A Nous Paris n°677 9 fév 2015
A Nous Paris n°677 9 fév 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°677 de 9 fév 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (235 x 285) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 19,1 Mo

  • Dans ce numéro : saint-Valentin... le romantisme a-t-il dit son dernier mot ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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société 08 dans l’air Ludivine Nakedcat UN AUTRE ROMANTISME EST POSSIBLE Texte : Murielle Bachelier En cette veille de Saint-Valentin, le cliché veut que l’on s’attende à une avalanche de sentiments. Si l’on risque en effet de voir des cœurs partout dans les vitrines des magasins, qu’en est-il réellement dans la vie ? Que vous soyez plutôt fleur bleue façon cadenas de l’amour sur les ponts parisiens ou serial lover des réseaux sociaux, une chose est sûre, les romantiques ont bien changé. SS’il reste toujours des vendeurs de cadenas sur le pont des Arts, ils font triste mine. Ils semblent même avoir perdu la foi dans ce commerce encore si florissant il y a quelques mois. Peut-être pensent-ils déjà se remettre à la classique, mais moins risquée finalement, tour Eiffel en porte-clés. On les entend pourtant scander « love locks ! » (cadenas de l’amour) à l’approche de ce qui pourrait vaguement ressembler à un couple déambulant sur la célèbre passerelle, mais le ton n’y est plus. Les amoureux auraient-ils déserté l’un des endroits parisiens réputés pour être le plus romantique ? C’est que l’affaire est devenue sérieuse depuis que l’une des grilles du pont s’est écroulée sous le poids de l’amour, enfin plus précisément celui des cadenas, en juin dernier. Même l’ambiance a changé. La pose d’une première planche en bois de remplacement fut la première étape dramatique d’une longue marche vers la mort programmée des cadenas mais aussi de l’esthétique des lieux car désormais, le pont des Arts n’est plus que l’ombre de lui-même. Toutes les balustrades ont été renforcées par des planches, défigurant cruellement l’édifice. De l’atmosphère façon « Love is in the air », avec ces couples de touristes mais aussi de Parisiens (nous avons des preuves photographiques) qui posaient encore nombreux cet été pour une séance de meilleurs selfies aussitôt partagés sur les réseaux sociaux, il ne reste pas grand-chose et on peut dire que l’ambiance n’est plus à la fête de l’amour. Pour l’instant, la Mairie de Paris ne semble pas vouloir mettre en place d’interdiction, officiellement elle reste « attachée à ce que les couples du monde entier puissent manifester leur amour à Paris ». Des plaques de bois pour empêcher l’accrochage de cadenas supplémentaires et protéger le malheureux pont des Arts fatigué par cet amour si pesant : la solution semble illusoire. Alors les selfies se font plus rares, forcément. Romantisme 2.0 Surtout, les amoureux ont trouvé d’autres ponts plus accueillants, comme celui de l’Archevêché face à Notre-Dame offrant un parfait panorama de carte postale. Un cadre romantique à souhait qui paraît séduire autant que le pont des Arts vu le volume inquiétant de cadenas déjà accrochés à ses balustrades. Et si certains pensent que le romantisme a disparu, ils ne peuvent que manquer d’arguments face à ce déplacement du phénomène que personne n’a réellement vu venir et surtout pas la Mairie de Paris, dépassée par tant de preuves d’amour encombrantes. Il est aussi tout à fait envisageable que ces démonstrations physiques de love stories ne soient pas vraiment du goût de tous. Le romantisme, ce n’est pas juste accrocher 09/02/15 A NOUS
09 dans l’air Priscilla des Gachons La Shooting Box propose des séances photo en duo avec des photographes professionnels. ici, deux photos tirées des portfolios de Ludivine Nakedcat (à gauche) et de Priscilla des Gachons (ci-contre). des cadenas à des ponts. Celui à la papa, qui consiste à offrir des fleurs juste pour le plaisir, semble réellement en danger. Pour la psychanalyste Fabienne Kraemer, auteur de l’ouvrage Solo no solo, quel avenir pour l’amour ? (éd. Puf), ce serait devenu quasi ringard pour la jeune génération (la même qui cadenasse les ponts de Paris !) de se proclamer romantique. Tout du moins, sa vision tradi en aurait pris un coup. « J’ai remarqué que les jeunes couples ne veulent plus fêter la Saint-Valentin, ils ont presque honte de devoir le faire. Bien évidemment, le fait que ce soit considéré comme un acte commercial n’y est pas pour rien, mais il y a aussi autre chose, comme un malaise d’être en couple à