à Paris n°26 mar/avr/mai 2008
à Paris n°26 mar/avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de mar/avr/mai 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Paris

  • Format : (206 x 264) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 69,3 Mo

  • Dans ce numéro : le Paris des savoirs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
CultureIltire La sélection printanière de la rédaction d'àParis• Venez donc à la maison ! D'un côté, 27000 maisons individuelles sont répertoriées dans Paris. De l'autre côté, la majorité (.•1 &• d'entre nous habite en appartement. Pourtant, nous disons tous "Venez donc à la maison". Pourquoi cette appropriation du mot maison ? Ce livre singulier, illustré d'aquarelles, nous dévoile tout ce qui fait la particularité et le charme des habitations parisiennes avec, en bonus, quelques brasseries, parcs et jardins, pour vivre dehors aussi. L'âme des maisons de Paris, texte de Marie Le Goaziou, illustrations de Lise Herzog. Éd. Ouest France. 120pp. 18 € • Amours improbables Un roman qui va droit au cœur. Ben qui est trisomique tombe amoureux d'Olivia la parisienne qui, elle aussi, porte une différence. Olivia succombe en toute pureté. Et l'amour embellit leurs vies dès le premier instant. Mais, mais le regard des autres, la culpabilité familiale, un tuteur indélicat... œuvrent à les séparer au nom d'une norme castratrice. Heureusement, un instituteur à la retraite comprend qu'il faut les aider. Un regard juste et aimant sur ceux qui sont différents... Pour l'amour d'Olivia, par Catherine Neykov. Éd. Cheminement, 392pp. 20 € • Métamorphose d'un quartier Entre Belleville et Ménilmuche, le quartier des Amandiers a bien changé en cent ans. Ilot insalubre au début du : xxe siècle, il fut détruit autour des années 1955 et remodelé lentement jusqu'en 1970. La rue des Amandiers a fait peau neuve. Que reste-t-il des artisans, des industries typiques autrefois de ce quartier ? Parcours en photos avec une association du quartier. La rue des Amandiers, par Cécile Petitet. Éd. de/ ! Amandier, 95pp. 15 € • Sous les pavés... Le mot français barricade, utilisé dans des dizaines de langues, signifie "émeute urbaine". Il est possible de dater la première barricade du 12 mai 1588... à Paris, quartier Maubert. Anniversaire de mai 68 oblige, arrondissement 32 Il à Paris Il trimestriel printemps 2oo8 par arrondissement, vous trouverez dans ce guide les faits, les traces, les échos universels des révoltes populaires, insurrections dans Paris qui reste la ville la plus rebelle au monde. Guide du Paris rebelle, par Ramon Chao et Ignacio Ramonet. Éd. Plon, 375pp. 24 € • Non, rien de rien... Vous ne regretterez rien de rien avec ce petit livre de photos presque objet de culte. La vie, l'œuvre, les hommes, les chansons, les voyages, les scènes de la petite môme qui reste notre grande Piaf, sont illustrés en noir et blanc. Piaf la môme de Paris, par Marie-Christine Vila. Éd. Parigramme, 176pp. 12 € • Un cycliste qui dérape Paru en 1959, ce roman populaire truculent, est aujourd'hui réédité. L'intrigue et les personnages nous sont rendus familiers grâce à l'argot utilisé dans les dialogues. En même temps, en lecteur d'aujourd'hui on se prend à douter de telle ou telle expression. Mais on se laisse embarquer. Un père, son fils, une triste histoire de vélo et d'appât du gain... Les mauvaises routes, par Pierre Naudin. Réédition Aubéron, 382pp. 23 € • Diaboliquement vôtre Le commissaire Legris mène toujours l'enquête. Nous sommes en 1895 et la chute d'une météorite dans la forêt de Montmorency déchaîne des événements meurtriers sans pareil dans Paris. Quel diable est ce là ? Avis aux fans du libraire enquêteur, ses septièmes aventures sont redoutables. Rendez-vous passage d'enfer, par Claude lzner. Éd. 10-18, 352pp. 8,so € • Les plaisirs de mai 68 Mai 68 reste un formidable creuset de plaisirs dans les mémoires. Révolte, révolution, explosion des schémas, la solidarité et l'imagination étaient sans limite. Petit bouquin salutaire qui s'adresse aux "djeunes". Mai 68 à l'usage des moins de 20 ans, Sois jeune et tais-toi. Préface de J.-F. Narodetzki. Éd. Ba bell, 201pp. 7.50 €.ET AUSSI• + Charonne, chroniques et portraits de jadis et naguère par le Dr Lionel Longueville. Éd. de L ! 4mandier, 199PP 18 € Anecdotes savoureuses d'un médecin de Charonne aux temps des cinémas, des cafésconcerts et des lupanars. + Ces métiers qui donnent l'eau potable aux Parisiens par Fmnçoise Nowa k. Éd. du Pavillon de l'eau, 92pp. 15 € En vente à l'espace Kmjcberg 21, av. du Maine (1 ! 