Agir Par la Culture n°27 jui/aoû/sep 2011
Agir Par la Culture n°27 jui/aoû/sep 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de jui/aoû/sep 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 65,4 Mo

  • Dans ce numéro : publics de la culture... comment les décrire, les construire, les faire participer ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
temps fort -Lundi 12 septembre : ce gigantesque dr apeau palestinien, soufflé par 27 ventilateurs, s’érige au vent dev ant les institutions européennes pour qu’elles appuient la demande de reconnaissance de l’État palestinien auprès de l’ONU. Une œuvre politique de l’ar tiste liégeois Alain De Clerck avec la collabor ation de AVAAZ.or g et de PAC. Infos : www.alaindeclerck. org Michel Tonneau
UN ENCIEIE ADN POLITIWE PUBLICS UE CULTURE : Un, ournallste face aux banques Denls Robert et l'affalre Clearstream Peti t éloge ddue Marc Jacquemain : Dt1 ( (printemps arabe u aux mouvements des ‹< Chri sti an Maurel : , reg.742.1,L,A. l'édLJcation populaire. grain d blet goutte d'huile du système sommaire dossier A l’occasion du colloque « PUBLICS DE LA CULT URE : S avoir r éinven ter pour fa ir e sen s » qui se dér oul e les 18 et 19 o c- to bre à Bruxelles (vo ir page 31) or ganisé par Présen ce et Action Culturelles en par tenariat a vec le mag azine La Scène, n ous consacrons no tre do ssi er à l a questi on de s p ubli cs. La r encontre avec l es pub li cs, tous l es p ubli cs, ceux qui son t là com me ceux qu’il faut aller ch ercher, ceux qu’on d its « cap tifs » co mme ceux qui sont « hor s- les- mur s » (habi tants, p assants etc.) mai s aussi l es p ublics ign orés ou en co re l es n on-p ublics p osent question à tous les professionnels de l’action cu lturelle et aux art istes désireu x d’agir dan s le monde so cial. Le s analyses et in terventions de ce d ossier s’at tach ent à t raiter des question s comme : Quelles sont le s évolutions dans l es pra tiques c ul tur el les que l’on pe ut n oter aujour d’hui ? Qu’entend- on p ar « participa tion » du public ? C omment peut se réaliser une co -pr oduction ent re spectate ur ou l’habi tant et l es cr éateur s ? Quel s sont le s p ubli cs n égligés et comment les pr endr e mieux en comp te ? Des exem ples d’action s dével oppées en Bel gi que francopho ne et en Fr ance mont rent les mu ltiples m anières de faire, suscep tibles de perme ttre une vér ita ble r encontr e et la possib il ité d’agir par l a culture avec de nouvel les r ègle s et dans de nouveaux ter ritoires. PUBLICS DE LA CULTURE : C omment les décr ire, les const ruire, l es faire partic iper ? La vision qui domine d epuis les a n- nées 1980, impulsée notamment par Pi err e Bo urdi eu et s on ouvr age l a Distinction (1979), pose un univers s oci al où goûts ar tis ti ques et pr a- tiques cul turell es sont intim ement l iés aux mi li eux sociau x d’appar tenances. Ber nard Lahire est revenu en 2004 ave c « La cu ltur e d es indi vi dus » (20 04) sur ces hypothèses. N os goûts et pr atiques cu lturel les sont-il s dus à notre seule classe sociale d’appar tenance ? Comment se décide la légiti - mité ou l’illégitim ité de ces goûts et prati ques cul turel les aujour d’hui ? CL A S SE S S OCI A LE S E T ST RAT É G IE S DE DIS T INC TI ON Si l’on suit Pierre Bourdieu, notre univers social est composé : - d’une classe dominante cultivée (typiquement les cadres et les professions intellectuelles supérieures) qui définit ce qu’est la culture légitime : la leur. - d’une classe moyenne (Commerçants, cadres et employés moyens, instituteurs) emprunte de « bonne volonté culturelle » et en phase d’acquisition de cette culture légitime. - et enfin, d’une classe dominée (typiquement les ouvriers et petits employés), tenue à bonne distance de cette culture cultivée. Les dominants, dont la culture EST la culture légitime, travaillent ainsi à imposer leurs catégories sur la base des productions culturelles qu’ils consomment, décrétant ce qui est légitime (digne d’intérêt, beau, classe, qui élève, noble…) ou illégitime (à éviter, laid, vulgaire, qui rabaisse, ignoble...). Ce qui permet de développer des stratégies de distinction c’est-à-dire de différenciation et de maintien à distance des autres catégories sociales. En 2004, le sociologue Bernard Lahire a publié « La culture des individus », résultat d’une enquête fleuve qui reprend les données de P.Bourdieu et croise les méthodes quantitatives (statistiques) et qualitatives (entretiens) sur les pratiques culturelles des Français. Si Lahire reconnait qu’« on n’échappe pas à son milieu social », c’est-à-dire que le milieu social d’appartenance et le niveau de diplôme jouent fortement sur le rapport à la culture, il veut néanmoins