42 n°26 sep/oct 2011
42 n°26 sep/oct 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de sep/oct 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 87

  • Taille du fichier PDF : 20,4 Mo

  • Dans ce numéro : les jeux de Tower Defense en flash.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PORTNAWAK PÈRE MPPPFRCHIER, RACONTE NOUS UNE HISTOIRE le reste de sa vie sur cette île, abandonnant bien évidemment tout espoir de revoir un jour Kaguya, le palais construit pour elle n'accueillant finalement que de la poussière, des rats et des squatteurs roumains. Quant au dernier noble, sa tâche à lui est de ramener un coquillage venant d'un nid d'hirondelle (non, ne me demandez pas la logique là-dedans, je suis pas Japonais moi). Il commence donc à demander à tous ses serviteurs s'ils ont déjà vu un truc pareil, ce à quoi ils répondent tous par la négative, jusqu'à ce que l'un des enfants du domaine affirme avoir aperçu quelque chose qui y ressemblait dans l'un des nids sur le toit de la cuisine. Le maître des lieux envoie donc immédiatement ses serviteurs sur le toit, mais ils ne trouvent rien. Énervé, il monte donc à son tour malgré les protestations de ses hommes qui le mettent en garde contre le danger, et se met à farfouiller frénétiquement dans tous les nids qui traînent. Agacées de voir un sale humain déranger leurs nids, les hirondelles se mettent donc à lui picorer la gueule (comme chacun sait, les hirondelles asiatiques sont beaucoup plus violentes que leurs homologues européennes ou africaines), l'obligeant à battre en retraite. Mais juste avant de redescendre, il a le temps de remarquer un objet solide dans l'un des nids et se précipite dessus pour l'attraper, mais perd l'équilibre et s'écrase par terre comme une merde, la main fermement serrée sur sa trouvaille. Las, ce qu'il prenait pour un coquillage n'était qu'une vulgaire coquille d'œuf, et c'est la tronche couverte de jaune d'œuf et lacérée par les becs d'oiseaux (il est heureux pour lui que personne n'avait d'appareil photo à ce moment-là, sinon sa tête se retrouvait sur Facebook direct) qu'il est rapatrié par ses serviteurs pour soigner ses blessures. Bref, jugeant que Kaguya ne vaut pas qu'il risque sa vie de manière aussi ridicule, il abandonne à son tour l'affaire. Les cinq prétendants finalement écartés, Kaguya passe donc les années suivantes à prendre soin de ses parents adoptifs qui se font de plus en plus vieux. La renommée de Kaguya continue à s'étendre et finit par arriver à l'attention de l'empereur du Japon lui-même, qui curieux (et visiblement aussi fatigué de ses nombreuses concubines) décide d'aller voir de ses propres yeux si Kaguya est aussi impossiblement belle qu'on le prétend. Comme tant d'autres avant lui, il fait donc le voyage jusqu'à sa demeure, entre (sans se faire refouler, parce que c'est quand même le motherfucking empereur du Japon) direct voir Kaguya, et sans surprise, tombe immédiatement sous son charme. Il l'enjoint alors à venir le rejoindre dans sa cour, où elle aurait droit à tous les honneurs, mais Kaguya refuse, lui répondant que jamais elle ne pourra épouser quiconque de ce monde. Pas vraiment habitué à ce qu'on lui résiste, l'empereur insiste, parce que merde quoi, c'est quand même le motherfucking empereur du Japon, mais Kaguya lui explique que si jamais elle était forcée à le suivre à son palais, elle deviendrait une ombre, et joignant le geste à la parole, son visage commence à s'estomper, histoire de bien le faire flipper. La mort dans l'âme, l'empereur retourne donc chez lui sans Kaguya, et pendant les mois suivants entretient une correspondance avec elle, lui envoyant moult missives dans lesquelles il clame sa dévotion envers elle, ce à quoi elle répond par d'autres lettres où elle lui explique très gentiment qu'elle l'aime beaucoup mais qu'elle ne pourra jamais se marier ni avec lui, ni avec personne d'autre. En d'autres termes, le motherfucking empereur du Japon vient de se faire salement friendzoner. A la même époque, les parents de Kaguya remarquent que son humeur est en train de changer : elle passe parfois des nuits entières à regarder pensivement la Lune, et semble atteinte d'une grande tristesse. Un soir, son vieux papa la trouve en train de sangloter, et lui demande ce qui ne va pas. Séchant péniblement ses larmes, Kaguya révèle donc - 78 (42lemag.fr) -
PORTNAWAK à ses parents adoptifs son terrible secret : elle est en fait originaire de la Lune, plus précisément de la capitale lunaire Tsuki no Miyaki (ce qui signifie "La Capitale de la Lune", no shit sherlock), et ses jours sur Terre sont comptés. En effet, lors de la prochaine pleine lune, les émissaires lunaires viendront la chercher pour la ramener chez elle. Elle se languit donc de devoir quitter à tout jamais ceux qu'elle considère comme ses vrais parents et qui ont été si bons avec elle. Apprenant la nouvelle, l'empereur jure de faire tout ce qui en son pouvoir pour empêcher les envoyés de la Lune d'emporter Kaguya avec eux. Il dépêche donc son armée sur place, et le jour J, des centaines de soldats impériaux sont postés autour et sur le toit de la résidence de Kaguya, attendant de pied ferme les envahisseurs de la Lune. La nuit tombe, et alors que l'aube est sur le point d'arriver, une violente lumière aveugle toutes les personnes présentes, et la délégation lunaire fait son entrée. Face à la majesté des êtres célestes, les gardes se révèlent totalement impuissants et ne peuvent empêcher Kaguya d'aller les rejoindre. Les larmes aux yeux, elle fait donc des adieux déchirants à ses parents, et leur donne sa robe (pour la plus grande joie des centaines de troufions présents qui ont là une occasion miraculeuse de se rincer l'œil) pour qu'ils la gardent en souvenir. Les envoyés lunaires lui présentent ensuite une fiole d'élixir d'immortalité : elle en boit une gorgée, et décide d'offrir le reste en cadeau à l'empereur avec la lettre d'adieu qu'elle a rédigé pour lui. Pour finir, une robe de plumes est donnée à Kaguya par ses protecteurs célestes : en la mettant, toute sa tristesse et ses regrets disparaissent instantanément, et c'est ainsi qu'elle prend place dans le chariot cosmique et quitte ses parents en pleurs. Les soldats rentrent chez l'empereur, lui racontent ce qui s'est passé, et lui remettent les présents de Kaguya. Considérant qu'une existence éternelle sans Kaguya ne vaut pas la peine d'être vécue (le motherfucking empereur du Japon peut être un peu emo quand il s'y met), l'empereur ordonne à ses soldats d'emporter la lettre ainsi que l'élixir au sommet de la montagne la plus haute du Japon, et de les y incinérer, dans l'espoir que la fumée s'élèvera jusqu'à la Lune. Et c'est ainsi qu'encore aujourd'hui, des cars entiers de touristes japonais font chaque été le voyage jusqu'au sommet du mont Fuji pour voir de leurs propres yeux le message de l'empereur qui continue de se consumer, tentant en vain d'atteindre les hauteurs célestes. On retiendra alors le principal enseignement de ce conte : il y a plus de 1000 ans déjà, les Japonais avaient déjà compris que pour rendre systématiquement awesome n'importe quelle histoire, il suffit de rajouter des extra-terrestres et des vaisseaux spatiaux. Putains de génies. Mppprrrrfffffchier PÈRE MPPPFRCHIER, RACONTE NOUS UNE HISTOIRE - 79 (42lemag.fr) -



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