1) Place aux hommes et aux femmes qui, depuis 150 ans, ont rendu le méconnu service public de l'eau pérenne. + Paris avant l'histoire par Elie Berthet. Éd. Les Ardents Editeurs, 2SSpp. 20 € Publié en 1855,le premier roman préhistorique du genre, fut écrit par un feuilletoniste au succès populaire. + La ballade du généraliste par le dodeur Jacques Fmnck. Éd. L'Harmattan, 117pp. 16 € ! : auteur, médecin généraliste à Paris de 1951 à 1991, nous emballe par ses anecdotes piquantes et touchantes. + Quand Paris était un roman par Brigitte Munier. Éd. Les essais, 540pp. 3S € Une invitation à vous promener dans le Paris des romanciers du XIXe siècle. Les romans sont parfois les seuls à conserver le souvenir vivant. + Danse macabre au Moulin rouge par Renée Bonneau. Éd. le Nouveau Monde, 219pp. 18 € ! : inspecteur Berflaut a besoin de Toulouse-Lautrec pour enquêter sur les meurtres horribles des danseuses du Moulin Rouge, en 1895. + Paris en histoires (XVII et XVIII 1• XIX et XX's) par Philippe Kriefed. Éd. Massin, 272pp. 36 € Très beaux livres, illustrés de documents d'archives sur l'histoire de France à Paris. + Rebelles, une histoire du rock alternatif par Rémi Pépin. Éd. Hugo, 320pp. 20 € Des talents parisiens entre autres comme Les Garçons Bouchers, les Rita Mitsouko... + Les Femmes du métro Pompe par Fmnçois-Marie Banier. Éd. Folio, 256pp.s,8o € Rue de la Pompe, les bonnes espagnoles se réunissent... Confidences pimentées !
Sam Braun, passeur d'espoir Infatigable, cet ancien déporté dans les camps d'extermination nazis témoigne, de collège en lycée, de sa foi en l'homme et en la vie. Une formidable leçon d'humanisme et de pardon. "J, ai essayé d'être dans ma vie en accord avec cette phrase de Sartre: "On ne te demande pas ce qu'on t'a fait, mais ce que tu as fait avec ce qu'on t'a fait". Pudique, Sam Braun aime se cacher derrière les philosophes pour expliquer le témoignage très fort qu'il donne depuis des années à des milliers de jeunes. Avec son pull noir à col roulé et son bon sourire de grand-père, on a du mal à imaginer que cet homme de 80 ans, ancien médecin dans le lSe, a vécu l'indicible. Qu'il est un survivant d'Auschwitz. Un titre qui effraie ou impose le respect et que l'on peut choisir de porter comme une décoration, mais pas Sam Braun: "Il n'y a pas de rédemption par la souffrance. Avoir vécu la Shoah ne donne aucune supériorité morale, seulement des devoirs." C'est pourquoi, inlassablement, Sam Braun parle, témoigne de ce qu'il a vécu, de l'incroyable possibilité de barbarie chez "des hommes qui étaient ordinaires, comme vous et moi". Pour que cela ne se reproduise plus, mais surtout, il parle de paix et de pardon. Pardonner l'impardonnable ? "Les nazis voulaient nous déshumaniser. Si j'avais cédé à la haine, je serai devenu comme eux et les bourreaux auraient gagné."• Un temps de maturation Mais avant d'en arriver là, pendant 40 ans, Sam s'est tu. Ce jeune homme de 16 ans envoyé vers une mort certaine, revenu méconnaissable, les atrocités nazies inscrites dans sa mémoire et dans sa chair, il a voulu les oublier.'1e n'ai pas pu parler à ma femme ni à mes enfants, pensant les si elle évolue en projet." Les jeunes et adolescents ne s'y trompent pas: sa conviction que la vie est toujours la plus forte, Sam en témoigne devant des salles combles. "J'essaye de dire aux jeunes qu'ils peuvent agir pour diminuer la soufépargner. C'était une erreur. Je sais maintenant que cela a été un fardeau pour eux. Mais je voulais quitter cet état de victime qui me maintenait dans l'horreur du camp." Ce temps de maturation, c'est ce que Sam Braun appelle le Sam Braun témoigne de l'incroyable possibilité de barbarie chez l'homme ordinaire CC Un jour, un jeune garçon m'a demandé: Eh m'sieur, vous l'avez toujours euh... votre code barre ? " Pour Sam Braun, "la mémoire n'a de valeur que si elle évolue en projet" "travail de mémoire': Celui-ci va bien au-delà du devoir de mémoire qui se réduit à l'événementiel. "Lorsqu'on a vécu l'enfer, il faut que cette expérience soit un enrichissement pour soi et les autres. Comme le philosophe Paul Ricoeur, je pense que la mémoire n'a de valeur que france humaine et ne pas céder à la cruauté qui nous guette tous. Et surtout que la vie est un cadeau inestimable et ne doit pas être gâchée." Les paroles portent, d'autant qu'elles viennent d'un rescapé de la pire des barbaries humaines, mais qui met toujours son espoir en l'avenir des hommes.• Leçon de vie et d'humanité Avec son livre qui vient de sortir et ses années de témoignage, Sam Braun a réussi le tour de force de tirer du non-sens de la Shoah une leçon de vie et d'humanisme. "Souvent je dis aux jeunes que je rencontre ou qui m'écrivent: Ne marchez pas à côté de votre vie. Et quelles que soient les ornières du chemin que vous serez obligés d'emprunter, marchez dans celui-là et arrangez-vous pour que votre vie ne soit pas totalement inutile." Des mots qui prennent tout leur sens dans la bouche de Sam Braun. Car c'est exactement ce qu'il a fait et continue de faire.• Personne ne m'aurait cru, alors je me suis tu, entretien avec Stéphane Guinoiseau, éd. Albin Michel (2008) Le web de Sam Braun: www.sambraun.com trimestriel. printemps 2oo81/à Paris Il 33



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :