A Nous Paris n°710 30 nov 2015
A Nous Paris n°710 30 nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°710 de 30 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (235 x 285) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : le fond de l'air effraie...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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conversation 36 26 L’interview Comment c’est loin Comment c’est loin, quoi ? Gringe  : Les sandwichs, l’avenir, l’accomplissement de soi, d’avoir une situation, de se projeter dans l’âge adulte, se poser avec sa nana, lâcher un peu ses potes. Comment c’est loin tout ça ! On est encore dans un mode de vie très candide qu’on imagine un peu éternel, mais qui ne l’est pas. Vous invitez souvent des inconnus chez vous ? Orelsan  : Non. Ah si, quand-même ! Dernièrement, c’est un peu chelou. J’ai une meuf maintenant, donc j’ai peur. Gringe, non. Même moi je ne suis jamais allé chez toi. Gringe  : Parce que j’ai eu mon premier appart à 35 ans. Je n’ai pas déballé mes cartons, j’ai pas eu le temps. Est-ce que le monde va venir à vous ? Orelsan  : Faudrait peut-être qu’on s’abonne au Monde pour que le Monde vienne à nous tous les jours. Ça vous dit d’aller faire un tour au centre commercial ? Orelsan  : Grave ! Gringe  : Tu sais quoi ? Quand j’ai choisi mon appart, il y en avait un à Italie 2 avec vue dans le centre commercial, sur les escalators ! Eh ben, je l’ai envisagé. Ça doit être chanmé ! En plus, il y a l’Hippopotamus, l’escalator, la Fnac. Quand tu te réveilles, allez boire ton café dans les allées de la Fnac, j’aurais adoré ça. Est-ce que vous avez faim ? Orelsan et Gringe  : Ouais ! 30/11/15 A NOUS Pourquoi avez-vous eu envie de faire un film ? Pour faire comme tout le monde ? Orelsan  : Ah ouais ? ! Ben, dans notre entourage, faire du cinéma c’est pas faire comme tout le monde (rires). Ce serait plus être prof, je pense. Gringe  : Ou être au chômage. Est-ce que le film, c’est votre programme court Bloqués, diffusé sur Canal+, mais en grand ? Gringe  : Non justement, on insiste bien sur ce point-là parce qu’il y a sûrement des gens qui vont penser que c’est une extension de ça. Bloqués se rapproche plus de ce qu’on fait en musique  : des punchlines, des blagues, des discussions un peu absurdes. Alors que Comment c’est loin, c’est un film avec une vraie histoire. Orelsan  : Et puis, on se lève du canapé et la caméra bouge ! De toute façon, ça n’est pas possible de faire une version longue de Bloqués. Ceux qui sont persuadés du contraire, ce sont des cons ! Tu peux l’écrire (rires). Orelsan, au début du film, votre personnage est complètement saoul. Vous avez vraiment tourné déchiré ? Orelsan  : Non ! Justement, je n’ai pas bu d’alcool durant les deux mois précédants le tournage ni pendant. Et sinon, vous vivez vraiment ensemble ? Gringe  : Non, j’ai vécu longtemps aux crochets d’Orel. Mais c’était plus ou moins consenti. Ça a duré six ou huit ans. C’est pour ça que Orelsan et Gringe « débloquent » Les deux rappeurs Casseurs Flowters aux punchlines bien senties, aux références pop culturelles et au regard portant plus loin que le bout de leur canapé dans la mini-série Bloqués, quittent justement leur sofa pour le cinéma. On les retrouvera la semaine prochaine dans Comment c’est loin, une chronique qui déchire grave sur l’art de ne pas mûrir. Texte  : Fabien Menguy affaires culturelles ces projets sont un peu à l’image de ce qu’on vit à côté. On est à des périodes transitoires. On a chacun une copine, on ne vit plus la nuit en dormant le jour. Vous avez vieilli, quoi ! Et vous comptez écrire toute votre vie sur la glande, du coup ? Orelsan  : Non, on ne va pas écrire 10 000 ans sur l’art de rester enfermé chez soi à ne rien foutre le jour et boire des coups la nuit. Ça ne me fait pas peur du tout, on a plein d’autres idées. Qu’est-ce que les gens vous disent lorsqu’ils vous reconnaissent dans la rue ? Gringe  : Moi, ils m’appellent Orelsan. Ça me fout bien les boules ! Ils t’appellent pas Gringe, toi ? Orelsan  : Non, bizarrement. Mais en ce moment, on m’interpelle par des « Hé, Bloqués ! ». Ça dépend. Comment vivez-vous votre succès ? Orelsan  : Ça ne change pas grand-chose, je suis tout le temps chez moi devant un ordi. Le plus dur, c’est la période de transition, quand on te reconnaît au début, c’est vrai que ça peut te rendre parano. Mais en fait, les gens sont cools. Est-ce que vous rêviez de tout ça quand vous étiez enfant ? Orelsan  : Oui, moi je voulais faire ça. J’ai toujours fait de la musique, des vidéos, des conneries, donc je me suis dit qu’un jour je pourrais peut-être en faire mon métier. Gringe  : Tu as eu une période ornithologue aussi. Orelsan  : Oui, j’aimais bien les oiseaux. Quand j’avais 12 ans, j’ai eu un appeau en cadeau de Noël. Une fois, on l’a retrouvé chez moi, et Gringe m’a demandé  : « C’est quoi cette merde ? ». Ben, c’est mon appeau. De quoi rêvez-vous maintenant ? Orelsan  : De progresser. C’est mon premier film, j’ai envie de faire des trucs vraiment bien. Gringe  : Entrer en lévitation et tout. Orelsan  : Oui, ou par exemple dans la musique, j’ai fait un « tube », La Terre est ronde. Là, j’ai envie de faire des chansons qui marquent, chanter mieux. Et puis, côté cinéma faire un jour un thriller psychologique qui déchire. Là on écrit avec mon coréalisateur une comédie avec des vannes, mais un truc un peu transgenre, avec des trans (rires). Non, mais à mi-chemin entre différents trucs. Est-ce que vous avez un mot de conclusion ? Orelsan  : Moi j’ai une question. C’est quoi comme magazine ? _
Quel est votre record sur un canapé ? Orelsan  : Plusieurs jours ! Après je m’ennuie, mais j’adore jouer à la console, et c’est vrai que je peux rester une semaine à donf avec la console, à ne même pas m’habiller bloqué dans le canap’. Qu’est-ce qu’il faut à portée de main pour survivre sur un canapé ? Gringe  : Un schlass pour faire le trou du porte-gobelet dans l’accoudoir. Orelsan  : Des chips. Vous avez souvent 15 appels manqués sur votre téléphone ? Orelsan  : Souvent les gens me disent  : « On n’arrive pas à te joindre ». Alors je leur montre le bordel (Il tend son téléphone)  : « 299 notifications d’appels, 304 textos et 11 396 mails ! » Je dis aux gens  : « Ouais, bon bah désolé ». 27 37 affaires culturelles Comment c’est loin, d’Orelsan et Christophe Offenstein, avec Orelsan (à g.), Gringe (à dr.) et Claude Urbiztondo Llarch. Comédie. Sortie le 9 décembre. Christophe Brachet – Nolita Cinéma interview « bloqués » Quel est le pire endroit dans lequel vous avez été bloqué ? Gringe  : Dans les dix dernières années de ma vie. J’étais pas mal bloqué jusqu’à ce qu’on nous propose Casseurs Flowters. Et quand j’y repense, ce n’était pas si cool que ça. Orelsan  : On glamourise pas mal ces années de merde, mais c’était mou mou. Moi j’ai été bloqué à l’ANPE. Ça n’a pas duré longtemps, mais c’était chiant. Qu’est-ce qui pourrait vous débloquer ? Gringe  : Un bon massage… jusqu’au bout du plaisir. Orelsan  : Un bon « kinésithérapute ». Non, je plaisante… Gringe  : Mais si, c’est bon, on finit sur une punchline commune. Orelsan  : Mais c’est beauf à mort. L’amour ? Le kung-fu ? Gringe  : Il a fait de l’aïkido pendant six mois. J’en souris encore.FOAM TALENT 2015 EXHEJBUTEON du 11 novembre au 20 décembre Atelier Néerlandais 121 rue de Lille, Paris 7e Image  : Tandem, 2014 Manon Wertenbroek ROBERT CAPA ET LA COULEUR CHÂTEAU DE TOURS 21/11/2015 — 29/05/2016 CHÂTEAU DE TOURS 25, AVENUE ANDRÉ MALRAUX TOURS MARDI - DIMANCHE 14 H -18 H Exposition organisée par l’, en collaboration avec le, la et. L’exposition est rendue possible grâce à l’ICP Exhibitions Committee et aux fonds publics du New York City Departement of Cultural Affairs, en partenariat avec le City Council. L’exposition Foam Talent 2015 est une production de Foam, présentée à l’Atelier Néerlandais à Paris à l’initiative de l’ambassade des Pays-Bas en France et est réalisée avec la participation de EAC, Grolsch, Thalys, A Nous Paris, Photo Saint-Germain et Kleurgamma Fine-Art Photolab. Le Foam reçoit le soutien de  : BankGiro Loterij, De Brauw Blackstone Westbroek, Delta Lloyd, la ville d’Amsterdam, Olympus et la VandenEnde Foundation. L’édition annuelle du Foam Talent Magazine et le Talent Program sont soutenus par le Niemeijer Fund. foam www.foam.org Le Jeu de Paume est subventionné par. atelier néerlandais Remerciements au Robert Capa, Capucine, mannequin et actrice française, penchée sur un balcon, Rome, Italie, août 1951. International Center of Photography, New York. Robert Capa/International Center of Photography/Magnum Photos.



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