42 n°23 avril 2011
42 n°23 avril 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de avril 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : 42lemag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 81

  • Taille du fichier PDF : 19,9 Mo

  • Dans ce numéro : world invasion, battle Los Angeles.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CINEMA DOSSIER (RE)DÉCOUVERTE dû aux effets spéciaux), ce qui est énormissime pour l’époque ! Le livre complètera le film et ce dernier donnera un aspect visuel au livre. Clarke étant coscénariste, il verra beaucoup les rushs. Mais à un moment les deux mecs se foutent sur la gueule. Bien qu’en harmonie sur les sujets du réalisme (pas de son dans l’espace, on peut qu’entendre la respiration dans le scaphandre, délai de transmission etc..), Kubrick ne supporte pas la première ébauche du roman, poussée trop loin et qui complique l’histoire du film, notamment le fait que la destination principale de Discovery soit Japet, une lune de Saturne. Fâchés, les deux bougres terminent chacun de leur côté. Clarke ouvrira le bal en lançant son livre avant le film, puis Kubrick suit (en 1968) et les spectateurs qui ont lu Clarke avant, découvrent des changements scénaristiques énormes ! La mission se termine à Jupiter et pas près de Saturne par exemple. Néanmoins les deux sont un succès. Bien après dans les années 80, la MGM voulant faire une suite, demande à Clarke de plancher, et demande à un autre réalisateur de prendre la relève : Peter Hyams. Celui-ci fera également quelques changements entre « 2010 l’odyssée deux » et le film « 2010 l’année du premier contact » (notamment une vision plus starwarzienne et pas kubrikienne de la SF). Heureusement pour ne pas perturber les kevins qui ont la flemme de lire, Clarke décide de se baser sur le film de Kubrick et d’incorporer ces changements dans 2010. Ainsi la mission se termine bien près de Jupiter. Les fans purs et durs du papier réclameront plus tard une suite et parviendront à se faire entendre. Clarke reprend alors la plume et écrira 2061 et 3001. La divergence à l’engueulade Faire le commentaire des films et des œuvres ferait un dossier complet sur 8 numéros de 42. Bien entendu un livre permet plus de détails qu’un film (comme les relations diplomatiques entre la Russie et les USA). Concentronsnous donc sur des moments très précis entre le livre et le film et commençons avec la scène la plus bizarroïde du cinéma probablement : la colonie de singes et le monolithe. Dans le livre, nous suivons exactement un individu dans la bande qui sert de point de vue. Ces weby primates ne rencontreront jamais consciemment le monolithe car celui-ci n’apparaît que la nuit et prend le contrôle mental de la tribu. Il leur fait faire à tous une batterie de tests physiques, comme marcher, lancer un caillou sur une cible, et ils s’améliorent de nuit en nuit. Le matin il les « lâche » et ils n’ont aucun souvenir. Cela dure plusieurs nuits, mais à la dernière, le monolithe laisse dans l’esprit de notre gus le rêve d’un avenir radieux et repu s’il se sert de bâtons et de cailloux. S’ensuit alors la lutte pour le point d’eau face à la tribu rivale, ils gagneront grâce … au rêve et au bâton. Kubrick gueule comme un putois car c’est vraiment trop chiant à faire. Déjà dans le livre le monolithe est transparent, ce qui est horrible pour un film ! Il faut pouvoir voir les choses et je parle pas des effets spéciaux. Il impose alors la couleur noire (car kuku a toujours été un grand pessimiste). Le fait que cela se passe la nuit est tout aussi emmerdant car la nuit américaine (filtre bleu sur la cam et on tourne en plein soleil) donne quand même un résultat dégueu et surtout pas réaliste (alors que c’est le mot d’ordre). En plus c’est sur plusieurs nuits ce qui rallonge la pelloche ! Cela n’a pas empêché kuku de faire 10 minutes làdessus en entrée de son film, mais la scène se passe de jour et les singes ne s’excitent qu’une fois sur la découverte du monolithe noir. Hélas, une musique sourde qui dure qui dure serait une tentative de contrôle mental et les pousse après à prendre le point d’eau face aux weshs de la tribu d’à côté. D’un point de vue filmographique, le lien est très difficile à discerner, et le livre est bien plus efficace. En revanche d’un point de vue montage, kuku a fait un coup absolument in- - 42 (42lemag.fr) -