sérieusement amender et complexifier la vision du monde social binaire de Bourdieu. On ne peut pas réduire la société à une grossière caricature de cultures de classes où les cadres iraient à l’opéra, au théâtre et liraient des œuvres classiques, tandis que les ouvriers et les employés passeraient leur temps devant de la téléréalité et au karaoké. En effet, on n’est pas seulement le produit de sa classe sociale mais aussi celui d’un ensemble de socialisations successives. On ne fait pas partie d’un seul groupe mais bien d’une multiplicité de réseaux : amis, conjoints (successifs), famille, milieux professionnels (successifs), fan-club, syndicats, partis, communautés religieuses, groupes de pairs etc. Chaque individu accumule ainsi un ensemble d’expériences et de compétences qui, toutes, amènent à un parcours beaucoup plus singulier que ne le laisse penser le tableau classique de la répartition des capitaux culturels. On reconnaît là « l’homme pluriel » qu’avait déjà exposé Lahire dans une précédente étude (L’homme pluriel, 1998). Alors que Bourdieu pensait les individus comme porteurs de goûts (de classe) très homogènes (se retrouvant dans l’ensemble des pratiques légitimes ou bien dans l’ensemble des pratiques illégitimes), on constate dans les faits qu’il se produit, pour une majorité des individus, une association des contraires, une culture des mélanges au sein de laquelle goûts et pratiques légitimes dans un domaine côtoient goûts et pratiques illégitimes dans un autre. Pour ces profils « dissonants » (qui sont l’essentiel de la population), l’opéra côtoie la fête foraine, le théâtre le karaoké etc. Et ce, quelle que soit la classe sociale. Il n’y a donc pas de correspondance simple entre des goûts et la position sociale. Les acteurs ont « le sens de la situation » et ne sont pas en toute occasion soumis au seul habitus culturel qui les obligerait à ne consommer que leur culture (supposée) de classe. A l’intérieur de petits groupes, suivant les trajectoires individuelles et les contextes, les hiérarchies (le beau et le laid, l’intéressant et l’inintéressant etc.) peuvent varier du tout au tout. Il n’y a pas une mais des légitimités culturelles qui n’ont de validité que dans certaines petites zones de l’espace social, dans un des nombreux microcosmes que chacun d’entre nous traverse quotidiennement. De fait, les individus s’adaptent en permanence aux situations qu’ils vivent. Ainsi « s’ils sentent que telle pratique hautement légitime dans tel cadre (conjugal ou professionnel) ou à tel moment (dans la vie courante) pourrait paraître prétentieuse, ringarde, absurde ou inadaptée dans tel autre cadre (amical ou familial) ou à tel moment (durant le temps des vacances), ils accommodent leur comportement. » (p 147). MU LT IP LI C AT I ON D ES C UL T URES LÉGI - TI M ES : QUAN D L A C UL TUR E C LASSIQ UE PERD SO N RAN G L’étude de Lahire dresse également le constat d’une baisse de « l’intensité de la foi » dans la culture littéraire et artistique c’est-à-dire d’une diminution du crédit qui lui est apportée dans sa capacité à permettre la distinction. Cette « culture légitime dominante », c’était la « haute culture » musicale, picturale, littéraire, cinématographique etc. (dans ses formes consacrées comme avant-gardistes), et plus généralement les pratiques et goûts « très légitimes », ces choix « rares » et « nobles » qui sont potentiellement distinctifs sur les marchés culturels dominants. Ainsi en est-il des visites de musée, l’opéra, la musique classique, la littérature classique - pratiques supposément défendues par la bourgeoisie et convoitées par la petite-bourgeoisie. Les statistiques montrent que cette culture classique légitime a largement perdu de son attrait au 10 La légitimité des pratiques culturelles en question dossier CC BY-NC-SA 2.0 Sfer WERNER MORON : AMENER A TOUS LES PRINCIPES ACTIFS DE L’ART Qui sont v os publics ? Tous les publics possibles et imaginables pourvu qu’ils suivent l’objectif qui est de créer une œuvre d’art la plus exigeante qui soit, qu’ils souhaitent à travers nos pédagogies aller d’une intuition jusqu’à la création d’une œuvre d’art. Nous ne nous adressons qu’à des individus. On les trouve parfois dans des lieux institutionnels (CPAS, MJ, musées, maisons de quartiers etc.). Mais on s’adresse chaque fois à une unité, un individu. Cet individu peut s’appuyer sur un collectif, fait d’experts qui l’appuie, le soutienne dans ses intuitions pour réaliser quelque chose dans un univers chorégraphique, cinématographique, théâtralisé, performé, multimédia etc. Cela se fait dans le cadre d’une pédagogie développée empiriquement au fil des rencontres et de mes réalisations en tant qu’artiste : « Trajet réel/Trajet