Agir Par la Culture n°26 avr/mai/jun 2011
Agir Par la Culture n°26 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 39,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... menaces sur la démocratie, espoirs des révolutions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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portrait culturel Qu’est- ce qu’un bon et vr ai moment de détente pour toi ? Je vais te dire, le seul vrai moment de détente, c’est lorsque je me rends dans un musée ou une galerie, ça veut dire que je dois me plonger dans un autre monde. Je vais me mettre au soleil sur un transat ma tête continue à fonctionner tandis que lorsque je suis dans le monde de la fiction que crée un livre, une exposition, un musée, une création artistique, une installation : j’ai tellement envie de rentrer dedans que je sors de ma peau et cela ce sont les plus belles vacances, j’oublie la Palestine et ma fonction, les Palestiniens et leur tragédie. J’essaie de choisir une exposition à visiter par semaine et je m’y rends le samedi avec mon mari. C’est mon Shabat à moi ! ! Je pense que le fait que je sois mariée à un romancier et critique littéraire qui a été longtemps un activiste culturel dans son pays montre aussi la place de la culture dans ma vie. I l y a un aut eur, un écriv ain quet u apprécies par ticulièr ement ? Je lis beaucoup, des essais et des romans mais aussi énormément de dossiers et rapports relatifs à mon travail concernant la Palestine. Je ne lis que du roman, je ne suis pas porté sur la poésie. Je trouve que le roman me fait entrer dans un monde et puis j’ai toujours cette attirance pour l’anthropologie qui ne me quitte pas, je trouve qu’aujourd’hui la littérature est une manière extraordinaire de connaître d’autres cultures. Lorsque je peux, je laisse du temps pour les romans, j’aime aussi les nouvelles… mais c’est plus une tradition de ma génération que de celles des jeunes. J’ai besoin de lire avant de dormir. Je peux lire plusieurs livres en même temps, et dans des langues différentes : en arabe, en français, en anglais. La littérature a une fonction très importante dans ma vie et c’est probablement pour cela que je suis mariée depuis 33 ans à un romancier marocain qui s’appelle mohamedBerrada. Je ne dirais pas quels sont mes écrivains préférés, mais deux amis écrivains ont été une lumière dans ma vie et m’ont beaucoup influencé : Jean Genet et mahmoud Darwish. Côté musique tu es plutôt musique classique ? J’aime beaucoup la musique classique parce qu’elle me donne un baume et je peux passer une journée entière à l’écouter, mais j’adore les musiques turques, iraniennes… et toute la tradition mystique. Je peux autant plonger dans les musiques traditionnelles des cultures d’Amérique latine que dans les musiques mystiques de Turquie et d’Iran, que de mozart ou Bach. J’aime la diversité et je suis très rebelle à la nécessité de n’aimer qu’une forme de culture, qu’une langue. Les musiques actuelles telles que le slam, le r ap, qu’en penses-tu ? Le rap j’adore, parce que le rap comme le slam sont très inscrits dans les réalités culturelles, politiques, citoyennes. nous avons des groupes comme Dan, un groupe palestinien d’Israël ou Gaza Underground qui sont des rappeurs de très bon niveau et connus dans les festivals internationaux. Ces courants musicaux représentent à mes yeux une expression artistique d’une réalité sociale et politique particulière. Cela reflète une phase de l’évolution sociologique de la modernité. C’est avec le rap qu’on a ouvert la saison masarat aux Halles de Schaerbeek. Quel qualificatif t’inspire le mot « paix » ? Avant tout « vivre ensemble », pour moi c’est anachronique de continuer à accepter la fatalité de la guerre, il n’y a pas de fatalité de la guerre, c’est un choix tout comme la paix. Vous avez vu les assassinats de Juliano mer-Khamis et de Vittorio Arrigoni. Ils ont payé de leur vie, le choix de défendre le droit des Palestiniens à l’indépendance. Pour moi la paix c’est la coexistence, c’est le vivre ensemble. C’est pour cela que je suis en politique, parce qu’on peut souhaiter tout le bien du monde, mais si ce n’est pas traduit sur le plan politique cela n’a aucun effet. 28 et der rièr e la vie, tu mettr ais quel qualificatif ? Je dirais la « nature », nous sommes au printemps, nous somme assis sous les arbres qui viennent de fleurir, la vie devient plus belle avec le printemps, le soleil, les fleurs et les arbres. Personnellement je suis très sensible à l’effet du soleil et de la nature, pour moi c’est une règle naturelle du monde la vie, elle renaît après l’hiver alors qu’on a l’impression que tout est mort, il n’y a plus de feuilles aux arbres, plus de fleurs autour de nous et tout renaît lorsque le soleil revient au printemps. Pour moi la vie est associée à la nature et elle est incontournable. Der rièr e la mor t ? La guerre bien sûr c’est la mort et je dirais que la fonction de la mort selon moi c’est de donner un sens à la vie, défendre la vie. J’ai physiquement le sentiment que la guerre est contre nature, qu’elle n’est pas une fatalité mais bien un choix de certains, qui ont un pouvoir militaire, financier, économique. C’est pour cela que je suis tellement positive sur les révolutions arabes actuelles. Pour la première fois depuis au moins cinquante ans on voit les citoyens du monde arabe s’approprier le champ politique. eux, les citoyens, pas les partis, ce sont les citoyens en égypte, en Tunisie qui ont ranimé la société civile arabe de demain. Propos recueillis par Sabine Beaucamp J-fr rochez « J’essaie de c hoisir une exposition par semaine. C’est mon Shabat à moi ! ! »
