42 n°5 juin 2009
42 n°5 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 82

  • Taille du fichier PDF : 22,6 Mo

  • Dans ce numéro : et si on réinventait Marvel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CINEMA COMPARATIF LIVRES/FILMS bies/vampires, que va-t-il faire de ses journée ? Dans le film, quelle question, se balader dans les rues en grosse voiture à fond les manettes en chassant des biches au sniper, pourquoi ? Non, non, je dis ça parce que dans le livre, Robert Neville est plutôt du genre angoissé, alcoolique, se remettant constamment en question, pas trop à s’amuser à chasser la biche en voiture de sport, si vous voyez ce que je veux dire. On peut par contre saluer la volonté du réalisateur de ne pas complètement violer l’esprit du livre : Robert Neville fait en effet des recherches sur les mutations dues au virus. Seulement le film ne contient qu’un pâle ersatz des recherches organisées dans le livre ! J’y reviens tout de suite. Le dernier homme sur Terre a aussi le droit d’être un intello. Eh oui, Robert, en plus d’être un grand dépressif et dernier homme sur la Terre, aime bien faire des recherches scientifiques, du genre de « Mais peurkeua les vampires sont si méchannnnt ? ? 1 ». C’est d’ailleurs un des traits que le film a essayé, sans succès, de dépeindre. Seulement, on ne peut pas lui en vouloir, dans le bouquin la recherche est quand même poussée assez loin, ça aurait fait fuir le passant lambda (toute façon les passants c’est tous des cons !). En effet, le livre ne propose pas moins qu’une explication au vampirisme ! Il essaye de rationnaliser ce qui ne serait qu’une maladie, et détruit point par point le mythe. La peur du soleil ? Boah, rien qu’une sensibilité exacerbée de la peau La baignoire : le frigo de demain ! causée par la dépigmentation. La peur de la croix ? Rien que la peur de ne plus être « bon » pour le dieu que l’on chérissant en tant qu’humain, une sorte de réminiscence, quoi. Ainsi le fait qu’un pieu dans le cœur les tue et qu’un pieu dans le bras non ne serait lié qu’au fait que l’hémorragie soit plus grande et que, du coup, leur capacité de régénération ne puisse pas combler assez vite la blessure. Il y a aussi la peur du miroir, qui serait une peur des monstres qu’ils sont devenus (oui je sais normalement ils en ont pas peur, ils se voient juste pas, et alors ?) et la peur de l’eau qui n’est qu’une confusion psychologique avec le mythe des sorcières. Alors il ne fait pas que des choses inutiles, le Robert, il cherche bien sûr l’antidote à la maladie, mais dans une proportion bien moindre à celle du livre, et seulement quand c’est une femme qu’il aime qu’il veut sauver… Qui veut la guerre prépare des omelettes au fromage Cependant, Robert doit quand même leur rétamer leurs sales têtes de vampires de merde à ces sales vampires de merde, et pour ça, il a différents moyens à sa disposition, qu’il découvre au fur et à mesure, dans le livre : Noumber Ouane : Le pieu dans le cœur. Méthode qu’il connaît depuis le début (du livre en tout cas), elle est très efficace, seulement, comme un noob, il découvre au bout d’un moment qu’il suffit genre de faire une grosse coupure n’importe où, que c’est pas nécessairement le cœur qu’il faut viser… Noumber Tout : L’ail. Bon, ça tue pas, mais on peut dire que ça repousse « quand même vachement pas mal bien » les vampires, et je pèse mes mots. En effet, Neville en tartine les murs de sa maison qui est chaque nuit attaquée par les vampires. Noumber Tri : La lumière. Eh oui, tout simplement, et ce n’est d’ailleurs qu’à la fin du livre que ce débile pense : « Maismaismais ! Si ils sortent pas le jour peut être que c’est parce qu’ils n’aiment pas la lumière ? ? ! ! 1 ». Ces armes sont bien sûr différentes dans le film : Pour terrasser les zombies, Robert se tient en forme Noumber Ouane : La M4. Bien plus pratique que le pieu, salit moins. - 34 -
CINEMA Noumber Tout : Les explosions. Bien plus awesome que l’ail. Et puis on avait un buget de 150 millions de dollars, ça aurait fait trop d’ail ! Que votre nom soit sancti- BEUARK Aux States, Dieu est omniprésent, c’est un fait, il faut même jurer sur la bible en n’importe quelle occasion. Mais ils se sentent obligés de transformer un livre darwiniste en film bigot à en crever ! Bon j’exagère un peu mais la femme que rencontre Will ne jure que par lui, c’est lui qui apportera le salut, toussa, toussa. Et puis le camp de réfugiés à la fin, la première chose qu’on voit c’est une église… Ok, d’accord, le film ne regorge peut être pas de détails religieux, mais on est quand même loin du livre à la théorie darwiniste ! En effet, dans le livre, la réflexion sur l’origine du vampirisme est accompagnée de la réflexion suivante : les humains disparaissent (oui, à la fin Neville meurt, sans suivants), laissant place à un nouveau règne : celui des « vampires vivants », qui, contrairement aux « vampires morts » ont une chance de survie et créent même une nouvelle société. C’est la théorie de l’évolution, les plus faibles laissent leur place aux plus forts… I’m LEGEN… wait for it… wait for it… DARY ! Ces hollywoodiens, non contents de violer le livre, ont saboté son nom même ! Le « Je suis une légende » n’est ni un cri désespéré du dernier mégalomane de la Terre ni, comme dans le film, la marque "Je l'avais mis de côté ce bacon..." d’un héros qui s’est sacrifié pour le reste de la Terre, mais bien une légende à l’instar de celle du vampire, du loupgarou, etc… Nécessaire pour une société où le mythe des vampires a disparu (ben oui, forcément, il reste plus que ça, des vampires), Robert Neville est donc, à la fin, une bête de foire, et, sera plus tard transformé en histoire pour faire peurs aux gosses vampires : « Si tu manges pas ta soupe un humain va venir te manger ! » « Naaan ! Pas un humaiin ! ! *Slurp* ». Cette vision du titre est totalement eclipée dans le film, où Robert Neville n’est « une légende » que pour avoir trouvé le remède miracle à l’épidémie, seulement, et à la demande des fans du livres, une fin alternative a été tournée et est disponible sur la version DVD. Dans cette fin, le zombie qui casse la vitre dans la dernière scène du film dessine en fait un papillon avec du sang, faisant ainsi comprendre à Robert Neville qu’il veut récupérer sa femme (la femme du zombie ayant un tatouage de papillon sur l’épaule). Cette fin se rapproche plus de l’esprit du livre en ce que les zombies ne sont pas dénués de sentiments et peuvent quand même tenir des raisonnements, un bon point, donc, pour le réalisateur ! Enfin bon, ce n’est quand même pas une si mauvaise adaptation que ça… Ils auraient pu faire bien pire, malgré cette histoire de vampires transformés en zombies, de recherche scientifique avortée et de nom original violé… Et puis, Wills Smith ne joue pas si mal que ça ! (quoi ? une critique positive ? !) Non, je ne finirai pas mon article sur une touche positive d’abord : la faim dans le monde c’est mal. Na ! Mr Egg (insultes à misteuraig@gmail.fr) COMPARATIF LIVRES/FILMS - 35 -



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