rêvé ». Quel le es t c ette pédagogi e ? Depuis un certain temps on est dans un monde plus objectif, plus matérialiste, et on s’est quelque peu atrophié du point de vue de l’imaginaire. Il faut donc développer tout une technique d’assouplissement, de gymnastique, de créativité, comme si on était des chiropracteurs artistiques. « Trajet réel/trajet rêvé » est un exercice qui vise à créer un dénominateur commun : à travers une question très simple, à laquelle il est impossible de ne pas répondre (ex : « décris-moi ta chambre », « quel est ton souvenir le plus lointain ? »), on montre à une personne qui se croit sans culture ou sans histoire qu’elle en est pleine. Qu’elle peut être elle-même le sujet d’une œuvre. On obtient ainsi un support solide basé sur sa réalité, sur lequel vont se greffer de petits morceaux d’imaginaires par différentes techniques (déviation, lapsus). Par exemple : « décris ta rue », on y greffe un papillon qui parle ou une personne avec 3 mains. Cela permet de voir comment se construisent les imaginaires. Qu’ils sont faits de créativité mais que tout n’est pas à inventer : on peut s’inspirer de sa réalité et de sa mémoire. J’ai démonté les « principes actifs de l’art », des processus qui sont à l’œuvre chez les artistes et j’initie les individus. Je ne cherche pas à guérir ou émanciper les gens. Mon objectif est qu’ils produisent une œuvre d’art. L’idée est de créer une inflation artistique. Tous les gens qu’on rencontre ne vont pas rentrer dans une carrière artistique mais ils sont tous capables de produire une œuvre qui fait sens à un moment donné. Vou s al le z d eh ors, « à la re n con t re d es publi cs ». Dedans, dans les salles, l es musées, c e n’es t plus possible ? Ça dépend de quoi on parle. Dedans pourquoi pas tant qu’on obtient un vrai débat, qu’on puisse aborder des sujets pleinement. Une œuvre d’art n’est pas là pour faire société mais pour poser une question stridente et interpellante, qui fait polémique. Ça sera toujours une tension. Soit l’intérieur l’accepte, soit tout le monde se bride, souvent inconsciemment. En fait, on doit toujours être dedans ET dehors (ne serait-ce que pour les moyens nécessaires au développement d’une action). Ce travail av ec les publi cs passe -t -il par une re connai ss ance f inanciè re de leur a p - p or t ? J’aimerais à l’avenir arriver à en faire une économie. Avec les publics, quand on leur propose de faire un travail artistique, qu’il y ait une forme d’économie qui se mette en place. Spécialement avec des publics précarisés. Ça ce serait vraiment sérieux. Pas uniquement participer à un processus socioculturel, mais dans la mesure où ils font un effort, produisent une œuvre potentiellement commercialisable, il serait bon qu’ils en trouvent rémunération, que ce soit l’opportunité de recevoir un cachet. C’est assez mal vu, c’est dommage. Car tout comme en psychanalyse, le fait qu’il y ait à un moment donné un échange d’argent donne de l’importance à ce qui est produit. Propos re cueill is par Auré li en Berthie r http://www.paracommandart.org/12 dossier Wer ner Moron intervient au sei n du col lectif P aracommandart. Ce groupe informel d’ar ti stes travail le avec tous les p u- bli cs en di f fér ents endr oits et es paces au gré des oppor tuni tés ou des dés ir s de s es membr es. Dans l es musées ou à l’appel d’institu tions ou bi en d’ini tiati ve, en d ébarquant spontanément d an s l’espace public, comme der nièr ement en inventant une chorégrap hie sur l a Pl ace Saint-Léonard de Li ège avec l es indi gnés qui l’occupaient. Il d ével oppe dans cet entr eti en sa vi si on des publi cs et présente l a d émarche qu’il utilise pour travaill er avec eux. AUX ARTS CITOYENS ! UNE TENTATIVE DE MISE EN PARTAGE À VILLENEUVE-SUR-LOT Aux Arts Ci toyens ! s e déf i nit c omm e un pa noram a de s pr atiques ar ti s- tiques et cultur elles avec l’envie de proposer aux publics les actions les plus diver ses liées à la création, des pratiques amateurs associatives ou encadrées par la collectivité au sein d’ate li ers m uni ci paux j us qu’à une progr ammati on pr of es si onnel l e qui s’inscri t en des li eux et des ho rair es s ur prenants. Cela passe par des présentations des projets menés avec des artistes en milieu associatif, scolaire, social, professionnel ou encore en association avec des services municipaux qui ont choisi d’entrer en compagnonnage – d’accueillir durant 6 mois environ une équipe artistique dans leur quotidien. Les projets peuvent être naissant, en cours ou aboutis. Du point de vue de la programmation professionnelle, c’est en référence au propos ou à la manière dont l’œuvre est présentée que le caractère citoyen permet d’opérer les choix. Il arrive