Agir Par la Culture n°25 jan/fév/mar 2011
Agir Par la Culture n°25 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 1,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... contre vents et mainstream ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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découvertes En Belgique comme en France, le débat fiscal est enfin relancé et l’on se pose la question non pas de taxer plus, mais bien de taxer mieux. Les économistes Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez ont publié un véritable manifeste intitulé Pour une révolution fiscale. Ils se basent sur une étude et des outils de calcul puissants, un large échantillon représentatif de l’ensemble des contribuables a été modélisé, qu’ils mettent à disposition du public via le site www.revolution-fiscale.fr. On peut s’y rendre compte de l’injustice du système fiscal français actuel, largement régressif : les bas et moyens revenus payent proportionnellement plus d’impôts que les hauts revenus, protégés par de nombreuses niches fiscales. Mais on peut surtout tester grandeur nature les réformes possibles en la matière, de gauche comme de droite. Celle que les auteurs prônent, souhaitable à bien des égards, vise à renverser la vapeur en rendant l’impôt de nouveau progressif, équitable et démocratique en l’asseyant sur une assiette plus large et en simplifiant sa récolte : de 2% d’impôt total sur les revenus (du capital et du travail) pris à la source pour un individu gagnant 1100 € brut par mois à 60% pour ceux qui gagnent 100.000 € et plus mensuellement. Il s’agirait ainsi de faire payer proportionnellement plus les plus hauts revenus et moins les moyens et basrevenus. Des idées à prendre pour améliorer notre système et lutter contre les inégalités ? Aurélien Berthier À voir aussi : Pour une révolution fiscale, Un impôt sur le r evenu pour le XXe sièc le Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez Le Seuil, La République des Idées 2011 ESSAI/ECONOMIE La Grande Régression Jacques Généreux Seuil, 2010 Professeur à Sciences Po Paris, économiste longtemps attaché au PS français et désormais au Parti de Gauche, Jacques Généreux sort une nouvelle contribution après la Dissociété et Le socialisme néomoderne. La « Grande régression », c’est ce processus formidable qui a vu l’optique de progrès de l’Après-guerre (« Nous vivrons mieux que nos parents ») se transformer en tendance totalement inverse, en un 34 monde où règne l’insécurité à tous les niveaux de l’existence et où sont méthodiquement déconstruits tous les liens sociaux. L’idéologie néolibérale (ou « marchéistes » comme l’indique Généreux, tellement elle s’éloigne même des préceptes libéraux traditionnels) cherche à nous faire adhérer à cette décadence écologique, sociale, morale et politique en la faisant passer pour naturelle et sans alternative. Si l’auteur traite des crises à répétition, élément constitutif du capitalisme, c’est aussi pour rappeler qu’elles ne sont qu’un des avatars d’un mouvement régressif plus large de profondes mutations culturelles. Ainsi, le marchéisme nous a conduit à un culte fou du marché où sont survalorisés consumérisme -y compris celui le plus destructeur pour l’écosystème- et prédation économique. Les applications de cette idéologie ont créés violences et désordres sociaux qui à leur tour renforcent la peur de l’autre et génèrent politiques liberticides et replis nationaliste ou communautaires. Écrit avec grande clarté, la « Grande Régression » ne sombre jamais dans le pessimisme qui stérilise l’action. Il rappelle au contraire toutes les solutions de gauche pour en sortir, connues, concrètes et à porté de main car toutà-fait réalisable dans le cadre d’une législature démocratique. Reste à élaborer le moment de cette grande transformation démocratique, une Renaissance sociale et socialiste nous sortant de la « dissociété de marché » du Moyen Âge néolibéral. Mais, devra-t-on attendre pour cela l’effondrement total de ce système en constante fuite en avant ? (AB) Guer6ux I-aCrande Régiessi on ht tp://gener eux.info ESSAI/SOCIO Les métamorphoses du monde associatif Matthieu Hély PUF, 2009 Bay 1.e6 11IIIICIfr1154 du mnnd v ssscl{i.titi { Les secteurs associatifs français et belge ne sont pas en tous points comparables mais néanmoins suffisamment proches pour que cette étude de terrain du sociologue français Matthieu Hély puisse nous servir à faire le point en cette Année européenne du Volontariat. En croissance constante, désormais institutionnalisé et articulé avec le monde « à but lucratif », le monde associatif est devenu un « véritable marché du travail » qu’on continue pourtant à se représenter comme lieu où s’exercent bénévolat et « don de soi ». Au travers d’une analyse des mutations de l’État et de sa fonction publique, l’auteur montre comment ont été confiées au secteur associatif des tâches dont il s’occupait auparavant, les salariés de l’associatif se retrouvant alors pour beaucoup aux anciens postes des fonctionnaires (paye et reconnaissance en moins). L’émergence de cette nouvelle fraction du salariat, les travailleurs associatifs, est venu brouiller la frontière traditionnelle entre secteurs public et privé. Ce qui permet à l’auteur d’interroger les catégories classiques du « travail » au travers des tensions qui les traversent (marchand/non-marchand, bénévolat/salariat). Les paradoxes propres à cet univers ne sont pas éludés. Car l’associatif peut aussi permettre de « donner une âme au capitalisme » et,
peu à peu, en délégitimant l’action de l’Etat social, de substituer une action privée à une action publique d’envergure et de développer toute une idéologie d’un capitalisme « éthique ». L’enquête traite également de l’emploi en association où se mêlent bénévolat et salariat, militance et tâches rémunérées et où « don de soi » et « déni le travail » sont utilisés dans le but d’obtenir un surinvestissement des employés, du reste particulièrement précarisés et peu revendicatifs quant aux dégradations de leur conditions de travail. Il semble en effet très mal vu de défendre son intérêt, même légitimes, dans une organisation visant l’intérêt général ou la solidarité. Signalons à cet égard que ce livre a été l’un des points d’appui à la récente naissance du premier syndicat des salariés des associations, ASSO, qui tente justement d’inciter les travailleurs d’organisations qui œuvrent pour le droit des autres à revendiquer leurs droits légitimes. (AB) h t t p : //m a t t h i eu. h e l y. p e r so. s fr. f ht tp://syndicat-asso.fr/ESSAI/SOCIO/EDUCATION POPU- LAIRE Education populair e et puissance d’agir, les processus culturels de l’émancipation Christian MAUREL pupultni.ei putissairpre chsgir -.- PCP 1i.101‘ L’Harmattan, Coll. Le travail social, 2010 L’éducation populaire ? « Ils n’en ont pas voulu ! » dénonçait fort justement Franck Lepage dans sa conférence gesticulée. « Il faut se la réapproprier ! » revendique l’analyse pertinente que nous propose le sociologue Christian Maurel dans ce récent ouvrage. À partir d’une définition forte de l’éducation populaire, conçue comme « dimension culturelle du mouvement social qui transforme une puissance de soumission en une puissance d’action », l’auteur situe son actualité au cœur des crises économique, sociale écologique et politique entraînant à la fois des prises de conscience qui invitent à changer le monde et des sentiments d’impuissance qui incitent à ne pas s’y engager. En rappelant fort pertinemment que l’action culturelle, pas plus que l’action sociale ou politique, n’est pas nécessairement émancipatrice, l’auteur met à jour les contradictions qui traversent les pratiques de l’éducation populaire en France. Il nous invite à vivre l’éducation populaire comme « praxis qui transforme les individus et les rapports sociaux tout en produisant l’intelligence de ces transformations. » Il précise ainsi de nouveaux défis, qu’il s’agisse de la dimension solidaire de l’économie sociale ou de la dynamique collective rendue possible par le développement des réseaux sociaux virtuels. La lecture des récents évènements, tant en Belgique qu’en Tunisie ou en Égypte, semble illustrer son propos. L’enjeu de transformation sociale suppose un travail « trans-champ » qui nous impose de faire conflit sur les contradictions. Cette praxis suppose évidemment d’accepter de remettre en question nos pratiques habituelles et consensuelles visant nos publics, nos organisations et nos modes d’action : l’éducation populaire n’est plus toujours là où on l’attend... mais c’est précisément cela qui permet sa puissance d’agir. Jean-Luc Degée POLAR Jusqu’à ce que mor t s’ensuive Roger Martin Le Cherche-midi, 2008 découvertes Un roman policier exceptionnel qui met en scène un jeune afro-américain, refusé dans l’armée des États-Unis, et qui part à la recherche de la vérité sur la condamnation à mort de son grand-père lors du débarquement en Normandie en 1944. On y croise Barack Obama, encore sénateur, la ségrégation raciale jusqu’aux plages face aux nazis, les difficultés de l’intégration et de la discrimination positive chère aux Anglo-saxons. Palpitant, douloureux, instructif. De la grande littérature. Jean Cornil ROMAN Mangez-le si vous le voulez Jean Teulé Julliard, 2009 JP ni'Teti I e' ! - lii% AID, Vutilvdt 10V4fiffilr L’histoire incroyable, et véridique, d’un jeune français, dévoré par les habitants de son village le 16 août 1870. Ce mardi-là, Alain de Moneys arrive en début d’après-midi à la foire du bourg voisin. Quelques heures après, il est torturé, brûlé vif et mangé par ses concitoyens. Sur fond de guerre entre la France et la Prusse, une entomologie de la barbarie ordinaire qui peut nous conduire tous au pire. Saisissant. (JC) BD Une vie chinoise Philippe Ôtiê et Li Kunwu (3 volumes) Kana, 2009-2010 Une impressionnante fresque en trois tomes sur l’histoire autobiographique d’un jeune chinois de Mao à aujourd’hui. Li Kunwu a d’abord été 35



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