Agir Par la Culture n°28 oct/nov/déc 2011
Agir Par la Culture n°28 oct/nov/déc 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de oct/nov/déc 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 51,4 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... justice sociale et question environnementale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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temps fort Vendredi 28 octobr e 2011 à Birzeit : les élèves de la Palestinian Circus School investissent enfin leur école. Ce superbe résultat, nous le devons à tous ceux et toutes celles qui se sont mobilisés autour de ce projet, en Belgique et ailleur s ! MERCI ! www.asseoir lespoir.be Photo : PCS
dossier JUSTICE SOCIALE ET QUESTION ENVIRONNEMENTALE A l’approche de bouleversements écologiques d’ampleur et d’une accentuation des inégalités sociales, on s’aperçoit non seulement de leur origine souvent com - mune -l’économie cap italiste- mais au ssi de leur profonde imbrication. L’enjeu de la décennie à venir, c’est bien celui de connecter et d’agir avec ce double horizon en tête : la justice envi ronnementale et la justice sociale, jouer sur l’une entrainant le plus souv ent l’aut re. Dans ce dossier, on interro ge l’art iculat ion ent re ces deux néc essités. Quelles s ont les o ptions possibles et les alter natives au « développement durable » lib ér al ? Quelles réflexions sont portées par le mouvement d es objecteurs de cro issance ? Comment agir en politique ? Comment agir sur le terrain ? KaYann- fotolia.com RESTER MOTIV €, C'EST UNE AFFAIRE DE CNIUR dossier dossier DAVE SINARUET CULTURE, MÉDIAS ET CLIVAGES LINGUISTIQUES A JUSTER LA BAL ANCE ENVIRONNEMEN TALE COMME GL AIVE CONTRE L’INÉGALITÉ SOC IALE dossier Objection de croissance : nostalgie m oyenâgeuse ou KaYann- fotolia.com nécessité incontournable ? blalbla dossier CC BY-SA 2.0 L’écologie, par Doug Beckers au fil des années, est devenue central e dans les r éfl ex ions in- plus rares ? Le défi est à proprement parler amoindrir des ressources naturelles de plus en tell ectuel les et l’action poli tique. Pl us historique. Nous ne pouvons plus vivre comme encore, le s perturbations de s écosy s tèmes ont com me ef f ets dir ec ts matières et d’énergies dans lequel chacun pui- si la nature était un réservoir inépuisable de l’aggr avation de la m isère et des inégal ités. On ne peu t plus pens er et un milliard d’humains souffrent la faim, la quesserait à satiété. Face aux inégalités croissantes, agir san s lier indissociablement KaYann- fotolia.com un tion cruciale de la redistribution des richesses projet émancipateur pour l’homme et est plus que jamais d’actualité. C’est elle qui a la défense des équi li bres naturels. structuré et structure encore le débat public. Mais elle est désormais insuffisante. Face à la dossier Deux éléments pour commencer. Le 24 juin dégradation de la biosphère, la question de 2011, le Monde titrait sur l’effondrement des notre modèle de développement CONCIL devient IER centrale. D’autant que la crise climatique aggrave J USTICE même pour les Accords de partenariats économiques entre l’UE et l’Afrique. Les mines à ciel ou- Parfois, comme c’est le cas au Vietnam, par exem- bon marché et les syndicats peu ou pas existants. systèmes marins : « Les océans seraient à la veille d’une crise biologique inédite depuis 55 SOCIALE ET considérablement les inégalités sociales. La vert, les monocultures intensives destinées à ple, ce sont des entreprises extérieures qui font millions d’années ». Un trio mortel menacerait justice sociale doit rimer ENVIRONNEMENTALE avec la justice environnementale. Comment dès lors penser et bétail ou la production d’agro carburants) ont des tion des règlements de travail locaux en mena- l’exportation (notamment pour l’alimentation du pression à la baisse sur les salaires et l’applica- les mers de la planète : accroissement de l’acidité de l’eau, augmentation de la température agir dans un nouveau Bien paradigme que tout qui gouvernement préserve ait une large responsabilité et extension des zones privées d’oxygène. LES Et O NG FACE AUX D répercussions EFIS irréversibles SOCIAUX sur l’environnement çant de se retirer du paysage économique Jean-Baptis te Godi not es t un des moteurs L’objection les de croissance équilibres résulte naturels en premier sans lieu politique de culpabiliser en constatent la matière, par lorsqu’on contre que parle notre mode et la