42 n°5 juin 2009
42 n°5 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 22,6 Mo

  • Dans ce numéro : et si on réinventait Marvel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PORTNAWAK ARTICLE INVITÉ alors consécration, une chose est sûre en tout cas, tu t'en fous ! Voilà, tes zicos sont là, ils sont tous aussi tarés que toi, vous vous entendez bien, vous avez fait quatre soirées bières en quatre jours à mater des nanars depuis que vous vous connaissez, bref c'est le pied. Voilà de bonnes conditions pour créer une bonne alchimie. Troisièmement : Le nom et le logo du groupe Si vous voulez être connu, faut vous faire un nom (c'est bien connu ah ah). Vu que vous êtes de grands malades, vous devez choisir un nom qui aille bien avec votre mentalité : complètement flingué des zygomatiques, quitte à soulever le cœur de Familles de France. (t'es rebelle, souviens-toi). Votre nom de groupe doit être sans équivoque. Brutal, bestial, outrancier, pipi caca s'il faut (si vous jouez du grindcore un peu gore), bref, un nom qui annonce, encore une fois, la couleur. Deux choix s'offrent à vous : CANNIBAL CORPSE, OU LE STÉRÉOTYPE DU DEATH METAL Sans vouloir froisser les amateurs que certains sont, et que je suis, il est bon de dire certaines vérités (qui sont bonnes à dire) : Cannibal Corpse est le stéréotype du death metal. Soit vous optez pour le nom court et concis, style « in your face », mais qui interpelle suffisamment. C'est simple à retenir, et ça reflète l'urgence de ta musique (en gros que ça va tout péter sans traces de freinage). Exemples : Slayer, Aborted, Venom, Megadeth, Shitstorm... (À noter que les quatre premiers sont des vrais noms de groupes, mais pas le dernier.) Un petit plus, pour attirer les foules (et Familles de France) : faut que ça choque. Venom, Slayer, ces exemples sont gentils (bien qu'ils firent sensation à l'époque). Faut allez plus loin dans la boucherie ou l'horrible. Psychopathy, Gorer, Impaler... Abusez des noms évoquant des choses pas jolies. Créé à l'aube des années 1990 dans ce qui est le berceau du death metal, la Floride, Cannibal Corpse s'est distingué tout au long de sa carrière par un humour très gore, et des pochettes aussi explicites que leur paroles. Pour vous donner une idée, imaginez un film d'horreur de série Z ultra gore avec des cannibales zombies. Bon bah voilà, vous avez, à peu de choses près le thème des paroles du groupe. Un humour qui n'est pas du goût de tout le monde, car le groupe doit sa notoriété aux interdictions dont ils sont victimes dans bon nombre de pays. (Bouh la honte ! C'est que des nazis !) Dans certains, c'est interdit de concert, dans d'autres ce sont les trois premiers albums qui sont interdits. Même en concert. Voilà le stéréotype : de gros geeks fanas de films d'horreur à 25 $ de budget qui beuglent les pérégrinations de zombies tout en foutant un max de bordel ! Et la musique ? Ça reste du death metal, c'est spécial, brutal, par moment assez répétitif, mais ponctué de grands moments (cf les albums The bleeding et surtout Gallery of Suicide) Un groupe qui a été et est encore une énorme source d'inspiration et de respect de par le monde. Soit vous choisissez la voie jusqu'auboutiste, à savoir un nom long et compliqué, composé de plusieurs mots, sans rester mou du genou. N'hésitez pas à être excessif s'il le faut, ça vous fera sans doute marrer, mais aussi votre public (et avec un peu de chance Familles de France, s'ils ont un peu d'humour). Exemples : Moskito Profanator, The Glory Desecration Of The Damned, Putrefaction in Progress, Complete Extermination. Attention à ne pas faire trop long non plus, faut que ça tienne sur la pochette de votre album. Une variante, mélange entre la première option et celle-ci, c'est l'acronyme. Si vous avez un nom et que vous pouvez en faire un acronyme, c'est tout bon. Bon là par contre faut réfléchir un peu plus. Et la bière, c'est pas bon pour le cerveau. Une fois le nom en poche, reste plus qu'à l'écrire. À en faire un logo, afin d'ajouter une touche personnelle. Le coup classique quand on fait dans le metal extrême, est un nom de groupe illisible qui bave de partout, un vrai torchon. C'est la clé du succès, beaucoup de groupes de black metal se sont distingués par leur nom de groupe calligraphié (enfin, c'est un bien grand mot). Idem, vous pouvez la jouer super classe, avec symétrie du logo au niveau des lettres, afin d'avoir quelque chose de cohérent. Ou bien un truc bien immonde, sale, bête et méchant qui enfonce un peu plus le clou sur l'image véhiculée : brutale et sans fioritures. On va y venir à cette image de brutasse. Quatrièmement : l'image musicale et scénique Très importante lorsqu'il s'agit de sortir une démo, un EP, voire un album, et à l'approche de premières dates de concerts. Une musique brutale, c'est une chose, mais l'image personnelle qui va avec, c'est obligatoire. N'y allez pas par - 66 -
PORTNAWAK quatre chemins, tu veux un groupe qui déchire ? Alors parle de zombies mangeurs de bovins, imagine une invasion de mutants chevaux/corbeaux décimant la population Hobbit en Terre du Milieu. Sois imaginatif et laisse ton cerveau de dérangé psycho-sociopathe prendre le dessus. Tu peux aussi jouer le jeu du « caca lol prout pipi », à l'instar de Gronibar, illustre groupe de grind à connotation plus pr0n. Humour très pipi caca, des textes aussi courts que ravageurs, et un esprit de gamin de 6 ans. Il en va de même pour les pochettes. Il faut mettre le paquet, quitte à imposer un quota de poneys démembrés par des vampires Viêt-Congs. Certains des premiers groupes de death metal se sont illustrés par leur image extrême, qui a vraiment défini le genre death metal : pochette gore, le plus souvent à prendre au 28e degré, du sang et des tripes partout, une recette aujourd'hui éculée de fond en comble (et jusqu'au bout de l'intestin aussi), mais qui continue à faire mouche. Le plus célèbre exemple étant Cannibal Corpse, sans doute le groupe de death metal le plus connu au monde (voir encadré). Attention à ne pas non plus tout repomper. Il faut être un tant soit peu original. C'est bien marrant de faire les cons sur scène, avec des paroles cracra balourdes, mais faut que ça marque. D'où l'importance de la scène, véritable catalyseur de succès, pour peu que des gens susurrent à d'autres que ton groupe poutre des cerfs au sans plomb95. Bouger partout, exhorter la foule à se rentrer dedans (gentiment quand même), les faire chanter avec toi, voire les faire monter sur scène... Tu ne dois pas laisser le spectateur de marbre, put the stage on fiiire ! Yeah. Et voilà ! Ton groupe est fin prêt à assourdir la terre entière, et à ravager les salles de concert du monde entier. Ton groupe d'ultra death hardcore metal s'est distingué dans les médias pour soidisant « prôner l'orgie d'aliens dans du sang de chèvre » , avec des pochettes très sales. À toi maintenant les concerts de folies, les groupies et autres fêtes à la bière ! Et souviens-toi : stay brutal ! Draxx ARTICLE INVITÉ PROCHAINEMENT DANS VOS SALLES ! - 67 -



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