Agir Par la Culture n°26 avr/mai/jun 2011
Agir Par la Culture n°26 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 39,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... menaces sur la démocratie, espoirs des révolutions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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découvertes œuvres dégradent-elles les murs ou améliorentelles un décor urbain dégradé ? en quoi ces œuvres sont-elles moins légitimes que, par exemple, des panneaux de publicité qui peuvent défigurer certains environnements urbains ? Autant de questions que cette tendance soulève. Là où règnent l’abandon, le laisser-aller de certains propriétaires (très souvent lié à la spéculation) ou le consensus de la grisaille de certains bureaux d’urbanisme, Bonom et les autres (roA, Jef Aerosol, mimi the Clown, Login Hicks pour ne citer que des Bruxellois) viennent – gratuitement — introduire un peu d’art poétique et, en quelques mots, embellir la ville. Alain Lapiower, directeur de Lézarts Urbains, insiste à ce sujet sur le plus, la valeur ajoutée, l’amélioration de l’environnement urbain quotidien que cela peut apporter. même si Bonom est moins porteur d’un discours politique que par exemple Banksy et ses pochoirs urbains, il partage avec lui le goût de l’anonymat et de l’action directe. Actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire à la suite de son arrestation en février 2010, il bénéficie d’une vague de sympathie et de soutien qui rend hommage à ce qui est considéré par beaucoup comme un service rendu gratuitement à la communauté plutôt que comme du vandalisme. (Aurélien Berthier) Info notamment sur www.fatcap.org/article/soutenirbonom.html et www.lezarts-urbains.be DI CTIonnAIre Petit dict ionnair e amour eux des socialismes Jean Cornil, Anne Demelenne, Isabelle Grippa, Yvan mayeur, Yanic Samzun, olga Zrihen. ADen, 2011 JEAN CORNIL, ANNE OEMELENNE, ISABELLE GRIPPA YVAN MAYEUR, YANIC SAMZUN, OLGA ZRIHEN PETIT DICTIONNAIRE AMOUREUX DES SOCIALISMES JIMA% Trois femmes, trois hommes issus du monde politique, associatif, syndical. Trois femmes, trois hommes qui se sont faits plaisir en construisant ensemble un petit dictionnaire amoureux des socialismes. Des ami(e)s, des potes qui partagent le même sens des valeurs, la même intensité dans la jungle des mots, des sens et des idées. Des hommes et des femmes qui se sont laissés aller, attrapant les anecdotes, les souvenirs marqués et marquants, les tournants dans une vie, les passages à l’acte, les émotions vives, les tranches de vie, les combats porteurs. De A à Z, chacun et chacune à leur tour se sont emparés d’un mot qu’ils associaient à la lettre de l’alphabet. Au gré des lettres, on explore avec eux des lieux, des personnages, des révolutions tranquilles et moins tranquilles, des personnages politiques incontournables, des situations momentanées et spontanées, des mouvements qui se créent, se soulèvent, des pays qui se distinguent, des auteurs engagés, de la littérature intemporelle, des vocables syndicaux, des contrées moins connues, des films hors pair, du cinéma d’auteur, du cœur et de la passion, de la sueur et des usines, des couleurs, etc. Du mot Admirations à Zebda (le nom d’un groupe musical toulousain, engagé politiquement), on plonge dans un dictionnaire iconoclaste empreint d’histoires et de découvertes amoureuses. Ce petit ouvrage nous projette dans l’univers des mots et nous fait partager des moments volés aux auteurs que sont : Jean Cornil, Anne Demelenne, Isabelle Grippa, Yvan mayeur, Yanic Samzun et olga Zrihen avec une postface de Xavier mabille (ancien directeur du CrISP). originale comme démarche et plaisant à compulser et aussi à discuter entre amis. (Sabine Beaucamp) www.aden.be eSSAI/eTUDeS CULTUreLL eS Stuart Hall I dentités et cultur es, Politiques des cultur al studies editions Amsterdam, 2008 Peu connu des francophones car peu traduit, Stuart Hall, né en Jamaïque en 1932, est un sociologue rattaché au mouvement des cultural studies. Les articles qui composent ce recueil se penchent