A Nous Paris n°572 27 aoû 2012
A Nous Paris n°572 27 aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°572 de 27 aoû 2012

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 14,6 Mo

  • Dans ce numéro : C'est (presque) la rentrée

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28• AFFAIRES CULTURELLES CONVERSATION « C’est tellement difficile d’être parent... » Tim Roth en quête de vérité TEXTE : FABIEN MENGUY Après trois saisons dans la série « Lie to Me », Tim Roth, acteur caméléon, est de retour sur grand écran avec « Broken ». Un drame anglais dans lequel il campe un père aimant débordé par sa fille préadolescente et son voisinage pour le moins violent. Un rôle prenant pour ce comédien surprenant. Pouvez-vous nous expliquer le titre du film, « Broken » (« Cassé ») ? Tim Roth : Il peut renvoyer à beaucoup de choses. Ça peut évoquer un cœur brisé, mais je pense qu’ici c’est plutôt l’enfance de l’héroïne qui est dans cet état. Avec les drames qui se jouent dans son voisinage, elle perd son innocence, et tous les personnages du film se retrouvent cassés à des degrés divers. Dans le film, vous jouez un père avocat extrêmement attentif et compréhensif. Vous êtes comme cela dans la vie ? Je ne pense pas qu’on puisse être aussi bon que mon personnage, mais j’ai moi-même deux garçons et j’essaie de faire de mon mieux. En tout cas, j’adore les enfants et les enfants m’aiment bien. Mais en ce qui concerne mon personnage, on ne le voit agir que sur une courte période, et on ne sait donc pas ce que l’éducation qu’il dispense à sa fille donnera au final. C’est tellement difficile d’être parent… 27/08/12 A NOUS ses premiers souvenirs de cinéma « Pour moi, ce sont les « films du samedi matin ». On allait au cinéma pour voir toute la matinée des péplums ou des films avec des extraterrestres, accompagnés de dessins animés. La salle était remplie de gamins qui couraient partout, jetaient des trucs dans tous les sens et se bagarraient. J’adorais ça ! » DR Une trentaine d’années après ses débuts sous la direction de grands noms comme Stephen Frears, Mike Leigh ou Alan Clarke, l’acteur anglais retrouve le cinéma britannique avec « Broken ». Et est-ce que vous avez rencontré des avocats pour préparer votre rôle ? Non ! Je ne suis pas un adepte de la méthode Actors Studio. Je ne fais rien de tous ces trucs, je me contente de jouer. Le plus important, c’est d’analyser son personnage et d’imaginer comment il peut interagir avec les autres. On vous a aussi découvert récemment dans la série américaine à succès « Lie to Me », actuellement diffusée sur Paris Première et W9. Travailler à la télévision, qu’est-ce que ça change pour vous par rapport au cinéma ? Ça change tout ! Dans le cas de « Lie to Me », ce sont des épisodes unitaires et au début je n’aimais pas trop tourner ça. Mais au fur et à mesure, l’écriture et mon personnage se sont améliorés. Bref, c’est un travail différent, mais aux Etats-Unis ça n’a pas d’importance. Là-bas, un acteur peut faire aussi bien du théâtre, de la télé ou du cinéma. C’est bien, et plutôt sain de passer d’un univers à l’autre. Je n’ai pas l’impression que ce soit vraiment le cas en Europe, et c’est dommage parce que beaucoup d’acteurs perdent de belles opportunités. Par exemple, le fait de jouer dans une série cinq saisons de suite, ça permet d’explorer son personnage pendant cinq ans. Ça peut avoir du bon. Est-ce qu’après avoir joué ce psychologue capable de détecter les mensonges, vous savez quand quelqu’un ment ? Non, pas du tout ! Je n’ai jamais appris à deviner ça. Je sais que certains acteurs y arrivent, mais pas moi. Au fond, je préfère ne pas savoir. Alors, si je vous dis que j’ai aimé « Broken », vous ne savez pas si je dis vrai ? Non, mais je vous répondrai : « Eh bien, tant mieux ! » (rires) Ça tombe bien, j’ai vraiment aimé. Comme les sélectionneurs de la Semaine de la critique à