A Nous Paris n°572 27 aoû 2012
A Nous Paris n°572 27 aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°572 de 27 aoû 2012

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 14,6 Mo

  • Dans ce numéro : C'est (presque) la rentrée

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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© XAVIER DESMIER présentent EXPOSITION PHOTO Jardin des Plantes — Paris 5 e 22 juin - 12 septembre 2012 LA VIE DANS LES « SUNDARBANS » Par XAVIER DESMIER LAURÉAT DE LA BOURSE PROFESSIONNELLE 2011 — LES PHOTOS FINALISTES 2012 Des PHOTOGRAPHES AMATEURS DU PRIX PHOTO MUSÉUM/NATIONAL GEOGRAPHIC CHANNEL Entrée libre – Tous les jours de 9h à 19h30 — www.photoparnature.com 32• AFFAIRES CULTURELLES SCÈNES TEXTES : MYRIEM HAJOUI drame « La Pitié dangereuse » Une passion ambiguë dans une ville de garnison autrichienne à la veille de la Première Guerre mondiale. GGGGG Edith est amoureuse d’un homme… indécis. Une histoire triste et banale qui aurait pu, à l’arrivée, virer au pensum. Mais voilà, adaptant le roman de Stefan Zweig paru en 1939, Elodie Menant en fait une tragédie lyrique : l’autopsie rigoureuse d’un amour, des faux-semblants et des complaisances dont il s’est nourri avant que d’en mourir. Car le bel oisillon (on la surnomme l’hirondelle tant elle est vive, légère et surprenante) est infirme. Le récit se concentre sur sa relation avec Anton, un séduisant lieutenant de cavalerie de l’armée habsbourgeoise dans une petite ville de garnison autrichienne en 1913. Ces deux-là se sont rencontrés lors d’un bal costumé organisé par le riche monsieur Kekesfalva en l’honneur de sa fille. Pris de compassion pour la belle paralysée, l’officier lui tient si fréquemment compagnie qu’Edith en tombe raide dingue. Lui ? Il souffle le chaud et le froid. Amour ou pitié ? Compassion ou passion ? La jeune femme se retrouve empêtrée dans une relation floue tandis que son quotidien l’anesthésie d’ennui. C’est là que le talent de Zweig fait mouche : pratiquant une virtuosité en creux concentrée sur une observation lucide, pénétrante et légèrement ironique de l’inertie du Viennois, qui selon lui « évite toujours instinctivement toute occasion de se décider », il ne craint pas de creuser les failles de ses personnages, épinglant la conscience collective 27/08/12 A NOUS autrichienne de l’époque. D’amples et complexes questions affleurent : quelle importance accorder au regard des autres ? Quelles sont les limites de la pitié ? Elodie Menant signe une adaptation théâtrale quasi cinématographique de ce roman dont elle a respecté l’esprit tout en trahissant subtilement la lettre. Ainsi a-t-elle occulté les nombreux monologues du lieutenant et usé d’insinuations dans les dialogues. Partant de telles prémisses, le spectacle avance sans chichis, plaçant la dramaturgie (soulignée par de la musique viennoise) dans un élan sec et tendu, à l’instar de cette bonne société habsbourgeoise rigide et aliénante. La mise en scène de Stéphane Olivié-Bisson tient une note de tension sur tous les tableaux et révèle une poignée d’acteurs au jeu subtilement grotesque : Salima Glamine, Jean-Charles Rieznikoff, Arnaud Denissol ou Maxime Bailleul, David Salles ou Roger Miremont. Quant à Elodie Menant, elle embarque tout, ne s’épargnant pas, avec une sorte de rage bienvenue. Un voyage sans retour du côté de notre face cachée, inavouable, ténébreuse.• Du mardi au samedi à 21 h 30, et les dimanches 16, 23 et 30 septembre à 15 h au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 6e. M°Notre-Dame-des- Champs. Rés. : 01 45 44 57 34. Places : de 15 à 30 €. Texte publié aux éditions l’Harmattan, disponible à la librairie du Lucernaire. Photo Olivier Brajon comédie « Ladies Night : The Full Monty en intégral » GGGGG Dans une région (le nord de la France) gangrenée par la crise, une bande de potes minés par le chômage décide de se lancer un ultime défi : faire un strip-tease comme… les Chippendales ! L’idée ? Se prouver qu’ils sont capables d’exister au-delà de leur détresse sociale, familiale et morale. Mais voilà : porter un string est une véritable leçon d’humilité, même si celui-ci est destiné à recevoir quelques billets bienvenus glissés par les spectatrices ! Sans compter qu’il faut aussi apprendre à se déhancher, à onduler de la croupe, à s’effeuiller lascivement, bref à braver le ridicule. Malgré la difficulté du pari et quelques dissensions, nos go-go boys resteront unis grâce à la belle et patiente Glenda, ex-danseuse, qui les soutiendra et les mènera jusqu’au show final. Sous couvert de la difficile