A Nous Paris n°619 30 sep 2013
A Nous Paris n°619 30 sep 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°619 de 30 sep 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (235 x 285) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 21,7 Mo

  • Dans ce numéro : Woody Allen comme on l'aime.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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conversation 36 affaires culturelles interview express Cate Blanchett, comment s’est passée votre première rencontre avec Woody Allen ? Eh bien, on s’est rencontrés au téléphone, en fait ! J’étais dans ma cuisine à Sydney et il devait probablement être dans la sienne à New York. Ça a été très bref, deux minutes à peine : « J’ai écrit un film. Il y a un rôle pour vous. Je vous envoie le scénario, vous pouvez le lire et me rappeler après ? » Je l’ai lu et je l’ai trouvé incroyable. Le rôle m’a estomaquée. On s’est rappelés, j’ai dit : « Oui ! ». Il m’a dit : « Très bien », et ça a duré au moins une minute. (rires) Quel genre de directeur d’acteur est Woody Allen ? Je pense que 99% de sa direction se fait pendant le tournage de la scène. Toutes les clés, toutes les suggestions sont déjà là. Il a envie de voir ce que l’acteur va apporter. Il n’est pas du genre à venir vous voir en vous disant que vous avez mal fait. Il dit plutôt : « Non, ça, ça ne fonctionne pas. Essayons plutôt ça. » Généralement, il laisse faire, et n’intervient que s’il a vraiment quelque chose à dire. Votre performance est digne d’un Oscar. Vous y pensez ? Oui, c’est prévu (rires). Je ne sais pas quoi dire. C’est une si belle opportunité. Ce rôle est si complexe, à la fois douloureux, drôle et triste. C’était un vrai défi, et j’ai essayé de faire de mon mieux. On verra bien.30/09/13 A NOUS Pourquoi avez-vous choisi Cate Blanchett pour incarner cette femme en banqueroute financière et sentimentale, qui part s’installer chez sa sœur à San Francisco ? Woody Allen : J’ai commencé à écrire l’histoire et je me suis dit : « Mais où est-ce que je vais trouver une actrice assez douée pour jouer ça ? » Et j’ai alors pensé à Cate Blanchett. J’ai donc fini d’écrire avec l’idée qu’elle jouerait le rôle. Et j’ai eu la chance qu’elle accepte. Pour moi, elle a ce petit truc en plus, entre Tchekhov et Jean Genet. Woody Allen, filmeur de blues Tournant à la cadence effrénée d’un film par an, Woody Allen nous livre souvent le meilleur, et parfois l’exceptionnel ! C’est encore le cas cette fois-ci avec Blue Jasmine, ou la descente aux enfers d’une riche New-Yorkaise se retrouvant ruinée, magnifiquement campée par Cate Blanchett. Rencontre avec le réalisateur vedette et sa muse qui l’amuse. Texte : Fabien Menguy Pourquoi avez-vous choisi de parler d’une femme riche ? Parce qu’être riche ne vous rend pas plus heureux. Les riches ont aussi de terribles problèmes : ils souffrent, leurs enfants et leurs femmes les déçoivent, ils vieillissent et meurent comme tout le monde. Ils ont les mêmes problèmes que les pauvres. D’ailleurs, depuis l’Antiquité, et en passant par Shakespeare, le meilleur moyen de faire de bonnes tragédies, c’est de prendre des personnages riches. Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de filmer les femmes ? Lorsque j’écris quelque chose de sérieux, je pense aux femmes car elles sont plus émotives. Les hommes, avec leur côté macho, sont davantage dans le contrôle de leurs émotions. Ils n’ont que deux émotions, en fait : ils sont en colère, ou bien abattus. De ce point de vue, les femmes sont plus ouvertes, expressives. Elles sont fières, elles rient, elles sont maternelles avec leurs enfants, elles sont énervées ou hystériques, elles sont moins inhibées, et constituent donc de meilleurs personnages pour les drames. Vous réalisez environ un film par an. Sentez-vous déjà, lorsque vous écrivez, si vous tenez un chef-d’œuvre potentiel ou non ? Le plus souvent, je tâche de me convaincre que j’ai fait un très bon film, même si tout le monde n’est pas d’accord. Mais c’est important que moi, je le pense. Parce que je ne prendrais aucun plaisir si je me disais : « Oh, là, j’ai vraiment raté mon truc. » Il arrive que les gens n’aiment pas votre film, mais si vous, vous l’aimez, ce n’est pas grave. Par contre, s’ils se mettent à aimer un film que vous détestez, là, ça ne va pas ! Moi, je suis chez moi, j’ai une idée, et je me dis que ça va faire le meilleur film du monde. Je l’écris, je le tourne, et quand je le regarde… parfois, je l’aime bien. Quels sont vos films préférés dans votre filmographie ? Je dirais La Rose pourpre du Caire, Maris et femmes, Match Point, Minuit à Paris, Vicky Cristina Barcelona, Zelig. En revanche, je n’aime pas Le Sortilège du scorpion de jade. Il n’y en a pas beaucoup que je déteste vraiment, mais il y en a plein que je pourrais critiquer… Beaucoup… presque tous, en fait. Vous êtes conscient qu’on attend chaque année « le Woody Allen » avec impatience. Que ferionsnous sans vous ? Je pense que vous ne vous apercevriez même pas de mon absence. Vous iriez voir d’autres films, et au bout de deux ans peut-être, vous vous diriez : « C’est vrai, ça, au fait ! Qu’est-ce qui lui est arrivé ? » Mais c’est gentil de dire ça. Je suis très heureux que mes films aient un petit impact, surtout en Europe, car lorsque j’ai commencé ma carrière, tous mes héros étaient des cinéastes européens. J’ai toujours voulu être moi-même un réalisateur européen. Ce que je suis finalement devenu au file des années, d’ailleurs, car les Américains ne voulaient plus me donner d’argent.Blue Jasmine de Woody Allen, avec Cate Blanchet, et Alec Baldwin. Comédie dramatique. En salle actuellement.
Woody Allen et Cate Blanchett sur le tournage de Blue Jamnine Jasmine à New York. Mars Distribution *t. Son San Francisco Son San Francisco « En réalité, il y a deux côtes Ouest. San Francisco n’est n'est pas Los Angeles. Los Angeles est plutôt ennuyeuse. Pour moi, en tout cas. J'y J’y ai quelques amis, alors j'aime j’aime bien aller les voir deux ou trois jours, mais je m’ennuie m'ennuie très vite là-bas. En plus, il y a trop de soleil. San Francisco, par contre, ce n'est n’est pas mal. C’est C'est charmant, le climat change sans arrêt. Je pourrais y vivre. » Son New York « J'habite « J’habite et et j'adore j’adore New York. C'est C’est une ville très excitante. J'aimerais J’aimerais d'ailleurs d’ailleurs y tourner davantage, mais je suis surtout affaires culturelles MUSÉE R lb ODIN, 1ZR - 20 OCTOBRE CAMILLE CLAU• E 22 ŒUVRES DETIIÀ COLLECTIO'Hommage à l'occasion du 70 anniversaire de sa mort Programme et billetterie I musee-rodin.fr COMNAISSAKÉ I UE arts radunlassique ANOUS PARIS 37 financé en ce moment par des investisseurs étrangers... étrangers… et ma femme aime voyager en été ! Je viens de terminer un tournage de trois mois dans le sud de la France, et elle en a apprécié chaque minute. » Son Paris « Si je ne vivais pas à New York, je vivrais à Paris. J’aime J'aime y être, y passer le plus de temps possible. Je trouve toujours une bonne excuse pour y venir. J’ai J'ai voulu que mes enfants soient bilingues et ils parlent parfaitement le français. C'est C’est la ville que je préfère depuis la première fois où j'y j’y suis venu, en 1965. Elle influence mon travail, et fait partie de moi, je pense. »



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