42 n°23 avril 2011
42 n°23 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 81

  • Taille du fichier PDF : 19,9 Mo

  • Dans ce numéro : world invasion, battle Los Angeles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BD/COMICS LITTÉRATURE fait cela. Bien sûr le steam vient de par le fait que l’homme maîtrise le fer et que c’est cela que recherchent les extraterrestres, mais la plupart des descriptions du livre sont surtout le mélange métalorganique, donnant des choses incroyables… et des fois répugnantes. Par exemple pour communiquer entre eux, les bureaux utilisent des fourmis pondeuses de la taille d’un chihuahua pour transporter les pneumatiques (urk !). Et je parle pas de la nef entre la Terre et la Lune. De plus, la puissance (militaire) de notre despote Napoléon vient tout de même du savoir des Ishkiss, et ce n’est pas exactement sur la vapeur. Voilà pourquoi les descriptions de la base Cyrano donnent quelque chose d’assez complexe à saisir au premier abord (l’un des points négatifs du livre). Point faible, qui est plutôt un point à double tranchant : l’Histoire de France. Positif si vous être très calé. Il ne vous est pas demandé d’avoir une connaissance terriblement approfondie de notre passé, mais si vous ne savez pas quelques bribes de choses sur nos héros et personnages, vous ratez des subtilités quelques fois. Cela ne gâche pas l’histoire en elle-même ceci dit (que je tais jalousement : allez le lire après avoir fini ce 42 !). La fin pourrait sembler manquer de punch car on vous laisse sur certains mystères qui ne seront pas vraiment dévoilés, mais d’autres personnages que vous connaissez : si ! La fin est suffisamment explicite pour deviner qu’il y a une suite. Génocide galactique Le 2ème livre se nomme « La Lune n’est pas pour nous » avec cette fois-ci Léo Malet et Albert Londres. Le titre est dès le départ un clin d’œil à Léo et son livre « Le Soleil n’est pas pour nous » qui est lui-même le second d’une trilogie. En revanche le coté tragédie grecque n’est pas aussi exploité, car il s’agira une nouvelle fois d’infiltration. Sur la Lune, tout baigne ! Les sélénites vivent très bien avec les Ishkiss et cela semble bien prospérer, coupé de la Terre. Cependant sur la planète bleue, c’est le bordel intégral. La chute du tyran Napoléon a fait plonger la France et l’Allemagne en a profité pour attaquer et faire carrément main basse sur toute l’Europe ! Inutile de vous dire qu’il s’agit d’un petit caporal en fureur avec une moustache ridicule qui mène la danse à la différence qu’il ne veut pas s’en prendre aux juifs mais aux sélénites. Vous avez donc saisi : la seconde guerre mondiale s’est déclenchée plus tôt et les nazis ont gagné. La France est embourbée dans un merdier complet : les allemands imposent des diktats trop exigeants : du pognon, des ressources et surtout quasiment toutes les énergies possibles pour alimenter le bouclier de protection électrique de Germania, la nouvelle capitale allemande (qui ressemble plus à Metropolis de Fritz Lang). Précisons tout de même que notre pauvre pays a sombré dans le fascisme. Léo Malet, petite frappe anarchiste et cambrioleur à ses heures, parvient à extirper un document du coffre d’un certain Pétain. Cette découverte le mènera à une aventure incroyable, car rattrapé par Albert Londres ils iront alors en catimini sous couvert d’un groupe d’acteurs français à Germania pour tenter d’en savoir plus. Inversions de beaucoup de faits sur la seconde guerre mondiale, il n’en reste pas moins qu’on « rencontre » bien des personnages de culture comme Carrette Fresnay Gabin ou Leni Riefenstahl. On voit bien plus de personnages politiques et militaires comme Blum, Pétain, Maurras ou Doriot. Encore que pour lui ça fait - 56 (42lemag.fr) -
