Agir Par la Culture n°28 oct/nov/déc 2011
Agir Par la Culture n°28 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 51,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... justice sociale et question environnementale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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découvertes R oMAN la merditude des choses Dimitri Verhulst Editions Denoël, 2011 Dimitri\/erhulst La Merditude des choses Aa1MN lIW7lXf OJ NEfRWJbPfi w,ao. Lm ?. Ce roman écrit par Dimitri Verhulst a reçu en 2009 le libris literature Prize, il a été porté à l’écran par félix Van Groeningen, et a remporté le prix Art & Essai au festival de Cannes. la merditude des choses dresse le portrait d’un clan de marginaux déjantés, amoureux de la dive bouteille. un roman tout à la fois hilarant et mélancolique. le lecteur plonge dans la Belgique profonde, un village quelque part en flandre à Reetveerdegem. le personnage Dimitri vit avec son père et ses trois oncles chez sa grand-mère, une femme conciliante qui s’occupe des tâches ménagères, les laisse boire sa maigre pension et nettoie le mobilier avant le passage de l’huissier. Nous sommes bien au cœur d’un univers absurde. les Verhulst ne travaillent pas sauf lorsque c’est absolument nécessaire. Ils passent le plus clair de leur temps à se perdre dans des beuveries épiques, défendent à coups de poing l’honneur familial, organisent des Tours de france éthyliques ou des courses de vélo nudistes. « Mes premières années, je les ai passées avec mes parents dans la Kantonstraat, dans la minuscule cour d’une ruelle disposant d’une pompe à eau collective et de toilettes communistes, c’est-à-dire un trou dans une planche placée exactement au-dessus du puits perdu. les murs intérieurs du living étaient trempés et dans le bois vermoulu des châssis on enfonçait des boules de papier froissé contre les courants d’air. » un roman que vous prendrez plaisir à lire et qui vous transporte dans une autre dimension. (Sabine Beaucamp) www.dimitriverhulst.net (en néerlandais) ESSAI/INTERNET Inter net r end-il bête ? Nicolas Carr Robert laffont, 2011 Î OLAS COR INTERNET u ri 13 A-t-on vraiment de plus en plus de mal à lire un texte long en entier ? Est-ce normal de lire moins de livres ? Est-ce à cause d’internet ? Nicolas Carr, journaliste et spécialiste des nouvelles technologies se demande dans cette étude fascinante dans quelle mesure l’usage d’internet change la manière dont notre cerveau traite l’information. Il utilise notamment les dernières découvertes des neurosciences sur la plasticité du cerveau : celui-ci n’est pas fini une fois pour toutes à la fin de l’adolescence mais se remodèle en permanence tout au long de la vie en fonction des activités principales que l’on choisit de faire. Internet, ses outils et ses usages de plus en plus fréquents participent de fait à une reconfiguration, non seulement cognitive, de nos capacité à récolter les informations, mais aussi, anatomique, de nos organes sensoriels eux-mêmes. En suivant histoire et sociologie des techniques, il nous rappelle qu’internet, à l’instar de l’horloge mécanique, l’imprimerie ou de la carte, est une technologie intellectuelle dont l’usage régulier influe sur nos perceptions du monde, à un niveau individuel comme à un niveau sociétal. Ses conclusions inquiètent quelque peu. Internet n’attire notre attention que pour la disperser. Sans être jamais réactionnaire et en reconnaissant toujours ses bienfaits, l’auteur pointe néanmoins le fait que le net est un environnement qui favorise la lecture en diagonale, la vitesse au détriment de la qualité, l’apprentissage superficiel « vite vu, vite oublié », ou la pensée hâtive et distraite. Avec comme conséquences : un déficit d’attention (du aux liens hypertextes et aux interruptions fréquentes) ; une surinformation stérilisante (être partout, c’est être nulle-part) ; une altération de notre mémoire (car sous-traitée aux banques de données) ou encore une mécanisation des processus de l’exploration intellectuelle (on se moule aux logiques du programme) qui se répercute dans tous les aspects de notre vie. Nous lisons certes plus vite que jamais (« efficacement »), mais nous sommes de moins en moins incités à comprendre un texte en profondeur. la pertinence made in Google (rapidité de la recherche, accès en priorité aux pages les plus populaires) remplace peu à peu le creusement du sens et rend de moins en moins fréquent le moment 26 « inefficace » de contemplation, pourtant tout aussi nécessaire à un esprit bien fait, ne serait-ce que pour consolider les connaissances apprises et éviter qu’elles ne fassent que passer fugacement. C’est tout notre côté humain qui est en jeu. le danger étant moins qu’une intelligence artificielle surpasse celle de l’homme, mais plutôt que notre intelligence se nivelle au niveau de la très mécanique intelligence artificielle. (Aurélien Berthier) www.nicolasgcarr.com (en anglais) ESSAI/ECoNoMIE l’homme économique et le sens de la vie, Petit tr aité d’alter-économie Christian Arnsperger Editions Textuel, 2011 Parmi les très nombreux ouvrages qui analysent la crise du capitalisme, et plus particulièrement la déroute systématique de l’ordre marchand depuis septembre 2008, le livre de Christian Arnsperger devrait être impérativement lu. Il est à la fois simple J C 0 D ti L'homme économique et le sens de la vie Petit traité d'alter-économie Christian Arnsperger 11/ot.of et dense. Il combine une vision philosophique des impasses de notre civilisation avec des propositions pragmatiques comme le revenu de transition économique. Dans le prolongement de ses œuvres précédentes (Critique de l’existence capitaliste et éthique de l’existence postcapitaliste, les Editions du Cerf, 2005 et 2009), Christian Arnsperger nous convie au travers d’un examen impitoyable de notre « capitalisme intérieur » à une sortie existentielle du capitalisme par une prise et conscience du rôle central de nos désirs consuméristes pour conjurer notre double finitude, celle des autres et celle de notre mort. Indispensable pour vivifier l’éducation populaire dans une perspective critique de l’anthropologie aliénante qui préside à notre destin. (Jean Cornil) www.editionstextuel.com
l a finance imaginaire Anatomie du capitalisme des « marchés financier s » à l’oligarchie Geoffrey Geuens Aden, 2011 GEOFFREY OMENS LA FINANCE IMAGINAIRE ANATOMIE OU CAPITALISME : DES u MARCHÉS FINANCIERS n A L'OLIGARCHIE les marchés euphoriques, les marchés inquiets et à rassurer à coup de plan d’austérité… Mais qui sont les marchés ? Sait-on seulement qu’ils ont des noms et des adresses bien précises ? Et si on sait les identifier, pourquoi n’est-ce pas plus simple d’intervenir ? Pourquoi malgré les discours incantatoires prônant une régulation des marchés, rien ne change ? Pourquoi une différence telle entre discours anticapitalistes qu’on a vu fleurir à droite comme à gauche et les actes politiques qui les mettraient en œuvre ? En fait, si la phrase « l’état doit reprendre la main sur la finance » est l’une des plus prononcées cette année, elle l’est en majorité par un personnel politique très investi dans le monde des affaires et qui, partant, aura du mal à abjurer ses engagements précédents. Comme jadis le sociologue américain Charles Wright Mills (l’élite du pouvoir, les Cols blancs), Geoffrey Geuens opère une sociologie des élites et conclut à la présence d’un appareil non pas militaro-industriel, mais politico-financier. En son sein, la porosité entre milieux politiques et milieux d’affaires est totale. on ne compte plus les allers-retours entre hauts postes de compagnies (médias, énergie, distribution) et fonctions politiques déterminantes, et ce, quelle que soit la couleur politique de ses acteurs. l’oligarchie, loin d’être un fantasme de complotistes, est une réalité qui est ici mainte fois démontrée et documentée. l’ouvrage est aussi l’occasion de monter les capacités performatives des acteurs du marché qui, par leurs discours, instituent des situations bien réelles. Il présente en outre une présentation des acteurs les plus représentatifs du capitalisme anglo-saxon qui domine actuellement et dont les imbrications entre pouvoirs publics et groupes financiers est l’une des caractéristiques principales. (AB) www.aden.be ESSAI/PHIloSoPHI E une Rolex à 50 ans, A-t-on le dr oit de r ater sa vie ? YannDall’Aglio flammarion, Antidote, 2011 YANN DALL'AGLIO ROLEX A 50 ans A.T ON LE DROIT DE RATER SA YÎE ? Jacques Séguéla à Télématin le 13 février 2009 : « Comment peut-on reprocher au président de la République d’avoir une Rolex ? une Rolex, enfin ! Tout le monde a une Rolex ! Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! ». Cette incroyable affirmation, contre laquelle le publicitaire se rétractera une semaine plus tard, traduit parfaitement l’inconscient qui irrigue le propos de notre époque. Des signes extérieurs de richesse, une accumulation infinie de biens et votre vie trouve tout son sens : travaillez plus pour gagner plus pour consommer plus ! Et ma Swatch ? à l’inverse de tout un mouvement, à la fois intellectuel et très concret, qui valorise la frugalité, la croissance spirituelle, la lenteur, le silence, la contemplation… et qui porte la critique majeure au matérialisme ivre qui assigne une direction à nos existences : acheter avec de l’argent que l’on n’a pas, des biens dont on n’a pas besoin pour impressionner des gens que l’on n’aime pas. Au départ de ce condensé central de notre modernité, tel qu’exprimé par Séguéla, YannDall’Aglio construit un petit bijou de philosophie dans la collection Antidote au profit de ceux qui veulent, au-delà des consensus mous et des fausses évidences, se construire un regard sur le monde par eux-mêmes et pour eux-mêmes. (JC) http://editionsflammarion.flammarion.com/l a planète des sages, Encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies Charles Pépin et Jul Dargaud, 2011. ENCYCLOPÉDIE MONDIALE DES PHILOSOPHES ET DES PHILOSOPHIE LA PLANÈTE DES SAGES DARGAILID *0* 27 l'ESPRIT N'A PAS DE EOM nAGNAGON oÉOEOETOTES'(1105E7 ÊTRE,<'EST X ÊTRE paw ILN'YA S L'HDpGE CfruN ? AS Of. kmr. ANIAAE$Nf HORS-TEKTE 4nû Er r 1 j 1 N` j fcNAnwE 1P l'NOnnEESi unu u t Jaun [Iq lE TOUS PHILOSOPHES ? 7 I. LES GDUDES IDÉES TOUT SIMPLEMENT IL,r A IA VIEGA FINVE UE.7. ‘1 LA FIN] E ulf ` OTFlE [Ei M OYENf/A^ HIvL. A ([DRIEST PEUr uunrrr wrrv m NE ? Ai I WOO tat VRAI clNow%ISYpAIIPfoE ü6Vrzxl [ini FL (,IIPrISMA ION CORHETOE SON lYE découvertes Tous philosophes, les gr andes idées tout simplement ouvrage collectif Prisma, 2011 Je persiste à croire, contre ceux qui me taxeront de vecteur d’une pensée trop stratosphérique pour nourrir les insubordinations du pr é s en t, que le long chemin de la philosophie peut non seulement servir à s’élever un petit peu plus soi-même, mais également fournir, avec les sciences humaines, un bagage conceptuel utile au décryptage du réel et donc aux stratégies pour les transformer. C’est pourquoi, au fil des numéros d’Agir par la culture, je pense judicieux d’attirer l’attention sur des initiations, modestes, mais pédagogiques, à la réflexion et à la jubilation que peut apporter la fréquentation de grands écrivains et savants qui ont tenté de déchiffrer les enjeux qui se posent à l’homme depuis les origines. Pour reprendre la maxime d’Emmanuel Kant : que puis-je connaître, comment dois-je me comporter ; que m’est-il permis d’espérer ? les universités populaires, de celle de Caen avec Michel onfray à celles de liège ou de Bruxelles, représentent une magnifique voie pour démocratiser la connaissance et aiguiser l’esprit critique qui fait tant défaut en cette surmédiatisation persistante. la lecture permet aussi cette familiarisation avec des œuvres souvent complexes pour autant que l’auteur possède les vertus didactiques, ce qui n’est pas si fréquent. En témoigne le travail de Charles Pépin, collaborateur au très stimulant Philosophie Magazine, dont j’ai présenté dans cette rubrique « Ceci n’est pas un manuel de philosophie ». Il récidive avec le dessinateur Jul pour dresser avec humour les portraits et les systèmes des grands penseurs de l’histoire et pas celle parfois trop exclusive de la rationalité occidentale. En témoigne aussi l’ouvrage collectif édité à la fois à londres et à New Delhi, qui dresse un panorama mondial de la philosophie en invitant, enfin car c’est relativement rare, des intellectuels africains. (JC) www.dargaud.com



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