42 n°28 déc 11/jan 2012
42 n°28 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 13,9 Mo

  • Dans ce numéro : OSS 117.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINEMA JAPANIMATION style. Il a été fasciné très jeune par le film français « La Jetée » de 1962 (qui inspirera fortement l’Armée des 12 Singes). D’ailleurs il fera une référence dans son film « The red spectacles » de 87. Comme Mamoru est un artiste multi-fonctions, il a des idées de livres, de mangas, de films et bien d’autres choses encore ! Mais il faut bien commencer quelque part et il se lance dans l’animation et rejoint le mythique Studio Pierrot. Keuwwwa ? Vous ne connaissez pas non plus ? Et vous vous prétendez geek et fans de DA japonais ? C’est le studio qui produit votre Naruto, votre Bleach ! ‘Spèce de pangolins atrophiés du bulbe ! Bon c’est vrai qu’au début, Pierrot faisait surtout dans la magical girl avec Creamy, mais ils se sont diversifiés ! D’ailleurs Oshii a beaucoup aidé. Pour la petite histoire, Pierrot signifie clown pour les Japonais, référence à notre Pierrot tout blanc (il a cependant une origine italienne de la commedia dell’arte avec Arlequin). En tout cas, Studio Pierrot au début des années 80 fait dans l’adaptation de manga en DA avec la série Lamu de Rumiko Takahashi (Juliette je t’aime, Ranma ½, InuYasha). Cette série est une sorte de comédie romantique burlesque. Plutôt loufoque à vrai dire, les Oni (une race extra-terrestre) veulent mettre à sac la Terre mais laissent une chance aux Terriens. C’est le malchanceux japonais Ataru (le dragueur flemmard) qui est désigné pour sauver la planète. L'épreuve consiste à toucher les cornes de la fille du roi des Oni : Lamu. Il y parvient, mais à cause d’un quiproquo, Lamu croit qu’il veut se marier avec elle. Donc, pour apprendre les us et coutumes de la Terre (enfin des Japonais), Lamu reste auprès d'Ataru. La série joue beaucoup sur les mots, les clichés et les situations ambiguës : d’où mon utilisation du mot « loufoque » au début. Pognon, marketing et plumage de pigeons. Le studio Pierrot marche bien et, finalement pour faire encore plus de fric, s'est décidé à produire un film sur Lamu en 1983. Oshii est aux commandes et suit l’univers déjanté à la lettre. Comme c’était sa première en tant que réal’, il n’a pas voulu sortir des sentiers battus tracés par la mangaka Takahashi. Ce film marche plutôt bien et rebelote, on en fait un second. Nous voilà au cœur de cet article. Oshii va réaliser Beautiful Dreamer. C’est là que tout va changer ! Oshii a une vision bien personnelle de la manière de créer ses histoires. Il a ses idées, ses visions, ses plans cam ! Son style est plus lent, plus réfléchi. Il demande souvent au spectateur d’utiliser son cerveau et ses connaissances. Il entrecoupe les lenteurs par des scènes d’action rapides, ce qui permet non seulement de ne pas s’ennuyer, mais aussi de rythmer différemment. On lui impose un univers qui n’est pas le sien à la base. (cela lui arrivera très souvent, on pourra l’aborder dans d’autres articles) Il ne peut pas s’en dégager, donc il va y imprimer sa signature, sa marque. Et c’est là que les fans de Lamu vont être dégoûtés, c’est que l'histoire est totalement atypique, voire différente de la série originale. Il y a certes des éléments comiques et farfelus propres à Lamu bien sûr, mais la confusion que génère l’histoire ne passe pas. Beautiful Dreamer commence durant les préparatifs de la fête des étudiants du lycée Tomobiki. Inutile de préciser que c’est l’établissement que fréquentent Ataru, ses amis… et bien sûr Lamu. Mais le jour suivant, on dirait que tout se répète… Sans que personne n'ait remarqué quoi que ce soit, l’infirmière Sakura observe l’état de fatigue extrême du surveillant. Celui-ci tente bien de lui expliquer son calvaire, mais ses propos ne sont pas rationnels. Selon lui, les jours se répètent exactement comme la veille. Après une longue conversation (et un plan cam vertigineux) où l’on remarque que des cigales chantent en plein hiver, l’infirmière pense que la réalité est détraquée. Elle décide de mener l’enquête, dont l’épicentre serait… le lycée de Tomobiki. - 34 (42lemag.fr) -
