à Paris n°19 jun/jui/aoû 2006
à Paris n°19 jun/jui/aoû 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de jun/jui/aoû 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Paris

  • Format : (210 x 264) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : La culture ça se partage !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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culture lire Histoire, romans, jeux, balades, sport : une sélection estivale Au centre du monde Capitale des arts, de la modernité, de la Révolution, du crime, de la mode, des sciences… Il n’est point de domaine dans lequel Paris n’ait rayonné, attirant intellectuels, artistes et puissants. De manière extrêmement documentée, Patrice Higonnet, professeur à Harvard, montre comment, des Lumières au Surréalisme, l’histoire a engendré le mythe. Aujourd’hui, le mythe est dépassé, mais Paris demeure peut-être la capitale de la nostalgie. Paris capitale du monde, par Patrice Higonnet. Éd. Tallandier, 447 p., 32 €. Et Paris devint capitale Paris doit son nom aux Parisii, première tribu de pêcheurs celtes à s’installer sur l’île de la Cité, à l’époque de Lutèce. Mais il faudra attendre Philippe Auguste et sa célèbre enceinte, à la charnière des XII e et XIII e siècles, pour que Paris gagne architecturalement et démographiquement sa dimension de capitale. Cela n’a pas échappé à John W. Baldwin, spécialiste de la France médiévale, qui s’est limité dans ses sources à la période allant de 1190 à 1210. Un instantané sociologique qui se lit comme un roman. Paris, 1200, par John W. Baldwin. Éd. Aubier, 470 p., 28,50 €. Et Paris devint un gruyère Brillant ingénieur des Ponts et Chaussées, Fulgence Bienvenüe a consacré sa vie à Paris en tant que directeur technique. Si le métro, son chef-d’œuvre, est aujourd’hui une évidence pour des millions d’usagers quotidiens, il fallait à l’époque faire accepter une idée ubuesque et surtout le dérangement causé par les travaux. A l’heure où le métro se robotise, Monique Le Tac dépeint un Paris qu’on éventre à la pioche et dresse le portrait d’un « Père Métro » discret et diplomate. Fulgence Bienvenüe, le père du métro parisien, par Monique Le Tac. Éd. LBM, 160 p., 12,90 €. Attention, danger ! Offrez-vous du temps… pour lire ce gros pavé. Inévitablement vous serez happé et vous ne pourrez plus le lâcher. Suspens, rebondissements et coups de théâtre rythment le fil de la narration qui, à première vue, 32 trimestriel juin 2006 peut sembler désuète, mais qui fonctionne bien avec l’époque de l’intrigue: juste avant la première guerre mondiale. Paris y joue le premier rôle, tandis que la Birmanie et Venise tiennent les seconds, plus effacés. Dans la main du diable, par Anne-Marie Garat. Éd Actes Sud, 906 p., 25 €. Heureux à Paris Le jeune Marc vit l’ère de l’après- Pompidou reclus dans sa chambre de bonne du Sentier. Il aime les livres anciens, les bouquinistes des passages couverts et passe ses journées entre son boulot chez un commissaire-priseur et le bar d’Orgueil, peuplé de caractères énigmatiques. A travers le parcours de ce jeune breton en mal d’écriture et de rencontres, passablement marqué par une histoire familiale, Philippe Le Guillou montre un Paris à la fois rassurant et déboussolant. A la fois moderne et authentiquement classique. La consolation, par Philippe Le Guillou. Éd Gallimard, 300 p., 18,50 €. Eh bien, jouez maintenant ! Cet étonnant petit fascicule, au look amusant et surrané, sait varier les plaisirs de tous les jeux de mots actuels, avec Paris pour seul motif. Vous y trouverez des grilles de mots croisés, des mots en diagonale ou encore en escaliers ; des charades d’autrefois et d’aujourd’hui ; des questions vrai ou faux qui vous feront perdre votre « parisien » ; des devinettes pas bêtes, des erreurs, des énigmes, des mystères et des intrus à la pelle… A vous de jouer ! Paris en jeux, par Michel Clavel. Éd. Parigramme, 112 p., 7 €. Moyen-âge en image Jhen voyage à travers l’Europe médiévale. Il pose, pour cette trilogie, ses outils de bâtisseur de cathédrales à Paris, observant les habitants du début du millénaire. Paris devient capitale, Notre-Dame s’élève petit à petit, Saint-Louis succède à Philippe Auguste, bientôt ce sera la Guerre de Cent ans. La force de cet ouvrage réside dans le dessin d’Yves Plateau, précis et riche de détails, qui relate les premiers développements de Paris et raconte la naissance du gothique. Les voyages de Jhen, Paris (vol. 1), par Yves Plateau et Jacques Martin. Éd. Casterman, 56 p., 9,50 €. et aussi… Y La Zone et les fortifs par Madeleine Leveau- Fernandez. Éd. Le Temps des Cerises, 176 p., 30 €. Avant le périphérique, il y avait la zone, espace de transition entre un Paris populaire et la banlieue encore rurale. Un pan de folklore, à l’ombre de l’industrialisation. Y Rugby en capitale par Jean-Louis Galharret- Borde. Éd. Atlantica, 163 p., 23 €. Histoire, dirigeants, joueurs, entraîneurs, staff technique et même supporters : vous saurez tout sur l’univers du Stade Français. Y Marathon de Paris, j’ai 30 ans Éd. Hachette, 120 p., 20 €. Une rétrospective détaillée, enrichie de photos grand format, d’anecdotes et de témoignages de quelquesuns, célèbres ou pas, des 348 125 compétiteurs. Y Paris au calme par Jean-Christophe Napias, photographies Christophe Lefébvre. Éd. Parigramme, 174 p., 12 €. De jardins cachés en villas secrètes, les auteurs dressent une liste de refuges insolites, en libre accès. Un Paris doux et voluptueux. Y Curiosités botaniques par Anne-Marie Minvielle. Éd. Parigramme, 176 p., 19 €. Jardins paysagés, arboretums, potagers, pépinières… L’auteur a fait un tour d’Ile-de-France pour débusquer ces carrés de verdure humanisée. Y Paris, visites inattendues, instants magiques Éd. Librio tourisme, 63 p., 2 €. Ce guide propose un autre angle de découverte pour voyageurs indiscrets, fauchés et rusés : des visites insolites proposées par les habitants. Y GEOGuide Paris 2006-2007 Ed. Gallimard, 812 p., 12,90 €. Pratique et culturel, fourmillant d’adresses et de bons plans, ce guide complet classe les ressources de la capitale par quartier. Pour les touristes et les Parisiens.