toujours un moment où la nécessité de trancher dans ce qui fera ou pas partie d’une édition se fait sentir et pour proposer une grille évènementielle qui soit réaliste, l’équipe du théâtre assumera une programmation, mais celle-ci sera la plus possible attentive aux propositions des partenaires. LA QUESTION DES PUBLICS Public ou publics ? Le débat peut s’avérer houleux, nous avons fait le choix de considérer que la fragmentation du corps social impose de considérer le pluriel en admettant que les intentions, du lien social, de la rencontre, ont bien pour objet de faire public au singulier Villeneuve-sur-Lot est forte avec le théâtre Georges- Leygues d’une expérience longue de bientôt 80 ans. Ce théâtre occupe une place centrale tant physiquement que symboliquement, mais si un public constant y est attaché, sans réelle surprise, beaucoup en ignorent tout ou presque. La fréquentation s’est construite logiquement en fonction de l’offre : elle est majoritairement composée de personnes au capital culturel et social élevé. Un constat qu’il faut modérer grâce à l’action du Centre communal d’action sociale, lequel a depuis longtemps mis en place avec le théâtre une politique tarifaire incitative (3 € par spectacle) pour le public des associations partenaires. Parallèlement, le territoire dispose de dynamiques associatives souvent indépendantes, quelques-unes dans une coopération avec l’action culturelle de la collectivité. Elles couvrent un champ très large de disciplines et d’esthétiques. Tout l’enjeu de Aux Arts Citoyens ! est d’offrir la possibilité de croisements, de débats, d’une reconnaissance par les différents acteurs comme par les différents publics de l’existence et de l’intérêt d’actions qu’ils connaissent peu et considèrent soit ne pas être à leur portée, soit ne pas être digne d’intérêt. Dans ce dessein et même si de toute évidence cette option est difficile à assumer, le programme de l’évènement accorde sensiblement la même place à une création amenée par une équipe de renommée professionnelle et ou publique qu’à la présentation d’un atelier mené en temps scolaire. Nous ne considérons pas Aux Arts Citoyens ! comme un festival. Il est pour nous un outil qui tâche de résumer tout un pan de l’action culturelle et sociale, il a des fondements et des actions qui se retrouvent souvent sur une ou plus d’une saison, ce serait presque un « label ». Pragmatiquement, il faut bien traiter sa communication sous un aspect évènementiel. Si de manière générale, chacun s’accorde à reconnaître la fragmentation, les groupes attirés par tel ou tel type d’offre, le plus difficile est d’avoir une connaissance réelle des catégories de public qui en découlent en dehors des grands traits presque caricaturaux (Les jeunes et les musiques actuelles, les musiques et danses traditionnelles, le théâtre classique pour un public érudit…). Sur ce point, nous avons commencé à structurer une cellule de médiation qui traverse les services culturels de la collectivité et un groupe de travail où nous rejoignent les secteurs associatifs, scolaires et sociaux, accompagnés par une sociologue qui interroge la relation du public à la culture. UN E ACTI ON DANS L A VI LL E En action, nous avons choisi avec Aux Arts Citoyens ! d’aller à la rencontre de la ville là où se trouvent, agissent ou vivent, les gens. Marchés, écoles, centres sociaux, club de troisième âge, espace public, local associatif, centre culturel, hall de la mairie, jardin caché ou quartier excentré. Durant dix jours, nous allons à la rencontre et tentons de convaincre qui nous rencontrons d’en faire de même ; pour terminer par une journée en famille au parc. En ce lieu, on a pu sentir dès la seconde édition avec une offre variée, que se croisent, se rencontrent, réellement des publics qui en forment un. Le nom même interpelle et fait débat attirant des personnes qui se soucient à titre personnel et ou professionnel du corps social, si une proposition est propice au débat, il déborde souvent et le principe d’une rencontre multiple avec plusieurs propositions d’une même équipe artistique semble séduire. C’est de ne pas traiter Aux Arts Citoyens ! uniquement en évènement qui fait son sel. L’inscription dans la durée nourrit des rencontres entre acteurs qui ne travaillaient pas ensemble. Modestement, Aux Arts Citoyens aide à regarder différemment son environnement et nous l’espérons à retrouver le goût de participer. S erge Borra s Prochaine édition de AUX ARTS CITOYENS ! Du 9 au 17 juin 2012 à Villeneuve-sur-Lot dans le Lot et Garonne (France) 13 dossier Service Culturel Municipal 14 « Les fans de médias sont des consommateurs qui produisent, des lecteurs qui écrivent, des spectateurs qui participent » Henry