A Nous Paris n°806 12 mar 2018
A Nous Paris n°806 12 mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°806 de 12 mar 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (222 x 285) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17,5 Mo

  • Dans ce numéro : besoins d'espaces.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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focus salon Livre Paris  : d’Anna Karénine à Anna Todd Cette année, la littérature russe est à l’honneur. Cette année, le polar aura droit à son podium. Cette année, le Salon du livre débattra encore de tout  : mai 1968, la radicalisation, le travail, Céline, la jeunesse… Derrière ces forums passionnants, notre grand rendez-vous littéraire de la Porte de Versailles pose la plus belle et mystérieuse question  : comment inciter à lire ? Cette année, deux promeneurs particuliers arpenteront le Livre de Paris, Bernard Pivot et sa fille Cécile. Ils viennent présenter un joli livre, Lire ! dans lequel ils confrontent leur amour de la lecture, se renvoyant la balle avec grâce et tendresse. «Un privilège», «Choisir un livre», «Plaisir d’enfance» composent des chapitres passionnés, agrémentés de précieuses illustrations, du peintre Edward Hopper au dessinateur Loustal, jusqu’à une Marilyn Monroe concentrée sur un livre de James Joyce. Le créateur de la plus belle émission littéraire du xx e siècle, Apostrophes, membre de la prestigieuse Académie Goncourt, saluera certainement Natalia Soljenitsyne, la veuve du grand auteur de L’Archipel du Goulag, qui débattra juste avant lui de «l’art d’écrire». « J’ai fait quatre émissions avec Alexandre Soljenitsyne. Je connais Natalia. Je suis allé aux États-Unis chez eux, j’ai passé un jour et demi dans leur maison avec leurs enfants. J’ai eu ce privilège incroyable d’accompagner ce dissident russe pendant 20 ans. Il faut avoir un peu de chance dans la vie. » Battle et débat La chance – une rencontre, une inspiration ? – vous attend donc Porte de Versailles. Créé en 1981, ce beau rendez-vous livresque a paru s’essouffler, certains éditeurs l’ont boycotté, le trouvant onéreux et peu rentable. Les responsables ont tout repensé. Bien sûr, la nation invitée reste l’étendard touristique derrière lequel nous sommes heureux de nous rejoindre. « La littérature, disait Aragon, est une affaire sérieuse pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage. » Après la Corée du Sud, voici la mystérieuse et vaste Russie, A NOUS PARIS Le plus grand événement dédié au livre en France se tiendra à Paris Porte de Versailles du 16 au 19 mars prochains. Emmanuel Nguyen Ngoc redevenue à la mode après la Chute du Mur, et disparue un peu des radars. Ce socle n’empêche pas de porter une véritable attention à la jeunesse. Les organisateurs – qui avaient déjà changé le nom «salon du livre», peut-être trop guindé, en «Livre Paris», mis des couleurs et des losanges partout – ont fait monter sur la tribune des genres laissés à la marge, les mangas, la bande dessinée et le polar qui a enfin droit à son espace, avec scène de crime reconstituée. Ils ont installé une section Young adult, destinée à «l’adulescence» (entre l’adolescent et l’adulte), âge où souvent l’envie de lire se perd. On y verra apparaître des mots comme «battle», opposant blogueurs et journalistes, une volonté de lier les méthodes entre elles. On y parlera de la romancière «en 46 affaires culturelles smartphone» Anna Todd et de la célébrissime série d’Heroic Fantasy, Game of Thrones, en rappelant que son auteur George R.R. Martin s’est inspiré des Rois maudits (1955-1977) de Maurice Druon qu’il considère comme le « meilleur auteur de romans historiques depuis Alexandre Dumas ». Surprendre, étonner sans oublier l’Histoire… Telle est la mission que se fixe une manifestation désireuse de dépoussiérer les grands classiques en instruisant de Faux procès contre des personnages célèbres (voir encadré ci-dessous)  : «Faut-il licencier Gaston Lagaffe ? », manière d’échanger autour de la paresse comme art de vivre, ou celui d’Anna Karénine  : «Est-elle coupable ? » Rappelons que la malheureuse héroïne de Tolstoï, rongée par le remords (adultère, abandon de famille) se jette sous un train. Une manière de parler de la condition de la femme, débat d’actualité s’il en est. En 1948, Jean-Paul Sartre s’interrogeait  : « Qu’est-ce que la littérature ? » Sa réponse fut aussi belle que romantique  : « Un compagnonnage. » Du 16 au 19 mars. Porte de Versailles. Pavillon 1. M° Porte de Versailles. Vendredi et samedi de 10 h à 20h, dimanche jusqu’à 19h, lundi de midi à 19h. Entrée  : 8  € en semaine et 10  € le week-end. quelques TEMPS FORTS VENDREDI 16 MARS Grande scène De 14 h à 15h. L’Acte d’écrire avec Natalia Soljenitsyne. De 15 h à 16h. Le goût de lire avec Cécile et Bernard Pivot. Scène Polar De 16 h à 17h. True Detectives  : les policiers écrivains. SAMEDI 17 Grande scène De 18 h à 19h. Le faux procès  : Faut-il licencier Gaston Lagaffe ? Scène Young Adult De 18 h 30 à 19 h 15. Le grand invité  : Anna Todd. Anna Todd (Spring Girls) répond aux questions de la youtubeuse Nine Gorman. DIMANCHE 18 Grande scène De 12 h à 13h. Hommage à Jean d’Ormesson avec Dany Laferrière.De 18 h à 19h. Le faux procès  : Anna Karénine est-elle coupable ? Avec Raphaël Enthoven (un des témoins).
