42 n°23 avril 2011
42 n°23 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 81

  • Taille du fichier PDF : 19,9 Mo

  • Dans ce numéro : world invasion, battle Los Angeles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINEMA mère et l’ancienne petite amie de Dave. DOSSIER (RE)DÉCOUVERTE Mais pour ne pas perdre trop face au livre, le film possède des éléments bien réutilisés comme le freinage aérodynamique. Vous avez compris que dans le livre ce sont les chinois qui font cette manœuvre, eh bien dans le film ce sont les russes. De plus la rivalité américanorusse est très bien rendue. Fort heureusement la grande révélation sur la folie de HAL est gardée dans le film (c’est ce que tout le monde attendait). Clarke explique par le biais de Chandra que son dérèglement est dû à deux instructions contraires : la première est que HAL ne peut pas mentir, il doit tout dire aux humains. Pourtant l’ordre de mission secrète imposé par la Maison Blanche lui interdisait de parler à qui que ce soit de la découverte de Tycho et du monolithe de Jupiter. Il ne pouvait donc rien dire à Dave et Franck, qui eux ne croyaient qu'à une simple mission d'étude de la planète. D’où certaines questions étranges de la part de HAL dans le 1er film. Il a tenté d’interpréter pour se libérer de la boucle de Möbius… et de cela ont résulté les faits de 2001. Floyd qui croyait être responsable du désastre est fou de rage car le gouvernement ‘ricain l'a court-circuité, et quand ça a mal fini, il a été sacrifié comme un vulgaire bouc émissaire. De la folie à la disparition en un clignement d’œil J’aborderai surtout les plus grosses prises de chou de l’œuvre de Clarke : HAL en mode berzerk (lol pour un ordi) et ce qui est advenu de Dave. Au sujet de la folie de HAL, bien qu’expliquée au-dessus, il faut savoir qu’entre le premier film (1968) et le second (1984), un bon nombre d’années les sépare. Durant ce temps-là, les spéculations entre fans allaient bon train … et encore maintenant pour ceux qui ne s’arrêtent qu’à 2001. Beaucoup de kevins ont supposé que la folie de HAL venait de son égocentrisme. En effet, il observe les deux humains que sont Franck et Dave … et les voit « de haut », ces petites créatures qui sont obligées d’utiliser des outils pour se débrouiller, alors que lui est un ordinateur rapide, efficace, logique et automatique. L’ennui de cette hypothèse est qu’elle est démontable par le fait que ce sont les humains qui ont créé HAL. Donc il ne peut sur tous les plans être supérieur à eux. Non seulement un ordinateur n’est pas capable de se transcender, mais de plus les humains sont tout de même les créateurs des ordinateurs … Ils sont et seront toujours les premiers. Argument lui-même contre-attaqué en spéculant sur le fait que ce sont les extraterrestres qui ont créé tout cela car ils sont à l’origine de la vie sur Terre. Argument démontable très facilement par le livre ou le film car le monolithe n’a jamais créé la vie sur Terre, il n’a fait que tester leurs aptitudes, les incliner à s’en servir pour évoluer. On peut également ajouter les outils. Le monolithe n’a jamais forcé les singes à combattre l’autre tribu avec des bâtons ou des silex/outils : il n’a fait que tester leur adresse avec, et les singes s’en sont souvenus pour le combat du point d’eau. En somme il a suggéré, mais jamais créé ou imposé. C’est certes un coup de pouce, mais pas une création. De toute manière l’argument de l’égocentrisme de HAL suppose qu’on lui octroie toutes les caractéristiques humaines … alors que ce n’est qu’une machine créée de toute pièce. Machine logique et pensante mais sur les bases qu’on lui a imposées et dont elle ne peut se dégager. Donc l’argument « ego » tombe à l’eau. De toute façon, l’explication donnée pour Clark dans 2010 est plus logique, plus rationnelle et a le mérite d’être simple et très efficace. La boucle de Möbius créée par deux ordres contraires et sans aucune fuite possible (car la mission est primordiale pour HAL) rend le sujet évident. En revanche ce qui m’intrigue ce sont les manifestations physiques du trouble de HAL : le module de l’antenne, objet vital pour communiquer avec la Terre. Clarke s’est sans doute inspiré des troubles humains. Il n’est pas rare - 44 (42lemag.fr) -
CINEMA qu'une personne très troublée mentalement sente des manifestations physiques. Tous les psy le savent (stress engendre douleur musculaire etc). LE JEU DES CLIN D’ŒIL ! Clarke voulait-il rendre HAL plus « humain » aux yeux des lecteurs ? Ou bien juste les aider à trouver une voie pour comprendre mieux la situation et l’histoire ? En effet l’antenne est l’objet le plus important pour la mission car c’est ce qui permet la communication avec la Terre. Sans cela Discovery devient un vaisseau naufrage. Bien entendu des gens ont dit que c’était trop simple de voir la défaillance sur CET organe précis, car c’est ce qu’il y a de plus vital. Mais il ne faut pas oublier que cette histoire était totalement atypique pour l’époque et qu'elle ne respectait pas les habitudes classiques de la science-fiction. Prenons même le cas du cinéma, le sujet d’une entité électronique qui pense par ellemême a toujours été un sujet bizarroïde à comprendre pour les spectateurs néophytes qui n’avaient pas l’habitude du sujet. Avant 68, un robot ou une IA était vu comme un énorme machin de fer, lent, dandinant et maladroit, à la limite du méchant et agressif, avec une voix très métallique. Kubrick, pour casser ce préjugé, a décidé de donner une voix d’acteur de théâtre canadien à HAL. Une voix d’homme, d’un timbre neutre mais très humaine et totalement intelligible, qui peut faire de grands effets d’intonation… le rendant phonétiquement plus proche de l’humain (mais PAS humain à cause du timbre quasi monocorde). Toute soluce digne de ce nom se doit de livrer quelques easter egg. En voici 3 trouvables dans 2010. 1er : Clarke a mis un clin d’œil à un autre film de science-fiction dans son livre (oui oui DANS son livre). En effet quand Curnow et le cosmonaute russe entrent dans le Discovery pour la première fois, l’américain lui dit de ne pas aller chercher le chat. Pour ceux qui manquent de culture cinématographique demandez à bebealien mais n’oubliez pas qu’il n’aime pas la fonction « Replay » (là normalement vous devriez trouver !). DOSSIER (RE)DÉCOUVERTE Venons maintenant à un autre point tout aussi mystérieux : ce qu'il advient de Dave durant son observation du monolithe. Beaucoup de gens ont pensé qu’il a été propulsé à la vitesse de la lumière vers un autre endroit de l’espace par le monolithe, qui faisait alors office de « porte ». La vue des lumières de couleur qui convergent, l’œil de Dave qui cligne dans le film. Vision kubrikienne de la vitesse de la lumière ? Hélas non, car comment expliquer qu’il se retrouve dans une pièce qu’il connaît ? Qu’il passe par les stades de la vieillesse… avant de renaître ? Les extraterrestres s’amusent-ils aux dépends de Dave ? L’explication est plus simple, mais plus dure à admettre par les lecteurs peu habitués : Dave se fait aspirer par le monolithe… qui le transforme petit à petit en énergie pure. L’espace de la pièce est l’espace mental de Dave, les meubles, ses souvenirs. Le monolithe les lui prend 2ème : Origine du nom HAL. En effet beaucoup de gens ont supposé que son acronyme est formé par un déplacement de lettres de IBM. Clarke ET Kubrick ont toujours démenti de faire référence à cette marque et ont toujours clamé que c’était une invention pure, une simple création par association de mots. Il est à noter que IBM a participé activement au premier film (pour les effets spéciaux ainsi que pour le matériel « high tech » visible dans le film tel que le clavier d’un IBM 360 dans le Discovery). Clark, histoire de faire bien comprendre que HAL n’a rien à voir avec IBM, a enfoncé le clou dans son second roman avec un dialogue entre les russes et les américains, spécialement le professeur Chandra (concepteur de HAL) qui s’insurge sur la signification et la fausse mainmise de IBM dans les systèmes. La colère de Chandra est donc celle de Clarke, mettant le point final sur cette histoire. L’acronyme est donc une invention totale et n’a rien à voir avec Deep Blue ! Clarke avait donc décidé de faire taire les gens en apportant la vérité directement dans son livre. Personnellement je trouve cela fort car en soi il n’était pas obligé. 3ème : C’est dans le film que ça se passe. Peter Hyams a voulu faire un hommage aux scénaristes de 2001, et pour cela il a trouvé une astuce très maligne ! Lors de la scène dans l’hôpital sur Terre, on voit une infirmière qui attend derrière un comptoir. En observant bien il y a un journal « The Times » dessus où l’on voit sa couverture. Comme le film se passe en pleine guerre froide tendue entre les USA et l’URSS, il y a les visages des présidents russe et américain. Le clin d’œil est en réalité, le visage de Clark représente le président américain sur la couverture (reconnaissable à ses lunettes) et Kubrick représente le président russe (la barbe je pense lolz) - 45 (42lemag.fr) -



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