sur les conditions qui ont vu la naissance de cette « discipline indisciplinée », son devenir et ce qu’elle peut politiquement, notamment dans sa visée socialiste. Les études culturelles, dont Stuart Hall est l’un des pères fondateurs (avec l’Indien Homi Bhabha et le Palestinien edward Said) se situent au croisement des disciplines des sciences sociales et des 30 Stuart Hall IDENTITÉS ET CULTURES POLITIQUES DES CULTURAL STUDIES Edkk.NaMk par Maxime Cow* Éditions Amsterdam humanités (sociologie, anthropologie, psychanalyse, histoire, littérature, art, médiologie…). elles portent sur des champs d’investigation liés aux cultures populaires, minoritaires ou contestataires et les affrontements symboliques (genres, classes sociales, sexualités, colon/colonisé etc.). Le regard du « subalterne » et les relations de pouvoir entre celui-ci et la culture dominante y sont privilégiés. Leur but est aussi politique puisqu’elles visent à redonner une « puissance d’agir sociale » aux groupes considérés. néo-gramscien, Hall considère la culture comme un lieu de conflit et une question hautement politique. Sa pensée permet d’interroger des champs tels que les médias (question de la réception plurielle où l’individu, loin d’être un « idiot culturel », négocie, accepte ou refuse les messages médiatiques), des suites du colonialisme (hantant encore aujourd’hui les discours des anciens colons et des décolonisés), de l’ethnicité ou des phénomènes liés à la diaspora mais aussi de déconstruire certains concepts usuels tels que « culture », « populaire », « multiculturalisme » ou « identité » qu’il s’agit de redéfinir. Ces articles parus dans la période thatchérienne des années1980 et 90 (et en vue de résister à sa politique) offrent une panoplie de concepts et renouvellent des paradigmes qui permettent d’appréhender la société postfordiste au populisme autoritaire prégnant dans laquelle nous baignons et de mieux s’expliquer -du point de vue culturel- des phénomènes parfois embrouillés tels que mondialisation, articulation/désarticulation des identités contemporaines, migrations, mass medias… S’il est souvent dur de rentrer dans l’analyse exigeante de Hall, la boîte à outils qu’il propose et le type de réflexion très moderne qu’il suggère sur
l’univers social actuel donnent tout à fait la mesure de ce que les études culturelles, leurs objets, leurs méthodes, peuvent amener au monde militant et à la pratique de l’éducation populaire. (AB) www.editionsamsterdam.fr eSSAI/PHILo Ceci n’est pas un manuel de philosophie Charles Pépin flammarion, 2010 CHARLES PÉPIN CECI N'EST PAS UN MANUEL DE PHIL SOPHIE Flammarion mon amour pour la philo me fait me précipiter de façon compulsive sur presque toutes les histoires de la philosophie qui paraissent. Il y en a des techniques, quasi incompréhensibles au profane que je suis, des classiques, un peu somnolentes et convenues. Il y en a des drôles et puis il y en a des originales. Celle de Charles Pépin, collaborateur à Philosophie magazine, sort totalement de l’ordinaire académique. C’est une éducation populaire à la réflexion et à la pensée critique. À partir des grands thèmes classiques – le sujet, la culture, la raison, la politique, la morale –, l’auteur traite de manière pédagogique et éclairante les grandes options philosophiques et les principales questions sociétales. Il y a des portraits – Platon, Spinoza, freud, Sartre… - une boîte à outils pour se familiariser avec les concepts - croire/savoir, contingent/nécessaire, transcendant/immanent… - et des copies de rêve. Le tout avec des exemples tirés de notre vie ordinaire de simples existants. formatif pour clarifier sa pensée dans les brumes de la sur/désinformation médiatique et face aux slogans de la vacuité politique. (JC) eSSAI/PoLITIQUe Pour changer de civilisation martine Aubry (avec 50 chercheurs et citoyens) odile Jacob, 2011 Martine Aubry avec 50 chercheurs et citoyens Pour changer de civilisation Odile Jacob martine Aubry, avec 50 chercheurs et citoyens, de Dominique Bourg à Paul magnette, de Ulrich Beck à Patrick