Texte et propos recueillis par Stéphane Koechlin interview Bernard et Cécile Pivot  : amours familiales et littéraires Le père et la fille, qui publient Lire !, font partie des invités attendus de Livre de Paris. Rencontre. Lire ! de Bernard et Cécile Pivot, éd. Flammarion, 191 pages, 25  € . « Les gens qui lisent, sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue », écrivez-vous au début de votre ouvrage. Bernard Pivot  : Je provoque. Notre livre est un manifeste  : on a mis un point d’exclamation ; sans ce point, ce serait un état. Bien sûr, certains non lecteurs sont plus intelligents que certains lecteurs. Il n’en reste pas moins que ceux qui lisent ont des atouts supplémentaires. Ils font la connaissance de personnages, d’idées, de civilisations. Obama disait que lorsqu’il était étudiant, les romans lui avaient appris à connaître les gens. La lecture vous fait entrer dans des foyers, des pays inconnus, sortir de votre milieu. Cécile, avoir un père comme le vôtre ne vous a pas incitée à rejeter les livres ? Cécile  : J’étais une ado pénible, très révoltée, mais jamais contre les livres qui nous suivaient partout. Pourtant on me disait  : « Ah bon, tu es la fille de Bernard Pivot ? Comment lit ton père ? En diagonale ?... » J’aurais pu être en colère. Mais j’étais une lectrice naturelle, mes parents ne m’ont jamais forcée à lire. Bernard  : Un miracle ! Elle aurait dû être dégoûtée tant il y avait de livres qui s’entassaient à la maison. Toutes les heures, postiers, coursiers, concierge en déposaient. Mes filles auraient dû être révoltées. Pas du tout ! Lorsque votre père vous a proposé ce livre, comment avez-vous réagi ? Cécile  : C’est un cadeau formidable de sa part, et une belle marque de confiance. J’ai eu peur aussi. Je devais être à la hauteur. Mais je 47 affaires culturelles savais que le projet n’allait pas se faire tout de suite car mon père terminait un livre. J’avais six mois devant moi. Bernard  : Les éditeurs m’avaient déjà parlé d’un projet de ce genre, mais où j’intervenait seul. Je leur répondais que mes rapports aux livres ne sont pas ceux de la plupart des gens. Je suis un professionnel. Quelle pensée aurais-je pu donner aux lecteurs ? En revanche, dialoguer avec ma fille me semblait très intéressant. Cécile, l’un des chapitres que vous avez écrits – «Comment inciter les enfants à lire» – est drôle, mais paraît un peu fataliste… Cécile  : C’est que je n’y suis pas arrivée avec mes ados. Il n’y a pas de recette. Je pensais qu’avoir une maison remplie de livres et des moyens pour en acheter suffisaient. Erreur ! Je n’ai pas assez accompagné ma fille, j’aurais peut-être dû l’inscrire dans une bibliothèque et lire davantage avec elle le soir. Mais je n’en avais pas le temps. Je regrette que mes enfants ne lisent pas plus. Ma fille se rend en bibliothèque pour étudier, ses lectures sont pratiques et elle lit peu de romans. Les illustrations magnifiques montrent de belles femmes et actrices plongées dans des livres. Lire est donc sexy ? Bernard  : Nous avons trouvé de nombreuses représentations de lecteurs et nous en avons éliminé beaucoup. Si nous en avons trouvé autant, c’est parce que lire répond à un mouvement naturel. Nous tenons le livre devant nous, mains ouvertes, comme pour un geste d’offrande, la tête, les yeux penchés… C’est une attitude très esthétique… Cécile  : Plutôt que sexy je dirais photogénique. Montrer un lecteur, c’est donner à voir une personne qui est partie, qui n’est plus avec nous. En cela, elle constitue un certain mystère. Que représente pour vous ce grand rendezvous qu’est le Salon du livre ? Cécile  : Je l’ai toujours vu comme une librairie XXL. J’y allais pour découvrir les petites maisons d’édition. Bernard  : Surtout que certaines ont été créées dans l’année. Dans les salons, nous retrouvons le peuple des livres comme le peuple du football dans les stades  : des agglomérats de publics. Quelle que soit leur génération, les gens qui aiment lire se réunissent.LES SPECTATEURS RÉTROSPECTIVE ÉDOUARD SACAILLAN DU MERCREDI 14 FÉVRIER AU DIMANCHE 27 MAI 2018 ESPACE RICHAUD, 78 BD DE LA REINE, VERSAILLES ENTRÉE LIBRE DU MERCREDI AU DIMANCHE, DE 12H À 19H FERMETURE EXCEPTIONNELLE LE JEUDI 10 MAI



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