Action Armes & Tir n°295 février 2006
Action Armes & Tir n°295 février 2006
  • Prix facial : 5,95 €

  • Parution : n°295 de février 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Régi'Arm

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 42,2 Mo

  • Dans ce numéro : armes de police... le nouvel AR 15 de la D.E.A., le Drug Buster !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 52 - 53  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
52 53
Les armes dans l’histoire 52 Comme tant d’autres, j’ai la charge de conserver et transmettre le patrimoine armurier et je voudrais vous conter l’histoire d’un grand tireur et d’un fusil à pompe Remington peu ordinaire. C’était l’époque où l’armurerie était plus qu’une technique, elle était devenue un art. Malheureusement l’arme est apparue au mauvais moment, pendant la grande dépression de 1929. La Seconde Guerre mondiale a fait le reste et la production fut arrêtée en 1949. Les choses avaient changé et aussi les techniques d’usinage pour la fabrication de masse. Le Remington 31 n’a donc été produit qu’à 200 000 exemplaires, ce qui est une grande injustice. Cependant il reste toujours une référence, et la fluidité de son mécanisme à pompe n’a jamais été égalée. J’ai hérité ce fusil de mon père, qui luimême l’avait hérité du frère de sa mère, le Marquis Arnaud de Castelbajac, un « grand fusil » de son époque, passionné d’armes américaines dès son plus jeune âge. Mon père qui lui servait de porte-car- Le fusil à pompe Remington nier puis de chargeur entre les deux guerres lui portait une grande admiration pour son adresse stupéfiante au tir, que ce soit aux armes de poing ou au fusil. Il m’a souvent raconté qu’invité à la chasse au château d’Esclimont, près d’Ablis, l’oncle abattait net cinq perdreaux en cinq coups, trois devant et deux derrière et mon père ne se souvenait pas l’avoir vu rater un oiseau ! Le tableau en fin de journée était d’environ mille perdreaux. Dans les années soixante, j’ai eu un jour la chance de rencontrer son ancien garde-chasse, Monsieur Besnard. Il nous accompagnait, mon père et moi, à la chasse dans la propriété de l’oncle, située près de Bazouges sur Loir. mod. 31 Au cours de cette rencontre, je lui posai la question qui me brûlait les lèvres depuis très longtemps : « Monsieur Besnard, est il vrai que l’oncle Castelbajac ne ratait jamais ? « Monsieur Charles-Henri, me répondit il avec un petit sourire malicieux, ce n’est pas tout à fait vrai. En quatorze ans de services, je l’ai vu quand même rater une fois ! » « Comment est ce possible ? » « Un soir, à la tombée de la nuit et à contre-jour, un râle de genêts s’est envolé au ras du sol. Votre oncle l’a confondu avec un perdreau et il a tiré devant. Mais, rassurez vous, au deuxième coup l’oiseau est tombé raide ! » En juillet 1940, mon père récemment démobilisé et de retour à Paris, persuada son oncle de ne pas déposer le fusil à la mairie de son arrondissement, comme exigé par l’occupant, mais de le lui confier, afin de l’emporter au château de Caumont, vieille demeure des Castelbajac, situé dans le Gers, en « zone libre ». Le fusil fut démonté, enfilé dans un polochon, mis dans une valise enregistrée en « bagage accompagné » de Paris
Vue du système de verrouillage de la culasse. à Toulouse, car mon père avait appris qu’au franchissement de la ligne de démarcation, les Allemands fouillaient les bagages à main, mais pas ceux transportés dans le fourgon à bagages, faute de temps. En Novembre 1942, quand les Allemands envahirent la « zone libre » il fut caché dans une tour, d’où il ne sortit qu’à la Libération, un peu rouillé. J’avais un an en 1947 quand mon oncle est mort, à quatre-vingt ans passés, peu de temps après sa dernière chasse, à laquelle assistait ma mère, qui m’a souvent raconté la scène : Dans la brume d’un frais matin de septembre, en Normandie, il marchait au milieu du rabat, le dos courbé, avançant à petit pas dans un chaume, le Remington tenu dans le dos, à la manière d’un bâton. Tout à coup une compagnie de perdreaux démarre dans un fracas de battement d’ailes et de cris. Avant qu’aucun des chasseurs ait eu le temps de réagir, on entendit partir les 5 coups du Remington, comme une rafale de mitrailleuse. Puis, toujours à petit pas, l’oncle ramassa ses cinq oiseaux, tombés raides morts, comme toujours, dans un silence respectueux et admiratif de ses compagnons de chasse. Description générale Fusil à répétition « à pompe » à cinq coups calibre 20, quatre dans le magasin, un dans la chambre. Longueur 1,15 m - Poids : 2,5 kg Toutes les pièces du boîtier, de la culasse et de la platine de détente sont en acier forgé fraisé dans la masse. Le canon est monté sur le boîtier par filetage interrompu, comme une pièce d’artillerie. Ces qualités d’usinage et cette robustesse ont disparu pour toujours. La longuesse porte une seule tringle de manœuvre du côté gauche. Ce fusil est le premier modèle à pompe, à éjection latérale, fabriqué par Remington entre 1931 et 1949, à 196 000 exemplaires environ, dont 121 000 en calibre 12, 500 000 en calibre 16 et 575 000 en calibre 20. Le modèle 31 a été décliné en 22 types et trois modèles : « New improved », « New improved Lightweight », et « Long Range ». Marquages -Sur le dessus du canon : REMINGTON ARMS CO. INC. ILION. N.Y.MADE IN USA. US PATS 1.763.714-1.786.213-1 834.410 OTHERS PENDING IMPORTE DES ETATS UNIS D’AME- RIQUE Sur le boîtier, côté gauche : Remington MODEL 31 Démontage L’arme se démonte sans outil. Démontage du canon : -déverrouiller la culasse en agissant sur le verrou basculant, situé en avant et à droite du pontet ; -manœuvre la longuesse pour amener la culasse en fin de mouvement arrière ; vérifier que la chambre et le magasin soient vides, dévisser le bouton moleté situé à l’extrémité du tube-magasin jusqu’à ce que le pointeau porté par le canon soit sorti du logement porté par le tube-magasin ; tourner le canon d’un quart de tour vers la gauche ; retirer le canon du boîtier en le poussant vers l’avant Démontage de l’ensemble culassepièce de manœuvre. (Ce démontage est particulièrement délicat) : repousser la goupille d’assemblage, Le pontet et le mécanisme de percussion. 53



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 1Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 2-3Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 4-5Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 6-7Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 8-9Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 10-11Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 12-13Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 14-15Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 16-17Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 18-19Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 20-21Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 22-23Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 24-25Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 26-27Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 28-29Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 30-31Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 32-33Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 34-35Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 36-37Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 38-39Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 40-41Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 42-43Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 44-45Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 46-47Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 48-49Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 50-51Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 52-53Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 54-55Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 56-57Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 58-59Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 60-61Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 62-63Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 64-65Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 66-67Action Armes & Tir numéro 295 février 2006 Page 68