Agir Par la Culture n°25 jan/fév/mar 2011
Agir Par la Culture n°25 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 1,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... contre vents et mainstream ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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internet ACTH ACTH stockage et plus généralement tout matériel électronique contenant potentiellement des œuvres obtenues en infraction aux droits d’auteur. De par leur absence de discernement et leur caractère excessif, de telles mesures mettent à mal des notions aussi fondamentales que la présomption d’innocence et le droit à la vie privée. Elles pavent la route à toute sorte d’abus, à la fois par les différentes industries intéressées, mais également par des gouvernements peu soucieux des droits de leurs opposants politiques. L E PARL EMENT EUR OP ÉEN FACE A L’ACTA Plusieurs problèmes majeurs posés par l’ACTA ont attiré l’attention du Parlement européen. En voici une liste non exhaustive : En confiant à des sociétés privées la possibilité de bloquer ou supprimer toute publication Internet sans procédure judiciaire préalable, l’ACTA menace directement la liberté d’expression et la présomption d’innocence. Il ouvre la porte à des dérives telles que de la censure ; L’accord souhaite créer de nouvelles sanctions pénales sans la moindre évaluation préliminaire des risques économiques et d’innovation relatifs à la contrefaçon. Or, les analyses en la matière sont loin d’être unanimes sur les effets supposés de ce phénomène. Récemment, une étude cofinancée par l’Union européenne a affirmé que la contrefaçon de produits de luxe bénéficiait à la fois aux consommateurs et aux marques contrefaites. Par ailleurs, chacun est en droit de se demander s’il est légitime qu’un « accord commercial » puisse établir des sanctions pénales… L’ACTA considère que les fournisseurs de services Internet devraient être tenus responsables des données qu’ils transmettent ou hébergent et qu’ils devraient par conséquent 26 surveiller et filtrer systématiquement toutes les données envoyées par leurs utilisateurs. Cela reviendrait à obliger les facteurs à lire tout le courrier qu’ils transportent afin de ne pas être condamnés si l’un de leurs clients envoyait une lettre répréhensible ; En favorisant des procédures intrusives (fouilles aux frontières) et en incitant à la surveillance généralisée du réseau Internet, l’accord fait évidemment peser d’importantes menaces sur le droit à la vie privée et le secret des correspondances. Il est par ailleurs intéressant de souligner que plusieurs agences de renseignement ont émis des objections envers une telle surveillance. Elles craignent que les citoyens mettent en œuvre une surenchère de moyens cryptographiques afin de rétablir l’anonymat de leur correspondance si des moyens de filtrage ou de surveillance devaient être mis en place. Afin de répondre directement à ces importantes menaces, quatre eurodéputés issus de diverses tendances politiques ont déposé une déclaration écrite demandant à ce que l’ACTA soit adapté pour mettre fin à ces problèmes. Ils rappelaient également que la Commission a l’obligation de fournir au Parlement tous les documents de négociation. Adoptée à la majorité absolue, cette déclaration est devenue le 9 septembre 2010 une position officielle du Parlement européen. Ni la Commission européenne ni les négociateurs de l’ACTA n’ont tenu compte de cette déclaration, confirmant ainsi le profond mépris des instances démocratiques dont ils n’ont cessé de faire preuve tout au long des négociations. Q U ELLE TRA NS MISSION D U SAVOIR VOULONS-NOUS ? Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation semblable à celle d’il y a six siècles. Il n’est désormais plus question d’encre ou de papier, mais bien de données numériques, de flux, de connaissance s’échangeant à travers toute la planète. En une décennie, Internet a refaçonné les échanges mondiaux, rapprochant les civilisations, et favorisant les échanges tant matériels qu’immatériels. Pour la première fois de son histoire, l’humanité entière échange, partage, s’informe sans frontières ni océans. Les gouvernements, comme les industries, ont été pris de court. Nous nous trouvons à l’heure d’un choix capital. Comment voulons-nous désormais transmettre notre savoir ? De la réponse à cette question aboutira la société de demain. Texte écrit par un collectif de membres de la NURPA Ce texte est la version réduite d’une analyse plus développée consultable en ligne ici : h t t p : //www.p a c - g.be/docs/analyses2010/analyse_16.pdf La NURPA ou Net Users’Rights Protection Association est un groupement citoyen belge dédié à la défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. Elle promeut la vision d’un Internet neutre, libre, accessible et vecteur de progrès, fidèle aux valeurs qui ont présidé au développement de ce réseau au formidable potentiel. À ce titre, elle intervient notamment dans les débats touchant à la liberté d’expression, à la neutralité du Net, au droit d’auteur ou encore au respect de la vie privée. www.nurpa.be
laurette onkelinx : LA BELGIQUE, C’EST « L’OISEAU BLEU » DE MAETERLINCK ! Laurette Onkelinx est une femme engagée. Vice-Première Ministre et Ministre des Affaires sociales. Elle est depuis longtemps sur tous les fronts politiques. Rencontre un peu décalée sur les inspirations culturelles d’une grande dame de la politique belge. La culture, l’art, l’esthétique, est-ce un moment de détente pour toi ou bien est-ce aussi une inspir ation qui t’aide dans ton combat politique ? Cela a été même presque plus que cela. Cela a été au commencement de tout ce qui a fait de moi ce que je suis à l’heure actuelle. Je l’ai souvent dit, je viens d’un milieu très modeste et je me souviens que le contact avec la culture a été pour moi essentiel. Je suis la seule à avoir fait des études universitaires dans ma famille. Ce n’est pas un milieu qui amenait naturellement vers la culture. Je me dois de dire ce que je dois, notamment aux livres. Un roman Nina Berberova ? i I Avant Nina Berberova. Je lis toujours beaucoup et tout le temps, mais il y a des livres qui ont été des moments-clés de mon existence. Lesquels ? Quand j’étais très jeune, Molière, bizarrement. Molière parce que c’était une découverte inimaginable avec une description de gens qui me sortaient de mon milieu avec des peintures d’individus qui étaient pour moi un choc. J’ai vraiment adoré. Et puis effectivement, à la fin de l’adolescence, je crois que cela a été la découverte de Nina Berberova. Je n’adore pas les romans que je trouve assez noirs avec des peintures assez sombres. Par contre, c’est son autobiographie « C’est moi qui souligne », qui est extraordinaire dans la maîtrise d’une vie. Ce sont les choix qu’on fait à titre individuel, sur la maîtrise que l’on doit avoir sur sa propre vie. Cela a été un vrai choc. portrait culturel Véronique Vercheval Et aujourd’hui, qu’est-ce que tu lis tranquillement le dimanche ou entre les conseils des ministres ? Je lis rarement des essais politiques, je suis déjà là-dedans toute la journée et j’ai besoin d’un peu de recul. Je viens de terminer un livre « La Dolce Vita » de Simonetta Greggio, sur l’Italie de 1959 à 1979. Je le recommande. C’est exceptionnel et il donne toute une série de clés pour comprendre Berlusconi et l’Italie d’aujourd’hui. Simonetta Greggio est une journaliste. Elle prend des extraits de films, notamment de la Dolce Vita, elle parle de Pasolini, de la loge P2, de tout ce qui a bouleversé l’Italie. C’est vraiment très intéressant. Mais avant cela, j’ai eu une période un peu particulière. Dans le Nouvel Observateur d’il y a quelques mois, on parlait des génies contemporains et dans ces génies on parlait de Jacqueline de Romilly qui est décédée il y a peu. J’ai donc eu ma période grecque pendant trois mois. C’est inimaginable et en même temps, 27



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