BD/COMICS d’un fusil ishkiss. On arrête un pauv’balayeur des studios Sun Records de Memphis, un certain Elvis Presley. Là, ce livre est assez mitigé. Il est bon car niveau description des USA années 50, Heliot s’en est donné à cœur joie. Ça fourmille de détails et de personnages populaires. Beaucoup trop ! Y en a qui servent à rien ou qui ont été tournés au ridicule juste pour faire un gros délire. Gobbels qui a filé là-bas, a fondé l’agence de communication de masse Stephens, Tate & Goebbels ; Walt Disney encore plus réac’que d’habitude ; Nixon, lavette crétine congénitale et je parle pas de JFK ! Remarquez que niveau français c’est pas mieux avec Monsieur Hulot comme espion sélénite. En fait on sent que Heliot voulait mettre plein de choses car il maîtrise et adore les années 50 américaines … et s’est laissé emporter. Il y a par exemple trop de clins d’œil. J’en ai certainement loupé plein, mais j’avais repéré une référence à un sketch de Fernand Raynaud durant une conversation avec Disney (vous m’expliquez le lien ?). LITTÉRATURE très bizarre car en réalité c’était un farouche communiste, et le voir en ministre de l’intérieur facho n’est pas logique, à moins que ce soit un contrepied fait exprès ? Ce gouvernement fasciste français colle pas mal à celui de Vichy. On voit aussi les têtes de l’armée allemande comme Hitler (pas très réussi) Himmler, Göring pété à la coke (mais ça on le savait déjà) etc... Il y a même Von Braun et surtout Zuse, l’un des pionniers de l’informatique. Le souci est qu’il y a beaucoup trop de transformations étranges vis-à-vis de la technologie ishkiss en décrépitude. Disons qu’il y a beaucoup d’arrangements que j’ai eu du mal à saisir. Mais à part cela, la tension, l’aventure et le suspense sont bien plus puissants et tiennent plus en haleine que le livre précédent, mais faut dire que cela commence très vite ! Le rédac… euh l’auteur s’est visiblement bien plus amusé à taper dans l’imaginaire (ce qu’il advient de Paris est assez déroutant). Heilot s’est même marré en faisant uneuchronie à sonuchronie. Il est question un moment d’un livre où les Ishkiss ne seraient jamais venus sur Terre. Il y est donc décrit notre vraie Histoire. Comme pour le livre référence de Malet, ce tome est bien plus sombre. Bien entendu je ferme ma gueule pour vous laisser découvrir le bouquin (incroyable ! 42 incite à la lecture !). Sa fin laisse moins transparaître une suite, c’est pour cela que j’ai été agréablement surpris de voir le 3ème volume. Téléphone maison ! Les années 50. La Lune n’est plus, les sélénites se sont barrés. La France se remet petit à petit mais c’est très dur, d’autant plus que cette fois les américains prennent leur revanche et deviennent la première puissance du monde (pourquoi pas les russes, histoire de changer ?). Espion tueur pour la France, et fan de jazz quand il a le temps, nous suivons cette fois-ci Boris Vian comme héros avec l’argot des années 30-40 en toile linguistique. Il est chargé d’éliminer Rommel de l’Afrikacorp qui est resté planqué là-bas après la chute du Reich. Celui-ci a viré mystique et bien que Boris réussisse sa mission, quelque chose ne colle pas. On l’envoie donc aux USA surveiller un certain commandant Bob qui tirait les ficelles de Rommel. Prétextant être un journaliste du Time (encore un journaliste ?), Boris arrive le jour même où le président Eisenhower se fait péter sa gueule à Dallas par un sniper armé Vous ajoutez à cela une utilisation un peu trop massive de l’argot. À la base ce langage a été inventé par les petites gens de Paname (la plèbe quoi !) pour pas se faire comprendre de la police et se démarquer (tout comme les weshs de nos jours avec un néo-verlan très poussé). Dans le livre, Boris abuse de ce vocabulaire. Cela donne durant les scènes de baston ou d’infiltration des répliques cocasses qui collent super bien ou donnent un effet comique. Mais quand il s’agit de drague, alors là … Et puis ce n’est pas un vocabulaire adapté à tous les niveaux de conversation. Quand on commence à philosopher, ça devient énervant de chercher à traduire les approximations en oubliant le sens de la phrase (sans compter que c’était quelque chose de limité). En tout cas ça donne un effet de personnage mal défini, ce qui est dommage car l’idée de lancer un français dans l’american way of life de cette décennie est bien. Pour résumer, le 3ème est plus pâle que les précédent dû à l’excès, mais se laisse très bien lire. L’histoire tient bon la route (bien que l’action contre les mafiosis est un peu douteuse) et la fin est encore assez ouverte, une nouvelle suite est possible. Les années 60-70 ? Tontons flingueurs et barbouses d’Audiard ? Flower Power ? Bobcat - 57 (42lemag.fr) -



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