Agir Par la Culture n°27 jui/aoû/sep 2011
Agir Par la Culture n°27 jui/aoû/sep 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de jui/aoû/sep 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 65,4 Mo

  • Dans ce numéro : publics de la culture... comment les décrire, les construire, les faire participer ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier QQ4, 00mmnneg9 i WERNER MORON : AMENER A TOUs LEs PRINCIPEs ACTIFs DE L’ART Wer ner Moron inter vient au sein du collectif Paracommandart. Ce groupe infor mel d’ar tistes tr availle avec tous les publics en différents endroits et espaces au gré des oppor tunités ou des désir s de ses membres. Dans les musées ou à l’appel d’institutions ou bien d’initiative, en débar quant spontanément dans l’espace public, comme der nièr ement en inventant une chorégr aphie sur la Place saint-L éonard de Liège avec les indignés qui l’occupaient. Il développe dans cet entretien sa vision des publics et présente la démarche qu’il utilise pour travailler avec eux. Qui sont vos publics ? Tous les publics possibles et imaginables pourvu qu’ils suivent l’objectif qui est de créer une œuvre d’art la plus exigeante qui soit, qu’ils souhaitent à travers nos pédagogies aller d’une intuition jusqu’à la création d’une œuvre d’art. Nous ne nous adressons qu’à des individus. On les trouve parfois dans des lieux institutionnels (CPAs, MJ, musées, maisons de quartiers etc.). Mais on s’adresse chaque fois à une unité, un individu. Cet individu peut s’appuyer sur un collectif, fait d’experts qui l’appuie, le soutienne dans ses intuitions pour réaliser quelque chose dans un univers chorégraphique, cinématographique, théâtralisé, performé, multimédia etc. Cela se fait dans le cadre d’une pédagogie développée empiriquement au fil des rencontres et de mes réalisations en tant qu’artiste : « Trajet réel/Trajet rêvé ». Quelle est cette pédagogie ? Depuis un certain temps on est dans un monde plus objectif, plus matérialiste, et on s’est quelque peu atrophié du point de vue de l’imaginaire. Il faut donc développer tout une technique d’assouplissement, de gymnastique, de créativité, comme si on était des chiropracteurs artistiques. « Trajet réel/trajet rêvé » est un exercice qui vise à créer un dénominateur commun : à travers une question très simple, à laquelle il est impossible de ne pas répondre (ex : « décris-moi ta chambre », « quel est ton souvenir le plus lointain ? »), on montre à une personne qui se croit sans culture ou sans histoire qu’elle en est pleine. Qu’elle peut être elle-même le sujet d’une œuvre. On obtient ainsi un support solide basé sur sa réalité, sur lequel vont se greffer de petits morceaux d’imaginaires par différentes techniques (déviation, lapsus). Par exemple : « décris ta rue », on y greffe un papillon qui parle ou une personne avec 3 mains. Cela permet de voir comment se construisent les imaginaires. Qu’ils sont faits de créativité mais que tout n’est pas à inventer : on peut s’inspirer de sa réalité et de sa mémoire. J’ai démonté les « principes actifs de l’art », des processus qui sont à l’œuvre chez les artistes et j’initie les individus. Je ne cherche pas à guérir ou émanciper les gens. Mon objectif est qu’ils produisent une œuvre d’art. L’idée est de créer une inflation artistique. Tous les gens qu’on rencontre ne vont pas rentrer dans une carrière artistique mais ils sont tous capables de produire une œuvre qui fait sens à un moment donné. Vou s all ez dehors, « à la rencontr e des publics ». Dedans, dans les salles, les musées, ce n’est plus possible ? Ça dépend de quoi on parle. Dedans pourquoi pas tant qu’on obtient... un vrai débat, qu’on puisse aborder des sujets pleinement. Une œuvre d’art n’est pas là pour faire société mais pour poser une 12 question stridente et interpellante, qui fait polémique. Ça sera toujours une tension. soit l’intérieur l’accepte, soit tout le monde se bride, souvent inconsciemment. en fait, on doit toujours être dedans eT dehors (ne serait-ce que pour les moyens nécessaires au développement d’une action). Ce travail avec les publics passe-t- il par une reconnaissance financière de leur appor t ? J’aimerais à l’avenir arriver à en faire une économie. Avec les publics, quand on leur propose de faire un travail artistique, qu’il y ait une forme d’économie qui se mette en place. spécialement avec des publics précarisés. Ça ce serait vraiment sérieux. Pas uniquement participer à un processus socioculturel, mais dans la mesure où ils font un effort, produisent une œuvre potentiellement commercialisable, il serait bon qu’ils en trouvent rémunération, que ce soit l’opportunité de recevoir un cachet. C’est assez mal vu, c’est dommage. Car tout comme en psychanalyse, le fait qu’il y ait à un moment donné un échange d’argent donne de l’importance à ce qui est produit. Propos recueillis par Aurélien Ber thier http://www.paracommandart.org/