CINEMA Confusion entre virtuel et réel C’est un des thèmes préférés de Oshii d’ailleurs. Le film joue sur le fait qu’un rêve envahit la réalité, ou serait-ce l’inverse ? Un rêve qui se base sur la réalité se retrouve plongé dans des situations improbables ? La narration se déplace de temps en temps sur certains personnages, ce qui permet de donner plusieurs points de vue. Chacun appréhende différemment le nouveau monde. Ils se retrouvent seuls chez Ataru, dans une ville dévastée et vide d’habitants, dans une ambiance postapocalyptique. Pourtant l’électricité et l’eau marchent uniquement chez eux, et le magasin dispose encore des produits frais. Mendô passe ses journées en char et tente de mesurer ce nouveau monde afin d’éclaircir ce mystère. Pour les autres, ce ne sont que de grandes vacances jusqu’à l’éternité car ils sont libérés des contraintes de la société : il n’y a plus qu’eux. Leurs besoins physiques étant comblés, il n’y a plus que la joie de faire ce qui leur plaît. de ce conte, Oshii tente de parler de la notion du temps, de la mémoire des gens qu’ils ont entre eux. Est-ce que quelqu’un se souviendrait de vous ou de vos exploits si vous revenez après 300 ans ? De même, pour poursuivre sur l’histoire même de Beautiful Dreamer, comment interpréter un rêve ? Voir et différencier ce qui est uniquement du réel et ce qui est de l’ordre du fantasme et de l’onirisme ? Mais le sujet est si vague et si flou, même pour une conversation entre potes, comment l’illustrer en film ? C’est là qu'Oshii va frapper fort ! Paradoxe, mise en abyme & co. ! Parler de rêves alors qu'il s'agit de quelque chose de très personnel est un exercice difficile. Chacun voit ses rêves et les garde pour soi. Les décrire aux autres est compliqué car on est le seul à conserver dans sa mémoire ces images ou ces sensations. C’est donc périlleux dans le sens de la précision, de la justesse, et des interprétations que l’on peut en dégager. Personne ne pense sur la même base qu’un autre. Si j’associe la notion de transparent à l’eau, un autre peut l'associer au plastique. Cet handicap au départ, Oshii a su brillamment le tourner en sa faveur. C’est suffisamment général et bien vulgarisé pour que tout le monde puisse s’approprier l’idée et la développer de son côté. Le challenge est d’autant plus énorme qu’il n’est pas le créateur des personnages du film. Il lui a fallu distribuer minutieusement les rôles pour que cela colle, et donner une histoire brillante. Mais les fans, à ce moment-là, n’ont pas su l’interpréter. Ou alors, ils attendaient tant une suite lambda de Lamu qu'ils en furent désarçonnés de surprise. C’est cela, à mon avis, qui les a déçus. Bien que basé sur la série Lamu, il faut y voir quelque chose qui pousse plus loin. C’est l’avantage et le défaut du film : pas besoin d’être un aficionados du manga pour voir ce long-métrage, le comprendre et l’apprécier. Il n’en reste pas moins que c’est un dessin animé, donc graphique. Le génie d’Oshii est également d’avoir su trouver des moyens visuels pour représenter le rêve, le dysfonctionnement de la réalité. Je pense surtout à la scène dans le lycée Tomobiki où nos héros enquêtent sur les phénomènes paranormaux, avec le bâti- JAPANIMATION Je ne peux que vous conseiller de voir ce film ! Voilà pourquoi je ne spoilerai pas plus et garderai le fin mot de cette histoire pour moi ! Ceci dit, le final vaut le détour ! Ce film mélange tout un tas d’ingrédients. Des notions oniriques et psychiques, des cheminements logiques, tout en y mettant du fun et même des contes de fées ! Enfin, pour être plus précis le conte de fées japonais très connu, Tarôet la tortue de mer, est souvent repris comme référence. Par le biais - 35 (42lemag.fr) -



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