A Nous Paris n°569 11 jun 2012
A Nous Paris n°569 11 jun 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°569 de 11 jun 2012

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (260 x 360) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 20,8 Mo

  • Dans ce numéro : Tous fous de foot !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Photo Frank Loriou 48• AFFAIRES CULTURELLES CONVERSATION Dominique A, premières lueurs d’un succès public TEXTE: THOMAS SÉRON Lui trouve que son dernier album n’est pas plus évident que les précédents. Pourtant, « Vers les lueurs » connaît un retentissement qui le conduit peu à peu au seuil du disque d’or. Et davantage de médias s’intéressent aujourd’hui à Dominique A. La juste récompense d’une trajectoire exemplaire de vingt années ? Quoi qu’il en soit, le chanteur et ses musiciens – un groupe de rock allié à un quintette de vents – seront sur scène une bonne partie de l’été et, dès cette semaine, deux soirs au Casino de Paris. Au moment de sa sortie, il y a deux mois, on disait que « Vers les lueurs » serait en mesure de connaître un beau succès public. Est-ce le cas ? Dominique A : C’est le cas. C’est un disque qui marche bien, qui touche les gens. Dans la lignée de « La Musique » (2009,ndlr), on sent que l’auditoire s’élargit. Un nouveau public arrive. Et l’histoire est en cours : point de vue singles, l’album a encore quelques cartouches en réserve. Aussi, on commence à me parler de disque d’or... Ce qui serait une première dans ma longue carrière. 11/06/12 A NOUS à écouterLe dernier album, « Vers les lueurs » (Cinq7/Wagram), et les rééditions augmentées des albums précédents sur le même label. « Avec le nouvel album, les gens ont la sensation d’être enfin invités dans mon univers. » ses derniers achats de disquesSpain – « The Soul of Spain » : Intacts, immobiles, le son et la voix de Josh Haden, après douze années de silence, et un standard, « I’m Still Free ». Maissiat – EP 5 titres : A la croisée des chemins entre Bashung et Françoise Hardy, un disque brillant, qui donne vite envie d’une suite. Pour célébrer ses vingt ans de carrière, Dominique A donne actuellement des concerts lors desquels il joue son premier album, « La Fossette », et le nouveau, « Vers les lueurs ». Est-ce parce qu’il serait plus « lisible » que les précédents ? Je l’ai réécouté il n’y a pas longtemps et je ne trouve pas qu’il soit beaucoup plus évident que les autres, en fait. Bon, les deux premiers morceaux – « Contre un arbre » et « Rendez-nous la lumière » – contiennent des phrases très simples, voire un peu naïves. Sinon, j’ai l’impression que sur le reste du disque, je navigue – comme d’habitude – entre la clarté et une sorte d’hermétisme poétique. En tout cas, c’est un disque généreux : en voix, en musique et en temps – près d’une heure de chansons... Eh ben merci ! Ce qui change le plus, c’est peut-être l’instrumentation, à la fois profuse et énergique. Les arrangements ont un côté très ouvert. Et l’enregistrement est proche du live. Le fait que les choses ne soient pas trop produites est un contexte qui me convient bien. Peutêtre que les nouveaux auditeurs entendent ça avant tout. Car le fond des chansons, lui, n’a pas tellement bougé. A propos de la générosité, j’ai lu le commentaire d’une personne qui disait qu’avant « Vers les lueurs », elle avait l’impression que je donnais mes chansons à contre-cœur... Je
ne pense pas qu’on puisse être dans une position de retrait pendant vingt ans dans ce type de métier. Mais avec ce nouvel album, les gens ont la sensation d’être enfin invités dans mon univers Du coup, tu es toi-même invité dans davantage de médias, non ? En 1999, l’album « Remué » avait donné une image de moi très austère. Il m’avait fermé des portes. Mais, petit à petit, je crois que j’ai rectifié le tir. En ce moment, je bénéficie d’un bouche-à-oreille favorable, il y a une petite rumeur positive qui fait son chemin. Du coup, entre les médias et moi, le pont-levis est à nouveau baissé ! Tu as même fait « Taratata »... C’est une première ! Au bout d’un moment, des gens constatent que vous êtes toujours là, et les choses se passent. Mais c’est usant de lutter contre des suspicions, des histoires d’image. C’est pénible, car il devrait simplement être question de musique, de chansons... Es-tu toujours un peu méfiant à l’égard de la télé ? Refuserais-tu encore certaines émissions ? Je suis toujours un peu méfiant car je n’y suis pas très à l’aise... Bon, là ça va mieux car ces trois derniers mois je suis passé dans plus d’émissions qu’en vingt ans ! C’est amusant car on me dit souvent : « Vous vous faites très discret à la télé... » Mais c’est parce qu’on ne m’y