à Paris n°15 jui/aoû/sep 2005
à Paris n°15 jui/aoû/sep 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de jui/aoû/sep 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ville de Paris

  • Format : (210 x 265) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 10,3 Mo

  • Dans ce numéro : Les rendez-vous de l'été

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Cécile Rocca travaille dans le social depuis plus de 20 ans. A droite, le cimetière de Thiais. 32 juillet - août - septembre 2005 Cécile Rocca a les pommettes roses, les prunelles azurées et un regard qui lui donne un air de rescapée de l’enfance. Quand elle parle, c’est tout son corps qui vibre et s’anime. A la deviner bonne vivante, difficile d’imaginer qu’elle travaille tous les jours dans le voisinage de la mort. Celle de ses « frères humains » qui meurent dans la rue, souvent même « de » la rue, dans ce monde où les sans toits sont aussi des sans lois. Les Morts de la Rue, c’est « Ces d’ailleurs le nom du collectif d’une quarantaine d’associations qu’elle coordonne. Son but ? Faire savoir que beaucoup de personnes vivant ou ayant vécu à la rue en meurent ; accompagner les proches en deuil ; veiller à ce que les personnes de la rue bénéficient de funérailles dignes. « Il n’y a pas si longtemps, personne n’avait le droit d’accompagner les cercueils de ceux qu’on appelait les indigents, rappelle Cécile Rocca. Le dépôt de fleurs était interdit, les gens étaient enterrés dans l’anonymat, sans plaque ni nom. » C’est maintenant du passé. Un dialogue permanent avec la Mairie de Paris a permis de mettre en place et de subventionner l’action d’accompagnement du collectif d’associations. Cette quinquagénaire, travaillant dans le social depuis qu’elle a rejoint, à l’âge de trente ans, l’association Aux Captifs, la Libération, qui apporte son aide aux plus cérémonies sont l’espoir de ne pas partir seul le jour venu. » Rétablir la dignité Cécile Rocca est coordinatrice du collectif Les Morts de la Rue. Son engagement : interpeller sur ces morts tout en soutenant les vivants. démunis, se trouve au cœur du collectif Les Morts de la Rue lorsqu’il est fondé en 2002. Deux fois par semaine environ, des bénévoles accompagnent au cimetière de Thiais (Val-de-Marne) ces inconnus oubliés, dont le corps n’a pas été réclamé. Une façon de rendre hommage aux morts en aidant les vivants. « C’est leur redonner accès à ces besoins spécifiquement humains auxquels on ne pense plus lorsqu’on parle des sans-abris : le besoin de croire, de ritualiser, de se souvenir et de créer des liens. » Ce n’est rien, ou presque. Une fleur, un poème, quelques mots fragiles et éphémères lancés au bord d’une tombe. Un dernier adieu, une pensée, un geste. Mais pour ceux qui restent debout, « ces cérémonies représentent l’espoir de ne pas partir seul le jour venu. Ils se trouvent ainsi inclus dans une humanité unie par ce travail de deuil sans lequel la mort est insupportable. » Via la publication de faire-part et la célébration de cérémonies communes deux fois par an, le collectif tente de lutter contre l’oubli et l’indifférence. Sur le site www.paris.fr, il est possible de consulter les noms des personnes accompagnées au cimetière de Thiais par le collectif Les Morts de la Rue, ainsi que ceux des personnes de la rue dont les familles n’ont pas été retrouvées. Collectif Les Morts de la Rue. 25, rue Bouret (19 e). Tel. 01 42 45 08 01. Courriel : mortsdelarue@free.fr
L’art de la révolte Le sculpteur brésilien Frans Krajcberg, révolté par la destruction de la forêt amazonienne, investit le parc de Bagatelle pour nous montrer l’urgence de préserver la nature. Pour comprendre Krajcberg, oubliez toute référence artistique. Entrez dans le parc de Bagatelle, sentez les pins, les seringas, les roses ; admirez les paons, tendez l’oreille pour distinguer les oiseaux des canards et avancez vers le château. Sur le chemin, le contraste est saisissant, au milieu de l’élégance romantique du jardin à la française vous découvrez les énormes racines de palétuviers calcinées vers lesquelles convergent les regards des statues du XVIII e siècle. Touchez ce bois pour être bien sûr qu’il ne s’agit pas d’une pièce de métal mais de matière organique. Continuez dans la cour d’honneur. Ne vous arrêtez pas et pénétrez le Trianon pour y découvrir le film qui montre Krajcberg chez lui, en pleine Mata Atlantica (la forêt qui longe le littoral brésilien). Travailleur infatigable, l’artiste de 83 ans au visage plein de soleil arpente les champs de ruines des forêts amazoniennes en feu. Il y récolte des fragments de végétation brûlés (troncs, arbres, feuilles). Y juillet - août - septembre 2005 culture 33



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