gestation d’une comédie musicale, les co-auteurs Anthony McCarten, Stephen Sinclair et Jacques Collard rendent hommage à l’esprit démerdard et comique des classes populaires. Ce n’est pas de la haute couture, mais du prêt-à-porter fabriqué avec cœur : répliques dessalées, délires bien frappés et en séquence finale, un strip-tease intégral fun et torride dégoupillé par la chorégraphe Mélanie Dahan. Risqué mais plutôt réussi. Ce « Full Monty » version corons dit au passage quelque chose du désarroi de notre société. Les ficelles sont parfois grosses mais ce n’est pas très grave, parce que le casting est vraiment investi. Portée par une dynamique de groupe, la mise en scène de Thierry Lavat emballe le tout avec une tendresse ironique. Une comédie débridée doublée d’une ode claironnante à l’amitié, dont même l’amour pourrait être jaloux. Bref, un frisson idéal pour cette fin d’été.• Jusqu’au 29 septembre, du mardi au samedi à 21 h à l’Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 10e. M°République ou Jacques Bonsergent. Réservations : 01 40 20 40 25 ou www.alhambra-paris.com. Places : de 29 à 42 €. TR (- de 26 ans) : 13 €.
théâtre « Pour un oui ou pour un non » GGGGG Comment exprimer ce qui grouille derrière les mots, cette émotion infime, ce petit malaise innommable observé dans les failles du langage ? Cette question court depuis longtemps dans l’œuvre de Nathalie Sarraute (qu’on se souvienne du « Silence » ou de « Isma ») et trouve ici des développements passionnants. C’est sa dernière œuvre dramatique, la romancière-dramaturge a alors 82 ans et livre un opus emblématique, soit la quintessence de son écriture. Depuis 1932 et la rédaction des premiers « Tropismes », elle n’a eu de cesse d’ouvrir des pistes singulières. Son rayon ? Extraire la « langue du monde » de sa gangue illusoire, se défaire de la routine de la « communication », se libérer des grands mouvements logiques du théâtre traditionnel. Conception et réalisation : Direction de la communication - Conseil général des Hauts-de-Seine - n°licence : catégorie II -103 62 64/III-103 62 65 - © Pierre Jeanjean -PP - Juin 2012 Tout l’art de la dame est là : nous inviter à écouter des lambeaux de phrases captés à la surface du langage, ces petits riens, ces silences, ces mouvements physiologiques et psychiques souterrains qui ressemblent à la « vraie vie » évoquée par Rimbaud. Deux amis de longue date (des anonymes nommés H1 et H2) s’affrontent après une assez longue séparation. Motif du conflit : une intonation, une légère inflexion perçue comme condescendante : « C’est biiien… ça ! » Tout part de là et tout y revient sans cesse. La machine infernale est lancée : Nathalie Sarraute creuse le sillon de l’obsession, cette rumination paranoïde qui amplifie l’incident le plus banal. Nous voilà au cœur du drame sarrautien : une sensation de malaise qui effleure la AFFAIRES CULTURELLES SCÈNES• 33F Une amitié à l’épreuve des pièges du langage et de la communication. conscience, le sentiment d’une curieuse dissonance dans le rapport à l’autre. Chez elle, les rancœurs fendent l’air comme des cris dans la nuit et le silence est un chœur d’ultra-sons, bruissant d’intelligence. Mais ce qui n’était qu’une minime fissure va se muer en une véritable déflagration. H1 en ressort comme un « poseur » étalant sa réussite aux yeux de tous, et H2 comme un « faux poète » raté. Le dialogue échoue à dénouer la crise : dans cet entrelacs de dialogues à la chronologie bousculée, les questions ne Photo Lot trouvent pas de réponses. On pénètre dans ce spectacle comme dans un jeu de colin-maillard où l’on avance à tâtons, toujours dans la fausse direction. Le défi peut paraître insensé, René Loyon le relève avec éclat : sa mise en scène repose sur les expressions des comédiens (Jacques Brücher et Yedwart Ingey), aussi éloquentes que subtiles. L’espace quasi nu (signé Nicolas Sire) existe uniquement par leur jeu qui rend palpable l’insondable de la nature humaine. Du théâtre anti-effets : cruel, absurde, drôle, comme la vie.• Jusqu’au 15 septembre, du mardi au samedi à 20 h au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 6e. M°Notre-Dame-des-Champs. Rés. : 01 45 44 57 34. Places : 15 à 30 €. SPECTACLES GRATUITS EN PLEIN AIR JEUDI 6 SEPT. : 19h-23h30 VENDREDI 7 SEPT. : 12h-14h et 17h-23h30 SAMEDI 8 SEPT. : 17h30-00h Informations sur www.hauts-de-seine.net et www.ladefense.fr ou par téléphone au 01 41 91 26 79 La Défense Tours Circus est proposé par le Conseil général des Hauts-de-Seine et Defacto



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