler autrement : « le réseau social est d’une importance fondamentale pour tous. Depuis la crise, les initiatives se multiplient et on se rend compte que toutes les générations ont besoin les unes des autres. » 25 Sabine Panet 41-1-EgNAI ; VECJI,TjP, PRiSEnkr4 i) r TAI UN AvAN(e- culture(s) GRAPAP rotreLAGE PG, sENïoit.t" Bruxelles - Anderlecht - Ittre - Ronquières - Mons - Péruwelz - Tournai La Louvière - Pont-à-Celles - Charleroi - Thuin - Sambreville - Floreffe Dinant - Profondeville - Huy - Liège - Herstal - Flémalle - Amay - Namur www.jaiunpeudavance.be J’AI UN PEU D’AVANCE Le rendez-vous est donné le long des voies navigables wallonnes avec la campagne de sensibilisation pédagogique et culturelle « J’ai un peu d’avance – Le grand batelage des seniors ». A bord d’une péniche, il est question de dignité, d’initiatives citoyennes en faveur des aînés, de transmission de mémoire. Coups de cœur, coups de gueules, coups de crayons, stéréotypes et rêves de « vieux ». A l’affiche, théâtre, danse, contes, films, cafés littéraires, trucs et astuces bien-être, … Dates de tournée 19/05-23/05 Mons 26/05-27/05 Péruwelz 02/06-04/06 Tournai 12/06-13/06 La Louvière 16/06-17/06 Pont-à-Celles 20/06-24/06 Marchienne-au-pont 28/06-01/07 Thuin 06/07-07/07 Sambreville 10/07-11/07 Floreffe 14/07 Dinant 17/07 Profondeville 20/07-21/07 Huy 25/08-02/09 Liège 04/09-05/09 Herstal 08/09-09/09 Flémalle 13/09-15/09 Amay 26/09-01/10 Namur Programmation détaillée sur www.jaiunpeudavance.be



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