Découvertes r omAn Georges et Louise michel ragon Albin michel, 2000 MICHEL RAGON Georges & Louise en ce mois de mai, on célèbre le 140ème anniversaire de la Commune de Paris, ce rêve de justice révolutionnaire qui sombra dans la tragédie sous les canons des versaillais. Lui parlant du projet du PAC d’une journée à Paris sur les traces des communards, du mur des fédérés au Père Lachaise, Xavier mabille, avec sa malice habituelle, me suggère de lire le petit roman de michel ragon, « Georges et Louise ». Je suivis son judicieux conseil et je dévorai cette extraordinaire amitié entre Georges Clémenceau et Louise michel. entre le premier flic de france et l’institutrice enflammée et déportée en nouvelle-Calédonie. Un texte sobre qui rend parfaitement bien cette relation ambivalente mais durable entre la militante anarchiste et le défenseur de Dreyfus. Beaucoup d’émotion face à ces deux « grands » de l’histoire de france. (Jean Cornil) PoLAr Peine maximum Gilles Vincent Timée editions, 2011 Grand amateur de littérature policière, j’avais découvert par hasard, il y a deux ans à Pau, le roman de Gilles Vincent, Sad Sunday. J’avais adoré, tant la qualité limpide de la plume que la construction subtile du suspense. Le tout sur fond de réalisme politique contemporain. et voilà son troisième roman, toujours avec le même policier devenu détective privé, qui nous entraîne sur la piste de meurtres atroces au cœur de marseille, inspirés par les méthodes nazies lors de la Shoah. Sinistre et haletant. À l’heure de la profusion des polars scandinaves et anglo-saxons, je ne comprends pas le peu d’écho fait à cet auteur qui combine une douceur sentimentale avec la pire des barbaries. (JC) BD L’affair e des affaires T.1 L’argent invisible et T.2 L’enquête Denis robert Laurent Astier, Yan Lindingre Dargaud, 2009 [IIFa1I1.I 1.1111[116K ICIl1', 1116131131 it ; 116 l'AFFAIRE DES AFFAIRES I.[MiI61 - ♦ L'AFFAIRE DES AFFAIRES Il y a quelques années, j’ai lu avec intérêt les romans et les essais de Denis robert, ce journaliste courageux et opiniâtre, accablé sous les procès intentés par le monde bancaire, parti dans une salutaire croisade contre les sociétés de clearing, face cachée de l’iceberg de la finance. Il a raconté son douloureux combat sous bien des formes notamment pour éviter une procédure judiciaire de plus. et voilà que maintenant c’est en bande dessinée qu’il se met en scène pour dénoncer les requins du capitalisme financier. Dans ce monde opaque, souvent difficile et délicat à décrypter, Denis robert nous conte, de façon lumineuse et pédagogique, la lutte presque désespérée qu’il mène depuis tant d’années contre l’hydre à mille têtes. Juste pour informer le citoyen. (JC) T.3 manipulation - à paraître (mai 2011) http://www.dargaud.com/affaire-affaires-l,300/PreSSe Causette Bimestriel publié par les éditions Gynéthic Causette est un magazine français créé il y a deux ans par un ancien pigiste de Charlie hebdo et de l’Huma. Son crédo « Plus féminine du cerveau que Ç.tte aus ! t que do lupdon écharnées (?) 29 du capiton » lui va comme un gant. Dans ce magazine pas de page mode ou Bien-être, et sûrement pas de mensonges : photos non photoshopées dans un souci de réalisme, et des sujets qui nous concernent toutes et tous. on y trouve les avancées, et malheureusement aussi les reculs, en matière d’égalité hommes femmes. mais il n’est pas réservé aux femmes, puisqu’il se préoccupe des droits de toutes et tous, même ceux que notre société ne sait pas où ranger comme les transgenres. Voici quelques sujets qu’on trouve dans le dernier numéro : les révolutions arabes, la coupe du monde de foot des sans-abris ou encore l’obsession de la taille du pénis. Vous pouvez en lire quelques pages sur leur site et aussi trouver les points de vente en Belgique de ce magazine qui signale un certain renouveau dans la presse française avec les revues XXI, Uzbek et rica ou encore Books. (Lucrèce monneret) www.causette.fr découvertes STreeT ArT Bonom Visible un peu partout à Bruxelles (carte disponible sur www.bonom.be) Les Bruxellois n’ont pu échapper à l’un des graffitis de Bonom. Quadrillant la ville, il décore le plus souvent façades décrépies ou murs déprimants, suscitant l’étonnement par des évocations poétiques d’animaux squelettiques, d’araignées géantes ou de petits bonshommes qui s’intègrent dans le paysage urbain local ou qui forment de fantastiques films d’animation en stop-motion (images par images) visibles depuis sa rame de métro. Le mouvement des peintures urbaines et du streetart a pris d’assaut depuis 30 ans les murs de nos villes même s’il s’inclut évidemment dans le temps millénaire des graffitis et, moins loin, dans la tradition des affichistes, des décollagistes, des muralistes et autres qui considèrent l’espace public comme support à l’art. Dans quelle mesure ce mouvement favorise-t-il l’accès à l’art, un art de et dans la rue, rendu direct au passant, qui devient regardeur de fait et qui s’inclut dans son quotidien. Ces



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