Des notes d’espoir Miguel Angel Estrella, musicien social et ambassadeur de l’Argentine auprès de l’Unesco, concilie engagement militant, devoir de mémoire et vie artistique. Originaire de la province de Tucuman, au nord-ouest de l’Argentine,Miguel Angel Estrella parle comme il joue, concentré et disponible : « Je suis un militant de la vie. Je le dois à ma famille, qui m’a appris discipline et générosité. » Mondialement connu, il se définit comme un musicien social qui offre son talent et son amour de la musique, en priorité, aux publics les plus défavorisés,jouant dans les bidonvilles, les campagnes, les prisons, les usines… L’artiste n’a pas oublié les mots de sa grand-mère : « Dieu t’a donné la grâce d’être musicien pour la partager avec les autres ». Miguel a douze ans quand, avec son père, il assiste à son premier concert classique: à travers Chopin, il a la révélation du piano. Il attendra 18 ans pour aller à Buenos-Aires étudier au conservatoire. A 23 ans, il gagne un concours qui lui permet de tourner en Amérique Latine. En 1965, « après un premier voyage à Paris et Londres, sa carrière devient internationale. Dans un même concert, il interprète Rameau, Mozart, Messiaen et des pièces du folklore latino-américain. « C’est sur scène que je découvre que mon royaume, c’est le piano avec les autres ». Cette réussite ne l’empêche pas de poursuivre son engagement humaniste : rendre la musique accessible aux exclus. Cette attitude irrite le gouvernement militaire argentin de l’époque. En 1976, Miguel s’exile en Quand la parole se tait, la musique élève sa voix et peut, pourquoi pas, réussir à faire taire les armes Lors du concert à l’Hôtel de Ville en mars dernier, Bertrand Delanoë a remis à Miguel Angel Estrella la médaille de vermeil de la Ville Pianiste au prestige international, Miguel Angel Estrella a connu la prison, la torture et l’exil Uruguay, avant d’être enlevé, emprisonné et torturé. « Les tortionnaires nous disaient qu’ils étaient les maîtres de la vie et de la mort ». Miguel Angel Estrella ne sera libéré qu’en 1980, sous la pression de personnalités du monde entier. La France l’accueille alors avec sa famille. Poursuivant une carrière internationale, Miguel crée dès 1982 Musique Espérance » association dont il a eu l’idée en prison. Devenue Fédération Internationale Musique Espérance en 1992, cette ONG reconnue par l’Unesco facilite l’accès à la musique pour tous, en formant des musiciens sociaux ou en créant des Maisons de l’amitié. Elle défend la dignité humaine et tisse un lien entre communautés à travers la pratique artistique, le sport ou l’éducation. En 1999, Estrella va plus loin et monte l’Orchestre pour la Paix, composé de jeunes musiciens issus de plusieurs pays arabes et d’Israël. « La musique ignore les clivages, témoigne-t-il. Elle amène à accepter l’autre tel qu’il est. Quand la parole se tait, la musique élève sa voix et peut, pourquoi pas, réussir à faire taire les armes. » Aujourd’hui, Miguel Angel Estrella travaille toujours son piano cinq heures par jour et donne, chaque année, une centaine de concerts dans le monde, qui s’accompagnent inlassablement de témoignages sur les publics qu’il rencontre, particulièrement parmi les jeunes et les populations les plus pauvres. « Mon espoir est qu’autour de la musique et de la fête, chacun puisse comprendre ce qui nous unit ». En mars dernier, à l’occasion des 30 ans du coup d’état en Argentine, il donnait un concert à l’Hôtel de Ville afin de rendre hommage aux Français ayant fait preuve de solidarité pendant la dictature argentine. Ambassadeur de l’Argentine auprès de l’Unesco, le musicien social continue de mettre son talent au service des autres. Comme lui disait sa grand-mère… www.musique-esperance.org trimestriel juin 2006 culture portrait 33



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