Agir Par la Culture n°27 jui/aoû/sep 2011
Agir Par la Culture n°27 jui/aoû/sep 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de jui/aoû/sep 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 65,4 Mo

  • Dans ce numéro : publics de la culture... comment les décrire, les construire, les faire participer ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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découvertes CINÉMA/DVD Où va la nuit Un film de Martin Provost Martin Provost (l'auteur qui a remporté le césar du meilleur réalisateur pour séraphine en 2009) nous revient avec un nouveau film. « Où va la nuit » est un thriller psychologique qui n’est pas sans rappeler les ambiances de Georges simenon. Dans cette adaptation d'un roman irlandais (Mauvaise Pente de Keith ridgway) nous voyageons entre des décors intérieurs tournés dans le Nord de la france et des scènes extérieures tournées à Bruxelles. Une ville que l’on (re)découvre absolument saisissante tellement elle est filmée avec beaucoup de subtilité et de clairvoyance. L’histoire met en image une campagne sinistre, un accident mortel provoqué par un alcoolique violent, qui sera lui-même assassiné par son épouse rose, jouée par une Yolande Moreau absolument magistrale. si le film avait été présenté à Cannes, gageons qu’à coup sûr elle aurait remporté le rôle de la meilleure interprète féminine tant elle vit son personnage avec une authenticité, un naturel, une humilité qui n’appartient qu’à elle. L’histoire raconte la sombre vie d’une femme qui a supporté de longues années un mari violent, soûlard et qui n’en peut plus et qui décide un soir de le tuer. Le fils gay lui, a quitté le logis familial depuis belle lurette et c’est à Bruxelles que sa mère le retrouve. Mais elle se verra cernée par les soupçons des autres, de son fils et vivra sa propre culpabilité. La fin s’apparente à un remake de Thelma et Louise, cependant moins tragique, mais tout aussi intense dans le geste. Un bon moment cinéma, où l’on se trouve véritablement happé par l’écran, emmené par Yolande Moreau, tant l’interprétation est forte. sortie en salle en mai dernier et actuellement en DVD. (sB) CINeMA/DVD Le Nom des gens Un film de Michel Leclerc JACQUES GAMBLIN SARA FORESTIER tiOttL.DES GEN% HIM de MICHEL LECLERC.fr t,>.frik - le 7-r 28 v-* -/Ce film français coécrit par Michel Leclerc et Baya Kasmi a fait l’objet d’une sélection spéciale de la semaine critique lors du dernier festival de Cannes. sorti en salle en novembre 2010, on peut le qualifier de comédie sentimentale politique. L’histoire met en scène les obsessions françaises de l’identité. Jacques Gamblin tient le rôle d’Arthur Martin (pas de lien de parenté avec les cuisines), plutôt fils de français moyen, à ceci près que sa mère est née Cohen et que ses parents ont été déportés et exterminés. Mais c’est un sujet tabou dans la famille. sara forestier (Bahia dans le film) séduit quant à elle des militants de l'UMP ou du front national dans l’objectif de les rallier à la Gauche française. Dans la vie, elle est une jeune fille, légère exhibitionniste, (jusqu’à prendre le métro complètement dénudée) qui vit de petits boulots et de la bonté des inconnus de droite ainsi dupés. Bahia incarne la fille d'un immigré algérien et d'une gauchiste française. A l’instar de la famille Martin, Bahia ne parle pas non plus des oncles abattus sans jugement par l'armée française, ni du professeur de piano pédophile qui l'a violée alors qu’elle était encore qu’une enfant. Ce film tourne habilement à l’absurde les rapports des gens vis-à-vis de la politique, cela en devient presque des « risibles Amours » à la Kundera. On peut aussi s'amuser de procédés qui consistent à glisser de vrais morceaux d'actualité dans le scénario (le virus H5N1, que traque Arthur par exemple) ou encore à créer la surprise lors de l’apparition furtive de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin en fin de scénario. Un moment étonnant où sara forestier a pour réplique : « Un Jospiniste aujourd’hui, c’est aussi rare qu’un canard mandarin dans l’île de ré ». Un film à la fois pathétique et interpellant sur la question brûlante de l’identité nationale. A découvrir (sB) CINeMA/DVD L a famille Wolberg De Axelle ropert si l’accroche du nom Wolberg porté par le Maire d’un petit village du sud-ouest de la france ne s’affichait pas à l’écran, on pourrait croire qu’il s’agit d’un film français des plus banals où il est communément question d’amour, de tromperies, de disputes familiales, de situations compliquées. somme toute les choses de la vie quoi ! Détrompez-vous, il y a bien plus. sa réalisatrice, Axelle ropert, inconnue jusqu’alors, nous entraîne dans un univers peu fréquent dans le cinéma indépendant. Le scénario, plein de fantaisies et de vitalité, nous donne ici une occasion de réfléchir au sens de nos actes et nos comportements au sein de la cellule familiale. simon Wolberg, à la fois père, Maire, fils et époux nous jette à la figure une personnalité forte et écrasante. Il cache aux siens qu’il est atteint d’un cancer des poumons et dès lors il redouble envers et contre tout, d’attention exagérée, de surprotection et d’amour étouffant. Il veut se voiler la face, écarter tout ce qui pourrait nuire au bon fonctionnement qu’il estime lui être indispensable à l’image d’une
