42 n°27 novembre 2011
42 n°27 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 91

  • Taille du fichier PDF : 19,0 Mo

  • Dans ce numéro : introduction à la cryptologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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IRL HISTOREEK Les Polonais font partie des bagages. L’équipe française est accueillie et part renforcer l’effectif du Bletchley Park, le centre de décryptage anglais. C’est un petit manoir tout tranquilou dans une banlieue chic de Londres. Cela n’a pas été choisi au hasard pour deux raisons : la première est qu’elle est hors de la capitale (environ 60km), ce qui fait baisser le risque de voir le centre détruit par un bombardement ; la seconde est qu’elle est à égale distance d’Oxford et de Cambridge, deux grandes universités pour y puiser les génies pour l’effort de guerre (matheux, joueurs d’échec, joueurs de mots croisés… Je plaisante pas !). Il y a tout de même près de 7000 personnes qui y travaillent sous le sceau du secret. Parler ne serait-ce que du centre est passible de la peine de mort. Pire que Fight Club ! D’ailleurs tout le monde a fermé sa gueule jusque dans les années 70-80. En somme, c’est ici qu’Enigma et Lorenz seront vaincus (et que l’expression "ultra confidentiel" apparaîtra également) ! Hélas pour nos Polonais, le travail de fond s’arrête ici, car ils ne sont pas rattachés à Bletchley et à l’équipe d’Enigma. Ils sont envoyés à Boxmoor pour bosser sur de la routine. On ignore encore la raison de ce choix délibéré. On ne peut que supposer qu’en voyant la menace nazie, les anglais ont décidé de tout prendre en main. Alan Strippdira d’ailleurs : « Les faire travailler sur le système Doppelkassetten, c'est comme demander à des chevaux de course de tirer des wagons » (traduction générale). M’enfin les travaux Enigma sont sous l’égide de Turing, ça ira très bien. Colossus de l'époque Histoire de finir sur l’épopée de Rejewski, il sera démobilisé en 46 et retournera en Pologne, faire plein de boulots sans rapport avec la crypto ou les maths. D’ailleurs les services secrets de Staline tenteront de le faire parler à propos de son passé d’officier polonais en Occident mais sans JAMAIS se douter de son vrai boulot sur Enigma. Rejewski ne parlera pas. En fait personne n’arrivera à le contraindre. Personne ! Même pas sa femme et ses gosses. On l’a su qu’en 1969 quand il a écrit ses mémoires. Encore un de ces héros de l’ombre, car sans lui, la 2nde guerre mondiale aurait été complètement différente. Tirez les premiers, messieurs les Anglais ! Churchill est le premier à avoir compris que pour résister aux nazis il faut éviter Cryptanalyses à Bletchley les pièges. Et pour ce faire, le meilleur moyen est de décrypter les messages adverses. Faut dire que la situation n’est pas brillante : l’Angleterre est le dernier pays libre d’Europe, et Hitler a décidé d’asphyxier les Anglais en coulant tous les navires de ravitaillement (c’est con d’être sur une île !). Churchill l’avait compris bien avant (putain ce mec était un génie). Si vous vous souvenez de vos cours d’histoire, c’est la bataille d’Angleterre avec les terribles U-boats allemands, leurs sous-marins qui (furtivité oblige) coulent tout navire sans crier gare ! C’est ainsi que tous les services de Bletchley reçurent cette instruction : « Bougez vos culs les mecs ! J’vous rappelle qu’on est assiégés ! ». Après tout les Anglais avaient compris assez tard l’intérêt d’Enigma, mais avec les travaux de Rejewski sous l’coude, Turing va faire des étincelles ! On lui attribue tout le mérite, mais faut pas oublier qu’ils étaient nombreux à travailler à Bletchley ! (les codes italiens, japonais…) L’idée était simple : décoder les messages entre le U-boat pour connaître les futures embuscades, et ainsi préparer et mieux répartir les unités de défense. Mais pour éviter que les nazis se doutent de quelque chose, il fallait aussi de temps en temps sacrifier des convois. Cela peut sembler barbare, mais réfléchissez un peu : si les Allemands découvraient qu’Enigma était percée, alors ils changeraient de méthode et Bletchley devrait recommencer à zéro. En temps de guerre, on ne peut pas trop se permettre de changer les habitudes de l’ennemi. Pendant ce temps sur la côté, ArthurC. Clark du service des radars regarde le ciel et rêve d’une aventure spatiale avec un rectangle noir (phrase hors de propos : checked). - 70 (42lemag.fr) -