Jenkins. « La distinction entre auteur et public, maintenue conventionnellement par la presse bourgeoise, commence à s’effacer dans la presse soviétique. Là, le lecteur est à tout moment disposé à devenir un scripteur, à savoir un descripteur ou encore un prescripteur. C’est à titre d’expert - fut-ce non pas pour une spécialité mais pour le poste par lui occupé - qu’il accède au statut d’auteur. » W. Benjamin. Les m anièr es dont les scien ces humai nes se sont penchées sur l es prati ques c ul turel les s e s ont pro fondément diversifiées au fil des dernières dé cennies, no tamment en ce qui concer ne le statut qu’ell es ac - cordent au récepteur ou au public des productions cul turel les. Après guerre, certains théoriciens de l'École dite de Francfort, marqués par l’expérience des régimes totalitaires et par les évolutions rapides des techniques de production et de diffusion, ont forgé le terme d’Industries Culturelles pour désigner ce qu’ils identifiaient comme une rationalisation industrielle des productions de l’Esprit, et alerter sur les dangers qu’elle faisait courir tant aux Beaux-Arts qu’à une culture populaire « authentique ». Inspirés d’une critique de la propagande, leurs arguments mettaient en avant le pouvoir d’imposition idéologique de ces industries sur « les masses ». Aux récepteurs, aliénés par cette standardisation motivée par le seul profit, ne restait que la mince possibilité de s’émanciper et de reconquérir une subjectivité au contact des rares productions culturelles permettant la prise de conscience de ces mécanismes les empêchant de connaître et de revendiquer leurs intérêts propres. Le personnage du récepteur était ainsi noyé dans « la masse » et sans réelle épaisseur, largement impuissant devant ce qu’il pouvait être amené à consommé. L E RECEPTEUR SORT DE L’O MBRE Ce personnage s’est étoffé à l’occasion d’un premier mouvement de diversification épistémologique. En 1957, R. Hoggart publiait en Angleterre The uses of Literacy (traduit en français par « La culture du pauvre »). Dans cette célèbre enquête, il décrit les rapports que les classes populaires - dont il est issu - entretiennent avec les productions médiatiques. Pour lui, les effets des messages émis par les médias de masse ne rencontrent pas le consentement passif des récepteurs. Une observation fine montre au contraire toute leur capacité à prendre de la distance avec ce qui leur est proposé, à n’y accorder qu’une « attention oblique ». Cette résistance des récepteurs passe par une large gamme d’attitudes allant de l’ironie railleuse à l’indifférence. De façon similaire, M. de Certeau, sans nier toute la prégnance de mécanismes de domination, décrira au terme d’une enquête menée au début des années 1980 (L’invention du quotidien), toutes les ruses et tactiques que les consommateurs (au sens large) mettent en œuvre pour déjouer et détourner les formes de codages culturels qui voudraient s’imposer à eux. Ces auteurs et quelques autres ouvrirent ainsi la voie à l’exploration d’une densité nouvelle de l’activité de réception, comme du rôle de récepteur. Nombre de travaux ont porté depuis sur tout ce qui peut limiter et compliquer les effets des messages culturels, qu’il s’agisse des dispositions liées aux origines sociales, ethniques, au genre, ou encore de la dimension collective de la réception, au sein de la famille ou de réseaux affinitaires. L ES FANS : UN E CULTURE PARTI CI PATIVE Certains auteurs, comme H. Jenkins (professeur au M.I.T et spécialistes des cultures médiatiques et populaires), franchissent un pas supplémentaire dans cette transformation de la description des rapports entre production et réception. Inspiré par des travaux comme ceux de J. Fiske et sa défense des cultures populaires, H. Jenkins enquête dès les années 1990 sur les pratiques des fans, en mettant l’accent sur la diversité et la créativité avec laquelle ils font de leur réception une véritable production culturelle alternative. Ses travaux les plus récents (Convergence Culture, 2006) prennent la mesure des évolutions qu’entraine la massification des usages d’internet. Il constate la généralisation récente de ces diverses formes de participation des publics aux productions culturelles : qu’il s’agisse des échanges plus ou moins légaux de contenus, véritable prise en charge, par les publics euxmêmes, de la recommandation et de la diffusion, ou de la multiplicité d’interactions que permettent les discussions en ligne, ou encore de toutes les formes de créations (littéraires, filmiques...) détournant, complétant, imitant les productions venues « d’en haut ». L’émergence d’une « culture participative » fait du récepteur un personnage intrinsèquement et visiblement actif et