A Nous Paris n°571 25 jun 2012
A Nous Paris n°571 25 jun 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°571 de 25 jun 2012

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 25,7 Mo

  • Dans ce numéro : Un été danse

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24• 25/06/12 A NOUS AFFAIRES CULTURELLES EXPO Le rêve de nature d’Ahae TEXTES: SONIA DESPREZ Il y a trois ans, Ahae, inventeur et homme d’affaires coréen de 69 ans, s’est mis à sa fenêtre, et, équipé du matériel photo le plus pointu, a commencé à capturer à travers son objectif les milliards d’images que la nature sauvage lui offrait. Ses photos arrivent à Paris, et avec elles, la singulière histoire de leur auteur. i nventeur, ayant déposé de nombreux brevets comme un procédé médical, ou du savon-papier, mais aussi exploitant de thé vert bio... Ahae n’est peut-être pas aussi connu que d’autres grandes familles coréennes comme les Samsung ou les Hyundai, mais son empire est puissant. Outre son esprit ingénieux et son talent pour les affaires, Ahae s’est tout jeune formé aux disciplines artistiques et a écrit de nombreux poèmes. Il a longtemps dessiné la nature, puis s’est tourné un jour vers la photographie. Il y a trois ans, il prend la décision surprenante de commencer à photographier systématiquement tout ce qu’il voit depuis l’une des fenêtres de son studio de travail, qui donne sur un coin de nature préservée traversé par de nombreux animaux sauvages. Equipé de 40 appareils de pointe, dont un objectif à la focale de 120 mm (rarissime et très lourd), il prend dès lors entre 2 000 et 8 000 clichés par jour ( !) , toutes les saisons. Gardant constamment sa fenêtre ouverte, même pendant les grandes chaleurs de l’été et les terribles froidures de l’hiver coréen, il fige le changement des heures, celui des saisons, et la faune sauvage dont il connaît désormais certaines habitudes. Très vite, il sollicite Keith Yoo, son fils cadet parti vivre et diriger des affaires à New York, et passionné de photographie, pour l’aider dans son entreprise. Ce dernier se met alors au service de l’idée qui émerge peu à peu du travail d’Ahae : produire à partir de photos choisies ensemble, et imprimées avec les procédés les plus avancés par « les meilleurs fournisseurs du monde », une grande exposition qui fera le tour du monde, et sera accessible à tous. Le but affiché par Ahae, philanthrope reconnu, est simplement de donner à voir la beauté, la richesse, la diversité d’un petit carré de nature, et d’ainsi contribuer à la conscience globale qu’il faut protéger cette nature pendant qu’il en est encore temps. Une société a été créée, dirigée par Keith Yoo qui sera le commissaire de l’exposition itinérante. Grâce à un riche réseau d’amis et un budget considérable, la nouvelle se répand, et plusieurs personnes et institutions se montrent intéressées pour accueillir l’exposition : la National Gallery de Prague, un centre d’art à Moscou, les jardins de la résidence officielle du Prince Charles, des lieux à Venise, New York... et le Louvre, à Paris, pour le Jardin des Tuileries. La tournée est lancée. Des milliers de personnes découvrent gratuitement Ahae et ses photographies. C’est désormais au tour du grand public de la capitale française. Un homme à sa fenêtre Impressionnantes d’un point de vue technique, les photos d’Ahae témoignent d’un amour profond pour la nature, d’un don d’observation hors du commun, et aussi d’une poésie intérieure et d’une grande forme physique (il n’utilise aucun trépied), qui ne démentent pas son septième dan de ceinture noire de taekwondo. Ce grand maître d’arts martiaux enseigne d’ailleurs dans son studio à des milliers d’élèves. D’un point de vue plastique, les clichés sont aussi empreints d’une certaine naïveté. Si certaines lumières sont spectaculaires (les photos sont à peine retouchées avant impression), les ciels, eaux, oiseaux, chevreuils se retrouvent aussi parfois perdus dans une composition incertaine, qui peut évoquer
