42 n°27 novembre 2011
42 n°27 novembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de novembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 91

  • Taille du fichier PDF : 19,0 Mo

  • Dans ce numéro : introduction à la cryptologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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IRL HISTOREEK Et comme toujours, pour intéresser le lecteur, il faut commencer par un fail : le principe n’est pas une idée allemande, mais hollandaise. C’est l’ingénieur Hugo Alexander (ça sonne pas beaucoup néerlandais, mais bon) qui dépose le brevet en 1919 d’une machine à encodage électromécanique. C'est-à-dire un truc qui fonctionne avec de l’électricité et des rouages mécaniques, tout ce qu’il y a de plus physique (comme le flipper). Mais bon comme on ne « vole » pas les idées d’un scientifique, le Dr allemand Arthur Scherbius s’en est « inspiré » pour créer sa future machine et société à Berlin en 1923. L’idée de base était de vendre ces encodeurs à des diplomates pour un peu plus sécuriser leurs textos. Second fail de l’histoire, la société sera un fiasco. Mais la marine allemande s’y intéresse et se procure rapidos quelques versions D pour se faire la main. Ça fonctionne tiptop au point que l’état major l’adopte tout court vers les années 30 et s’en sert tout le temps en créant plus de 100 000 unités Enigma (et pour l’okaz on lui donne le surnom de machine M) ! Les raisons sont très simples : la machine est assez facile d’utilisation, pas trop lourde (elle tient dans une grosse boîte style attaché-case de l’époque) et elle encode et décode avec la même clef ! Donc pas besoin de se suer les miches. Et cerise sur le gâteau : il y a environ 10 puissance 20 possibilités de clefs. Autant dire qu’il est humainement impossible de décrypter le code pour l’adversaire. Les Allemands pensent donc Enigma inviolable. C’est à ce moment-là que les Polonais s’inquiètent. Bien qu’avec le traité de Versailles les Allemands doivent rembourser une terrible dette (qu’ils considèrent comme des diktats), la Pologne se souvient d’avoir pris suffisamment cher dans la gueule pour utiliser un proverbe bien connu : « chat échaudé craint l’eau froide ». Méfiance méfiance ! Heureusement en 1928, lors d’un mauvais transfert de valise diplomatique quelque part du côté de Varsovie, les Polonais mettent la main sur une machine Enigma commerciale. Ils comprennent tout de suite que les Allemands s’en servent massivement. Et grâce au système de traités entre la France et la Grande Bretagne, les alliés se filent entre eux toutes les infos qu’ils ont. C’est ainsi que les services français donnèrent à la Pologne toute une documentation et des rotors qu’ils ont réussi à pécho chez les Prussiens *EUH* les Allemands. Enfin, ajoutez qu’ils ont sous la main un brillant mathématicien : Marian Rejewski à qui on demande de monter une équipe pour décrypter Enigma. Brainstorming et fonctionnement Le code book d'enigma. En bossant comme des malades avec la technique de retro engineering (étudier et décortiquer une machine pour en comprendre son fonctionnement), Rejewski parvient à comprendre l’algorithme. Hélas comme la nature de la - 68 (42lemag.fr) -
IRL guerre espagnole… Et de voir arriver la 2nde guerre mondiale. Délocalisation forcée ! machine est de changer de clefs très facilement, il n’existe pas de « clef absolue » qui marcherait avec n’importe quel message. En effet le principe de la machine repose sur 3 rotors. Ce sont des disques qui bougent à chaque fois qu’une lettre est tapée et qui encodent petit à petit le message. La clef consiste à cranter sur une position précise ces rotors avant de rédiger le SMS. Bien entendu, pour que ça marche, il faut que l’envoyeur et le receveur travaillent sur la même combinaison (qui je le rappelle permet aussi bien d’encoder que de décoder). Voilà pourquoi l’armée allemande avait créé un « golden book » ultra confidentiel, livre référence qui indique quelles sont les « combinaisons » à utiliser par jour. C’est là que les Allemands vont commettre certaines gaffes qui aideront Rejewski à progresser. La première est sur le code lui-même en exploitant une de ses faiblesses : Enigma crypte toujours différemment une lettre d’origine. En gros quand vous tapez « A », vous êtes sûr que vous n’aurez JAMAIS « A » comme résultat d’encodage. Cela fait donc 25 possibilités au lieu de 26, ce qui n’est pas négligeable. La seconde gaffe qui est la plus grosse est une erreur humaine. Comme au début les Allemands n’avaient pas l’habitude d’encoder ainsi (c’était tout nouveau de le faire sur une machine qui bossait à votre place), d’une sorte de commun accord entre les soldats, l’émetteur répétait en début de message deux fois le même mot court (comme une vérification). C’est cette redondance qui permit à Rejewski de comprendre la logique du code, car même si Reconstruction d'une bombe de turing on ne connaissait pas le premier mot du message, on savait que le suivant était le même ! Et grâce aux manuels chouravés par les Français, on avait une piste pour découvrir le fonctionnement des rotors. C’est là que Rejewski a été brillant. Grâce à toutes ces connaissances, il a pu créer la bombe cryptologique, sorte d’ordinateur électromécanique. Chaque bombe est en fait 6 Enigma d’affilée qui permet de tester toutes les combinaisons possibles. Bon cela prenait quelques heures pour y parvenir, mais c’était bien plus rapide que de le faire à la main durant des semaines ! Le code a été donc vaincu par la force brute. En 1938, Varsovie avait 6 bombes crypto. Cela leur a permis de suivre la Tony Sale Les Allemands n’étant pas si cons, ils améliorèrent Enigma, passant de 3 rotors d’encodage à 5. Ils en profitèrent pour oublier cette sale habitude de répéter les mots, ce qui a eu pour effet de foudroyer sur place les Polonais car ils n’étaient plus capables de décrypter. Sentant le vent tourner dangereusement début 1939, les Polonais envoient toutes les données qu’ils ont à la France et l’Angleterre : plans et grille de fonctionnement des bombes crypto, copies des machines Enigma transportables, algorithme de décryptage… La totale ! Et pour achever le tout, durant l’été 39 ils détruisent toutes les machines bombes crypto de Varsovie ! Ils terminent le boulot fin août et ce fut juste, car deux jours plus tard Hitler envahissait la Pologne ! Rejewski et ses potes fuient donc via l’Italie qui était encore « neutre » à ce moment-là, pour foncer en France. Ils rejoignent alors le PC Bruno, la cellule de décryptage française, où ils rencontrent Alan Turing. Évidemment ils en profitent pour enseigner à tout le monde leurs connaissances du sujet et Turing repartira pour l’Angleterre content. Après tout ces travaux lui épargnent des mois de recherches préliminaires. Toujours est-il que le répit est de courte durée, car le moustachu en fureur nazi décide de contourner le mur Maginot des Français et d’envahir le pays du pinard et du fromage par une escale en Belgique pour se saouler un coup à la bière. Le PC Bruno file à l’anglaise chez les Anglais via Cadix (jeu de mot pourrave : checked). HISTOREEK - 69 (42lemag.fr) -



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