AUX ARTs CITOYENs ! UNE TENTATIVE DE MIsE EN PARTAGE à VILLENEUVE-sUR-LOT Aux Ar ts Citoyens ! se définit comme un panor ama des pratiques ar tistiques et cultur ell es avec l’envie de pr oposer aux publi cs les actions les plus diver ses liées à la création, des pr atiques amateur s associati ves ou encadrées par la collecti vité au sein d’atelier s municipaux jusqu’à une pro grammation professionnelle qui s’inscrit en des lieux et des horaires sur pr enants. Cela passe par des présentations des projets menés avec des artistes en milieu associatif, scolaire, social, professionnel ou encore en association avec des services municipaux qui ont choisi d’entrer en compagnonnage – d’accueillir durant 6 mois environ une équipe artistique dans leur quotidien. Les projets peuvent être naissant, en cours ou aboutis. Du point de vue de la programmation professionnelle, c’est en référence au propos ou à la manière dont l’œuvre est présentée que le caractère citoyen permet d’opérer les choix. Il arrive toujours un moment où la nécessité de trancher dans ce qui fera ou pas partie d’une édition se fait sentir et pour proposer une grille évènementielle qui soit réaliste, l’équipe du théâtre assumera une programmation, mais celle-ci sera la plus possible attentive aux propositions des partenaires. LA QUesTION Des PUBLICs Public ou publics ? Le débat peut s’avérer houleux, nous avons fait le choix de considérer que la fragmentation du corps social impose de considérer le pluriel en admettant que les intentions, du lien social, de la rencontre, ont bien pour objet de faire public au singulier Villeneuve-sur-Lot est forte avec le théâtre Georges- Leygues d’une expérience longue de bientôt 80 ans. Ce théâtre occupe une place centrale tant physiquement que symboliquement, mais si un public constant y est attaché, sans réelle surprise, beaucoup en ignorent tout ou presque. La fréquentation s’est construite logiquement en fonction de l’offre : elle est majoritairement composée de personnes au capital culturel et social élevé. Un constat qu’il faut modérer grâce à l’action du Centre communal d’action sociale, lequel a depuis longtemps mis en place avec le théâtre une politique tarifaire incitative (3 € par spectacle) pour le public des associations partenaires. Parallèlement, le territoire dispose de dynamiques associatives souvent indépendantes, quelques-unes dans une coopération avec l’action culturelle de la collectivité. elles couvrent un champ très large de disciplines et d’esthétiques. Tout l’enjeu de Aux Arts Citoyens ! est d’offrir la possibilité de croisements, de débats, d’une reconnaissance par les différents acteurs comme par les différents publics de l’existence et de l’intérêt d’actions qu’ils connaissent peu et considèrent soit ne pas être à leur portée, soit ne pas être digne d’intérêt. Dans ce dessein et même si de toute évidence cette option est difficile à assumer, le programme de l’évènement accorde sensiblement la même place à une création amenée par une équipe de renommée professionnelle et ou publique qu’à la présentation d’un atelier mené en temps scolaire. Nous ne considérons pas Aux Arts Citoyens ! comme un festival. Il est pour nous un outil qui tâche de résumer tout un pan de l’action culturelle et sociale, il a des fondements et des actions qui se retrouvent souvent sur une ou plus d’une saison, ce serait presque un « label ». Pragmatiquement, il faut bien traiter sa communication sous un aspect évènementiel. 13 si de manière générale, chacun s’accorde à reconnaître la fragmentation, les groupes attirés par tel ou tel type d’offre, le plus difficile est d’avoir une connaissance réelle des catégories de public qui en découlent en dehors des grands traits presque caricaturaux (Les jeunes et les musiques actuelles, les musiques et danses traditionnelles, le théâtre clas- service Culturel Municipal sique pour un public érudit…). sur ce point, nous avons commencé à structurer une cellule de médiation qui traverse les services culturels de la collectivité et un groupe de travail où nous rejoignent les secteurs associatifs, scolaires et sociaux, accompagnés par une sociologue qui interroge la relation du public à la culture. UNe ACTION DANs LA VILLe dossier en action, nous avons choisi avec Aux Arts Citoyens ! d’aller à la rencontre de la ville là où se trouvent, agissent ou vivent, les gens. Marchés, écoles, centres sociaux, club de troisième âge, espace public, local associatif, centre culturel, hall de la mairie, jardin caché ou quartier excentré. Durant dix jours, nous allons à la rencontre et tentons de convaincre qui nous rencontrons d’en faire de même ; pour terminer par une journée en famille au parc. en ce lieu, on a pu sentir dès la seconde édition avec une offre variée, que se croisent, se rencontrent, réellement des publics qui en forment un. Le nom même interpelle et fait débat attirant des personnes qui se soucient à titre personnel et ou professionnel du corps social, si une proposition est propice au débat, il déborde souvent et le principe d’une rencontre multiple avec plusieurs propositions d’une même équipe artistique semble séduire. C’est de ne pas traiter Aux Arts Citoyens ! uniquement en évènement qui fait son sel. L’inscription dans la durée nourrit des rencontres entre acteurs qui ne travaillaient pas ensemble. Modestement, Aux Arts Citoyens ! aide à regarder différemment son environnement et nous l’espérons à retrouver le goût de participer. serge Bor ras Prochaine édition de AUX ArTs CITOYeNs ! Du 9 au 17 juin 2012 à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot et Garonne (france)



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