invite pas beaucoup ! Ceci dit je me renseigne toujours avant d’accepter une invitation : quels sont les invités, à quelle sauce je vais être mangé, etc. ! Je ne me vois pas aller chez Ardisson par exemple : c’est de l’ordre de l’humiliation, vous n’êtes jugé qu’à votre capacité à en prendre plein la gueule, ou non. Ça ne m’intéresse pas, car c’est très éloigné des raisons pour lesquelles j’ai eu envie de me lancer dans la musique... Au bout du neuvième album, as-tu toujours le sentiment d’être un « faussaire », comme tu le suggérais en 1995 ? C’était plutôt sur le mode interrogatif. Aujourd’hui, je n’ai pas l’impression d’être dans l’usurpation ou la fausseté. Au contraire ! Quand tu rejoues en concert l’album « La Fossette » (1992) en intégralité – tu l’as fait ces derniers mois et tu le feras encore sur certains festivals cet été –, tu dis le faire sans aucune nostalgie... C’est vrai, je le fais avec plaisir mais assez froidement, comme si c’était des reprises d’un autre artiste (rires). Bon, rejouer « La Fossette » est une manière de remettre mon histoire en avant, d’indiquer d’où je viens. C’est aussi un exercice de style, avec un nouveau son, etc. Il y a des morceaux forts et d’autres que je juge pas terribles. Mais, même si j’ai parfois des difficultés à rechanter certaines phrases, et si je ne retrouve pas forcément la personne que j’étais quand j’ai écrit ces morceaux-là, l’exercice est concluant. Et « Le Courage des oiseaux », « L’Echo », « Sous la neige » et « Va-t-en » sont quatre piliers du disque qui ne m’ont jamais quitté. Tu participes à des festivals d’été importants - Les Francofolies, Les Nuits de Fourvière, Les Tombées de la nuit, Beauregard ou la Route du rock. En quoi le festival est-il différent d’un concert ordinaire ? En tant que spectateur, je ne suis pas très fan des festivals... En général, ce n’est pas là que je fais de belles découvertes. En tant que musicien, j’aime par-dessus tout les festivals dans lesquels on peut se produire dans une salle. Avec notre éclairage spécifique qui participe vraiment du spectacle. En plein air, à quatre heures de l’après-midi, je dirais que 40% de la magie du concert disparaît... Les festivals auxquels on participe cet été sont super. Mais parfois, je me sens un peu décalé par rapport à leur esprit : dans festival, il y a « festif », et j’ai souvent l’impression d’être le casseur d’ambiance... (rires) Ceci dit, si on joue la nuit et/ou dans un lieu un peu intimiste, ça peut très bien passer. En plus de la musique, tu as eu des propositions pour écrire et pour jouer au cinéma. Tu as répondu favorablement AFFAIRES CULTURELLES CONVERSATION• 49 ses derniers achats de livres « Hôtel de la solitude » de René Laporte : un court roman daté de 1944, où, dans un hôtel en bord de mer, les fantômes d’une splendeur déchue et un amour se heurtent à l’atmosphère délétère de l’époque. « L’Homme qui aimait les îles » de D.H. Lawrence : D.H. Lawrence, loin de n’être que le créateur de « Lady Chatterley », fut aussi un nouvelliste hors pair, comme en atteste cette fable un rien désespérée sur un collectionneur d’îles. Avec son dernier disque, Dominique A accède enfin à une reconnaissance plus large. aux premières, mais pas à une expérience d’acteur. En résumé, tu explores plus naturellement l’écriture que le jeu, le corporel ? En ce qui concerne le corporel, je dirai que la scène me suffit. Acteur, il faut que j’avoue : c’est un truc que je ne comprends pas... Ce que ça implique, entrer dans la peau d’un personnage, etc., m’est complètement étranger. Ecrire m’est plus naturel. J’ai l’expérience de l’écriture de chansons et de quelques chroniques. Et je suis davantage un gros lecteur qu’un grand cinéphile. Depuis peu, tu t’es également lancé dans l’écriture littéraire. Comment se sont passés tes premiers pas en tant qu’auteur ? « Un bon chanteur mort » (2009,ndlr) était à la base une commande à laquelle j’ai dit oui. Il s’agissait d’une réflexion sur mon processus de création en musique, d’un essai sur mon métier, l’origine de ma vocation, etc. Ca m’a un peu décoincé vis-à-vis de l’écriture. Et on m’a encouragé à poursuivre. « Y revenir », paru cette année, a été un travail de plus longue haleine : il y avait davantage un enjeu littéraire. Ecrire ce petit texte (96 pages,ndlr) m’a pris une année... La réaction des gens me donne envie de m’y recoller, mais ça ne va pas être simple. Que faire, qu’écrire, maintenant que je n’ai plus envie de continuer dans une veine autobiographique ? • Les 19 et 20 juin au Casino de Paris, 16, rue de Clichy, 9e. M°Liège. A 20h. Places : de 35 à 55 ¤. Photo Frank Loriou



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