collectif, et du rapport à la culture une écriture tout autant qu’une lecture (L. Lessig, Remix Culture, 2008). Elle implique également l’acquisition de nouvelles compétences (techniques comme relationnelles) qui deviennent les nouveaux discriminants de l’accès à cette culture participative (Jenkins parle à ce titre d’une « participation gap » et prône une éducation à ces nouvelles pratiques créatives). Il est souvent reproché à H. Jenkins une forme d’idéalisme, du moins l’absence d’un discours critique quant à ce qui s’apparente davantage à une mutation de l’emprise des industries culturelles qu’à sa disparition. Les industries culturelles ont en effet largement pris en compte ces mutations de la réception, et travaillent à les anticiper. Sans doute faut-il inclure désormais les géants du web que sont devenus Facebook ou Google au nombre de ces industries, et H. Jenkins insiste peu sur l’inégale répartition des profits générés par ces nouvelles formes de production. Les positions d’H. Jenkins ont peut-être toutefois des points communs avec celles de l'École de Francfort, et l’on oublie parfois que leurs critiques des Industries culturelles étaient précisément accompagnées d’un appel à une subversion de la dissymétrie des rôles culturels, au profit d’une véritable redistribution du pouvoir culturel. Pi erre Gros demouge Pierre Grosdemouge est chargé d’études sociologiques & Doctorant à l’Université de Lyon 3. Il anime également le blog http://blog.cultureordinaire.net blalbla De la réception à la participation, les approches d’un rôle culturel dossier HVDZ - Flora Loyau Alain lapiower LES PUBLICS IGNORÉS DU HIP-HOP Ala in Lapio wer es t l e di rec teur de l’ASBL Lezar ts Ur bains qui entrepr end depuis pl us de 20 ans maintenant de défen dre et soutenir la création hip - hop au sens lar ge (rap, R’n’B, gr affs, danse, street-art, slam…). Ces co u- rants urbains, « urbains » ne voulant pas di re « de la vill e » mais bien « des quar tier s rej etés de l a vi l le » , ont réussi à arr acher une reconnaissance et une certai ne l égiti mi té apr ès moul t périp éties et années de gal ère. Issus des mi li eux popul aires -permettant au passa ge de reconnaitre que ceux- ci étaient acteurs de cultur e- ils repr é- sen taient av ant tout de nouv ell es formes pertinentes pour l’époque et en poin te s ur le pl an de la d émarc he est hétique. Aujour d’hui enc ore, il s su sc i tent un engouement aus s i in - tense que peu médiatisé et diffusé. Alai n Lap iow er r evi ent sur ces publics pour ainsi dir e ignorés. Pour vou s qu el s son t l e ou l es pu b li cs du hi p -ho p ? Il y a ce que je nommerais un public « naturel » dont la sensibilité privilégie ces cultures urbaines parce qu’elles correspondent à des héritages culturels. Dans les quartiers populaires en Belgique, il y a une très forte présence de l’immigration qui est issue du Maghreb, d’Afrique noire (ou d’Europe du sud). Et dans ces populations-là, il y a des affinités vers ces cultures urbaines pour des raisons d’identification : les jeunes des quartiers pourris s’identifient aux blacks du Bronx. Il y a également des affinités esthétiques qui font que beaucoup de gens dont les racines remontent à l’Afrique sont sensibles à ces musiques qui proviennent, après de longs détours, de l’Afrique. La rythmique funk, qui est la rythmique du rap, descend du vieux rhythm’n’blues, qui descend du blues etc. qui descend d’Afrique. Et puis, il y a une conjonction avec des choses qui sont dans l’air du temps. Il y a des phénomènes de générations qui se jouent. Le rap a été dépositaire de la révolte et de sentiments de frustration de tous les jeunes qui habitaient dans les quartiers de relégation. Il l’a aussi été pour tous ceux qui voulaient partager ce contenu de révolte, d’un refus du monde comme il va. A d’autres époques, ça a été le cas avec d’autres musiques, par exemple le rock. Mais le rock n’est plus ça, c’est une musique aujourd’hui convenue qui fait partie de l’establishment. Le rap pas. Ça veut dire que plein de jeunes - pas forcément issus de l’immigration ou des classes défavorisées- vont rejoindre ce courant-là. Ils n’acceptent pas le monde comme il est. Ils veulent se démarquer.lls veulent une musique qui rue dans les brancards et qui met le doigt sur les trucs qui ne sont pas acceptables. Dans les grandes villes, à Bruxelles par exemple, pour la majorité des jeunes des milieux populaires, c’est leur musique. Ils écoutent ça, pas toujours nécessairement du rap dur, mais ils écoutent NRJ ou Fun Radio car c’est là qu’ils entendent du hip-hop ou du R’n’B. Ça fait partie de leur monde. Mais il y a toujours eu un décalage incroyable entre le public potentiel de ces musiques et la réalité