cette date, et ce serait même plus drôle aujourd’hui de la fêter en étant seule avec sa bande de copines si on est une fille, par exemple. » Rachel a dix-huit ans, elle a un petit copain depuis quelques mois, et pour elle le romantisme semble important car vécu comme des preuves d’amour. « Ça montre qu’il pense à moi. Malheureusement, les garçons n’assument pas trop d’être romantiques, surtout vis-à-vis de leurs copains. Par contre, ça lui arrive de poster des messages mignons sur mon mur Facebook ou une photo de nous deux… » Désormais, on n’hésite plus à afficher son amour, ses photos de mariage ou de lune de miel aux yeux du monde. À l’heure des réseaux sociaux, où les possibilités de rencontres se multiplient, comment ça se passe concrètement ? Pour Fabienne Kraemer, « la relation amoureuse s’établit sur une forme de consommation. On s’engage à l’essai, on est devenu très méfiant, le sentiment de rareté liée à une rencontre n’existe plus. Ce sont les sites comme Meetic ou Adopte un mec qui ont ouvert la voie, désormais, nous sommes face à un énorme marché qui promet rapidité et facilité du contact. Les relations sexuelles arrivent rapidement. Il n’y a pas besoin d’avoir de sentiments, cela viendra plus tard… ou pas du tout. » Les applications de l’amour La drague numérique a ses codes, plutôt faciles à capter, et là, il n’est pas interdit d’être romantique, bien au contraire. La mobilité est devenue le nouvel enjeu avec le portable, la géocalisation du dating initiée en 2009 par l’appli Grindr dédiée à la communauté gay a tout révolutionné dans la façon de se rencontrer. Si sa version hétéro, Blendr n’a jamais réellement fonctionné, c’est que le GPS fait peur aux femmes redoutant psychopathes, harceleurs ou autres lourdingues. Tinder l’a bien compris, offrant une alternative, puisque l’application n’indique pas votre position mais renseigne sur la présence d’autres utilisateurs à une distance raisonnable. C’est vous qui indiquez un lieu de rendez-vous, si vous le voulez. En peu de temps, elle est devenue l’appli championne en la matière, vous promettant de ne jamais être seul(e) tout en restant célibataire… Elle se fait talonner aujourd’hui par une concurrente qui promet de retrouver la personne que vous avez croisé un jour dans la vraie vie (si c’est pas romantique, ça !). Ou encore la toute jeune « Louise », l’appli de rencontre pour fans de musique. Les applications de dating cartonnent aujourd’hui, et comme la concurrence s’intensifie, tout doit aller plus vite et plus fort que les sites de rencontres qui ont pourtant éclairé la voie. Comment expliquer ce phénomène qui en dit long sur la façon dont la génération internet, les 20-30 ans, perçoit les relations amoureuses ? Pour Fabienne Kraemer, « les jeunes ont peur de la routine, ils pensent que dans la vie, on doit sans cesse faire des choses extraordinaires, ils ont été élevés comme ça. Ils ont surtout peur de souffrir. Pourtant, l’amour ne peut être vécu sans souffrance. » Finalement, tous ces nouveaux outils censés nous aider à trouver l’amour qui n’existaient pas il y a encore dix ans nous montrent que tout est sans cesse à réinventer, le romantisme compris ! pour la Saint-Valentin Quand le couple veut sa photo Parmi les clichés véhiculés par tous les amoureux, la photographie censée les représenter installe aujourd’hui deux personnes dans une relation « dite » de couple. Tant qu’on n’a pas fait sa photo ensemble, est-on vraiment « ensemble » pour le coup ? Vaste débat. Après le selfie de couple, l’autre étape consiste à faire le cliché « officiel », enfin, question d’envie bien évidemment. LA photo, the best one, la plus magnifique, qu’on va encadrer et poser en évidence sur le buffet. Plusieurs options s’offre à vous à l’occasion de la Saint-Valentin. Version chic, le célèbre studio Harcourt propose ses services et accueille les couples pour une séance photo unique dans l’esprit de la maison connue pour ses mythiques portraits en noir et blanc de toutes les stars que compte le cinéma français et international, c’est dire. Version plus abordable avec la ShootingBox, qui vous propose une séance photo avec des photographes professionnels au choix, trois quarts d’heure en duo pour imaginer votre cliché. À vous de le choisir en fonction d’un portfolio représentant le travail de chacun, à vous aussi de décider du lieu de rendez-vous.Infos : www.studio-harcourt.pro ; www.myphotoagency.com ; www.lashootingbox.com. Halle Berry et Olivier Martinez. Studio Harcourt



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