famille heureuse et épanouie. simon en devient presque ridicule, absurde dans ses façons de concevoir le déroulement familial parfait, irréprochable. Assommant de contradictions, de violence, de délicatesse, d’interdictions, d’autorité. Jusqu’à développer une théorie obsessionnelle contre les blonds (comme l’était l’ex-amant de sa femme, interprété par Jocelyn Quivrin parti trop tôt). Jusqu’à chasser son beau-frère de passage, car trop bohème à son goût et par conséquent un contreexemple pour son fils. Jusqu’à s’infiltrer personnellement dans la vie privée de ses concitoyens. Il interdit à sa fille (qui fête ses 18 ans et qui veut prendre le large) de mourir. et contraint sa femme à faire vœu de fidélité. Imbuvable et pourtant tellement vrai, à fond dans son personnage, françois Damiens (un acteur belge) excelle et rend cette comédie dramatique émouvante, excentrique, traversée de sentiments forts, sincères, de bons sens et de moments loufoques. Bon nombre d’entre nous pourraient s’y retrouver au détour de certaines scènes. sorti en 2009, ce film peu connu mérite que l’on s’y attarde. Nouveauté en DVD. (sB) DOCU L’Orchestr a di Piazza Vittorio D’Agostino ferrente 2006 kW:Z.4.1MM Ma, M°1JAI5P " 3 14.(VIVIS" litakiNg Ell F. : ; 12:17:ST-im La Piazza Vittorio, est située dans le quartier de l’esquilin à rome où se rencontrent toutes les nationalités du monde et où les Italiens y habitent en minorité. Une poignée d’habitants décide, au début des années 2000, de monter le projet d’un orchestre de musiques à géométrie variable qui regrouperait des musiciens et des traditions des 5 continents. Le docu d’Agostino ferrente retrace l’aventure culturelle de la constitution de cet orchestre et de la préparation de leur premier concert. Les stress de l’organisation (un joyeux bordel), les tensions, nées de rivalités entre traditions musicales ou d’inévitables quiproquos, n’empêchent pas le résultat et de voir éclore cet orchestre hors-norme où musiciens confirmés de contrées reculées côtoient ceux qui sont autodidactes et du quartier. Le projet se perpétue aujourd’hui encore et a pris de l’ampleur, de nombreuses tournées sont organisées dans le monde entier. (AB) www.orchestradipiazzavittorio.it www.myspace.com/orchestradipiazzavittorio DOCU La bataille du canal POA-PTTL 2011 00 29 PTTL Conçu par le collectif PTTL (Plus Tôt Te Laat) pour l’édition 2011 du festival de cinéma Plein Open Air, qu’organise l’équipe du Cinéma Nova, « La Bataille du Canal » traite en 20 minutes du phénomène d’embourgeoisement des rives du canal de Bruxelles et de ses abords. On y découvre, souvent avec effroi, la privatisation en cours de cet outil d’intérêt collectif sur le ton d’un documentaire historique singeant les discours lénifiants des promoteurs immobiliers, des médias et des pouvoirs publics. Ces berges sont en effet promises à un avenir fait d’une gentrification plus que certaine. On apprend ainsi entre autres que « Bruxelles-Capitale de l’europe » aura enfin la marina qu’elle mérite (!), que les lofts à un million et les tours (aussi design que mégalo) fleuriront à la place des « vieilles » industries et restes de quartiers populo ou encore que le Marché des Abattoirs a « vocation » à perdre son aspect braderie bon marché pour devenir un gigantesque marché bobo… Ce documentaire à l’humour noir fait souvent rire, mais on rit évidemment jaune face à ce mouvement de « réhabilitation » où chacun ne trouvera pas son intérêt. Un phénomène dont les implications sociopolitiques méritent que l’on s’y penche plus souvent (AB). www.pttl.be sTreeT ArT sar a Conti sara Conti alias saracadabra affectionne tout particulièrement la matriochka. Ces poupées russes qui ont pris leurs quartiers dans l’artisanat russe du 19e siècle sont devenues sous ses traits tour à tour guerrières en armures, saintes, voilées, parachutistes ou Cheval de Troie. Cette jeune femme a eu l’idée de les faire exister dans un univers résolument contemporain, celui de l’art urbain, entre l’affiche et le tag. Ces bombes féminines jouent un rôle principal dans l’univers coloré et fantastique de l’artiste belge. elle utilise les techniques d'impression comme la sérigraphie et l'impression digitale. La photocopie lui permet de coller dans des espaces publics, des matriochkas découpées, accompagnées de textes. Les badauds curieux ont déjà sûrement croisé son travail sur les murs. sur fond de motifs de cercles réguliers, la fameuse silhouette à la connotation de fécondité affiche les attributs flagrants de sa féminité, vulve et seins apparents. (sB) www.saraconti.com découvertes sar a Conti



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