Agir Par la Culture n°21 jan/fév/mar 2010
Agir Par la Culture n°21 jan/fév/mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jan/fév/mar 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Présence et Action Culturelles

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : écrivains publics... donne-moi les mots.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ATELIER C’EST éCRIT Textes sur le thème de la Semaine de la langue fr ançaise en fête « Des mots, des fils… Des mots défilent », mar s 2010. Illustrés par les étudiants de l’Académie des Beaux-Ar ts de Tour nai sous la dir ection de Fabienne Foucar t : Je suis un inconnu, j’ai trente ans et je vis sur le fil du rasoir, atteint du sida. Au fil des années, mon corps est devenu filiforme, et je me suis mis à philosopher. Lorsque je respire, j’ai comme l’impression que mon corps est coupé par du fil de fer, et même si je suis mince comme un fil, je ne veux en aucune manière avoir de l’amertume. Je pense avoir vécu ma vie comme un philanthrope. Si seulement, cette machine de filtrage pouvait arrêter les ravages ! Je n’ai même pas une personne à qui je pourrais passer un coup de fil ! Pourtant, j’aimerais tellement finir ma vie à Philadelphie et être enterré sur les rives du Mississipi. A un ami. Sébastien, prison de Tournai (EP Wallonie Picarde) 10 File amant sans foi Détricote ma passion Fil à fil, tant pis. Jasmine, atelier « C’est écrit » (EP WP) Si j’étais un fil, je filerais là où je ne peux pas passer, surtout vers la liberté. Et dans les endroits où il y a des grosses têtes corrompues pour les faire tomber. Florian, atelier prison de Tournai (EP WP) Le « fil d’hibou » sert à voler. On le trouve dans la forêt. Il a une forme de hibou, Il est grand et léger. Comment ça fonctionne ? Avec une corde et un hibou ! Elisa, 8 ans – Atelier « Ecrilibre » (EP WP) Les « stafilous dorés à la coque » sont des mouillettes grillées aux œufs d’or à la coque. Caroline, atelier « C’est écrit » (EP WP) A ttente T entation de l’écriture E nvolée vers tous les univers L atence, recherche des mots, des phrases pour dire quelque chose Impatience d’écouter les autres lire leurs trouvailles E nvie d’exprimer le plus profond de soi R endez-vous du bonheur Thérèse, atelier « C’est écrit » (EP WP) Pologne, environs de Varsovie, hiver 1812 : tout est blanc. Les collines et les plaines. La mélancolie couvre le vaste horizon. Un point sombre se dessine entre deux arbres endormis à la sève tarie. Je le fixe, et il grossit. Ami ou ennemi ? La troïka se précise, son conducteur aussi. Il passe presque à mes pieds, la moustache blanchie. Mais que transporte-t-il, accablé et transi ? Oh ! Sombre redingote par la neige assaillie, Quel corps recouvres-tu et quel esprit maudit ? Celui d’un grand Empereur chassé de la Russie, Laissant derrière lui trois cent mille cadavres par la neige enfouis. Présomption, orgueil et vanité honnis. Freddy, atelier « C’est écrit » (EP WP) Je me présente, Jean-Louis, 54 ans J'exerce le nouveau métier de graplasteur depuis un peu plus de 10 ans et je vous envoie cette lettre, cher confrère, car j'ai décidé de partir en préretraite. Je me permets de vous écrire car j'ai eu vent de vos grandes qualités en tant que médecin. Je dispose donc d'un hyper-cabinet situé rue Royale à Tournai, avec une très grande clientèle (Merci Mc do) mais je dois aussi reconnaître que les journées ne sont pas toujours faciles, et parfois même très longues. Mais qu'est-ce que ça rapporte !!! ! : mini investissements, maxi rendements. Et en bonus, j'ai réussi à trouver un super système en collaboration avec la friterie située juste en bas du cabinet qui me rachète chaque jour le stock en fin de journée et ce pour un prix plus qu'attractif. Cher confrère, j'espère que cette lettre vous encouragera à me recontacter. B, Graplasteur P.S : Je pense qu'il faudra racheter un nouvel aspirateur car le mien est complètement bouché… Br uno, atelier « C’est écrit » (EP WP)