de biodiversité développement environnementale, pro- est écologiquement on penseabsolument sources intenable, naturelles. sur les conditions de travail et de vie des em- de zones souvent riches en res- national. Avec des conséquences désastreuses ce, sans parler de la surpêche qui a déjà réduit du m ou v em en t p o li tiqu e d es o b je c teurs la prise de l’homme conscience et sans de l’inanité renoncer de et justice de à nos la dangerosité du dogme grès et économiste d’émancipation qui voudrait surtout ? à que la les responsabilité ET qu’il va donc sociale ENVI falloir des en changer entre- RONNEMENTAUX et prendre Et, cela qui direc- concerne l’agrobusiness, vu son haut ployés de ces entreprises. Les investissements sociale idéaux et de de crois sanc de près e qui de est 90 né% en certaines Belgi que espèces dans de poissons. e d’uLa ne caractéristique jo urn é et h ém ? « a L’ampleur tiqu e à des activités dé- marchandes peuvent et doivent prises, infiniment car elles sont tion souvent de plus les de acteurs mesure. concer- Nous savons niveau aussi technologique, cette il génère peu d’emploi au privés se font souvent au mépris des souveraine- la f ou lé l’UL B en gâts fé vobservés rie r 2009. et le Jrythme e une, det rèCom leur s e aggravation nment - croître. les ONG Georgescu-Roegen, U N qui RAPP agissent OR T économiste PLUS sur nés QUE le en iconoclaste, PREOCCUPANT environnementaux première ligne modernité par n’est cette nous pas question. aliène complètement toujours Si, plus.comblé, mais au il est plan de devenu nous international, faire évident perdre l’Union que des loin savoir-faire eu- d’être op- et des moins usages de deux dossiers à la question du modèle plan Elle local. continue prises de position. Nous avons ainsi consacré tés pasnationales en matière de lois sociales et environnementales et de la souveraineté alimentaire gagé, c ohérent est au-delà dans de stout a v ce is ion qui du avait ter monde été raiprévu n arti en précédemment ou anticipé ». L’horizon probable a cul montré ent-el clairement Le nouveau les l’absurdité Rapport dimens jusqu’à du i on : le processus présent, GIEC (le Groupe Intergouvernemental monde et dès lors d’Experts régi lui aussi sur par le Changement Au vu de économique qui et de l’action politique, i l es t également environnementale économique avec est tout la entier question ancré dans ropéenne so-lc ial e ? Deux res pons ables au sein d’orprises et peuvent même les étroitement porter nécessaires aux imbriqués. à droits l’accomplissement humains d’une vie humaine réalité posés, reconnaît matérielle du ceux-ci à les la sont fois atteintes au pratiques, contraire sociaux les complémentaires entre- et intellectuels tr ès i m pl deiqucette é d a crisens l e ? c Entre om b a t 2020 c on t re et 2050, l’e n - c'est-àdire demain. publi citaire. Il a aussi bril - lois de la physique. climatique) Il en est découle en effet qu’il plus n’y que a pas préoccupant de : et du Nord Ce travail demandent a servi à leurs de base gouvernements à des formations de desti- soient urbaines ou rurales. Ces dernières se cette sont situation, actuel nombre et de son d’ONG alternative du Sud idéale. des Etats et des populations concernées, qu’elles vahissement et sociale libre, juste et fraternelle pour y substituer ganisations, nous i lamment témoi gné au Parlement à propos croissance « ndiquent économique Le réchauffement ic i comment (notamment ceux des travailleurs … !) et à l’environnement, e Prédateurs les dispositions de ressources légales naturelles font encore et généra- infinie du possible climat débouche sur un sur la marchandise. des Un équilibre harmonieux contraindre nées entre les tant les firmes à nos transnationales 160 associations à publier qu’à un public voient en effet privées de l’accès aux ressources ils c onci li ent ces déf is majeurs. Parc de la propos Second ition élément. de loi interdi Nous sant sommes la pro - depuis monde aux changements ressources limitées. dans Une la fois fréquence, cela compris, Et l’objection l’extension à la croissance et la durée du l’intensité, humains et les écosystèmes a été possible un rapport plus large. ici (pensons social Nous et environnemental avons également rendant consacré notre naturelles et à la terre, censées satisfaire leurs que pour Pi err e Ti teux (Fédérati moti on des quelques voitures semaines l es plus 7 milliards pol luantes. de Terriens. souvent on PIB des devient teurs cruellement événements évidente de multiples défaut clima-tiques et logiquement pollutions, l’agropastoralisme) pour pénaliser nos modes celles et de le production responsables en et compte reste dans du « Université respect plusieurs de de consommation ces des d’automne normes » en 2010 leur à sein la « et décroissance par besoins alimentaires de base. Ce sujet fait l’objet ». de différents articles du numéro hors-série de Au -de l à une de s personne d o ssiers sur c odeux n cre vit ts, en il Inter-Envi ville. é t a it Comment ronnement et débouche Wall onie) ces météorologiques sur deux qui une sont extrêmes remise et peut déboucher réduction qui les endroits atteintes. du fondés Les monde. ré-sucents par l’économie accords toujours bilatéraux plus leurs La « croissance fournisseurs » et l’édition et 2011 sous-traitants. à la « transition Elles économique demandent développement Autant également d’activités de garantir qui traduisent l’existence l’attention de ces la que revue Politique (Décembre 2011) publié par uti le de nourrir, l’inter roge loger r correctement sur le s ens mêthèmes tous les de et hommes, cause les de enjeux la sur de des nos sous événements vies -tendent sont sans précédent économique » méprisent sur les qui investissements également va de pair avec les conditions le CC BY 2.0 par Jim Linwood l’obj ec tion leur de permettre croi ssance l’accès, concept aux soins parfois de santé (l’économisme). intimement liés et à ». « La L’objection et parc vulnérabilité de e que, et croissance ou les traités l’exposition n’est de travail libre aux risques « commerce à et l’occidentale vie d’une entre » main-d’œuvre a l’UE rompu et certains de té l’empreinte pays vent d’Amérique considérée désormais Latine comme (Colombie l’humanité une et simple devant Pérou, variable des seuils écosysté- ces équilibres sou- clauses, nous et assorties place portons de mécanismes à cette question contraignants fondamentale Solidarité et Socialiste en collaboration avec l’agence fourr e-tout ou ambi gu qui vé hic ul en e sui l esvant donc P aspas c alseulement e Bodi naux la décroissance (Solidari l’éducation, sans épuiser les écosystèmes et sont généralement le résultat de processus de de vérification, participent pour de tout « accord l’agitation bilatéral d’idées d’investissement : si nous nous pous- signé attachons par les à états générer membres en marge et et l’UE. en soutien » que nous de presse InfoSud plus fantasques c omme les plus Soc noblial esis te), écologique une j – usti absolument ce soc i al nécessaire e p asentre s e– mais autres) d’ajustement. aussi accentuent miques Ainsi, le probablement les phénomène travailleurs d’accaparementons qui cherche mières des l’ac- terres victimes sons et les de plus déplacements processus loin dévastation industriels forcés du pol- monde, il est irréversibles sont pre- es pér ances. aus s i par une l e position règlement résistante de et créatrice ques ti 10 Nous savons à notre que travail bon d’analyse nombre d’entreprises critique et influence délocalisent politiques vers des publiques. pays où la main d’œuvre est Pas des cale Bodi naux l iées à l’écol complissement ogie. et l’émancipation humaine de populations en luants. dehorspaysannes Ce fut probable cas et indigènes. hier que nous avec rendrons l’amiante Il va de la ; terre ce l’est inhabitable aux De vant l e ca ractèr e cumula tif de s c ris es de l’économisme. aujourd’hui humains. avec le sablage La recherche des jean's des équilibres ou l’agriculture industrielle et son usage massif d’intrants Cependant, si la réflexion intellectuelle et le posi- entre la culture et la nature, les sociétés et les écosystèmes (d é mo g ra p hiqu e, s o cia le, éc on om i que, cu lt u rell e, f in a n ciè re, en v iron nDES em en - ENJEUX L’ob j ect ion de cro i ss anc e n’e st -ell e p as MUNITIONS est donc vitale. Cela dit cette harmonie est aujourd’hui effectivement tal e…) qui traversent notre époque, IMBR la IQUÉS, une no s t al gie f arf el u e d’un re tou industriels r il lu - hautement nocifs. Sur CULTURELLES un hypothétique autre plan, tant les tionnement forces idéologique ont 10 considérablement ouvrage s pour const ruire l’a lterna tive que s t ion d’une re m is e en ca u se d’u ne soir e aux monde s anciens et à un les hypothé tique é qui li bre har moni eux entre confinées l dans semble des bien quartiers que le retour cumulant aux les équilibres nui- vitaux publics