à Paris n°70 jun/jui/aoû 2019
à Paris n°70 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Paris

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 4,9 Mo

  • Dans ce numéro : mieux vivre ensemble, les gestes qui comptent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Trottinettes électriques, la bonne attitude Avec l’essor des nouveaux modes de déplacement, les comportements doivent s'adapter afin que chaque usager puisse se sentir en sécurité dans l'espace public. C ela ne vous aura sans doute pas échappé, les nouvelles mobilités, notamment les trottinettes électriques, foisonnent dans la capitale. Si l’on ne peut que s’en réjouir, ces nouveaux usages de l’espace public doivent être régulés pour ne pas nuire au bien-vivre ensemble. Les règles de déplacement sont en fait simples et pourraient se résumer à deux principes  : les piétons sont prioritaires, dans tous les cas, et les trottoirs leur sont réservés. Seule dérogation  : les enfants de moins de 8 ans, qui peuvent y circuler à condition de rouler au pas et prudemment. Une verbalisation actée Face au succès des trottinettes en free floating (en libre-service et sans station), dont on estime le nombre à 15 000 GRAND ANGLE — Les usagers des trottinettes sont désormais priés de circuler sur les pistes cyclables, sous peine d'une verbalisation. actuellement, nombre de piétons sont désorientés lorsqu’ils en croisent une sur le trottoir et risquent l’impact, tant ces engins peuvent être rapides (environ 25 km/h). Sans oublier les personnes non-voyantes ou malvoyantes, pour qui l’arrivée de ces appareils souvent stationnés de manière anarchique est un nouvel écueil à éviter… La Ville a donc pris début avril des mesures concrètes afin de sécuriser et apaiser un espace public en pleine métamorphose. Il s’agit en tout premier lieu de protéger les piétons. Désormais, les utilisateurs de trottinettes électriques empruntant les trottoirs s’exposent, comme tous les deux-roues, et a fortiori comme tout véhicule motorisé, à un procès-verbal. De même, tout stationnement de trottinettes qui gêne la circulation de piétons est verbalisable et 20 — À PARIS ÉTÉ 2019 la Ville procédera à des opérations de mises en fourrière des appareils. Une charte de bonne conduite Le volet répression n’est pas la seule de ces mesures. Parallèlement, le quotidien des « trottineurs » et des piétons sera facilité par la création de zones spécifiques de stationnement pour trottinettes. Près de 2 500 places doivent ainsi être disponibles d’ici la fin de l’année. Le développement de ces places s'avère d'autant plus indispensable qu'un panel de loueurs de trottinettes est en train de se positionner sur ce marché florissant. Afin qu'ils participent eux aussi au remodelage de l’espace public, ces nouveaux acteurs économiques ont signé en mai une charte de bonne conduite avec la municipalité, héritée de celle établie avec les loueurs de voitures et vélos. Une redevance à payer De la même façon, la Ville a décidé l’instauration d’une redevance de 50 à 65 euros par appareil dont doivent s’acquitter la dizaine d'opérateurs de trottinettes en libre-service. Cette contribution permettra non seulement de financer des aménagements pour mieux accueillir ces nouvelles mobilités, mais aussi de mieux réguler une flotte en constante augmentation. En clair, un système gagnant-gagnant. François Grunberg/Ville de Paris
" La diversité des usages génère le respect mutuel " Sonia Lavadinho, géographe, spécialiste des questions de mobilité et des transformations urbaines, accompagne les villes comme Paris, Buenos Aires ou Montréal. Comment relevez le défi de la mobilité et du partage de l’espace public alors que Paris est la ville la plus dense d'Europe ? Dense ou pas, les enjeux du partage de l’espace sont toujours présents. La vraie question est de savoir quelle attitude on adopte. Soit on a une approche notariale, dans laquelle vous dites que vous allez partager en parts plus ou moins égales le gâteau, soit on accepte le principe d’autonomie et on laisse les individus se débrouiller et se partager le gâteau qui leur est offert. Les villes ont généralement une façon notariale de distribuer l’espace, mais qui n’est pas liée à l’usage réel. Exemple  : la part modale de la voiture à Paris est d’environ 17%, mais on voit bien qu’elle occupe beaucoup plus de place. Les piétons et les cyclistes ont l’impression de devoir se partager les miettes du gâteau. C’était un problème avant, et cela va l’être de plus en plus avec l’arrivée de nouveaux modes de déplacements, trottinettes, gyropodes, bientôt robots de livraison, mamies à exosquelettes ! On ne peut pas continuer dans cette logique de partage. Nous n’avons pas assez de « bande passante ». « On ne peut pas avoir de respect quand on n’a pas assez d’espace. C'est inévitable. » GRAND ANGLE — Quelles solutions préconisez-vous ? Il faut remettre à plat la question du gâteau. De combien de mètres carrés dispose-t-on ? Combien de kilomètres de réseaux a-t-on ? On ne peut pas avoir de respect quand on n’a pas assez d’espace. Ce n’est pas une question morale. C’est simplement inévitable. Il faut être généreux dans l’espace et faire confiance aux gens dans leur capacité à gérer celui-ci. Or aujourd’hui, on essaie de caser dans une même rue, un même trottoir, des différentiels de vitesse qui sont trop élevés pour une bonne cohabitation, des marcheurs aux cyclistes, en passant par les joggeurs. Sans parler des immobiles. Peut-on parler de bouleversement majeur de l’espace public ? Oui, il y a depuis quelques années une reconquête de l’espace extérieur. On 21 — À PARIS ÉTÉ 2019 mange dehors, on regarde des matchs de foot dehors, on court dans la rue, etc. Les usages se sont multipliés, le midi, après le travail, le week-end avec ses enfants. Il y a une appétence plus grande dont découlent des enjeux de propreté. À Berne [capitale de la Suisse,ndlr], la municipalité a mis en place une troisième tournée de ramassage des poubelles dans le centre historique. Non pas que les gens étaient sales, mais les poubelles débordaient. La question n’est donc pas celle du respect, mais bien de l’entretien de la ville par rapport à son usage. Le taux de remplissage des poubelles est à ce titre un très bon indicateur du succès d’un espace. In fine, n’est-ce pas le but d’une ville d’offrir le plus d’espace et de temps heureux à ses citoyens ? Et surtout de maintenir de la diversité, de ne pas réserver tel endroit à telle pratique ? Les problèmes naissent quand des lieux ne sont utilisés que par certains groupes. Les endroits laissés libres sont souvent ceux où cela se passe le mieux entre les gens. La diversité des usages génère le respect mutuel. Émilie Chaix/Ville de Paris



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