charleroi « NOUS ETIONS PRISONNIERS DU CAIRE » Janvier 2010, MohamedMoussaoui est en Egypte, tentant, avec des centaines d’autres, de rejoindre le sol palestinien. Mais la marche internationale programmée tour ne court. Les Egyptiens font blocage. Ingénieur en infor matique et écriv ain public membre du réseau PAC de Char leroi, Moham ed témoigne de ses espoir s et de ses fr ustrations… Tous les jours, on nous montre des héros faire des choses exceptionnelles. Ils répondent à l’appel de détresse de la veuve et de l’orphelin. Ils sont forts et peu banals, et ils ont des pouvoirs comme personne. Mais sachez qu’il n’en est rien ! Chaque être humain, touché au plus profond de son cœur par certaines injustices peut, à son niveau, faire des actions qui le rendent lui aussi exceptionnel. Nous étions très ordinaires dans notre quotidien et la seule chose que nous partagions était la cause palestinienne. Nous voulions le prouver avec cette marche pacifiste pour Gaza. Un an après les événements qui ont coûté la vie à plus de mille cinq cents victimes, nous souhaitions rappeler au monde cette atrocité. Plus de 1400 personnes venues des quatre coins de la planète se sont retrouvées au Caire dans le seul but de rejoindre Gaza à la veille du Nouvel-an. Mais l’ordre était donné et personne n’était autorisé à franchir la frontière égyptienne en direction de la bande de Gaza. Nous manifestions comme nous pouvions notre mécontentement tout en négociant régulièrement un nouvel accord de passage. En vain… Ayant suivi la formation d’écrivain public, j’ai pu mettre en pratique certains concepts appris, notamment la nécessité de trouver des propositions de changements. Nous devions tout d’abord marquer par différents moyens notre désapprobation face à la décision de l’Etat égyptien et convaincre notre entourage du bien-fondé de notre combat en faveur d’un peuple injustement maltraité. Voilà pourquoi certains ont choisi d’escalader la pyramide de Gizeh pour déployer le drapeau palestinien. D’autres ont manifesté devant le musée du Caire, l’ambassade d’Israël, le syndicat des journalistes ou encore la grande Mosquée d’Al Azhar. Tous, sans exception, exprimaient comme ils le pouvaient leur désir de fouler le sol Palestinien. Bien que notre détermination fût relayée par les médias aux quatre coins du monde, les ordres ne changeaient pas. Nous ne voulions pas en rester là. Nous décidâmes de traverser, et cela avec une volonté sans faille, tous ces barrages qui faisaient obstacle à notre objectif. Presque quotidiennement, nous tentions d’arriver à la ville frontalière de Leriche. L’Etat égyptien avait bien entendu prévu cette situation et avait redoublé les effectifs pour faire face à nos tentatives. Nous étions prisonniers du Caire et toute initiative de sortie était automatiquement refoulée. Nous dûmes jongler avec les itinéraires, devant sans cesse contourner les check point. Nous sommes passés par Port Saïd où nous voulions traverser le canal de Suez par Qantara en bateau durant la nuit. Mais un barrage au bord de canal nous a surpris… Tout de suite, nous refaisions une nouvelle tentative par le pont où une nouvelle fois, à l’aube, nous nous sommes faits surprendre et refouler dans un hôtel. Nous avons également essayé par Taba où nous pouvions emprunter la route en direction de Rafah. Malheureusement, personne ne voulu prendre le risque de nous conduire par ce trajet militarisé et formellement interdit aux non égyptiens. Nous avons fini par prendre la direction d’Ismaïlia et bien qu’il ne restait que quelques heures pour y arriver, la consigne était passée partout et personne ne pouvait conduire un quelconque touriste à la frontière… La date de retour arriva ; certains d’entre nous se contentèrent de pousser jusqu’en Cisjordanie. Tristement, nous allions prendre le trajet de retour, emportant en nous la