de la diffusion culturelle dont ce public peut profiter. Il y a très peu de concerts de rap. Vraiment pas assez par rapport au nombre de personnes qui apprécie le rap. Il y a d onc be a u cou p d’a t t en t e s et un large public i gnoré. Oui. Il y a eu une grande frustration pendant de nombreuses années. Il y a toujours une difficulté avec cette musique. Le rap, il suffit d’en prononcer le nom, et il y a quelque chose qui ne va pas. Je prends toujours cet exemple : en Belgique, la RTBF, notre radio-télé nationale, aujourd’hui en 2011, alors que le rap existe depuis 25 ans, 20 ans en Belgique (1989 avec Benny B), notre radio-télé de service public, qui a une mission culturelle importante, n’a toujours pas accepté que le rap y soit diffusé. Il n’y a toujours pas une seule émission consacrée au rap. Je crois qu’il y a une petite émission, arrachée après des années de bataille qui passe le dimanche à 23h30 sur Pure FM. Elle est présentée par Sonar mais il ne peut même pas parler, seulement diffuser de la musique. Je pourrais faire le même constat pour la danse hip-hop. C’est à l’image de ce qui ne va pas dans ce domaine. Pour moi, c’est une injustice culturelle, une inégalité culturelle. Une inégalité de traitement. Par rappor t à d’a utres courants ? Evidemment ! Je ne demande pas que ce soit mieux considéré que les autres genres. Je demande simplement qu’il ait « droit de cité ». Alors, certes on a avancé, je ne dis pas que rien n’a été fait, d'ailleurs si notre association Lezarts urbains existe, c’est qu’il y a une certaine considération. Mais la difficulté importante, c’est quand je vais voir des opérateurs, même ceux avec qui je m’entends très bien. Si je dis le mot « rap » je vois une réaction physique chez les gens [Alain mime un mouvement de recul,ndlr]. Les programmateurs sont réticents. Est -ce que ç a a voir avec cette idée que vous dév el oppez parfois qu’on a affai re à un public immédi atement « s uspect » , des « bask et -c apuche » qui trainent une réputa tion d’embrouil les, drogues, bagarr es etc. ? 15 dossier HVDZ - Flora Loyau Dati Bendo La Compagnie Hendrick Van Der Zee (HVDZ), créée par Guy Alloucherie en 19 97, es t ins tallée à Loos -en- Gohel le, dans l e bas si n mini er du P as - de-Calais. Elle poursuit une recher che axée autour de la rel ation ar t- population-société. Le travail sur les r écits de vie, l’enfance, l a mémoi re ou l a c ulture ouv rière, la plac e de l’ar t dans la s oci été s ont autant de sujets qui nourrissent l’écr itur e et la parole de la c ompagnie. Cette r echer che se d éveloppe sur un mode d’écoute et de li en à l’ins tar des « Veil lées » , sp ectac le- acti on cons is - tant à « par tous les moyens, cir que, danse, théâtre, vidéo, aller à la rencontre des gens pour coll ecter des témoi gnages et inv enter ensemble des f or mes d'art où les gens s e sentent concer nés par ce qui s'y dit et ce qui s'y f ait ». Guy Al l ouch erie revient ic i s ur les intentions de la com pagnie dans ces r encontres avec un terri toire et ses habitants. Comment f onc tionnent l es princi pes de vos s pec tac les partic ipatifs, comme l es Veillée s ou l es Port ra it s de v illag e ? Le but du jeu est d’aller à la rencontre des gens. À un moment donné, je ne savais plus très bien le sens de ce qu’on faisait. On faisait des spectacles sur des scènes de théâtre et j’avais l’impression qu’ils s’adressaient toujours aux mêmes gens, alors qu’il y avait tout un public que je ne voyais jamais au théâtre. Comment se fait-il que tous ces gens-là ne venaient pas ? J’ai donc pensé qu’il devait y avoir de bonnes raisons, que ce n’est pas uniquement parce qu’ils n’étaient pas informés. Apparemment, ils n’étaient pas sensibles à la forme de théâtre que nous proposions. L’idée de départ était d’aller voir les gens, les uns après les autres, avec comme point de départ de parler de culture. D’aller les rencontrer en se disant que de toute façon tout le monde a une définition de la culture. Et, je ne sais pas plus que les autres ce qu’est la culture. Il serait donc intéressant d’avoir l’avis de tout le monde, puisqu’il n’y a pas de vérités en ce qui concerne l’art et la culture. En plus, comme on est situé sur un ancien site minier, on est entouré de cités ouvrières et les ouvriers n’ont pas vraiment dans leurs pratiques habituelles d’aller au théâtre ou d’aller voir de la danse. On s’est demandé : « Mais que doit-on faire, qu’est-ce qu’on peut faire pour trouver le lien, pour créer une œuvre qui intéresse, pour laquelle les gens se sentent concernés par ce qui se dit et ce qui se fait ? » On est donc allés à la rencontre des gens dans les quartiers, dans un premier temps ici tout autour, dans les quartiers