Agir Par la Culture n°26 avr/mai/jun 2011
Agir Par la Culture n°26 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 39,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... menaces sur la démocratie, espoirs des révolutions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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documentaire Pour la gauche d’après Jérémy for ni est un jeune réali sateur. Il vit et tr av aille entr e la fr ance et Brux elles. fils de raymond for ni, figure du PS fr ançais, Jérémy a toujour s baigné dans un cour ant de gauche. Il est aujourd’hui à la tête de la maison de product ion Che val D eux Tr ois, réalise des documentaires et tr availle à la mise sur pied de fictions et docu de création, cour t et long métrage de jeunes auteurs. « Après la gauc he » est son second documentaire. Il sor tira en DVD le 1er juillet. Dans « Après la gauche », Jérémy forni questionne l’idée de la gauche, ses possibilités, ses errements et ses espoirs. Treize penseurs ou acteurs des gauches se répondent et argumentent (voir encadré). « on ne voulait pas d’historiens, pas d’économistes et pas d’hommes politiques en activité. » nous apprend Jérémy forni. L’idée du film, c’est de confronter des figures de la gauche du XX e siècle aux questionnements d’une autre génération. « Le film part du constat d’une désespérance. Une désespérance du peuple de gauche. ma génération, ceux qui m’entouraient et avec qui j’avais grandi. La génération mitterrand qui a cru à une possibilité de la victoire de la gauche avec Lionel Jospin et qui a eu à subir la déception du 21 avril 2002. Ceux qui se disent : J’ai 30 ans, je me sens de gauche, qu’estce qui m’arrive ? ». À l’origine donc, la présence de Jean-marie Le Pen au deuxième tour, brutale entrée dans le monde adulte entraînant de nombreux questionnements : où en sommes-nous à gauche ? Pourquoi n’avons-nous pas réussi à incarner une utopie ? Le film revient sur des évènements structurants tout au long de ces 20 dernières années. Le point de départ de 1989 a été choisi car il s’agit d’une année charnière qui a notamment vu la chute du mur de Berlin et Tien Anmen. Deux amis, journalistes, Geoffroy fauquier et Gaël Bizien, même génération et questionnement similaire bien que provenant de sensibilité de gauche plus écologiste ou libertaire, se joignent à lui pour scénariser le documentaire. U n fI Lm De PAro Le À D eSTI nATIon De ToUS « Le film est très construit. on donne des points d’entrée auxquels tout le monde peut se rattacher même sans background politique important. » C’était important pour le réalisateur, lui qui a consacré son précédent documentaire, « Traces de lutte », à l’activité du groupe medvekine, expérience d’éducation populaire, qui a vu se construire la rencontre entre ouvriers et cinéastes, où il s’est agi pour les travailleurs de se saisir des outils de leur propre représentation. « Selon moi, il ne faut pas que la culture soit populiste ou élitiste. mais culture populaire ne veut pas dire culture pas exigeante. » Ainsi ont été particulièrement soignés le cadre cinématographique, l’esthétique, la lumière, l’ambiance de ce « film de parole ». Interventions et balises explicatives se succèdent à l’écran dans le décor d’une usine désaffectée de la banlieue parisienne à la charge forte symbolique. « Le lieu est un personnage du film. on a voulu exprimer la disparition de la culture ouvrière. Ce décor d’effondrement d’usine est une métaphore de la gauche ces 20 dernières années, de la fin des illusions, de la délocalisation d’une grande partie de la production industrielle européenne… » De LA DéfAITe À L’eSPérAnCe « Après la gauche » pourrait presque s’appeler Après la défaite de la gauche car il débute justement sur ce constat. mais, « au fur et à mesure du film, on passe du constat sombre à l’espérance. L’idée est de montrer une direction. » Le film revient longuement sur le projet social-démocrate des années 1990, celui qui a vu « la mutation d’une logique de transformation sociale vers une logique gestionnaire et d’accompagnement du libéralisme même si c’est plus facile de développer une argumentation contre la social-démocratie car historiquement elle a été au pouvoir. mais on n’est pas tendre non plus avec les autres mouvances de la gauche : l’extrême gauche qui continue de refuser l’exercice du pouvoir, ou l’altermondialisme, qui n’a pas su exercer sa force, et s’est perdu dans un 22 combat stérile face aux grandes organisations internationales et qui n’a jamais su rentrer dans le champ politique. » Le film situe le « principe espérance » en Amérique du Sud, continent des avancées sérieuses qui remettent en cause la logique du système capitaliste. « Pour le vieux continent, ça a toujours été un eldorado idéologique. Le pays des révolutions, Allende, Cuba. mais c’est aussi le continent des dictatures, de l’ultralibéralisme. Aujourd’hui, c’est l’endroit où une gauche renaît. Avec des exemples très différents : Chavez, Bachelet, Correa ou Lula. » en europe, qui peut espérer un « retour des caravelles », la gauche reprend des couleurs depuis quelque temps, se reforme idéologiquement, et se réinstalle comme possibilité « Tout concourt pour que les forces idéologiques et le mouvement social débutent une vraie réflexion sur la nécessité de sortir du système libérale suite à la crise de 2008. C’est dans la crise que les idéaux de gauche se révèlent. ». en attendant l’après droite. Aurélien Ber thier Après la gauche De Jérémy for ni, Geoffroy fauquier et Gaël Bizien 2010, Cie des Phares et Balises, Chevaldeuxtrois Avec : Christophe Aguiton (Chercheur et syndicaliste), rober t Castel (Sociologue), Ch rist ian Cor ouge (ouvrier, sociologue, ancien du groupe medvekine), Sus an G eorge (essayiste et militante altermondialiste), eric Hazan (editeur -La fabrique- et essayiste), françois Houtar t (Prêtre et sociologue), Alber t Jacquard (Généticien et militant au Droit au logement), Lionel Jospin (Ancien Premier ministre), Ar mand mattelar t (Sociologue), Antonio negri (Philosophe), ed wy Pl enel (Journaliste, ancien directeur du monde, fondateur de mediapart), B er n ard Sti egler (Philosophe), Jean Ziegler (Ancien rapporteur à l’onU). De nombreux extraits des entretiens sont disponibles en ligne : www.apreslagauche.com
L’art commercial est enfant de bohème 23 à bas la Culture A l’idiot, toujours sûr de lui, de ses opinions et de ses goûts, pris d’un petit rire moqueur à la vue de ce tableau qui a pourtant tout son sens dans votre intérieur, vous pouvez expliquer certaines choses... Tout d’abord, que l’original de ce tableau reproduit ici par un procédé d’impression industriel, est l’œuvre hyperréaliste d’un peintre oublié qu’on appelait Torino, œuvre datée du milieu des années 60, représentant maria Yañez Garcia, star du music-hall espagnol, morte à l’âge de cent ans en 2001, mieux connue (mais pas chez nous) sous le nom de La Bella Dorita. ensuite, que le peintre a choisi d’incarner la chanteuse en gitane d’espagne. Que les gitanes de Torino connaîtront d’ailleurs un certain succès à cette époque, mais moins toutefois que les femmes dénudées de Lynch ou les Chinoises habillées de Tretchikoff (tapez dans Google images, vous verrez). Ajoutez d’emblée qu’il s’agit bel et bien d’une œuvre d’art commercial, expression désignant « les peintures et sculptures non reconnues par le marché de l’art contemporain et/ou servant à la production de posters. » (Hervé Di rosa, l’Art modeste, Hoëbeke, 2007). Que les artistes comme Torino, producteurs d’images et non de sens, cherchent à gagner leur vie sans chercher à marquer l’histoire de l’art. et qu’à l’occasion, cela fait du bien de se foutre de l’histoire de l’art et de se laisser guider par son instinct. Qu’en matière d’instinct, les gitanes espagnoles sont expertes. Que la plus célèbre d’entre elles, Carmen, est née sous la plume de Prosper mérimée en 1845. Que « sa peau, d’ailleurs parfaitement unie, approchait fort de la teinte du cuivre. » Que « ses yeux étaient obliques mais admirablement fendus ; ses lèvres un peu fortes, mais bien dessinées et laissant voir des dents plus blanches que des amandes sans leur peau (folio, p.60). » rappelez que Carmen accéda à la postérité grâce à l’opéracomique de Georges Bizet (1875), qu’elle y perdit certes un peu de tempérament (relisez mérimée, y a pas photo) mais que nous savons tous depuis lors que l’amour est enfant de bohème. rappelez aussi que par les temps qui courent, on préfère ne plus accrocher chez soi des tableaux représentants roms, gitans ou tziganes. Que la bohème s’est embourgeoisée mais que, malgré tout, certaines femmes continuent à faire perdre la tête aux hommes et c’est très bien ainsi. Précisez que tout est dans tout, définitivement. C’est pour cela qu’on aime aussi, beaucoup, les poupées russes. et qu’on vous en reparlera, à l’occasion. Parce même les choses les plus futiles ont une histoire à raconter. Qu’enfin, comme disait marcel (Duchamp), le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût. et si après tout ça, l’idiot rit toujours, tuez-le ! Denis Dar gent



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