Weil, d’Alain Caillé à françoise Héritier, publie une réflexion visionnaire face aux impasses du présent. L’essai est dense, parfois inégal, mais porteur de valeurs et conscient de la nécessité de changer notre paradigme de développement. Je ne partage pas toutes les approches, dont certaines trop convenues, mais je veux saluer la qualité de l’exercice qui dépasse enfin les petits livres politiciens, nombrilistes, superficiels et à très courte vue. Cette recherche de nouvelles Lumières est plus que salutaire. elle permet aussi de joindre la sphère de l’action et celle de la réflexion pour construire ensemble un vrai projet de transformation du monde post-industriel, post-occidental et post-matérialiste. (JC) Chercheurs et citoyens se sont accordés du temps pour tourner la page d’un modèle de civilisation qui n’est plus synonyme de progrès. La france dont ils veulent est une france d’économie innovante, une société créative qui sache apporter des idées neuves et des biens communs, une prise de conscience collective qui donne à la culture une place première. Il faut repenser aujourd’hui la solidarité, à la fois parce que la société salariale est en crise et que les institutions de solidarité se sont essoufflées. La démocratie est en chantier, si les français ont du bon sens, on ne peut refuser dès lors de les entendre quand ils rejettent la loi sur les retraites ou contestent les choix 31 brouillons pour l’éducation. Thomas Piketty, économiste français écrit : « L’économie de marché et la propriété privée du capital méritent certes d’être enfin pensées dans leurs dimensions positives ». La toute première étape reste de comprendre le phénomène auquel on est confronté. Ainsi, précise-t-il, les inégalités ne sont pas construites par le travail ou les différences de salaire, mais bien structurées par l’héritage, les inégalités de patrimoine et l’arbitraire de ces rendements. Côté monde de l’éducation, Alain Bergounioux (président de l’office Universitaire de la recherche Socialiste) écrit : « Loin de penser que nous aurions ‘’la meilleure école du monde », sans non plus affirmer comme une poignée d’intégristes qu’elle est ‘’un champ de ruines » il faut retravailler à définir les conditions de l’égalité des chances ». Sans nul doute, l’éducation sera un grand enjeu de l’élection présidentielle, voire même constituera son enjeu majeur. Dominique Perrault, architecte et urbaniste français, soumet à la réflexion l’actuel défi de loger toute la population dans sa diversité. Comment faire aujourd’hui la ville habitante, la métropole habitante ? en imaginant la nouvelle « physicalité » de la ville au travers de l’irruption des vides et au regard de la faible présence du bâti. Le ministre belge de l’énergie Paul magnette souligne que la gauche au XXI e siècle ne réussit plus à transmettre un souffle mobilisateur aux citoyens. « Il faut aujourd’hui, dit-il, constituer une vraie force politique de gauche au plan européen qui fasse converger les partis socialistes nationaux et noue des alliances avec les forces de progrès ». Bien d’autres noms qui influent sur le monde politique, économique et culturel laissent une trace dans ce livre qui constitue un bel ouvrage de réflexion. (SB) eSSAI PoLITIQUe ma gauche edgar morin editions françois Bourin. 2010 découvertes À 89 ans, edgar morin, soyez-en certains, n’entamera pas une carrière de président de la république, ou de dictateur de la pensée. on le regretterait presque… Ce sociologue et philosophe revêt pourtant l’énergie intellectuelle et la vitalité qu’il faut pour stimuler tous ceux qui s’efforcent de sortir de la « grande régression ». Si le diagnostic global est sévère pour la gauche française, il reste celui d’un ami aux propositions emballées. La situation exige une résistance qui préparerait une renaissance. Une régénération de la pensée, et singulièrement de la pensée politique, pourrait préparer un futur. Pour cela, il faut réapprendre à apprendre, il faut se rééduquer pour pouvoir éduquer.



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