Cannes, visiblement, puisque le film a été présenté en ouverture cette année. Qu’est-ce que ça représente pour vous ? C’était avant tout l’occasion de retrouver toute l’équipe du film et de servir de cavalier à Eloise Laurence, la jeune actrice du film, pour monter les marches. Elle était morte de rire ! J’ai aussi été président du jury d’Un certain regard. Et c’est difficile en tant qu’acteur de passer de l’autre côté de la barrière et de se glisser pour une fois dans la peau d’un critique. Savez-vous comment vous êtes perçu à Hollywood ? Objectivement, je dirais : simplement comme un acteur ! Je ne pense pas être une « movie star ». Je choisis mes rôles à l’instinct et j’accepte parfois de tourner dans des superproductions. Quand on fait ça, je crois vraiment qu’on peut survivre plus longtemps dans ce milieu. C’est très difficile pour une star de rester au sommet indéfiniment. Donc si vous voulez devenir un acteur, contentez-vous de faire l’acteur.
AFFAIRES CULTURELLES CONVERSATION• 29F Loin de ses habituels personnages de bad boys et de gangsters, Tim Roth joue dans « Broken » le rôle d’un avocat, père d’une adolescente de 12 ans dont la vie va basculer à la suite d’une agression. Qu’est-ce que votre rôle de méchant dans « Hulk » a changé dans votre vie ? C’était drôle à tourner, tout simplement. Mes mômes ont adoré que je fasse ça, et pour tout vous dire, j’ai accepté le film pour leur faire plaisir. Qu’est-ce qu’on vous dit quand on vous reconnaît dans la rue ? Malheureusement, on me demande trop souvent : « Est-ce que je peux faire une photo de vous ? » Et j’en suis arrivé aujourd’hui à un point où je réponds : « Non ! » C’est triste, mais avec les portables, le phénomène est devenu hors de contrôle. Les gens sont plus intrusifs qu’ils ne l’ont jamais été. Vous pouvez être en pleine conversation avec quelqu’un, et ils viennent tout de même vous interrompre. Qu’en est-il de votre carrière de réalisateur ? Je n’ai réalisé qu’un seul film, vous savez… (rires). J’aime bien « The War Zone », j’en suis très fier. J’en avais commencé un autre, mais j’ai dû arrêter car je n’ai pas trouvé les moyens de le faire. Et puis, réaliser un film, c’est un travail de longue haleine. Ça vous prend deux ans de votre vie, voire plus. J’essaie de mettre de l’argent de côté pour ça, mais pour l’instant je ne peux pas car j’ai mes enfants à élever. Quand ils seront indépendants, peut-être que filmo sélective « The Hit » de Stephen Frears (1983) « Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant » de Peter Greenaway (1989) « Vincent et Théo » de Robert Altman (1990) « Reservoir Dogs » de Quentin Tarantino (1992) « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino (1994) « Little Odessa » de James Gray (1994) « The War Zone » (réalisation, 1999) « Bread and Roses » de Ken Loach (2000) « La Planète des singes » de Tim Burton (2001) « L’Homme sans âge » de Francis Ford Coppola (2007) « L’Incroyable Hulk » de Louis Leterrier (2008) j’essaierai de nouveau. Parce que j’adore ça : réalisateur, c’est le meilleur métier que j’aie jamais exercé. Qu’en est-il de votre présence dans le film « Möbius » d’Eric Rochant ? Je viens de le terminer. Je n’ai qu’un petit rôle dedans, mais le casting est super : Emilie Dequenne, Cécile de France, Jean Dujardin… C’est un thriller avec de la romance et de l’espionnage. Ça promet d’être très exaltant. Et comment s’est passée votre rencontre avec l’oscarisé Jean Dujardin ? Je n’ai qu’une scène avec lui. Il est assis dans un coin de la pièce et moi à l’autre bout… et on ne se regarde même pas (rires). J’ai surtout tourné avec Cécile. J’ai adoré travailler avec elle. On s’est trouvés tout de suite. Un mot de conclusion ? Ayez une belle vie (rires). On va essayer…• « Broken » de Rufus Norris, avec Tim Roth, Cillian Murphy et Bill Milner. Drame. En salle actuellement. DR



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