AFFAIRES CULTURELLES EXPO• 25 Depuis son studio qu’il quitte rarement, Ahae photographie la nature et la vie sauvage (en haut, Libellules ; en bas, Sétaires). le travail d’un amateur très éclairé et formidablement équipé plutôt que celui d’un véritable professionnel, ou d’un artiste confirmé. Son projet et son geste s’inscrivent cependant dans une tradition née avec la photographie elle-même : en 1816, Nicéphore Niepce, embusqué depuis des jours à sa fenêtre, obtient la première image en « héliographie » dessinée par la lumière du soleil. « A l’époque de Corot, les peintres prirent conscience de l’existence et de la beauté de la nature, écrit à son sujet Anne Marie Garcia, conservatrice aux Beaux-Arts. Ils sortirent de leur atelier pour ériger en modèles vivants souches, taillis, mares, arbres... Les photographes les suivirent. Comme ceux qui accompagnèrent la conquête de l’Ouest américain, ils étaient seulement soucieux d’une nature sauvage, primitive, vierge et sans nom, absolue et intemporelle ; il fallut inventer avec les appareils pour la longueur des temps de pose, la saisie sur le vif... » Leur travail, en révélant la nature au grand public, aboutit à créer des zones protégées aux Etats-Unis. La démarche d’Ahae, qui essaie d’ouvrir les yeux à ses contemporains et de mettre son art au service de la planète, « n’est pas différente. » • entretien avec Keith YooKeith Yoo, 40 ans, est le fils d’Ahae et le commissaire de l’exposition. Comment Ahae se situe-t-il ? Il refuse l’appellation d’artiste ou même de photographe. Il dit simplement : « Je prends des photos. » Combien en a-t-il pris depuis qu’il est posté à sa fenêtre ? Deux millions. Sa renommée grandissante a dû susciter des sollicitations ? Oui, mais il reste chez lui. Il a voulu cette exposition mais ne s’est jamais déplacé pour la voir. Il dit qu’il a trop à faire avec © Ahae Press les photos. C’est quelqu’un de très humble, zen, délicat. Vous a-t-il donné des consignes ? Surtout une : « Dis bien aux gens que ces photos ont été prises de la même fenêtre. » L’exposition a un coût important. Avez-vous des mécènes ? Non. Nous finançons tout avec l’argent de nos différentes sociétés. Nous ne sommes pas intéressés par les pressions extérieures et souhaitons jouir d’une totale liberté. Ahae a-t-il un galeriste ? Non plus. Même si ses clichés, au fur et infos pratiquesDe ma fenêtre, photographies d’Ahae, exposition gratuite au Jardin des Tuileries-Musée du Louvre. Jusqu’au 23 juillet, entrée libre tous les jours de 10 h à 22h. Concerts gratuits (Orchestre Lamoureux et créations spéciales) les mardi 3 juillet à 19 h et mercredi 4 juillet à 20h. Entrée libre dans la limite des places disponibles, invitations à retirer à la boutique de l’exposition, pavillon du carré des Sangliers. Catalogue de l’exposition avec préface de Henri Loyrette, présidentdirecteur du musée du Louvre (192 p., 150 illustrations, relié et toilé sous coffret, 200 ¤), et recueil de poèmes d’Ahae aux éditions Assouline. à mesure des expositions, acquièrent une valeur certaine, la spéculation ne nous intéresse pas. Nous souhaitons simplement être acceptés par l’industrie, les medias, le public, qu’ils considèrent que son art est honnête. Vous venez de faire la « une » des journaux en rachetant entièrement Courbefy, un hameau du Limousin. Cela a-t-il un lien avec l’exposition ? Pas encore... Mon père avait entendu parler du village, et a voulu qu’on l’achète. Nous souhaitons y préserver les habitations et la nature, et revivifier l’économie locale. © Ahae Press © Ahae Press vendredi 29 et samedi 30 juin 2012 Les 15-20 ans investissent La Cinémathèque ! OLIVIER ASSAYAS PARRAIN DE L’EDITION 2012 Au programme : films, rencontres et concert Programme sur CINEMATHEQUE.FR La Cinémathèque française - Musée du cinéma 51, rue de Bercy – Paris 12ème AVEC LE SOUTIEN DU GRANDS MÉCÈNES DE LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE Sans titre (True Love), 1981-1983. Collection privée © 2011 Tim Burton



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