CINEMA croyable qui est toujours étudié dans les écoles de ciné : la transition entre la préhistoire et le futur. Le singe lance un os dans l’air, et on voit juste ensuite un vaisseau spatial : il n’y a pas de transition entre les deux objets ! C’est direct ! D’un point de vue graphique, le spectateur s’y fait bien car les objets sont de forme très semblable. Mais d’un point de vue narration et articulation filmique, cela surprend et détonne complètement. En effet pour expliquer qu’une situation change complètement (changement de lieu et/ou temporel), le code classique de montage est d’utiliser un fondu. Là, pas du tout ! La transition est de l’objet le plus primaire au plus évolué. Plutôt culotté le kuku, non ? Et cela est toujours surprenant à notre époque ! Ensuite, le plus grand problème fut la destination de la mission Discovery. Clarke voulait aller jusqu’à Saturne, plus précisément sa lune Japet. Kubrick lui ne voulait pas en entendre parler car cela rallongeait encore plus le film, chose surprenante car son style est très lent. Il a jamais fait de plan cam de 1.2 sec à la Michael Bay avec des explosions partout. En fait HAL se dérègle à Jupiter et Dave poursuit tout seul jusqu’à Japet, ce qui permet de faire un descriptif dans le livre d’un homme totalement seul face à l’immensité de l’espace. Kuku, lui, préférait Jupiter sûrement d’un point de vue graphique (bien que Saturne soit staïl avec ses anneaux). Peut-être également une forme de référence à Zeus ce qui sousentendrait que Dave se rapproche des dieux ? Disons jusqu’à la porte de l’Olympe ? 2010 : Star Wars s’invite La MGM commande la suite. Peter Hyams réalisera le film issu du livre de Clarke car Kubrick n’aime pas faire des suites. Là on obtient quelque chose d’hybride car il fallait garder le réalisme du premier, mais en attirant plus de monde et comme on ne peut pas mettre de piou piou laser, c’est au montage et au son que tout se jouera. Les explosions dans le vide sidéral font un boucan d’enfer, les rétro fusées aussi font du bruit. Bien que fidèle au livre, le 2nd film n’a pas tous ses éléments. En effet Clarke voyait déjà que les chinois allaient un jour entrer dans l’espace. C’est ainsi que dans l’odyssée 2, le « Tsien » chinois dépasse dans la course vers Jupiter le « Leonov » russe (avec à son bord 3 américains en plus). Pour faire cette prouesse, les chinois utilisent tout le carburant afin de gagner une super vitesse et font un freinage aérodynamique en utilisant l’atmosphère de Juju. Puis ils font une escale sur Europe (la lune) pour se charger en eau et enfin filer vers Discovery et le monolithe (pour le copier ?). Mais quelques heures après le freinage, le Leonov reçoit un message pour le professeur Floyd (le héros du livre), où un scientifique chinois explique que le Tsien s’est abîmé dans l’eau à cause d’une plante vivante attirée par les lumières. Il est le seul survivant et utilise sa batterie pour prévenir l’humanité avant de mourir : il y a de la vie sur Europe. Dans le film, cette partie est radicalement différente, car pour pas se faire chier, Peter a viré les ‘tinois. Plusieurs raisons possibles, pognon politique, ou alors il avait pas compris la vision de Clarke. Toujours est-il que dans le film les russes envoient une bête sonde sur Europe. Ils trouvent la plante et aussitôt une décharge électrique bousille la machine et efface toutes les données du Leonov. La scène se passe vite, on ne comprend pas bien et cela se finit sur le briefing de Floyd : quelqu’un nous empêche d’en savoir plus. Point barre on n'en reparle plus. Dans le livre, une sorte de masse d’énergie électrique consciente visite Jupiter et découvre des sortes de méduses qui flottent dans l’atmosphère. Elle les étudie avant de filer sur Europe pour voir les plantes. Cela n’apparaît pas dans le film alors que c’est capital ! Il s’agit de Dave. Hyams l'a transformé comme gardien de la lune alors que ce n’est pas le cas dans le livre. En revanche les scènes paranormales sur Terre ont été gardées avec la DOSSIER (RE)DÉCOUVERTE - 43 (42lemag.fr) -



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