à Paris n°20 sep/oct/nov 2006
à Paris n°20 sep/oct/nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de sep/oct/nov 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Paris

  • Format : (210 x 265) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : familles, on vous aide !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CultureIlévénement 28IlàParisIltrimestriel septembre 2006 Cabu croque Paris L’arrivée à la gare de l’Est à 16 ans En venant de Châlons-sur-Marne à l’âge de 16 ans pour travailler comme apprenti, l’arrivée à Paris par la gare de l’Est m’a laissé l’image d’une tranchée, avec le train encaissé autour d’immeubles très hauts. En 1954, les ponts qui enjambent les voies ferrées ressemblent à un décor de Léo Mallet ! La première chambre sur les Champs-Elysées De mon arrivée à 16 ans jusqu’à mon service militaire, quatre ans plus tard, j’habitais dans une chambre de bonne au 8 e étage d’un immeuble haussmannien, rue Beaujon. J’aimais les Champs le matin. Même si ce fut un choc terrible pour moi. Quand tu arrives de province, tu perds tes repères, et sur les Champs, il n’y avait pas de vie de quartier. J’étais apprenti dans un studio de dessin spécialisé dans l’emballage alimentaire installé avenue Georges-V, au-dessus du Crazy Horse Saloon. L’autre moitié de la semaine, j’allais à l’école Estienne et à l’académie Julian, rue de Berry. La rue Choron et le début de Hara Kiri Dans cette petite rue qui donne dans la rue de Maubeuge, pas loin de la gare de l’Est qui m’a accueilli à Paris, j’ai assisté au début du journal Hara Instantanés inédits de Paris-Plage A l’occasion de l’exposition gratuite organisée à l’Hôtel de Ville par la Mairie de Paris, du 21 septembre au 27 janvier, le dessinateur Cabu nous dévoile sa géographie parisienne. Kiri en 1960. C’était un quartier assez sévère. Les locaux se trouvaient au deuxième étage d’un immeuble haussmannien avec un petit balcon. Mais, il y avait là une joyeuse équipe, chacun faisait un peu tout, je réalisais parfois la maquette. J’y suis arrivé au retour de mon service militaire en Algérie. J’ai d’ailleurs baptisé Georges Bernier professeur Choron, du nom de cette rue. De 1968 à 1972, l’équipe s’est installée rue Montholon, où on a lancé Charlie Mensuel. Puis nous sommes passés sur la rive gauche, rue des Trois-Portes, près de Maubert. En 1981, ça a été la fin (provisoire) de Charlie Hebdo, puis en 1983 la mort d’Hara Kiri. Le jazz et Charles Trenet Quand je suis arrivé à Paris, je sortais beaucoup, j’allais dans les music-halls. J’y ai d’ailleurs découvert Charles Trenet. J’allais dans des salles comme l’Alhambra, rue de Malte, qui n’existe plus aujourd’hui.C’est à 16 ans que j’ai vraiment découvert le jazz, en 1954, lors d’une tournée de l’équipe de basket-ball des Harlem Globe Trotters. Entre chaque match, il y avait un chanteur complètement fou, c’était Cab Calloway. Par la suite je suis allé écouter Lionel Hampton à l’Olympia, Count Basie à la Porte de Versailles, Duke Ellington à l’Alhambra…
Saint- Germain des Prés J’habite dans le quartier de Saint- Germain des Près depuis 1975. J’ai toujours voulu y vivre, à cause des clubs de jazz. J’allais souvent au club Saint-Germain. Aujourd’hui c’est une discothèque, mais ça a été un club mythique : Miles Davis y a rencontré Juliette Gréco. Je croisais Marguerite Duras, qui habitait rue Saint-Benoît, il y avait aussi Jean-Paul Sartre. C’est un peu tout ça qui m’a donné envie d’y habiter. Il y avait une droguerie au coin de la rue de Furstenberg. Aujourd’hui malgré la transformation des commerces, ça reste encore un beau quartier avec de belles rues. Il suffit de lever les yeux et de regarder les façades… Le Vel d’Hiv à 12 ans A 12 ans, à Châlons-sur-Marne, j’ai participé à un concours de dessin dans le journal Cœur Vaillant. J’ai gagné le premier prix, un vélo, que je suis venu recevoir au Vel d’Hiv. A cette époque, peu de personnes étaient informées de ce qui s’y était passé en juillet 1942. A mon âge, on n’en parlait pas, il a fallu le film Français si vous saviez. J’y ai fait un tour de piste car on me l’a demandé, mais rétrospectivement ça fait froid dans le dos. En 1964, j’ai illustré un livre qui racontait cette sombre période. BIOGRAPHIE Cabu par Cabu L’expo : du 21 septembre au 27 janvier, tous les jours de 10 h à 19 h (sauf dimanche et fêtes). Salon d’accueil de l’Hôtel de Ville, entrée libre. 29, rue de Rivoli (4 e). Tél. 39 75• le livre de l’expo : Cabu et Paris, dessins de Cabu, textes de Cavanna. Ed. Hoëbeke, 180 p, 29,50 €. Disponible le 14 septembre• un numéro spécial de Connaissance des Arts• l’émission A voix nue sur France Inter Je suis né le 13 janvier 1938 à Châlons-sur-Marne. Je fais mes débuts à l’Union de Reims en 1954 + 27 mois de service militaire, Algérie (1958-1960) + 23 années d’Hara-Kiri (1960-1983) + 12 années à Pilote (1962-1974) + 13 années à Charlie Hebdo (1968-1981) + 24 années au Canard Enchaîné (1982-2006) + 15 années supplémentaires à Charlie Hebdo (1991-2006) Finalement, si j’additionne tout, je suis le nouveau doyen français ! LES MUSEES DE LA VILLE L’atelier de Bourdelle sortirIlCulture Le jardin intérieur et l’atelier conservé en l’état restent délicieusement champêtres. Sans doute parce qu’Antoine Bourdelle est né à Montauban en 1861. Elève aux Beaux-Arts de Toulouse, il arrivera à Paris à 24 ans et passera sa vie dans l’ex-impasse du Maine. Après des classes chez Rodin, dont il sera un intime, il s’impose, dès 1910, voyage en Europe, a pour élèves Giacometti, Richier et prend part à la réalisation du théâtre des Champs-Élysées. « Son » musée verra le jour 20 ans après sa mort, en 1949. Propriété de la Ville de Paris, il est dédié à la sculpture du XX e siècle, mais l’art contemporain y a fait son entrée. Surprendre le visiteur « Il s’agit de promener le visiteur, d’instaurer un dialogue entre des artistes expérimentés et le sculpteur, pour réactualiser le lieu à travers leur regard », explique Juliette Laffon, directrice du musée depuis 2004. C’est le cas de Laurent Pariente, qui remplit actuellement l’espace de ses modules géométriques. Comme vous êtes de plus en plus nombreux à venir le constater, le musée a réussi son pari contemporain. Mais Bourdelle et la sculpture ne sont pas oubliés, avec la publication cette année des souvenirs de Cléo, son épouse, et une rétrospective Bourdelle à Bucarest à l’automne. Une expo Henri Moore est en préparation. L’accès aux collections permanentes, comme dans tous les musées de la Ville, est gratuit (tarif expo temporaire: 4,50 € ). 16, rue Antoine-Bourdelle (15 e). Tél. 01 49 54 73 73. www.bourdelle.paris.fr La construction de Laurent Pariente occupe quatre salles en enfilade trimestriel septembre 2006IlàParisIl29



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