défaite de ne pas avoir simplement conversé avec les victimes d’un embargo sans cesse croissant. Une million et demi de personnes privées de denrées alimentaires et vivant quotidiennement le fardeau de cet embargo. Bien que nous continuions notre vie banale, nos actions étaient devenues exceptionnelles. Nous nous sommes consolés avec les souvenirs de nos actions qui, quelques fois furent périlleuses mais jamais inutiles. Il est important que tout citoyen comprenne - et cela qu’importe la cause qu’il défend -, qu’il peut être un acteur décisif dans une quête juste. Nous sommes tous porteurs d’un rôle dans la société de demain. MohamedMoussaoui (EP Char ler oi) bruxelles Les écrivains débutent à peine mais sont déjà riches de l’expérience de leur for mation et prêtes à s’engager dans un projet collectif. Elles pensent à une roulotte qui se déplacer ait des Marolles à la place Jour dan, elles veulent pousser les por tes des prisons de St Gilles et Forest, être aussi là où on ne les attend pas. APPRENDRE à DEvENIR « éCRIvAIN PUBLIC » Écrivain public. Expression étrange. Composée de deux termes contradictoires, si l’on s’accorde à penser que l’activité d’un écrivain a pour caractéristique principale d’être solitaire. Expression un peu magique, teintée de solidarité, d’action sociale… pour moi du moins. Mais sans doute avions-nous tous une idée plus ou moins précise, plus ou moins juste, et plus ou moins forgée de bonnes intentions en nous inscrivant à cette formation qui se déroulait à Bruxelles durant les mois d’octobre et novembre 2009. Et sans doute étions-nous solidement motivés par la perspective de tous ces modules prometteurs… Pour ma part, ma motivation de départ était tout de même accompagnée de la crainte de ne pas tenir le coup, entre mon job à mi-temps, quelques heures de cours du soir à donner et ma famille à gérer ! Une fois la formation commencée, cependant, cette motivation ne pouvait que se renforcer au fur et à mesure des modules réellement enthousiasmants. À titre personnel, j’épingle ceux qui m’ont le plus marquée : « L’écriture comme enjeu culturel dans l’espace public », « Ateliers d’écriture », « Illettrisme et spécificités de l’alphabétisation », « Écoute active », « Articulation des temps entre les hommes et les femmes ». Certaines journées requéraient notre participation (très) active, quand d’autres exigeaient une écoute sans faille, digne des anciens étudiants que nous fûmes… Un petit mot sur le groupe, puisque, comme cela avait été annoncé au départ, une réelle dynamique s’y est installée : ce groupe s’est vraiment soudé, en témoigne aussi le plaisir que nous avons à nous revoir lors des demi-journées de formation continue, organisées une fois par mois depuis la fin de la formation de base. Marie-Pier r e Jadin (EP Bruxelles) DE L’éCOUTE AvANT TOUTE ChOSE… Le début de mon stage semblait s’échapper d’un rêve qui tournerait mal : à l’adresse que l’on m’avait indiquée, il n’y avait qu’une façade anonyme ; et, au bout du portable, mon « maître » de stage m’assurait y être. Le quiproquo éclairci, il m’a expliqué le fonctionnement de ses permanences à l’asblSanté Nord-Sud. Très vite, une jeune fille s’y est présentée, suivie d’un homme. Tous deux venaient pour des raisons personnelles et atypiques. Chez l’un et l’autre, m’ont surtout frappé leur désir d’être compris et le soulagement lorsqu’ils constataient que c’était le cas. La première était étrangère et manquait d’assurance ; le deuxième avait vécu des évènements difficiles et désirait en dresser un tableau fidèle pour permettre à son avocat de lire sa lettre au tribunal. Bien entendu, il ne s’agissait pas, pour nous, de prendre parti mais d’écouter et de transcrire son histoire de la manière la plus proche de ses mots, même s’il les utilisait parfois avec un certain décalage. Amélie Schmitz (EP Bruxelles) 11



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