IRL morceau et va aller se bastonner en Russie pour oublier. C’est la luuuuutte finale ! Jean Valentine montrant le fonctionnement d'une bombe crypto Turing parvient à recréer la bombe crypto et à l’améliorer grandement, ce qui permet de décoder plus rapidement les messages allemands et ainsi sauver plus de la moitié des convois en l’espace d’un trimestre. Les nazis mettent en place en février 42 un nouveau Enigma qui plantera pendant un court temps Bletchley. Court car en récupérant dans un U-boat coulé, les Américains filent le nouvel algorithme à Turing, qui remet alors rapidement les machines en marche. Faut ajouter aussi que les Allemands, sans le savoir, les aidaient beaucoup. Tous les messages entre les armées étaient encodés en Enigma. TOUS ! Allant des ordres tactiques, des déplacements d’unités, à la météo et joyeux anniversaires ! Ajoutez à cela que les cryptologues anglais étaient pas des manches et appliquaient l’analyse des mots probables. En gros quand vous espionniez les conversations de l’armée de l’air (la Luftwaffe), vous aviez plus de chance de voir les mots « stuka » et « panzer » apparaître (des avions) que « ornithorynque ». Comme vous vous attendez à ces mots, vous avez plus de pistes pour trouver la clef. Il y avait aussi les tests de routine que demandaient des commandants allemands à leurs opérateurs Enigma, comme envoyer un message qu’avec des « F ». Comme vous le savez maintenant, la lettre en clair ne sortira JAMAIS sous sa même forme en encodé Enigma. (cf : début de l’article). Cela donnait encore des indices aux Anglais sur les combinaisons journalières. Et enfin, la meilleure piste qu’avait Bletchley était de jouer sur l’erreur humaine. Eh oui, encore ! des mots génériques apparaître souvent comme « mon colonel » ou « führer » ; mais les analystes anglais ont découvert que certaines unités militaires allemandes avaient des tics de langage, qui consistait à toujours commencer leurs messages par les mêmes mots (« Wesh gros ! Tac tac, bien ou bien ? ») ou alors de terminer par les mêmes mots (« j’te kiffe grave ! »). On en revient donc à la même faille qu’avait exploité Rejewski des années auparavant. Je vous vois venir me dire qu’ils prenaient peu de précautions ! Mais n’oubliez pas que les nazis pensaient qu’avec un code à 10 puissance 20 de possibilités de clefs, c’était le plus sûr au monde ! Humainement oui, mais pas avec des machines ! Turing a fait construire plusieurs bombes crypto, et Bletchley a développé d’autres machines. Toujours est-il que la bataille d’Angleterre est gagnée, Hitler lâche le « Bon c’est pas tout ça, mais faut aller botter l’cul des fachos et des nazis en Europe » s’écria Roosevelt. Churchillacquiesce. « T’inquiète mon Teddy ! Mes gars à Bletchley ont déjà cassé le code Lorenz. Si Göring veut sa dose de coke, il ferait mieux de nous appeler en premier que son dealer ! On l’sait toujours plus vite que lui, lol ! ». Oui bon d’accord, cette conversation est imaginaire, elle n’a jamais eu lieu. Mais la blague sur la vitesse de décryptage ne l’est pas ! Intéressons-nous maintenant au code Lorenz. Il s’agit d’un code totalement différent d’Enigma, qu’utilisait Hitler pour parler avec les hauts commandants de l’état major nazi, le code secret des chefs. Son système (électromécanique) était un téléscripteur qui encodait en même temps le message, basé sur le code Baudot. Fonctionnant en binaire, chaque lettre était « découpée » en 5 bits envoyés sur 5 lignes en parallèle et était brouillée par deux jeux de roues dentées qui créaient des bits pseudo-aléatoires, le tout mélangé par une opération ou exclusive du texte clair. Pour simplifier : la machine encodait en Baudot XOR (non, c’est pas un super héros) et ajoutait un brouillard de bits qui servait à « enfumer » le texte pour le rendre encore plus illisible en cas d’interception et de décourager son élagage. HISTOREEK Bon c’est sûr qu’on peut s’attendre à voir Monument à Rejewski dans la ville polonaise de Bydgoszcz (oui c'est bien écrit) - 71 (42lemag.fr) -



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