à Paris n°16 oct/nov 2005
à Paris n°16 oct/nov 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de oct/nov 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Paris

  • Format : (210 x 265) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,7 Mo

  • Dans ce numéro : Face à la crise du logement

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 Le regard de la Lanterne. Le marché, boulevard de Belleville. octobre - novembre 2005 Fresques urbaines et immeuble coloré Retour à la ville dans la rue des Pyrénées, que vous traversez puis descendez jusqu’à la rue de l’Ermitage. A droite, engagez-vous dans la rue des Rigoles jusqu’à la rue Olivier-Métra, où un minuscule square offre au promeneur fatigué l’ombrage de son unique arbre.A droite,rue Pixérécourt,un autre square, celui de Ménilmontant, oppose ses carrés de verdure à la verticalité des tours alentour. En sortant, jetez un œil aux fresques urbaines qui ornent les murs de la rue de la Duée (le bonhomme blanc du peintre Jérôme Mesnager et l’homme à l’imperméable noir de Némo) avant d’obliquer dans la minuscule rue Taclet. Elle abrite la Villa Georgina et son petit îlot de pavillons anciens aux jardinets accueillants.Avant de descendre la rue des Pavillons, ne ratez pas, au n°15, l’immeuble coloré aux lignes brisées construit par l’architecte Frédéric Borel. Ultime crapahute à la station Télégraphe De retour rue de Belleville, par la rue Pelleport et la rue du Soleil, faites une petite incursion côté 19 e arrondissement, dans le jardin du Regard de la Lanterne, rue Augustin-Thierry. Cette belle bâtisse de pierre permet,encore aujourd’hui, d’accéder à la tête de l’aqueduc de Belleville par un escalier souterrain. Enfin, terminez en remontant vers le cimetière de Belleville et engouffrez-vous dans la station Télégraphe pour une ultime crapahute, à 128 mètres au-dessus du sol. Là où, avant la naissance des services de la météo nationale, survivait un des petits Rue des Pavillons, les lignes brisées de l’immeuble de l’architecte Frédéric Borel. métiers de Paris, le guetteur de nuages. Cette personne, en avant-poste surélevé, observait le ciel et, selon la présence et l’orientation de tels ou tels nuages, avertissait les jardiniers de la nécessité d’arroser ou non les potagers alentour. pratique DURÉE DE LA BALADE 2 heures environ, sans compter les visites. VISITES La Maison de l’Air: 27, rue Piat (20 e). Tous les jours sauf lundi et samedi, de 13h30 à 17h30. Entrée: 2 € ,T.R.1 € , gratuit – 7 ans. Tél. 01 43 28 47 63. Parc de Belleville : entrées rue Piat, rue des Couronnes, rue Julien-Lacroix, rue Jouye-Rouve, tous les jours sauf lundi, de 8 h 30 à 17 h 30. Marché de Belleville : entre les stations Ménilmontant et Belleville, les mardis et vendredis matins.
Résister, s’engager, témoigner : la méthode de vie de Germaine Tillion. Si j’ai survécu, je le dois d’abord et à coup sûr au hasard, ensuite à la colère, à la volonté de dévoiler ces crimes et, enfin, à une coalition de l’amitié. Car j’avais perdu le désir viscéral de vivre. » Germaine Tillion explique ainsi sa traversée du mal, de 1943 à 1945, dans le camp de déportation de Ravensbrück. Ethnographe, résistante déportée et militante incessante des Droits de l’Homme, elle a fêté ses 98 printemps au mois de mai dernier. Sa formation – elle étudie l’ethnologie à Paris, au début des années 1930 – lui servira tout au long de sa vie. « L’ethnologie est d’abord un dialogue avec une autre culture, explique-t-elle. La connaissance naît du reflet. » En 1934, Germaine Tillion a 27 ans lorsqu’elle part pour la première fois en Algérie, dans le cadre de ses études, au milieu des montagnes des Aurès. Elle y réalisera quatre missions, accumulant des quantités de notes pour sa thèse. Un immense travail qui lui sera confisqué lors de sa déportation, mais qu’elle réécrira ensuite. Au début du mois de juin 1940, la jeune ethnologue revient à Paris et ressent la capitulation de la France comme insupportable. Avec d’autres chercheurs, elle entre aussitôt en Résistance et crée ce qu’elle appellera ensuite le réseau du Musée de l’Homme. Arrêtée en 1942 sur dénonciation, elle est emprisonnée à Fresnes puis déportée, un an plus tard, dans le camp des femmes de Ravensbrück, d’où elle ne ressortira que le 23 avril 1945. Germaine Tillion a, pourtant, toujours gardé son sens de l’humour et de la dérision sans malice. A Ravensbrück, par exemple, elle écrit une opérette (Le Verfügbar aux enfers, publiée récemment par les éditions La Martinière) sur la condition des femmes détenues, tournant ainsi le camp en dérision tout en l’analysant. Cette distance l’aide, « A Ravensbrück, elle écrit une opérette sur la condition des femmes détenues, tournant ainsi le camp en dérision tout en l’analysant. » Ethnographe, résistante déportée et militante incessante des Droits de l’Homme, Germaine Tillion a toujours lutté contre toutes les formes d’oppression. ainsi que ses compagnes, à traverser le mal. Aux pires heures de sa déportation, elle confie même à une amie : « Ma chérie, dans tout événement humain, lorsque tout semble perdu, il reste encore 5 à 10% d’inconnu, d’imprévu. C’est une loi des sociétés humaines… » En militante incessante des Droits de l’Homme, Germaine Tillion consacre les années d’après-guerre,à reconstituer le parcours de ces milliers de femmes déportées à Ravensbrück, puis à enquêter sur les crimes nazis et les camps staliniens.En 1954,elle créé, en Algérie, des centres sociaux pour lutter contre la pauvreté et scolariser les plus démunis. Puis, dans les années 60, la lutte contre la vassalisation des femmes méditerranéennes est au cœur de ses activités. Germaine Tillion a donc traversé le XX e siècle en luttant contre toutes les formes d’oppression, et en laissant, par ses ouvrages, des traces aux générations futures : « Les douleurs et les haines cesseront, ceux qui ne les oublient pas mourront aussi,et tout passe.Sauf quelques œuvres,terre commune et partagée, patrimoine sans frontières », disait-elle en 1960 à la mort d’Albert Camus. Décidément, même le témoignage est un combat. Le Verfügbar aux enfers, l’opérette écrite à Ravensbrück, publiée par les éditions La Martinière. Témoigner, toujours octobre - novembre 2005 quartiers 31



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