dé-prioritairement concernés - Anti reste manuel complexe. d’écol ogie, Yves Cochet, Bréal, 2009 populations productivistes les moins favorisées s’acharnent se dans trouvent la destruction. évolués, Il la diffusion d’un tel message au sein des PAS OPPOSÉS POUR AFFRONTER cro i ss an c e in fi nie f a ce à un mon de f ini, imprègne petit à petit les cons ciences et humains et l es éc osys tèmes ? LES sances : trafic PERILS pendra intense, de la bruit, mobilisation paysage Àpolitique saccagé, VENIR des peuples. Difficile, en effet, de sensibiliser - Le à cces ontrat questions naturel, Michel Serres, François Bourin, 1990 les pratiques. Peux -tu tenter de Longtemps, définir il fut de règle d’opposer préoccupations environnementales Les objecteurs et de revendications croissance ne cherchent so- pas à soucieux de leur situation matérielle calet, Arthaud, que de l’état 2006 air vicié, etc. des individus logiquement - et L légitimement’humanité di plus sparaî tr a, bon débarr as !, Yves Pac- cette objection à la crois sance ? ciales. Les défenseurs remonter le de temps l’environnement ou à retourner étaient arrière. Amorcée Ils dès les années 60 avec des penseurs de la planète ou même de -leur Le quartier. pari D’autant de la déc rois s ance, Serge Latouche, Fayard, considérés comme des (petits) bourgeois plus de l’écologie politique tels André Gorz, cette approche d’un combat commun de l’environnement révision quantitativement - à Tchernoby la baisse del, nos l a vi e contaminée, un film documentaire plus difficile que ce positionnement 2006 implique une préoccupés par le sort de la reinette 12aux yeux rouges que par le bien-être de la classe ouvrière et du social face à l’économie trouve aujourd’hui modes de vie. Nous sommes de pourtant David Desramé convain-ecus que cette approche associant - Redéfinir étroitement l a pr en-os périté, jalons pour un débat pu- Dominique Maestrali, Elzévir Films, 2009 tandis que les syndicalistes et autres acteurs de un large écho à gauche de l’échiquier politique. la lutte sociale apparaissaient comme prêts à sacrifier mère Nature sur l’autel d’un productivisme naissance à un nouveau courant : l’éco-socia- demain comme un impératif - des L’an nouveaux I de l’èr rap- e écol ogique, Edgar Morin (et dialogue Elle colore les programmes des partis et a donné jeux sociaux et environnementaux blic, Isabelle s’imposera Cassiers et Alii, L’Aube, 2011 synonyme de croissance et de pouvoir d’achat. lisme. ports économiques ici et ailleurs. avec Nicolas Hulot), Tallandier, 2007 Nous sommes – heureusement ! – aujourd’hui - L’homme éc onomique et le sens de l a vie, Petit bien loin de cette vision caricaturale. Certes, le Chez Inter-Environnement Wallonie, ce lien s’impose comme un axe central de nos analyses et 2011 tr Paiierr té d’al e Titeux ter-économie, Christian Arnsperger, Textuel, fossé séparant jadis les enjeux sociaux et - Vers une démoc ratie écol ogique, le citoyen, le savant 16 et le politique, Dominique Bourg et Kerry Whiteside, Seuil, 2011 - L a s impl ic ité vol ontaire c ontre le mythe de l’abondance, Paul Ariès, La découverte, 2010 Retrouver sur www.agirparlaculture.be une bibliographie développée des ouvrages et documentaires qui permettent d’aller plus loin sur ces thématiques LE MONSTRE DOUX CONTRE LA GAUCHE ENTRETIEN AVEC RAFFAELE SIMONE IGNACIO RAMONET ET LA THÉORIE DE L' € VOLUTION DES ESPECES M € DIATIOUES 17 2 4 5 8 10 12 14 16 18 19 21 23 25 26 TEMPS foRT éDITo PoRTRAIT PolITIquE : 2012 : ZEBDA au second tour CôTé NoRD : Dave Sinardet : Culture, médias et clivages linguistiques DoSSIER : JuSTICE SoCIAlE sommaire ET quESTIoN ENVIRoNNEMENTAlE Ajuster la balance environnementale comme glaive contre l’inégalité sociale Par Jean Cor nil Jean-Baptiste G odinot : objection de croissance, nostalgie moyenâgeuse ou nécessité incontournable ? Joëlle Kapompolé et olivia P’tito : Justice sociale et justice environnementale en politique les oNG face aux défis sociaux et environnementaux Par Pascale Bodinaux et Pier re Titeux à BAS la CulTuRE : Voyage au bout d’une poupée russe Par Denis Dargent RéflEXIoNS : R aff aele Simone : le monstre doux contre la gauche MéDIAS : Ignacio Ramonet et la théorie de l’évolution des espèces médiatiques Par Marc SinnaevePRATIquES EN AMATEuR Rester motivé, c’est une affaire de chœur Par Denis Dargent l’AIR Du TEMPS Tu te souviens ? Par Daniel Adam DéCouV ERTES



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