populaires. Après, on est partis un peu partout, en France, au Brésil, et on va sans doute le faire au Canada l’année prochaine. Mais l’idée de départ était celle-là : puisque les gens ne viennent pas, allons vers eux. Personne ne détient de vérité sur le sujet de l’art et de la culture. Peut-être que la meilleure façon de faire, c’est d’inventer avec les gens… En étant au milieu des cités ouvrières, il était impossible de continuer à faire un théâtre qui soit complètement en dehors des réalités du quartier. Cela aurait été du cynisme de ma part. C’est pourquoi, on est allés à la rencontre de tout le monde. Les Veillées sont des spectacles faits pour rencontrer les gens, discuter avec eux et pour parler de la mémoire ouvrière et de la culture ouvrière. Mais, pas que de la mémoire : les gens nous racontent aussi le présent, comment on vit dans le quartier, comment on vit ensemble. Après une résidence de dix jours à trois semaines, on monte un spectacle, avec des acteurs et des acrobates, dont les gens et le quartier sont les acteurs principaux. Le but est de tout mettre au service de l’idée que l’œuvre d’art se construit ensemble. A ve z -vou s l’im pre ssion ou l’en vie d’a p- porte r quel que c h os e a u x ge n s ? Je leur dois tout, puisqu’on construit tout avec eux. Si je leur apporte quelque chose ? C’est à eux qu’il faudrait demander, il faudrait aller voir à Maisnil-lès-Ruitz où on a fait le dernier Portrait de village. Vous pouvez consulter notre blog (http://www.hvdz.org/blog/), où l’on montre un peu les réactions des gens. Les gens ne viendraient pas si nombreux à chaque fois, si on ne leur apportait rien, mais c’est difficile de parler à leur place. Est -c e une envi e de votre part d’ai der les g ens ? Non. L’envie est de travailler ensemble. Le but est de dire : « On fait une œuvre d’art ensemble ». Ils m’apportent tout autant que je leur apporte. L’envie est de faire quelque chose ensemble et de se demander ensuite : « Est-ce que c’est ça ? Est-ce qu’on se trompe ? » C’est-à-dire de se questionner sur la pertinence de l’œuvre. Ce qui m’intéresse, est de travailler ensemble, dans le domaine artistique, qui parait être réservé à quelques-uns. Être artiste est la chose la mieux partagée qui soit au monde et quand on fait une Veillée, il faut que la porte soit ouverte à toutes les participations. Dans une Veillée, on rencontre le plus de gens possibles, parce que chaque vie est une œuvre d’art. D’ailleurs, c’est très bizarre qu’au fil du temps l’art soit devenu la propriété de quelques-uns, ce qui me semble une imposture totale. C’est peut-être une posture un peu politique ou philosophique, mais je pense que ça changera peut-être. C’est une certaine vision du travail qui a voulu cette situation. Ces dernières années, cela s’est particulièrement accentué avec le marché de l’art, particulièrement dans l’art contemporain, mais même au théâtre. J’ai horreur de l’idée du talent. Sartre disait que le talent était un crime contre soi-même et contre les autres. Pourquoi certains auraient-ils plus de talent que d’autres ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? C’est vraiment une pure invention. Je m’inscris en faux contre tout ça, avec cette envie de faire bouger le monde et de changer la vie. Propos re cu e ill is par Ré mi Gia ch etti www.hvdz.org 17 dossier Guy Alloucherie : « Les gens ? je leur dois tout, on construit tout avec eux » Julien Desmet HVDZ - Flora Loyau dossier TeMPs fOrT ÉDITO POrTrAIT CULTUreL : Paul Magnette : U n énor me ADN politique et cultur el CôTÉ NOrD : Wim Vandekeybus : Chorégr aphe et danseur intuitifs DOssIer : PUBLICs De LA CULTUre Comment les décrire, les construire, les faire par ticiper ? La légitimité des pratiques culturelles en question par Aurélien Berthier Werner Moron : Amener à tous les principes actifs de l’ar t Serge Borras : Aux Ar ts Citoyens ! Une tentati ve de mis e en par t age à Villen euvesur-lot De la réception à la par ticipation, les approches d’un rôle cultur el par Pierre Grosdemouge Alain Lapiower : Les publics ignorés du Hip- hop Guy Alloucherie : « Les gens ? Je leur dois tout, on construit tout avec eux » rÉfLeXIONs : U n jour nal ist e f ace au x banques : Denis Robert et l’affaire Clear stream à BAs LA CULTUre : Petit éloge du souvenir de v acances par Denis Dargent MÉDIAs : La Démocr atie in ter net : plu s subver sive qu’il n’y par aît par Marc SinnaeveMOUVeMeNT sOCIAL Marc Jacquemain : Du « printemps ar abe » aux mouvements des « indignés » ÉDUCATI ON POPULAIre Christian Maurel : l’éducat ion popu lai re, gr ain de sable et goutt e d’huil e du système ? DÉCOUV erTes 2 4 5 8 10 12 13 14 15 17 18 20 21 23 24 26



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :