Agir Par la Culture n°28 oct/nov/déc 2011
Agir Par la Culture n°28 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 51,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... justice sociale et question environnementale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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pratiques en amateur lançant son tonitruant : « on fait ce chœur avec tout le monde et on s’adapte à tout le monde ! » Moment clef. la répétition avait commencé depuis cinq minutes à peine. Place à l’échauffement. « PluS uN PARTAGE qu’uNE TRANSMISSIoN » le même olivier, interrogé le 13 septembre, avant que ne démarre la cinquième répétition : « les choses ne se déroulent pas comme je les avais prévues parce que je n’avais rien prévu… C’est un groupe que je ne connaissais pas et dont pas mal de personnes ne se connaissaient pas non plus ; beaucoup d’entre elles n’ont jamais chanté de leur vie, en tout cas pas en choeur. Donc, a priori, je ne me suis pas fixé d’objectifs, on commence puis on va jusqu’où on va… Mais à ce stade, c’est déjà une satisfaction parce qu’on a du monde et que ce monde est revenu à chaque fois, c’est qu’ils y trouvent du plaisir. Pour moi ce genre de chœur a d’abord une vocation sociale, ce sont des gens qui se rencontrent et qui partagent un truc ensemble. Sinon on ne fait pas un chœur… Ils aiment ça, donc ils reviennent. Pour ce qui est de l’objectif musical, je dirais qu’on a déjà atteint un certain niveau, et on sera plus loin le 8 octobre. où ? Je n’en sais rien, est-ce qu’on aura un chant, deux chants ou trois, je ne sais pas. Mais je remarque déjà une qualité, une qualité d’écoute, une qualité de production, il y a une envie de produire du son de la part du chœur. Pour moi l’objectif est déjà atteint. » le musicien n’avait pourtant pas l’habitude de travailler avec un groupe hétéroclite, suivant un timing aussi serré. « J’ai animé une chorale d’une cinquantaine de personnes pendant 15 ans, mais il y avait une connaissance réciproque — je savais où je pouvais les emmener — et puis l’expérience des choristes qui permettait d’aller plus loin. Ici, on se retrouve un certain nombre de fois pour produire un résultat… Il faut s’adapter à la façon dont le chœur répond, autant sur l’appréciation du répertoire qu’on propose que sur la façon dont ils chantent. Mais le niveau est vraiment chouette, il y a un son, tout de suite il y a eu une matière sonore sur laquelle on pouvait travailler. » Afin de coller à la thématique « chanson ouvrière » du festival, l’option retenue fut de soumettre aux participants des textes relevant du domaine de la lutte. lutte des classes ? luttes ouvrières ? où commence la lutte, où finit-elle ? Pour qui, pour quoi ? Il s’agissait surtout de construire collectivement un répertoire, parallèlement au rythme soutenu des répétitions. Nos propositions, intuitives, suscitèrent assez vite une large adhésion, notre volonté étant d’éviter la caricature, la révolte gnangnan ou la rengaine datée. D’où, au final, ce cocktail imprévisible fait de standards indémodables (le temps des cerises, Bella Ciao), d’un mix détonnant (la version Chant des partisans/Motivés de Zebda), d’un classique contemporain en Vo (The Partisan de léonard Cohen) et puis de choses beaucoup moins improbables qu’il n’y paraissait au départ (les mains d’or de lavilliers et Alors on danse de Stromae). 24 Philippe Perniaux « Ma méthode, poursuit olivier Bilquin, c’est d’amener les gens à découvrir ce qu’ils doivent chanter avec un niveau d’exigence un peu caché, ne pas être rébarbatif, ne pas être cassant. une dame me disait que mes remarques, je les faisais avec humour, ainsi on prend les choses plus facilement. Ça fonctionne bien avec les chœurs amateurs, je ne suis pas sûr que ça marche autant avec un chœur professionnel, les pros ce sont tous des chanteurs, avec une formation vocale dans leur parcours. Il n’y a pas le même plaisir à venir aux répétitions, certains auraient même tendance à cachetonner, tandis que les gens ici viennent pour le plaisir avant tout, le plaisir de chanter et de voir du monde. Certains viennent parce que c’est une activité en groupe. J’insiste sur le plaisir. Moi aussi j’y prends du plaisir, je ne suis pas un fonctionnaire. (…) J’essaye de transmettre un savoir, c’est vrai, mais c’est plus un partage qu’une transmission, partage d’un savoir et d’un plaisir. » Plaisir, laisser-faire et savoir-faire. Hasard et nécessité. l’éducation permanente n’est pas une science exacte, c’est une pratique qui se calque sur les envies et les aspirations de chacun, chacune. Ce qu’exprime frida avec ses mots à elle : « J’adore ces initiatives citoyennes culturelles ! on se rassemble, on forme un mélange, on se lance et on se laisse aller, on se laisse emporter. Je ne maîtrise pas la langue anglaise par exemple, mais je me laisse aller par rapport aux autres, je chante sur les paroles des autres, c’est magnifique ! » la suite de cette aventure s’écrivit d’elle-même, dès le 8 octobre, alors que le public, conquis, exigeait un rappel : la volonté de continuer fut unanime et deux nouvelles prestations furent programmées en novembre. Toutes et tous motivés, jusqu’à une date indéterminée… Denis Dar gent
TU TE SOUVIENS ? Revenir d'exil compor te des risques, comme r entr er une aiguille dans un vieux disque… (R.D esjar dins) qu'est-ce qui m'a pris d'ouvrir cette boîte ? C'était même pas de la nostalgie, et puis j'ai hor reur de ça ; faut vivr e avec son temps, comme on dit. J'essaye, comme tout le monde, mais s ans dou te que pour y voir cl air, i l faut êtr e plus pugnace qu'av ant. Avant quoi ? Je ne sais pas moi, vous avez de ces questions ! la guerre du Golfe, vous vous souvenez, la première guerre à la télé, comme un feuilleton, ou bien celle de 2001, vous savez bien, les avions dans les tours et tout ça, mais là, visiblement, c'était pas les mêmes qui avaient écrit le scénario. J'en étais où moi ? Ah oui, la nostalgie, camarade, la nostalgie, celle qui n'est plus ce qu'elle était. Donc, cette boîte, avec mes 45 tours. Bob Azzam, celui de Mustapha… « Chérie je t'aime chérie je t'adore… ». un libanais. Tiens, ça va aujourd'hui le liban ? là-dessus suit un autre Bob : Martin. Je les avais classés par ordre alphabétique ou quoi ? Il chantait, lui aussi, le temps des cerises, quand même. Il est où ce temps-là ? « …ne pourra jamais fermer ma douleur… ». Bon, on se reprend, il y a Jeannette Batti, à peine cachée derrière une ombrelle, qui chante quand on est honnête. Mais oui Jeannette que le monde est honnête, quelle question ! Regarde, les banques par exemple, honnêtes jusqu'au bout de leurs villes et communes, c'est pas beau ça ? Mince alors, je l'avais complètement oubliée cette pochette de Tony Danieli, son alto et son orchestre. faut dire, on était en 1964. le regard qui tue de la fille sur la pochette avec un décolleté qu'on regrette tout de suite de n'avoir pas acheté le 33 tours. Il y a deux slows : finis de rêver et Du chagrin pour toujours. Je me dis que c'est un peu ça que nous annoncent les technocrates de l'Europe du libre échange (entendez : arnaque permanente). Ben zut alors, Solange Berry. Solange Berry ! Vous vous souvenez de Solange Berry ? Moi non plus, alors pour réparer cette injustice, j'écris son nom trois fois. quand elle chante Ne t'endors pas sur les lauriers, je me demande si j'ai bien refilé aux plus jeunes tout ce qu'il fallait, question valeurs. Et puis ils en feront ce qu'ils veulent, mais enfin, j'espère que je n'ai pas oublié un truc ou l'autre, histoire que je ne me sente pas obligé d'écrire dans trente ans « Révoltez-vous », parce qu'ils n'auront rien vu venir. David Whitaker interprète 4 inédits de loulou Gasté qui, comme vous le savez, était le mari de line Renaud. le 45 tours s'intitule Ce 25 l’air du temps Daniel Adam soir après dîner et la photo de la pochette est, comment dire, bah, voyez vous-même. Dingue, non ? on parlait de la révolution, avant, et on disait souvent, en rigolant, qu'on la ferait après la douche, mais après le dîner c'est bien aussi. Sauf qu'à bien regarder dans nos assiettes, on a peut-être intérêt à la commencer là aussi, la révolution. Tiens, frank Sinatra avec son chapeau, et défilent des images de las Vegas, de mafia (qu'on disait), de whisky et quoi encore. Mais sa chanson, Strangers in the night, putain, il y a en a plus d'un qui a dû chialer en l'écoutant, quand elle passe dans le métro et qu'ils sont sur des cartons à essayer de passer une nuit de plus. Soit. un petit dernier pour la route ? le bateau miracle, une chanson, quatre interprètes : Becaud, The Golden Gate quartet, Miriam Makeba et los Wawanco. C'était une belle idée, en 68, un disque voué à la campagne mondiale contre la faim. Je ne sais pas si ça a vraiment marché. Ce qui est sûr, c'est que rester chez soi ne sert à rien non plus. D'ailleurs, je vais sortir, voir comment va le monde aujourd'hui. Daniel Adam



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